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Vanité des vanités, tout est vanité

Animal Définition


1. À propos de l’animal, les opinions des contemporains sont partagées en deux camps: pour les uns ils sont des machines, objets à la disposition des hommes; pour les autres, ce sont des êtres vivants sensibles, sujets à la souffrance.

Quand on dit que les bêtes souffrent, il faut toutefois comprendre qu’elles ont quelque conscience de cette souffrance et qu’à leur douleur purement physique s’ajoute une douleur morale d’autant plus vive que leur sort leur paraît moins justifié. Une souffrance qui ne s'accompagnerait ni de conscience ni d'un sentiment, au moins diffus d’injustice, ne serait rien d’autre qu’un bris de la machine et les cartésiens auraient alors raison de dire que le cri de la bête torturée n’est que le bruit que font en elle les ressorts brisés.

Les animaux auraient-ils donc une âme? Chez les êtres humains, l’âme est à la fois principe vital, principe intellectuel et un principe spirituel, source de la sensibilité au bien et au mal, « bête divine » disait Nietzsche. Il est devenu difficile de définir le principe vital tant la science l’a fait régresser vers la matière, rejetant au passage l’animisme et le vitalisme. Le principe intellectuel semble absent de bien des êtres humains souffrant de déficiences graves sur ce plan.

L'étincelle spirituelle continue toutefois de brûler au fond de toutes les souffrances et de briller au fond de toutes les joies, chez tous les êtres humains, de même que chez les animaux à un degré moindre et chez les plantes à un degré encore moindre. Si l'on refuse de prêter aux animaux une sensibilité au bien et au mal, peut-être pourrait-on reconnaître qu'ils sont sensibles à ce qui leur fait du bien ou du mal, sans avoir au même degré que l'être humain la capacité intellectuelle de remonter jusqu'aux idées de bien et de mal.

Les scolastiques, saint Thomas en tête, à défaut d'attribuer aux animaux une âme intellective et immortelle, qui aurait accru les obligations de l'homme à leur endroit, leur reconnaissait une âme sensitive et par suite une faculté, l'estimative, leur permettant de se rendre compte qu'une chose est bonne ou mauvaise pour eux.

Après les scolastiques, après Descartes, après Kant, pour qui l'animal n'est qu'un moyen, le philosophe anglais Jeremy Bentham renversa la perspective en ces termes : « The question is not, can they reason ? or can they talk, but can they suffer ? » Puisqu'ils peuvent souffrir, il va de soi, poursuit Bentham, qu'on leur reconnaisse des droits. Nous sommes en 1780.

La question des rapports entre les hommes et les animaux est incontestablement l'un des point faibles de la tradition chrétienne.

Dans la préface à un livre sur les animaux, paru en 1986, le philosophe catholique Gustave Thibon reconnaît qu'à « quelques exceptions près, la morale religieuse a laissé dans l'ombre cette question qui touche pourtant de si près au mystère de la création et de la rédemption ».

2. Il cite ensuite ce vers de Hugo : Les bêtes dont les âmes de rêve et de stupeur sont faites...

3. « Il est évident, poursuit Thibon, que nous avons abusé de cette stupeur pour transformer ce rêve en cauchemar. Abus de pouvoir d'autant plus révoltant qu'il est facile et exempt de risques, l'inconscience des bêtes, cette inconscience qui est aussi innocence, les livrant sans recours aux plus cruelles entreprises des hommes ».

« Nous n'avons pas créé l'animal. Il fait partie comme nous de la création animée, il sent et il souffre comme nous, et la conscience de cette solidarité cosmique nous dicte le devoir de respecter sa nature et de ne pas lui infliger des souffrances inutiles ou d'une utilité incertaine ».

1. George Chapouthier, le statut de l'animal: "ni homme ni objet"
dans la revue pour la science, no 271, mai 2000.
2. 3. Jean Gaillard, les animaux, nos humbles frères, Paris, Fayard, 1986.

 

Ce que nous apprennent les animaux


Dans cet article, Cyrulnik nous parle des animaux : « Plus on découvre les animaux, plus on comprend la place de l’homme dans le monde vivant. Et cette place n’est pas tout à fait celle qu’on croyait ».

En d’autres termes, on découvre ces années-ci que les animaux sont beaucoup plus évolués qu’on le croyait.

On a, par exemple, démontré que « la poule reconnaît ses congénères sur une photographie. Le grand singe apprend la langue des signes utilisée par les sourds-muets - c’est surprenant, puis la transmet à ses petits (ce qui est encore plus surprenant).
Le chien peut mimer un comportement qui, dans le passé, lui a apporté attention et affection particulière de la part de son maître ». Par exemple, si un jour il s’était cassé la patte, qu’il avait boité, et avait attiré l’attention comme ça, à un certain moment, il va faire semblant d’être blessé pour être pris en charge.

« Les humains, jusqu’à récemment, voyaient l’univers avec leurs idées plutôt qu’avec leurs yeux, dit Cyrulnik. Ils ont, pendant des millénaires, effectué une coupure idéologique entre eux et les animaux ».
« On découvre actuellement qu’il y a entre les hommes et les animaux des rapports dialectiques, une opposition sans qu’il y ait exclusion ».

Doit-on réapprendre ce qu’est un animal ?
lui demande t-on.

En fait, nous n’avons jamais vraiment appris ce que sont les animaux. Nous ne parlions que d’animalité afin de tracer une frontière, un fossé, un gouffre infranchissable entre eux et nous. L’idée que nous nous faisions des animaux était si honteuse que nous voulions à tout prix ne pas appartenir à la gente animale.
Il fallait désespérément que la nature de l’homme soit surnaturelle pour que nous soyons les seuls à posséder une âme et que les animaux ne soient que des machines.
Il explique ici l’idée de Descartes, alors que maintenant, on découvre que l’âme est véritablement le siège des émotions, et que les animaux ont une âme, puisque de toute évidence ils ressentent des émotions, comme nous d’ailleurs...

