La loi du silence et la condition animale

Nathalie Arthaud condamne les élevages intensifs

Par mail : contact@lutte-ouvriere.org

Interrogée sur la condition animale par l'association Droits des Animaux, la candidate de Lutte ouvrière dénonce l'élevage intensif et les méthodes d'abattage : "Je pense comme vous qu’il n’y a aucune raison rationnelle d’imposer aux animaux d’élevage des souffrances inutiles. Il serait possible de supprimer les conditions scandaleuses d’élevage ou d’abattage (scandaleuses aussi bien pour les animaux que pour les hommes et femmes qui y travaillent) si le moteur de ces élevages et abattoirs intensifs n’était pas la course au profit à n’importe quel prix."

L’intégralité de la réponse de Nathalie Arthaud :

Pantin le 14 mars 2012

Suite au courrier que vous m’avez adressé, je vous prie de trouver ci-dessous, sans répondre à toutes vos questions, ma position générale concernant la condition faite aux animaux.
Je tiens tout d’abord à vous dire que le sort réservé aux animaux qu’ils soient sauvages, domestiques ou d’élevage, ne me laisse pas indifférente. Mais je pense qu’il est la conséquence directe du fonctionnement de l’économie capitaliste.
Le développement industriel dans le cadre capitaliste saccage la nature. Parce qu’il ne s’inquiète pas des conséquences éventuelles de ses agissements - en ne voyant pas plus loin que les gros comptes en banque - mais aussi parce qu’il traite les richesses naturelles comme des valeurs marchandes bonnes à créer du profit. Et le monde animal fait partie de ces richesses de la nature.
Je pense comme vous qu’il n’y a aucune raison rationnelle d’imposer aux animaux d’élevage des souffrances inutiles. Il serait possible de supprimer les conditions scandaleuses d’élevage ou d’abattage (scandaleuses aussi bien pour les animaux que pour les hommes et femmes qui y travaillent) si le moteur de ces élevages et abattoirs intensifs n’était pas la course au profit à n’importe quel prix. Il en est de même pour ce qui concerne tous les trafics d’animaux de compagnie, de fourrures. Et une économie où la motivation principale est la recherche du profit privé est une économie irrationnelle et cruelle.

Cette société, incapable de supprimer la cruauté et la rapacité de l’exploitation pour les hommes et les femmes à travers le monde est fondamentalement incapable de le faire pour les animaux, même si l’intervention des associations de défense des animaux arrive à freiner les excès les plus visibles.

C’est pourquoi le choix militant que j’ai fait est de combattre ce mode de fonctionnement capitaliste capable d’engendrer tant de monstruosités. C’est le sens de mon engagement politique fondamental.

Je suis convaincue que c’est en se mobilisant pour contrôler et changer ce système-là que l’on pourra faire reculer toutes les souffrances, y compris animales.

Bien sûr, si parmi des mesures venant en discussion, certaines peuvent améliorer la condition animale, c’est bien volontiers que nous je les soutiens à défaut de les voter puisque je ne suis pas élue au parlement.

Concernant la corrida ou les combats de coq, je pense effectivement qu'il n'est pas légitime de se divertir d'un spectacle qui occasionne des sévices aux animaux. J’ai d’ailleurs déjà signé la pétition nationale à ce sujet.

J’aspire par ailleurs à une société dans laquelle les être humains auront d’autres passe-temps que la chasse (la chasse comme source de subsistance, elle, subsistera tant que les hommes n’auront pas suffisamment à manger dans le monde entier). L’interdiction de la chasse à courre, loisir cruel de riches oisifs en mal de distraction, me semble justifiée.

Enfin, bien que n’étant pas spécialiste en ce qui concerne l’expérimentation animale, je crois que malgré le développement de méthodes substitutives, l’utilisation des animaux à des fins scientifiques reste à l’heure actuelle incontournable. Il est bien entendu nécessaire d’encadrer les conditions de cette pratique, ce qui existe déjà en France et en Europe et j’estime légitime de la part des associations de pouvoir contrôler les conditions d’application de ces réglementations.