Cyrulnik parle aussi du cerveau, soulignant que : « Tout cerveau, qu’il soit animal ou humain s’atrophie quand il n’est pas stimulé par la sensorialité du milieu ».

Vous ne me croirez peut-être pas mais j’ai toujours été très soucieux d’enrichir l’expérience de mes chiens : les amener dans des lieux nouveaux, leur faire rencontrer des personnes différentes, leur faire vivre des expériences nouvelles... Il m’a semblé que ça les rendaient plus intelligents...

Quant à moi, la preuve qu’ils emmagasinent beaucoup d’informations quand ils vivent de nouvelles expériences, c’est lorsqu’ils reviennent à la maison. Ils sont littéralement épuisés : ils s’écrasent, et dorment longtemps; et là, tu vois les petites pattes qui bougent comme s’ils refaisaient, en rêve, la marche qu’ils venaient de faire. D’une certaine façon, ils repassent l’expérience pour mieux l’assimiler.

La comparaison des cerveaux de tous les êtres vivants, poursuit Cyrulnik, révèle la mise en place graduelle, évolutive du cerveau préfrontal, qui traite l’anticipation, et s’associe avec le cerveau de la mémoire qui traite le passé. L’homme est le champion inter-espèces. [...] La notion de coupure a été un concept tragique qui a permis d’attribuer la condition d’homme à quelques êtres vivants seulement. Nous ne considérions donc pas comme un crime le fait de chasser, d’atteler ou de tuer ceux qui en étaient exclus.

Ah les hommes et leurs prétentions...

« Les femmes ont eu du mal à accéder à ce statut. On n’a considéré le viol comme un crime qu’à partir du 19e siècle ». Intéressant phénomène. On n’est pas si évolués que ça, les humains, c’est évident.

Il ajoute un détail que je trouve atroce : « Les Aztèques ont longtemps été dépecés sans que les Conquistadores ne soient gênés par les souffrances des Indiens ». Pour eux, ce n’était pas vraiment des êtres humains : c’étaient des Indiens...

Il dit plus loin : « L’intelligence existe bien avant la parole, qui crée une autre nature de l’intelligence. (Comme éthologue, Cyrulnik s’est beaucoup intéressé aux bébés afin de comprendre comment ils apprennent.) Nos bébés sont d'une intelligence fabuleuse. Ils apprennent à résoudre une foule de problèmes, bien avant le vingtième mois qui donne accès à l’intelligence verbale. Le monde vivant dans son entier est structuré comme un langage d’indices, de signaux, d’images et de symboles ». Il parle aussi du langage des signes, qui améliore leur communication avec le monde intime de leurs représentations.

« À cause de la complexification croissante des cerveaux et de la sémantisation du monde vivant, on ne peut plus employer la notion de coupure ». Il n’y a pas de rupture véritablement. C’est un rapport dialectique qui évoque l’inséparabilité des contradictions. « Je ne peux pas parler sans cerveau mais dès que je parle, ça n’a plus rien à voir avec le cerveau ».

« Hommes et chiens sont très proches puisqu’ils possèdent tous deux un lobe préfrontal connecté à la mémoire, qui leur permet d’éprouver ce qu’ils représentent. Mais les chiens habitent intensément un monde d’audition et d’olfaction, alors que les hommes s’épanouissent dans celui des images et des mots, ajoute-t-il. On pourrait tenir les mêmes raisonnements pour chiens et corbeaux. Les oiseaux réalisent des performances d’images et d’espace bien supérieures aux chiens et aux hommes ».

On ne pourra plus dire : C'est une vraie tête d’oiseau !
Car il y a beaucoup de choses dans une tête d’oiseau...

« La science de ces dernières décennies a été empoisonnée par un débat idéologique dont le masque scientifique prenait la forme du problème de l’inné ou de l’acquis ». Est-ce génétique ou de l’environnement ? À cela, il donne la réponse éthologique : « L’inné est déterminant à 100%. Quant à l’acquis, il ne lui reste que 100% » Débrouillons-nous avec le problème...

« Cette pirouette signifie que si on supprime l’un des deux, c’est l’ensemble qui meurt. Pour une partie d’entre nous, les découvertes biologiques constituent une merveille qui permet d’expliquer tout de l’homme, ce qui est abusif. Alors que d’autres chercheurs, honteux d’être soumis à une molécule ou à une structure neurologique, éprouvent la haine du corps « qui rabaisse l’homme au rang de l’animal ». (Cette formule me revient car je l’ai entendu souvent quand j’étais jeune).

Ces gens-là se plaisent à croire que l’homme n’a pas besoin de corps. En fait, plus on découvre les animaux, leur manière de vivre et leurs mondes sensoriels qui les préparent à un type de langage, plus on comprend la place de l’homme et de son propre langage à l’intérieur du monde vivant. Les animaux vivent dans un monde plus sensoriel alors que les hommes vivent dans le monde de l'artifice verbal et technique.

Pour parler de notre animalité, il dit : « selon la formation qu’on a reçue - si on est chimiste, physiologiste ou religieux -, on aura une façon différente de répondre à la question ».

« Si on s’en tient à raisonner en termes évolutionnistes, on dira qu’à la part minérale qui nous compose, il faut ajouter un cerveau reptilien (le paléocortex, le vieux cerveau) qui nous permet de vivre dans un monde où notre corps résout les problèmes de la survie comme manger, boire, dormir, se reproduire, défendre son territoire. Puis l’évolution a ajouté un cerveau mammalien qui, comme pour tout mammifère, nous permet d’éprouver des émotions ».

Donc, les émotions sont associées au cerveau mammalien. Celles qui nous font nous « attacher à nos proches ou à notre site ». Le cerveau qu’a le chien, par exemple, le chat, le cheval aussi. Enfin, tous les mammifères sauf les reptiles qui ne sont pas des bons mammifères - comme chacun sait.