Quant à un « Ministère de la condition animale », proposé par certaines associations, si je n’ai pas de raisons de m’y opposer, je crains qu’il ne soit une coquille vide de plus compte tenu du bilan bien creux de tous « ministères » créés ces dernières années pour des causes telles que le logement, la pauvreté, la condition féminine, l’environnement.

Recevez, Monsieur, mes salutations distinguées.

Nathalie ARTHAUD

Crédit : www.politique-animaux.fr/nathalie-arthaud

Bod Dylan

Bod Dylan The times they are a-changin' [1963]

Bod Dylan les années 60, qui devint un hymne de la jeunesse de l'époque, qui croyait sincèrement que les choses allaient changer.
L'imagerie est simple et de nombreux vers ont une consonnance biblique: « Les temps sont proches... Les premiers seront les derniers...».
Au milieu du défi, Dylan offre au parents, critiques, écrivains et hommes politiques une chance de rejoindre le flux changeant.

The times they are a-changin'

Come gather ‘round people
Wherever you roam,
And admit that the waters
Around you have grown.
And accept it that soon
You'll be drenched to the bone,
If your time to you
Is worth saving
Then you better start swimming
Or you'll sink like a stone,
For the times they are a-changin'!

Les temps sont en train de changer

Rassemblez-vous braves gens
D'où que vous soyez,
Et admettez qu'autour de vous
L'eau commence à monter.
Acceptez que bientôt
Vous serez trempés jusqu'aux os,
Et que si vous valez
La peine d'être sauvés,
Vous feriez bien de commencer à nager
Ou vous coulerez comme une pierre,
Car les temps sont en train de changer.

Come writers and critics
Who prophesize with your pen,
And keep your eyes wide
The chance won't come again.
And don't speak too soon
For the wheel's still in spin,
And there's no telling who
That it's naming
For the loser now
Will be later to win
For the times they are a-changin'.

Venez écrivains et critiques
Qui prophétisez avec votre plume,
Et gardez les yeux ouverts
La chance ne reviendra pas.
Ne parlez pas trop tôt
Car la roue tourne toujours,
Et elle n'a pas encore dit
Qui était désigné.
Le perdant de maintenant
Pourrait être le prochain gagnant,
Car les temps sont en train de changer.

Come senators, congressmen
Please heed the call,
Don't stand in the doorway
Don't block up the hall.
For he that gets hurt
Will be he who has stalled.
There's a battle outside
And it's raging
It'll soon shake your windows
And rattle your walls
For the times they are a-changin'.

Allons sénateurs et députés
S'il vous plaît écoutez l'appel,
Ne restez pas dans l'embrasure
N'encombrez pas le hall.
Car celui qui sera blessé
Sera celui qui n’a pas avancé.
Il y a une bataille dehors,
Et elle fait rage,
Elle secouera bientôt vos fenêtres
Et ébranlera vos murs,
Car les temps sont en train de changer.

Come mothers and fathers,
Throughout the land
And don't criticize
What you can't understand.
Your sons and your daughters
Are beyond your command,
Your old road is
Rapidly aging.
Please get out of the new one
If you can't lend your hand,
For the times they are a-changin'.

Venez mères et pères
De partout dans le pays,
Et ne critiquez pas
Ce que vous ne pouvez pas comprendre.
Vos fils et vos filles
Sont au-delà de vos ordres,
Votre vieille route
Est en train de vieillir rapidement.
Ne restez pas sur la nouvelle
Si vous ne pouvez pas nous aider,
Car les temps sont en train de changer.

The line it is drawn
The curse it is cast,
The slow one now will
Later be fast.
As the present now
Will later be past
The order is rapidly fading.
And the first one now
Will later be last
For the times they are a-changin'.

La ligne est tracée
La malédiction est lancée,
Ce qui arrive lentement maintenant
Va bientôt s'accélérer.
Comme le présent de maintenant
Sera plus tard le passé,
L'ordre établi change rapidement.
Et le premier maintenant
Sera bientôt le dernier.
Car les temps sont en train de changer.

 

Justice Quand Dylan chante au prétoire

Bob Dylan a influencé une génération entière de juges et d’avocats américains… Au point qu’ils citent souvent l’artiste dans leurs verdicts et plaidoiries. Bob Dylan a influencé une génération entière de juges et d’avocats américains… Au point qu’ils citent souvent l’artiste dans leurs verdicts et plaidoiries.

Dessin d’André Carrilho, Lisbonne

Au milieu des années 1960, par les nuits d’été, la télévision en noir et blanc grésillait dans sa maison de Staten Island, à New York, et diffusait des informations sur le Vietnam et les violences qui embra­saient le sud du pays [en réaction au mouvement pour les droits des Noirs américains]. Bobby Lasnik s’allon­geait alors dans sa chambre pour laisser la bande-son du Mouvement des droits civiques pénétrer son âme sensible d’adolescent. Branché sur la station de radio WBAI, il écoutait de sombres complaintes sur l’injustice, des chansons qu’il porterait en lui pour le restant de son existence.

“Tout à coup, quelqu’un vous parlait le langage de la vérité, c’était quelque chose que vous n’aviez pas l’habitude d’entendre à la radio”, raconte Bobby Lasnik quand il évoque la toute première fois où il a entendu un morceau de Bob Dylan. “Je ne me souviens même pas de quelle chanson il s’agissait, mais j’adorais l’imaginaire, les mots – des mots que l’on n’aurait jamais pensé à associer – et les idées qui naissaient dans votre tête en les écoutant.”

A présent, l’imaginaire circule en sens inverse. Le juge de district Robert Lasnik – que l’on appelle maintenant Votre Honneur, pas Bobby – est connu pour invoquer le poète vagabond dans les décisions de la cour fédérale de Seattle. Il a repris des extraits de Chimes of Freedom lors d’une affaire mettant en cause la légalité de la détention sans procès et The Times They Are A-Changin’, le cri de guerre du Mouvement des droits civiques, lors d’un jugement qui a fait date, selon lequel un employeur qui exclut les moyens de contraception du plan d’assurance-médicaments de ses employés est coupable de discrimination sexuelle.

M. Lasnik n’est pas le seul à infuser le lyrisme protestataire de Dylan dans le discours juridique actuel. Des experts légaux se sont penchés sur l’influence de Dylan dans le monde judiciaire d’aujourd’hui. Verdict : nul autre musicien n’est aussi souvent cité par les tribunaux. Depuis les décisions de la Cour suprême jusque dans les cours de droit, les textes de Dylan sont repris pour commenter les fourvoiements de la loi et des tribunaux. Ses morceaux protestataires emblématiques, Blowin’ in the Wind et The Times They Are A-Changin’, ont donné une voix aux marches pour la paix et les droits civiques. Ses ballades les plus puissantes, The Lonesome Death of Hattie Carroll et Hurricane, inspirent les “récits juridiques” de notre époque, montrant à quel point la musique est à même d’exprimer une idée.

L’injustice source d’inspiration

Si la musique et les valeurs de Dylan imprègnent de la sorte notre système judiciaire, c’est que ses chansons ont marqué les années de formation des juges et des avocats qui peuplent aujourd’hui nos tribunaux, nos universités et nos grandes sociétés juridiques, explique Michael Perlin. Ce professeur de la New York Law School [une école de droit indépendante de l’université de New York] a cité des textes et des titres de Dylan dans au moins une ­cinquantaine d’articles publiés dans diverses revues juridiques. Comme bien d’autres, M. Perlin s’est engagé dans la voie du droit parce qu’il a été envoûté par le chant des sirènes morales du Dylan des années 1960. Ce sont ces mêmes chansons qui ont joué un rôle dans l’adoption de la loi sur les droits civiques de 1964, une loi qui combinait des directives fédérales visant à garantir des peines de prison plus équitables et des réformes procédurales interdisant la discrimination raciale.