Ensuite arrive le troisième niveau, c’est-à-dire « le néocortex, le dernier apparu dans l’évolution, qui permet aux mammifères et aux primates (car nous sommes des primates nous les humains) d’associer des informations perçues avec des représentations non perçues ». Des sentiments, des projets, par exemple.

À la question : « Êtes-vous partisan du droit des animaux ? »

Cyrulnik a répondu : « Ils ont droit au respect. Je ne vois pas quel argument pourrait m’inciter à torturer, détruire, ou rendre malheureux des êtres vivants parce qu’ils sont différents de moi. Ils sont beaux, surprenants ou inquiétants, mais toujours la compréhension de leur monde a enrichi le mien.

En revanche, l’étude comparative des mondes mentaux m’a permis de comprendre que l’homme est le virtuose de la virtualité. Il invente une représentation, et puis il s’y soumet. Machiavel conseillait de beaucoup chasser afin d’apprendre à guerroyer.

Thomas More approuvait l’élimination des hommes par la nature et ne se révoltait pas contre la chasse, qui enseignait la cruauté. Autre chose surprenante - Montaigne désignait les animaux à tuer et à protéger.

Quant aux Nazis, sur les mêmes actes qui condamnaient à mort des milliers d’enfants, ils prévoyaient, dans leur grande humanité, des mesures de protection pour les animaux domestiques isolés par l’arrestation de leur propriétaire ». Figurez-vous !

En parlant des droits des animaux, je pensais à cette lettre ouverte que j’ai lue récemment et dans laquelle l’auteur disait que, pour entrer dans le troisième millénaire - en parlant de notre société, de notre civilisation occidentale - ce serait peut-être le temps de reconnaître aux primates le droit d’être considérés comme des personnes. C’est un scientifique qui va jusque-là, donc quelqu’un de sérieux.

« Nous devons donner aux animaux le droit de vivre sans être torturés par les humains, dit l’éthologue en terminant. Mais s’ils avaient des droits humains et s’ils venaient à y manquer, nous serions en droit de leur faire des procès. Comme au Moyen-Âge, quand on les considérait comme des personnes ». Et il ajoute : « Ce serait pittoresque ».

Il nous a dit des tas de choses très intéressantes, mais il n’a pas vraiment pris position. Il demeure un scientifique. Qui sait, peut-être que les expériences de laboratoire sont nécessaires. Pas toujours, mais dans certains cas, elles peuvent faire progresser la science. Intelligent comme il est, il a su naviguer dans ces eaux-là.

De bien mauvais animaux...

Edgar Morin, ce sociologue philosophe, qui est l’un des maîtres à penser de notre époque, a dit à un moment que la divinisation de l’homme dans le monde doit cesser. Il précisait : « Certes, il nous faut valoriser l’homme, mais nous savons aujourd’hui que nous ne pouvons le faire qu’en valorisant la vie. Le respect profond de l’homme passe par le respect profond de la vie ».

C’est curieux de voir comment ceci fait écho au propos de Boris Cyrulnik... Reconnaître notre animalité fait donc partie de cet exercice-là. Il y a quelques mois, ou quelques années - le temps passe tellement vite -, je m’adressais à un groupe, et je faisais état de la parution d’un ouvrage d’un homme que j’estime grandement, le docteur Michel Odent, intitulé Votre bébé, le plus beau des mammifères, paru aux Éditions Albin Michel. Puis, je me suis rendu compte que ce titre provocateur avait suscité, chez plusieurs, une certaine répugnance : « Un mammifère, mon bébé ? Voyons ! » Et ce n’était pas la première fois que je remarquais cette attitude là à l’égard de notre animalité.

Il n’y a pas de doute que le refoulement dont le corps a fait l’objet durant plusieurs siècles nous en fait subir les conséquences encore aujourd’hui. Tout cela témoigne d’un malaise par rapport à la nature en nous. En d’autres mots : nous, en tant que nature ou en tant qu’êtres naturels et non pas surnaturels. Avec le temps, on n’est plus seulement dans la nature, on est dans la culture.

Et la culture est devenue le principal moteur de notre évolution, le seul même d’après certains. Comme si, au plan naturel, on avait fini d’évoluer et qu’on évoluait maintenant que par la culture. Je ne suis pas sûr que ce soit un succès jusqu’ici... La nature était plus sérieuse, plus exigeante que la culture, il n’y a pas de doute. On a tendance à percevoir la nature à l’extérieur de nous, comme si tout ce qui participe de la nature nous était étranger en somme. Poussés par l’évolution culturelle, nous avons refoulé notre animalité au point de devenir le seul animal qui détruit son environnement au risque d’entraîner, par ses choix irresponsables, sa propre destruction.

« C’est ici qu’il nous faut totalement abandonner la conception insulaire de l’homme, dit Edgar Morin : nous ne sommes pas des extra-vivants, des extra-animaux, des extra-primates. Nous sommes des super-mammifères, des super-vertébrés, des super-animaux, des super-vivants ».

L’image qui me revient toujours en tête est celle du bonhomme qui scie la branche sur laquelle il est assis. Un écologiste disait à un moment : « Saviez-vous que l’homme est le seul animal qui salit de plus en plus son nid ? »

Nous sommes de bien mauvais animaux !
www.radio-canada.ca

 

D'ou-venons ? Où allons-nous ?

Dans l’éternelle angoisse de l’homme devant ses origines et face à son destin. A cette question dramatique et primordiale, chaque génération a essayé de trouver une réponse, sur le Cosmos, ce fantastique chaos d’étoiles où les distances se calculent en milliards d’années-lumière, notre Voie Lactée n’est qu’une minuscule poussière.

En espérant que l'avenir fera comprendre à l'homme - s'il veut survivre doit apprendre la tolérance vis-à-vis des innombrables formes de vie qui partagent son univers.