“Chacun veut croire que la musique qu’il écoute dit quelque chose sur sa personnalité”, commente Alex Long. Ce professeur de droit de l’université du Texas, âgé de 41 ans, a travaillé sur l’influence de la chanson politique dans le monde juridique. “Un juge mène une existence plutôt cloîtrée, il accouche de ses jugements dans l’isolement. Dylan était populaire à l’époque où les juges d’aujourd’hui atteignaient l’âge adulte et cherchaient à comprendre qui ils étaient. Lorsque l’occasion se présente, il est tentant de placer un vers de son artiste préféré, c’est une manière d’afficher sa singularité”, poursuit Alex Long, dont l’enfance, passée au pied du tourne-disques de ses parents, s’est nourrie des rêveries de Dylan.

En 2007, pendant un semestre, Alex Long a passé au peigne fin des bases de données juridiques afin de répertorier les chansons citées dans les enregistrements des tribunaux et dans les articles des publications spécialisées. Il a abouti à ce “top ten” : Dylan arrive en tête, avec 186 citations, loin devant les Beatles (74), Bruce Springsteen (69), Paul Simon (59), Woody Guthrie (43), les Rolling Stones (39), le Grateful Dead (32), Simon & Garfunkel (30), Joni ­Mitchell (28) et R.E.M. (27).

Une des phrases le plus souvent reprises est extraite de Subterranean Homesick Blues, qui figure parmi les dix plus grands succès de Dylan ; une demi-douzaine de jugements rendus par des cours d’appel de Californie s’y réfèrent quand elles veulent exprimer l’idée que l’avis d’un expert n’est pas indispensable pour démontrer une chose évidente au profane : “You don’t need a weatherman/To know which way the wind blows” [Pas besoin d’un “monsieur météo”/Pour savoir d’où vient le vent].

Aux yeux d’Abbe Smith, professeure à la Georgetown Law School, Hattie Carroll est “une ballade presque parfaite, à la fois un récit et une leçon”. Cette chanson de Dylan dénonce une injustice : l’histoire de William Zantzinger, un jeune homme riche, membre de la bonne société du Maryland, condamné à seulement six mois d’emprisonnement pour avoir battu à mort une serveuse noire qui avait trop tardé à lui apporter le verre qu’il venait de commander. Elle s’appelait Hattie Carroll.

Les fans de Dylan qui enseignent aujourd’hui le droit ont intégré cette ballade à leurs cours. Ils citent également Hurricane, qui raconte l’histoire du procès pour meurtre du boxeur Rubin “Hurricane” Carter, à Paterson, dans le New Jersey. Pour eux, il y a dans ces deux chansons une source d’inspiration pour les futurs avocats.

Une base d’étude

L’histoire de Hurricane Carter est un modèle du genre. Lors d’un contrôle routier, la police de Paterson trouve des cartouches reliant Carter à un triple meurtre. Des éléments qui auraient dû être exclus du dossier de l’accusation. En effet, lors du contrôle routier, les forces de l’ordre n’avaient aucun “soupçon raisonnable” à l’encontre du boxeur, et les cartouches n’étaient donc pas des preuves recevables, estime Allison Connelly, professeure de droit à l’université du Kentucky et ancienne avocate commise d’office. Pour les jeunes avocats, ce procès est un parfait cas d’école pour discuter de la valeur de la recherche de preuves et pour remettre en cause la version des faits défendue par les autorités, souligne Allison Connelly. Celle-ci demande même à ses étudiants de travailler à partir du texte de Dylan, afin d’identifier les vices de la théorie de l’accusation, de trouver des témoins et d’établir des emplois du temps parallèles pour créer un alibi à l’accusé.

“All of Rubin’s cards were marked in advance/ The trial was a pig-circus he never had a chance.” [Toutes les cartes de Rubin étaient jouées d’avance/Le procès n’était qu’un cirque, il n’avait pas une chance.]