Or pour les tolérer,   il faut qu'il les comprenne, qu'il se comprenne lui-même qu'il prenne réellement conscience du rôle qu'il joue au sein de la nature. L'homme s'il désire survivre devait d'abord préserver le monde qui l'entourait. Sinon il mourrait avec lui, dans cet Univers nous sommes que de la poussière.

Sur cette Terre à l'instant pathétique où, il y a quelques centaines de millions d'années, survint la création et l'apparition de la vie. Dans la Nature, apparaissent ces êtres à faciès de singes et que son nos ancêtres et qui, en un demi-millions d'années nous sommes devenus les hommes d'aujourd'hui.

Où allons-nous ? Si nous modifions et détruisons la Nature, demain et dans quelques centaines d'années serons-nous toujours des hommes ou de singes ?

Sommes-nous vraiment les seuls à avoir un langage, une pensée, à être capables d’invention, de solidarité, de diplomatie, d’amour parental ou de fidélité, les seuls à avoir conscience de la mort ?
Au vu des incroyables aptitudes animales et de leurs parfois troublantes ressemblances avec nous autres humains, on en vient bien sûr à reposer la fameuse question : « quel est le propre de l'Homme ? » En quoi ce « représentant de la ligne évolutive des hominidés » se démarque-t-il des autres espèces animales ?

Ne serait-il « qu'un singe parmi d'autres ? » Il est vrai que les dernières découvertes, notamment sur les chimpanzés, brouillent la frontière que l'on voulait étanche entre le monde animal et les hommes, et affirment notre appartenance à l'unité du vivant.
L'être humain serait une partie prenante de la nature, devenue agissante, façonnant, créant et sauvant des espèces, en détruisant d'autres, les domestiquant, poussé par une « profonde curiosité intellectuelle »

 

La fête de Pâques

L’an 1 de l’ère chrétienne… À chaque fête de la Pâque, le gouverneur avait l'habitude de libérer un prisonnier, celui que la foule voulait, or, il y avait à ce moment-là un prisonnier célèbre appelé Barabbas. Alors, Pilate demanda donc à la foule assemblée : Qui voulez-vous que je vous libère : Jésus ou Barabbas ! Et toute la foule répondirent-ils, libère nous Barabbas ! Barabbas !

Pilate vit qu'il n'arrivait à rien, mais que l'agitation augmentait, il prit de l'eau, se lava les mains devant la foule et dit : « Je ne suis pas responsable de la mort de cet homme ! » C'est votre affaire ! Alors Pilate libéra Barabbas, et Jésus il fuit frapper à coups de fouet et le livra pour qu'ont le cloue sur une croix...

Regarde-toi au fond des yeux.
Les hommes ont tort d'accuser Dieu,
Ce dieu du fond des âges,
Que les hommes ils-ont crée à leur image
Aveugle et sourd, ce Dieu des hommes ?
Où le Dieu de tous les êtres vivant sur cette planète,
et d'autres mondes, d'autres etoiles, tout ce que nous ne connaissons pas...

 

Les animaux ne sont pas nos frères,
ils ne sont pas nos subordonnés
ils sont d'autres nations,
attrapés avec nous dans le filet
de la vie et du temps.


Nous vivons dans un monde cruel ou notre conscience et morte !
S'il vous reste-t-il encore un peut d'humanité, servez-vous-en pour regarder votre âme devant une glace, et vous verrez où commence le néant.
Les grandes Religions sont riches et prospères, elles ont une influence politique et sociale considérable et leurs structures sont toujours hiérarchisées, c'est-a-dire un phénomène social et idéologique.

Les excès de la religion, chaque religion prétend détenir la vérité, forcément chacune tente de convertir les incroyants et de combattre l'influence plus ou moins néfaste des autres confessions. Dans certains cas, cela peut mener à la guerre, à des massacres ou tout simplement à l'intolérance culturelle. Les exemples de guerres inspirées par les religions sont nombreux. Il est arrivé qu'on cherche à détruire ou à soumettre en esclavage des peuples entiers au nom d'une foi religieuse.

Encore aujourd'hui, le fanatisme, une forme spécialement virulente de foi, mène des groupes extrémistes à faire sauter des bombes dans les lieux publiques et à tuer des innocents. Dans ces cas, il faut remarquer que la religion est conjuguée avec la politique : une combinaison explosive!

La religion s'est longtemps opposée à la science. Ce n'est que tout récemment que l'Église catholique a reconnu son erreur dans le procès de Galilée ! Même si la religion ne s'oppose pas toujours à la science, elle prend souvent des formes naïves et superstitieuses, surtout parmi les populations peu éduquées. Alors se multiplient les « miracles », les guérisons « inexplicables en dehors de la foi », l'adoration de statuettes (idolâtrie) et autres attitudes semblables relevant de ce qu'il est convenu d'appeler la pensée magique.

Puisque nous habitons tous la Terre, nous sommes tous considérés de terriens. Les humains donc, n'étant pas la seule espèce sur la planète, partagent ce monde avec des millions d'autres êtres vivants, puisque nous y évoluons tous ensemble, mais souvent en traitant les autres terriens et êtres vivants comme de simples objets….

Le devoir des hommes, chaque-un de nous doit appende l'orientation qu'il faut donner à sa vie, se comporter comme des terriens, se connaître soit-mêmes, comprendre ce que nous sommes, que nous sommes que de graines de poussière dans l'Univers, et comprendre que l'Univers et Dieu tout simplement.

Socrate disait : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et Dieu »

 

Nous pensions être des créations originales à l'écart des autres espèces vivantes


Depuis de la création de temps, l'homme il se croyait que la planète Terre était le centre de l'Univers. Galilée, Copernic et les autres sont venus nous détromper : nous habitons en réalité une planète banale, située dans la banlieue d'une modeste galaxie.

Las ! Darwin nous a perchés sur l'arbre commun de l'évolution animale…
Il va donc nous falloir une fois encore ravaler notre orgueil mal placé : nous sommes les dernières productions de l'organisation universelle. Des centaines de sophismes furent inventés pour défendre les idées de ceux qui cent ans plus tôt avaient soutenu que la Terre était plate.