La chanson Hurricane raconte l’histoire de policiers racistes, d’un juge véreux et d’un jury partial qui ont envoyé Carter derrière les barreaux en le condamnant deux fois à perpétuité. Un juge fédéral a pourtant fini [en 1985] par annuler la condamnation de Carter, car il estimait que l’accusation était “fondée sur le racisme plutôt que sur la raison”. Allison Connelly pense que la version de Dylan, qui voit dans cette affaire un coup monté, peut avoir influencé la promulgation et l’application des lois interdisant les contrôles routiers sans motif et empêchant les plaignants de congédier un juré du fait de sa race. L’un des premiers grands procès de Robert Lasnik, après sa nomination à la cour fédérale, en 1998, par le président Clinton, impliquait des immigrés illégaux, passibles d’expulsion et maintenus en détention pendant des années. A cette occasion, le juge a cité Chimes of Freedom, rappelant la sympathie de l’artiste pour les opprimés et les personnes maltraitées.

“We ducked inside the doorway, thunder crashing/As majestic bells of bolts struck shadows in the sounds/Seeming to be the chimes of freedom flashing/Flashing for the warriors whose strength is not to fight/Flashing for the refugees on the unarmed road of flight/An’ for each an’ ev’ry underdog soldier in the night/An’ we gazed upon the chimes of freedom flashing.” [Nous nous réfugiions sous le porche, pendant que la foudre frappait/Et que des éclairs grandioses chassaient l’ombre avec fracas/Ils ressemblaient aux carillons de la liberté qui étincelaient/Qui étincelaient pour le guerrier dont la force est de ne pas combattre/Qui étincelaient pour les réfugiés sur la route sans armes/Et pour tous les soldats égarés dans la nuit,/Nous regardions étinceler les carillons de la liberté.]

Cité même par les conservateurs

Si plusieurs juges comme Robert Lasnik, qui a aujourd’hui 60 ans, rendent hommage à Bob Dylan, ce respect ne semble pas mutuel, souligne David Zornow, un des associés du bureau new-yorkais du cabinet d’avocats Skadden, Arps, Slate, Meagher & Flom. “C’est un type qui ne dit pas beaucoup de bien des juges”, rappelle-t-il. Dans les volumineuses archives des chansons de ­l’artiste, il n’a trouvé que deux références à des juges humains et professionnels; la majorité dénonce la corruption et les sautes ­d’humeur des magistrats. Et, tel un suspect rappelant son droit à garder le silence, Dylan a refusé de commenter son rôle de muse des juristes.

Les paroles de Dylan sont souvent assimilées à des textes de gauche, et pourtant les deux citations figurant dans les jugements de la Cour suprême américaine sont le fait de conservateurs. Ainsi, en 2008, quand le président de la Cour suprême John Roberts Jr. a décidé que les sociétés de facturation engagées par les opérateurs de téléphones publics ne pouvaient pas intenter de procès aux usagers puisqu’elles n’avaient aucun droit sur l’argent qu’elles collectaient, il a cité (de façon incorrecte) Dylan : “When you ain’t got nothing, you’ve got nothing to lose” [Quand on n’a rien, on n’a rien à perdre] (in Like a Rolling Stone).

L’an passé, le juge Antonin Scalia a fait référence à Dylan lorsqu’il a réprimandé ses collègues de la Haute Cour de justice parce qu’ils ne légiféraient toujours pas sur la question, en pleine évolution, du droit à la protection de la vie privée des employés utilisant l’adresse électronique de leur entreprise. Son argument : “Dire que ‘les temps changent’est une mauvaise excuse pour se soustraire à son devoir” (in The Times They Are A-Changin’).

Robert Lasnik a également fait une référence à The Boxer, de Paul Simon, à propos de l’ignorance délibérée des hommes : “A man hears what he wants to hear and disregards the rest” [Un homme entend ce qu’il veut entendre et ignore le reste]. Aussi feint-il le désespoir face aux juges qui imitent sa manie d’invoquer Dylan : “Lorsque le président de la Cour suprême John Roberts a cité Dylan, je me suis dit : ‘Oh non ! Maintenant, ce n’est plus cool !’”

09.06.2011 | Carol J. Williams | Los Angeles Times
Courrier international 2011

Osez le féminisme !

Les féministes américaines mobilisées contre le sexisme et les violences

Feminists Demand Freedom from Sexual Assault and Harassment


We agree:
Rape is always about power and domination; it is sexualized violence.