On disait qu'il avait obéi à des motifs religieux qu'on ne pouvait divulguer et que la science le suivait car elle était la fille du Diable et opposée à Dieu. Mais la théorie de la « pluralité des mondes » était fatale au dogme fondamental de Jésus comme Fils Unique de Dieu et de l'Eglise comme son seul représentant, car si la Terre n'était rien d'autre qu'un minuscule grain de poussière cosmique parmi des millions d'autres semblables, également habités, et en conséquence bénis de Dieu comme la Terre, comment défendre l'idée que Dieu s'était incarné ici-bas seulement et que l'homme était le seul être intelligent doté d'un esprit ou âme immortel ?

Et si Dieu était allé sur d'autres mondes, n'y aurait-il pas d'autres Eglises et d'autres êtres vivant ?

En outre, si Dieu s'était incarné en différents points de l'Univers et à des moments différents, qu'est-ce qui empêcherait qu'il l'ait fait jadis en différents endroits de la Terre et qu'il le fasse encore à l'avenir ?

Il et possible que même dans dix siècles, les hommes de ce monde, une poussière errante dans la galaxie ne saisirons pas le sens profond de la grand création. Les lois du rythme, de la réintégration constante de l'évolution synthétique des êtres font sortir Platon du tombeau et répandent ses paroles sur le monde. Tremblez, sinistres bouffons, vous qui, ignorant tout vous efforcez de vous soumettre les peuples et de leur imposer vos voies. Malheur aux apprentis qui se croient de maîtres !

Et pour quoi l'homme dit-il que les animaux non pas de pensée ? Dis-moi comment tu penses que l'animal pense et je te dirai comment tu penses.

Le problème de la pensée animale a été abordé selon deux biais principaux par les philosophes grecs. Certains ont cherché à repérer et à définir les différentes formes d'intelligence animale et les facultés que ces dernières impliquaient alors. Telle semble avoir été l'approche d'Aristote. D'autres philosophes ont considéré la question comme relevant principalement de la philosophie morale : quelle doit être l'attitude du sage s'il entend honorer les dieux ?

¹ Soit les dieux n'ont pas accordé la raison aux animaux, et il n'existe aucune relation de justice entre eux et nous, ce qui entraîne que nous pouvons les manger à bon droit.

² Soit les dieux leur ont accordé la raison, et nous devons les considérer comme nos frères, ce qui implique qu'ils possèdent des droits et que nous avons des devoirs.

Le sage devrait ainsi s'abstenir de manger des animaux puisqu'il s'agit d'êtres rationnels. Tel est le sens des arguments que Plutarque et Porphyre opposent aux stoïciens.

Le soleil réchauffe tous les êtres et les ressources naturelles se complètent et s'équilibrent entre elles, de telle façon qu'il ne manque rien à personne pour son développement. C'est ainsi qu'abondent les proies pour les bêtes sauvages, les graines pour les oiseaux, les éléments chimiques, la chaleur et la pression pour les roches. Ne voyons pas là de préférence. La nourriture d'un chacal nous serait répugnante et inversement la notre, finement épicée, pour lui.

La intelligence elle et un avantage pour nous, physique, émotionnel et mental son appropries à cela, mais se de même pour tout autre être de la nature, l'intelligence réside en puissance chez tous les êtres vivants dans ce monde, notre esprit cet un esprit cosmique.
Le mot « comprendre » à un sens beaucoup plus puisant que celui qu'on lui donne, l'esprit est le corps « de notre conscience » que notre faculté et limite de ce qu'ont peut concevoir, et à son tour disciple d'un organisme stellaire plus grand dont l'Esprit est son Dieu, un Dieu sans nom.

« Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » Ce concept fut affirmé par tous les anciens philosophes, « Connais-toi toi-même » et cela te donnera la clef, de nombreux êtres vivent dans ton corps... Essaie de percer le mystère qu'il à en toi… Ne demande pas plus de lumière mais ouvre plutôt les yeux. N'exige des autres rien de plus que ce tu fais toi-même, débarrage-toi des impuretés accumules depuis longtemps, et ton âme deviendra lentement sphérique et brillante.

 

Un singe comme les autres


A force de rechercher le propre de l'homme dans les livres, n'a-t-on pas oubliée d'aller voir ce qu'il en était réellement dans la nature ? « L'homme, c'est l'outil » est une affirmation gravée dans notre subconscient, mais Homo sapiens est-il vraiment le seul animal capable d'utiliser et de fabriquer des outils ?

Et si l'homme finalement n'était qu'un grand singe presque comme les autres ?

La querelle éclata un jour de mai 2006, lors de la publication d'un article par la prestigieuse revue britannique Nature. Selon ses auteurs, quatre généticiens américains, hommes et chimpanzés entretiendraient des liens bien plus étroits que tout ce que l'on avait imaginé jusqu'à présent. Pas de quoi lancer une révolution ! Certes, mais les paléontologues ne l'entendaient pas de cette oreille. Selon les résultats de l'équipe, obtenus en comparant l'ADN des deux espèces, la spéciation, c'est-à-dire la séparation en deux espèces distinctes, serait intervenue il y a environ 6 millions d'années et non pas 8, 9 ou 10 millions d'années, comme l'avaient avancé les spécialistes des fossiles.

Pire encore : les généticiens sont persuadés que les deux espèces, à peine divorcées, auraient continué à se conter fleurette pendant plus d'un million d'années. Notre vieux fantasme de la belle et la bête reprend du service avec ce métissage avéré. Nous aurions donc tous bel et bien quelque chose en nous de chimpanzé... Voilà de quoi faire bondir tous les adeptes d'une vision anthropocentrique du monde, corollaire d'un culte du rationnel hérité de la Grèce Antique, qui place l'homme au sommet de l'évolution en le dotant, lui et lui seul, d'un logos, d'une raison.

Quant aux paléontologues, ils voyaient dès lors leurs fossiles vedettes passer du statut de plus vieil ancêtre de l'homme à celui de banal grand singe. Que faire ainsi de Toumaï, notre très lointain aïeul, découvert au Tchad en 2001 ? Il vivait il y a 7 millions d'années, une époque où hommes et chimpanzés n'auraient alors formé qu'une seule et même espèce ?

Les « inventeurs » de Toumaï, Orrorin et compagnie, ne pouvaient avaler la nouvelle théorie des généticiens et, pour eux, les vieux os parlent bien plus que quelques gènes éparpillés sur des chromosomes ! Mais alors, que penser de tout cela ? Si les paléontologues tiennent tant à repousser la naissance de l'humanité, n'est-ce pas pour mieux assurer à leurs fossiles respectifs le rôle-titre de premier homme ? Ou bien y a-t-il plus dans tout ce « remue-méninges » ?

Depuis toujours, les grands singes, et les primates de manière générale, ont posé problème, tant aux philosophes qu'aux scientifiques. Plus tout à fait animaux, mais néanmoins pas tout à fait humains non plus, ils ont souvent été rangés dans une catégorie à part: des Similitudines homini, comme les dénomme le théologien Albert le Grand au XIIIème siècle, ou encore des quadrumanes pour Aristote, au IVème siècle av. J.-C. Bientôt, les grands singes, portés sur la scène occidentale au siècle des Lumières, avec l'avènement des grands voyages naturalistes, vont susciter de nouvelles passions et interrogations.

« D'où venons-nous ? », « Que Sommes-nous ? », « Où allons-nous ? », s'interroge Paul Gauguin à la fin du XIXème siècle. À peine quelques années auparavant, le naturaliste Charles Darwin vient de publier un ouvrage révolutionnaire apportant des éléments de réponse à ces questions, une théorie de l'évolution que peu sont alors prêts à accepter, la plupart voyant là une immense vexation et une atteinte à leur statut d'espèce supérieure.

Car force est de constater que le monde ne résulte pas de simples dichotomies, pourtant si commodes entre eux et nous : le bien et le mal, les animaux et les hommes, la nature et la culture. Certes, en reconnaissant notre ancêtre biologique, nous dévoilions des origines ressenties comme honteuses par certains, mais nous retrouvions également notre véritable place au sein de la nature.

Puis, dès les années 1960, les observations et les études sur les grands singes, initiées par les primatologues Toshisada Nishida et lane Goodall, vont au fil des années, petit à petit, faire basculer, puis tomber l'une après l'autre les barrières érigées entre eux et nous. Utilisation et fabrication d'outils, rire et sourire, langage, tromperie, morale, conscience de soi, cultures, guerres intercommunautaires, enseignement... leur humanité semble désormais acquise, ou bien n'est-ce pas plutôt notre animalité, trop longtemps reniée et refoulée, qui se dessine et se décrypte à travers ces multiples découvertes ?

L'homme est dès lors redevenu un grand singe, un primate comme les autres, avec son lot de spécificités, comme pour chacune des espèces, ce qui sera confirmé par des études génétiques, comme celles publiées en mai 2006 par la revue Nature. Hommes et grands singes ont désormais rejoint un seul et unique album de famille. Quant à savoir si chimpanzés et humains ont batifolé ensemble... Les frontières entre espèces ne sont pas toujours étanches, c'est donc plausible, et plus que probable. Mais, finalement, le plus important à retenir de tout cela, n'est-ce pas simplement le lien intime qui nous lie et le respect que nous devrions prêter à l'égard de ces espèces, ces frères, ces cousins ?

En effet, aujourd'hui, les grands singes se meurent, et c'est l'homme, l'un des leurs, qui en est le principal responsable. Les chimpanzés étaient environ 1 million dans les années 1960, ils ne sont plus que 150 000 selon les plus pessimistes, ou 301 000 selon les plus optimistes. On compte aujourd'hui entre 111 000 et 137 000 gorilles de plaine et quelque 700 gorilles de montagne. Quant aux bonobos, ils ne vivent que dans une enclave du nord de l'ex-Zaïre, devenue « République démocratique du Congo », et ne seraient plus que 20 000 individus environ, contre 100 000 dans les années 1980. À plusieurs milliers de kilomètres de là, en Indonésie, la situation n'est guère enviable, et même pire.

On annonce la disparition des orangs-outans pour 2030, suivant de très près celle de leur forêt. Partout, c'est le même constat : les forêts tropicales sont gagnées par un cancer qui les ronge inexorablement. Des métastases apparaissent ici et là, de plus en plus nombreuses, de plus en plus inquiétantes. L'immense océan végétal qui couvrait autrefois la plus grande partie de cet espace ourlant l'équateur ressemble aujourd'hui à une couverture mitée, percée de part en part.

Partout, on coupe, on arrache, on brûle.

Bornéo et Sumatra n'auront bientôt plus de forêt ni de grands singes. En Afrique, le trafic de viande de brousse, la déforestation et les guerres vont bientôt avoir également raison des derniers grands singes et de leurs forêts. Malheureusement, derrière la survie des grands singes se cachent des enjeux économiques et géopolitiques d'une telle ampleur que le plaidoyer en faveur de nos cousins et de leurs forêts n'est ni entendu, ni pris en compte. Ou si discrètement. À chacun d'entre nous incombe désormais le devoir d'agir pour donner aux grands singes le simple droit d'exister, et faire en sorte qu'ils ne rejoignent pas, par notre faute, la longue et très ouverte liste des espèces disparues.

L'homme est un singe comme les autres
Emmanuelle Grundmann
2008, Hachette.com livre Pratique.

 

Les bêtes industrialisées


L'industrialisation de l'élevage a modifié aussi considérablement les rapports entre l'éleveur et ses bêtes. Les bergers vivant dans les alpages au contact de leurs brebis font désormais figure d'« espèce » en voie de disparition. Aujourd'hui, neuf animaux sur dix sont élevés industriellement.