Rape and sexual harassment of women are pervasive at all strata of society and in all corners of the globe. Women will never be fully free and able to enjoy equality with men until this ends. As feminists, we see the arrest of former International Monetary Fund director Dominique Strauss-Kahn on sexual assault charges as an opportunity to increase public awareness and as a wake-up call to renew action against sexual violence, not only in the US where his arrest occurred and in France, where media and many public figures are portraying him as the victim, but around the world.

We join French feminists in saying that just as Strauss-Kahn is innocent until proven guilty, his accuser must also be respected and believed to be credible unless proven false. We commend her employer, Sofitel, and the action of the NYC Police for taking her complaint seriously. We call for feminists around the world to join with her union (New York Hotel and Motel Trades Council Local 6) in collecting funds for legal and daily expenses, as her work is now curbed and life circumstances vastly altered.

Contributions can be sent to Judson Memorial Church (attention Women's Fund) 55 Washington Square South, New York, NY 10012-1018.

We also share French feminist indignation at the deliberate and opportunistic confusion of seduction and sexual violence, from Strauss-Kahn's declaration that he "loves women," to the journalists and politicians who rally behind this "Great Seducer." It is outrageous that the allegation of attempted rape during the course of a housekeeper's work day raises issues about any woman's life story and sexual history. And portraying powerful Strauss-Kahn as "too civilized" to commit a violent crime plays upon colonial and racist stereotypes vis-à-vis an African immigrant woman.

We adamantly oppose all harassment, sexual violence and rape, and we know that when there is a large discrepancy between the power, the wealth and racial hierarchy of the parties involved, justice is even harder to come by. All rapists and harassers believe they are entitled, and often when they are part of the power elite they assume that influence will outweigh the legal protection and freedom from coercion all women should enjoy. Feminists around the world demand that justice be done.

Women of all countries, unite !

 

Traduction

Les féministes exigent que justice soit faite

Le viol est toujours une question de pouvoir et de domination. C’est une violence sexuée. Le viol et le harcèlement sexuel envers les femmes sont omniprésents dans toutes les couches sociales et dans tous les pays. Les femmes ne seront jamais véritablement libres et en mesure d’accéder à l’égalité avec les hommes aussi longtemps que cette situation durera. Pour nous, en tant que féministes, l’arrestation de l’ancien directeur du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn, accusé d’agression sexuelle, est l’occasion d’accroître la prise de conscience du public et d’attirer l’attention sur la nécessité de relancer la lutte contre la violence sexuelle, non seulement aux Etats-Unis, où il a été arrêté, et en France, où les médias et nombre de personnalités en vue le dépeignent comme la victime, mais également dans le monde entier.

Nous sommes d’accord avec les féministes françaises pour dire ceci : tout comme Strauss-Kahn doit être présumé innocent tant que sa culpabilité n’a pas été établie, son accusatrice a droit au respect et sa parole ne doit pas être mise en doute jusqu’à preuve du contraire. Nous nous réjouissons que son employeur, Sofitel, et la police de la ville de New York aient pris sa plainte au sérieux et agi en conséquence.

Nous appelons les féministes du monde entier à contribuer aux initiatives prises par son syndicat (New York Hotel and Motel Trades Council) pour recueillir des fonds destinés à couvrir les dépenses juridiques et quotidiennes, car son travail est désormais perturbé et sa vie de tous les jours profondément bouleversée.

Les dons à l’intention de la victime peuvent être envoyés à :
Judson Memorial Church — attention Women’s Fund — 55 Washington Square South, New York, NY 10012-1018.

Nous partageons aussi l’indignation des féministes françaises face à la confusion opportuniste et délibérément entretenue entre séduction et violence sexuelle, depuis Strauss-Kahn, disant qu’il « aime les femmes », jusqu’aux journalistes et responsables politiques qui serrent les rangs derrière ce « grand séducteur ». Il est choquant que l’allégation de tentative de viol d’une femme de ménage pendant ses heures de travail donne lieu à la mise en cause de la vie et du passé sexuel de cette personne. L’image de l’homme haut placé qu’est Strauss-Kahn « trop civilisé » pour commettre un crime violent joue sur des stéréotypes colonialistes et racistes vis-à-vis d’une immigrée africaine.

Nous sommes résolument opposées à toutes les formes de harcèlement, de violence sexuelle et de viol, et nous savons que lorsqu’il existe une grande disparité de pouvoir, de richesse et de hiérarchie raciale entre les parties en présence, la justice a encore plus de mal à s’affirmer. Tous les violeurs et agresseurs sont convaincus de leur bon droit, et souvent ceux qui font partie de l’élite du pouvoir partent du principe que leur influence l’emportera sur la protection juridique et la liberté de disposer de soi dont toutes les femmes doivent bénéficier. Les féministes du monde entier exigent que justice soit faite.

Les féministes américaines mobilisées
Source : Adhérez à Osez le féminisme !

Femmes de tous les pays, unissons nous.




Mother Maybelle Carter


Préjugés au XVIIIème siècle

Au 18ème siècle, même si la société chrétienne européenne a quelque peu évolué depuis le Moyen-âge, il est des mythes qui perdurent. Ainsi en est-il du mythe de la femme créée non en même temps que l'homme, mais à partir de l'homme…
Sur ce mythe repose l'essentiel du comportement des hommes à l'égard des femmes : la femme doit tout à l'homme, elle lui est soumise…

Sans oublier que la femme est le symbole du malheur du genre humain : en effet, n'est-ce pas, Eve qui, dans la mythologie judéo-chrétienne, incita Adam à manger le fruit interdit ? Femme faible de par sa constitution, femme tentatrice, femme fatale, les femmes, depuis des temps très anciens, sont cause de nombreux malheurs. A la veille de la Révolution française, les mentalités n'ont pas beaucoup changé…

En 1789, lors des débats sur les conditions de formation des assemblées primaires, la question du droit de vote des femmes ne fut même pas soulevée à l'Assemblée Constituante. Elles étaient naturellement évincées des droits civiques, sous le poids des préjugés sur la nature des femmes et de la perception de la frontière entre espace privé et public, l'ordre des rapports naturels et sociaux.

Les lieux communs sur la nature des femmes sont nombreux.
Littérature, philosophie et médecine ont croisé leurs approches afin de « naturaliser » à l'extrême la féminité : « constitution délicate, tendresse excessive, raison limitée, nerfs fragiles »… L'accent est mis sur l'infériorité intellectuelle et physiologique de la femme. Diderot, dans son essai de 1772 Sur les Femmes, note que l'exaltation de la beauté féminine et la célébration du sentiment amoureux ne sont que l'envers de l'enfermement de la femme dans son infériorité physique.

Les femmes ne sont pas considérées comme de vrais individus pour les hommes de 1789.
Elles doivent se contenter d'une activité domestique, extérieure à la société civile, et sont donc considérées comme des mères ou ménagères, loin des fonctions sociales que certaines désirent. Cette identification de la femme à la communauté familiale dépouille la femme de son individualité.
La femme est le principe spirituel (l'âme) du foyer, l'homme en est le principe juridique. Le cantonnement de la femme à la sphère privée s'accentue lorsque l'homme est reconnu dorénavant, avec la Révolution, comme un sujet autonome, participant directement à la souveraineté politique.

« En vérité, je suis bien ennuyée d'être une femme : il me fallait une autre âme, ou un autre sexe, ou un autre siècle. Je devais naître femme spartiate ou romaine, ou du moins homme français. […]
Mon esprit et mon coeur trouvent de toute part les entraves de l'opinion, les fers des préjugés, et toute ma force s'épuise à secouer vainement mes chaînes. O liberté, idole des âmes fortes, aliment des vertus, tu n'es pour moi qu'un nom ! »

Mémoires de Madame Roland - Jeanne-Marie ou Manon Philippon (1754-1793).


Les partisans de l'égalité politique
Les partisans de l'égalité politique ne sont pas nombreux pendant la Révolution. Leur but est de passer de la nature à la société pour comprendre la femme et dénoncer comme de simples préjugés les descriptions traditionnelles de l'être féminin.