L'automatisation de l'élevage permet a un seul homme de s'occuper de 20.000 poulets ou bien de 3000 porcs, d'une centaine de veaux, de traire plus de 80 vaches à l'heure ou encore de surveiller à distance par satellite les déplacements de son troupeau au pâturage.

Résultat : les caisses d'assurances agricoles notent une recrudescence des accidents du travail chez les éleveurs parce que ceux-ci ne savent plus manipuler les animaux.

Comment en est-on arrivé à cette forme d'élevage ?

Progressivement, sous l'effet à la fois de l'augmentation constante des besoins humains, qui exigeaient de produire toujours plus, et du progrès scientifique et technique qui permettait de résoudre des problèmes de plus en plus complexes.

Ainsi, à partir du XVIIème siècle, on commence à produire des plantes fourragères pour nourrir les animaux, à cultiver les prairies, a sélectionner des animaux adaptés à des fonctions diversifiées, à éradiquer les épizooties qui décimaient périodiquement les troupeaux. De nouvelles disciplines apparaissent comme la médecine vétérinaire et la zootechnie.

Les premières écoles vétérinaires sont créées en France, en 1762 à Lyon et en 1766 à Maisons-Alfort. Puis, au XIXème siècle, l'explosion industrielle marque un nouvel âge d'or de l'agriculture.

Paradoxal ? Non. Là encore, il faut subvenir aux besoins de la population ouvrière en plein essor, conséquence d'un exode rural sans précédent. C'est la création des grands abattoirs puis, à la fin des années 50, la « fin des paysans » et la « seconde révolution française », l'installation des élevages industriels. Afin d'améliorer la productivité, on a remplacé la main-d'œuvre de traite par des machines à traire.

Pour les poules pondeuses élevées en batterie dont certains poulaillers contiennent jusqu'à 50.000 animaux, la collecte des oeufs se fait automatiquement. Les truies gestantes ne sont ni plus ni moins que des machines à produire des porcelets; pendant deux ans, elles sont sanglées au sol en permanence.

A huit jours, les veaux sont séparés de leur génitrice et placés plusieurs mois dans des boxes. Ces pratiques n'ont jamais existé auparavant dans l'histoire de la domestication ? Bien sûr que si.
L'isolement et l'enfermement des animaux pour les engraisser, l'entravement, l'aveuglement sont des procédés qui ont été utilisés partout dans l'Ancien Monde.

La différence, c'est l'ampleur et le caractère systématique de l'emploi de ces techniques d'élevage. Le stress en élevage intensif est tel qu'il entraîne des troubles physiologiques et comportementaux graves auxquels on remédie par des médicaments, des mutilations comme le débecquage des poulets, l'amputation de la queue des porcs, l'écornage des bovins, ou par des appareillages comme la pose des oeillères, etc.

Ces inconvénients vont tellement à l'encontre des performances « zootechniques » elles-mêmes que l'on peut se demander si ce type d'élevage ne correspond pas à une logique inconsciente, proche du sadisme.
A l'hyperdomestication, à la surprotection et à la survalorisation des animaux familiers s'opposent radicalement la dédomestication, le maltraitement, la marginalisation des animaux de rente...

Cela dit, les nouvelles techniques n'ont pas non plus que des inconvénients. Elles ont notamment permis de grands progrès pour la santé humaine en permettant l'éradication de terribles zoonoses comme la fièvre aphteuse qui était très contagieuse et se transmettait à l'homme. Il faut aussi se souvenir de ce qu'étaient les élevages traditionnels: étables insalubres et sales, animaux mal nourris, en mauvaise santé...

Crédit: La plus belle histoire des animaux
Pascal Picq, Jean-Pierre Digard, Boris Cyrulnik,
Karine Lou Matignon, Éditions du Seuil

 

Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem


1.1
Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.
1.2
Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ?
1.3
Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.
1.4
Le soleil se lève, le soleil se couche; il soupire après le lieu d'où il se lève de nouveau.
1.5
Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.
1.6
Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent.
1.7
Toutes choses sont en travail au delà de ce qu'on peut dire; l'oeil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.
1.8
Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
1.9
S'il est une chose dont on dise: Vois ceci, c'est nouveau! cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés.
2.1
On ne se souvient pas de ce qui est ancien; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.
2.2
Moi, l'Ecclésiaste, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem.
2.3
J'ai appliqué mon coeur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c'est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l'homme.
2.4
J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.
2.5
Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.
2.6
J'ai dit en mon coeur: Voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sagesse et de science.
2.7
J'ai appliqué mon coeur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie; j'ai compris que cela aussi c'est la poursuite du vent.
2.8
Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.

 

La lecture de la bible nous apprend que Dieu forma les animaux et les fit venir vers l'homme afin que ce dernier ne soit pas seul (Genèse 2,18-19).

La lecture attentive de ces textes montre bien qu'à partir de l'instant où Adam donne un nom à chaque espèce animale il se crée entre elle et lui une cohésion si profonde que l'Eternel englobera désormais l'homme et l'animal dans un même jugement.

Au moment du Déluge, l'Eternel dit: « J'exterminerai de la face de la Terre l'être humain que j'ai crée depuis l'homme jusqu'au bétail » (Genèse 6,7) et plus loin, nous lisons que : « Dieu se souvint de Noé, de tous les animaux et de tout le bétail qui étaient avec lui dans l'Arche ». Plus explicitement encore, après le Déluge, Dieu dit qu'il établit son alliance avec Noé et les siens et avec tous les êtres vivants « tant les oiseaux que le bétail, que tous les animaux de la terre » (Genèse 9,10).

Et, tout au long de la Bible, l'Eternel considère le monde animal comme un interlocuteur valable: « En ces jours là, je traiterai pour eux une alliance avec les bêtes des champs, les oiseaux du ciel et les reptiles de la terre », dit-il au prophète Osée (2,20)...
Et il dicte à Moise des préceptes interdisant de maltraiter les animaux dont le peuple hébreux a la charge : « Ne pas faire travailler aucune de ses bêtes le jour du repos » (Deutéronome 5,12-14). « Ne pas mettre de muselière au boeuf quand il foule le grain » (Deutéronome 25,4).