Poulain de la Barre
Dès le XVIIème siècle, François Poulain de la Barre écrit dans De l'égalité des deux sexes :

« Nous sommes remplis de préjugés.[…]
De tous les préjugés, on n'en a point remarqué de plus propre que celui qu'on a communément sur l'inégalité des deux sexes ».

Le marquis de Condorcet
Avec Antoine Caritat, marquis de Condorcet, le mouvement féministe trouve dès 1787 son avocat le plus convaincant mais aussi le plus décevant.
Celui-ci proclame :

« Je crois que la loi ne devrait exclure les femmes d'aucune place. […]
Songez qu'il s'agit des droits de la moitié du genre humain ».

Condorcet épouse avec ardeur la cause de tous les opprimés (esclaves, juifs, protestants…) et notamment la cause des femmes. C'est que le marquis de Condorcet est fils unique et orphelin de père, et a été élevé et couvé par une mère aimante et exclusive. En 1789, il trouve une spécialité dans l'éducation dont il sera à la Convention l'avocat visionnaire. Il dit ainsi :

« Ce n'est pas la nature, c'est l'éducation, c'est l'existence sociale qui cause cette différence […]
il est donc injuste d'alléguer, pour continuer de refuser aux femmes la jouissance de leurs droits naturels, des motifs qui n'ont une sorte de réalité que parce qu'elles ne jouissent pas de ces droits ».

L'inégalité apparente des femmes se fonde donc selon lui sur le manque d'instruction dont elles sont victimes. Condorcet ouvre ainsi la voie aux féministes du XIXème qui centreront leur lutte sur l'accession des filles à l'instruction. Parallèlement à son combat pour l'instruction des femmes, Condorcet met l'accent sur leurs droits politiques. Les femmes doivent voter car aucune caractéristique naturelle ne peut constituer une contre-indication. Tous les féministes de la période révolutionnaire développent le même argument.

Adieu Angelina Nana Mouskouri


Infos les Rats

Is a Rat the Right Pet for You?

Rats make wonderful pets, but they’re not for everyone

The Humane Society of the United States.

Un rat est-il l'animal familier idéal pour vous ?
Les rats sont des animaux familiers merveilleux, mais ils ne sont pas pour chacun de nous.
Pour beaucoup de personnes, les rats sont les compagnons idéals : petit, social, amical, et intelligent. Puisqu'ils sont facilement disponibles et peu coûteux, on peut-être tente d'acquérir un petit rat sur une impulsion. Mais avant que vous plongiez votre tête la première dans un caprice, voici huit questions importantes à considérer.

Avez-vous le temps disponible de vous occupéer d'un petit rat ?
Les rats ont besoin du temps hors de leur camp journalier (idéalement une heure ou plus).
Si cette fois est passée étirant leurs jambes et explorant de nouveaux environnements ou caressant dans votre environnement, l'interaction et l'attention quotidiennes sont essentielles pour le bien-être d'un rat. Le camp d'un rat devrait être complètement nettoyé sur une base hebdomadaire et tache de nettoyer tous les quelques jours. Si vous n'appréciez pas l'odeur d'un camp sale, considérer comment votre rat qui dépense presque toute l'elle réveillant des centimètres d'heures juste au-dessus d'elle literie se sent au sujet des quarts vivants stinky.

Les rats sont nocturnes. Ceci signifie que leur tendance normale est de dormir pendant le jour et de devenir active la nuit.
Votre programme te permettra-t-il de passer du temps avec votre rat vers la fin de l'après-midi ou de la soirée ?
Y a-t-il une salle relativement tranquille dans votre maison où votre rat peut être logé le jour pendant des heures ?
etc. voir l'article disponible sur le site : The Humane Society of the United States. […]

  protect seals IFAW
  Association La Ligue ROC
The Wolf Conservation Center
Fondation 30 Millions d'Amis
Association SPA - France
Protect Seals Rebecca Aldworth 2008
Humane Society International/Canada
Humane Society of the United States
Sea Shepherd Conservation Society
About PETA people of animals
Fondation Brigitte Bardot

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