Certains préceptes ont même pour fondement le respect de l'affectivité animale : « Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère » (Deutéronome 14,15).

Ainsi, entre l'homme et l'animal Dieu établit un code qui lui permettra au jour du jugement de demander au premier des comptes de son attitude envers le second: « Vous n'avez pas fait paître les brebis, vous n'avez pas fortifié celles qui étaient faibles, guéri celles qui étaient malades, pansé celles qui étaient blessées; vous n'avez pas ramené celles qui s'égaraient, cherché celles qui étaient perdues, mais vous les avez dominées avec violence et dureté » (Ezechiel 34,4).

La vanité de l'homme est de se considérer comme isolé de l'animal dans l'équilibre cosmique en vertu de son intellect plus développé ou des vues particulières que dieu a sur lui; pourtant Dieu s'insurge contre cette optique: « Voici l'hippopotame à qui j'ai donné la vie comme toi ».

Et l'Ecclésiaste, méditant sur cette vanité de l'homme à l'égard de l'animal écrit: « J'ai dit en mon coeur, au sujet des fils de l'homme, que Dieu les éprouverait, et qu'eux-mêmes verraient qu'ils ne sont que bêtes, car le sort des fils de l'homme et celui de la bête sont pour eux un même sort; comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre, ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l'homme sur la bête est nulle car tout est vanité »... (Ecclésiaste 3,18-19).

Ce n'est pas pour l'homme se ravaler aux rangs inférieurs que de réaliser que, pièce maîtresse sur l'échiquier de la vie, il ne peut gagner la partie qu'en union fraternelle avec les autres pièces; il tire de la contemplation de l'animal des clichés qui imprègnent son psychisme, éveillant en lui les archétypes de la beauté, de l'harmonie, des arts et de la philosophie.

Et la civilisation sera à l'échelle même du respect de la vie et du bonheur animal. « Maudit soit l'homme qui n'écoute pas les paroles de cette alliance » (Deutéronome 27,26).

Dés les origines, des civilisations tentèrent de s'édifier en rompant cette alliance entre l'humanité et l'animalité; Nemrod, fils de Cusch, nous dit la Genèse au chapitre 10 « Vaillant chasseur contre l'Eternel » fut l'un des premiers a tuer l'animal par sport, pour le plaisir, pour montrer sa force...

Il régna sur Babel et fut à l'origine de cette civilisation babylonienne dénoncée par les prophètes. Nemrod, tour de Babel, Babylone: Dégringolade de l'esprit primitif; les hommes ne comprennent plus les animaux, les hommes ne se comprennent plus entre eux, ne comprennent plus la volonté de l'Eternel.

Peu à peu l'animal cesse d'être un prolongement de l'homme dans le cosmos et l'humanité ensanglante ses cultes de sacrifices d'animaux qui ont perdu toute signification: « Qu'ai-je à faire de la multitude de vos sacrifices ? dit l'Eternel; je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux. Je ne prends point plaisir au sang des taureaux des brebis et des boucs. Quand vous venez vous présenter devant moi, qui vous demande de souiller mes parvis ? » (Isaie 1,11-12).

L'Eternel ne veut pas de sacrifices d'animaux: « Je déteste et méprise vos fêtes, je ne puis sentir vos assemblées. Quand vous me présentez des sacrifices et des offrandes, je n'y prends aucun plaisir et les veaux engraissés que vous sacrifiez en actions de grâces, je ne les regarde pas » (Amos 5,21).

Bien plus, le Seigneur insiste sur le fait qu'il n'a jamais demandé un tel culte: « M'avez-vous fait des sacrifices et des offrandes pendant les quarante années du désert, Maison d'Israël ? »

Il n'a jamais voulu d'hécatombes animales et c'est abusivement que l'on fait cela en son nom: « Car je n'ai pas parlé avec vos Pères, je ne leur ai donné aucun ordre le jour où je les ai fait sortir du pays d'Egypte, au sujet des holocaustes et des sacrifices » (Jérémie 7,21).

Et, par la bouche du Prophète, il reprend durement Israël, le Temple de l'Eternel est à ceux qui « pratiquent la justice, n'oppriment pas l'étranger, l'orphelin et la veuve, ne répandent pas en ce lieu le sang innocent » (Jérémie 7,5). Au lieu de cela, on a fait du Temple une immense boucherie, une « caverne de voleurs » (Jérémie 7,11)...

C'est la même accusation que reprendra Jésus quand il trouva dans le Temple les vendeurs de boeufs, de brebis et de pigeons qui allaient être égorgés... « Ayant fait un fouet de cordes, il les chassa tous du Temple ainsi que les brebis et les boeufs » (Jean 2,15). Vol, en effet, de ces marchands qui prétendent déjà faire acheter pour l'Eternel ce qui lui appartient déjà: « Je ne prendrai pas un taureau dans ta maison, ni des boucs dans tes bergeries car tous les animaux des forêts sont à moi, toutes les bêtes des montagnes par milliers; je connais tous les animaux des montagnes et tout ce qui se meut dans les champs m'appartient » (Psaume 50,9), et plus loin : « Si j'avais faim, je ne te le dirai pas car le monde est à moi et tout ce qu'il renferme. Est-ce que je mange la chair des taureaux. est-ce que je bois le sang des boucs ? » (Psaume 50-12).

Peut-on de façon plus complète, plus totale, faire connaître sa volonté : « Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités... Quand vous multipliez vos prières, je n'écoute pas: vos mains sont pleines de sang » (Isaie 1,15).

Et refuser un culte de cette sorte: « Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions, apprenez à faire le bien, recherchez la justice, protégez l'opprimé, faites droit à l'orphelin, défendez la veuve » (Isaie 1,17).



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