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Libération animale: voix de la clandestinité.
Entretien avec un activiste de l'ALF


droits des animaux

Klaus Petrus : Après plusieurs contributions dédiées à l'émergence d'une nouvelle forme de violence dans l'espace européen francophone (en particulier la France et la Suisse), Terrorisme.net offre à ses lecteurs une contribution très rare: un entretien avec un activiste anonyme de l'Animal Libération Front.

Malgré les risques encourus, ce document nous a été proposé par le philosophe Klaus Petrus, auteur de Tierrechtsbewegung und Aktivismus (“mouvement de défense du droit des animaux et activisme”), un ouvrage collectif qui se concentre essentiellement sur la question de la relation entre violence et activisme en faveur des animaux (à paraître en 2008, en allemand). Ce document permet de mieux comprendre la logique, le processus de radicalisation et le mode opératoire des acteurs militants de la cause animale.

Il s'agit de la traduction d'une version raccourcie et autorisée d'un entretien qui a eu lieu en février 2007. Les activistes de l'Animal Libération Front agissent principalement dans la clandestinité. La publication de cet entretien a été acceptée à condition que l'identité de l'activiste reste anonyme.

 

Klaus Petrus - Si l'on excepte la prise de contact qui fut extrêmement compliquée, notre rencontre ne semble pas si problématique. Je suis assis dans un restaurant face à un activiste du droit des animaux - que certains qualifient «d'éco-terroristes» - que j'interroge. Ne craignez-vous pas pour votre sécurité ?

Activiste - Je ne suis pas recherché, du moins pas de manière nominale. De plus, je suppose que vous n'êtes pas un informateur. Plus sérieusement: il est évident que je suis prudent. La surveillance policière a augmenté ces dernières années, ce qui peut devenir très désagréable.

Klaus Petrus - Avez-vous peur d'être emprisonné ?

Activiste - Bien sûr, tous les activistes ressentent cette peur. En fin de compte, nous ne sommes pas des martyrs et nous ne sommes utiles à personne en prison, en particulier pas aux animaux. Je suis cependant parfaitement conscient des risques que je prends et je les assume entièrement.

Klaus Petrus - Vous vous qualifiez vous-même «d'activiste de l'ALF». Qu'est-ce que l'Animal Libération Front ?

Activiste - L'ALF n'est pas une organisation mais une attitude: il s'agit de mettre fin une fois pour toutes à l'exploitation des animaux.

Klaus Petrus - Toutes les personnes qui s'engagent contre l'exploitation des animaux ne sont pourtant pas des activistes de l'ALF....

Activiste - Ce sont les méthodes qui diffèrent. Certaines personnes choisissent un style de vie végétalien. Il s'agit de leur façon de protester. D'autres participent à des campagnes, à des manifestations, distribuent des tracts, récoltent des signatures etc.
Nous nous engageons de manière directe, nous libérons des animaux et essayons de toucher les personnes qui exploitent les animaux «là où ça fait mal»: au niveau financier. L'industrie d'exploitation des animaux génère d'énormes profits et l'ALF utilise tous les moyens possibles pour lui causer du tort. Le sabotage constitue un excellent moyen. Les recherches clandestines (undercover) dans des fermes d'élevage industriel ou des laboratoires d'expérimentation également.
Elles peuvent conduire à donner une mauvaise image d'une entreprise, et qui dit «mauvaise image» dit également pertes financières.

Klaus Petrus - En tant qu'activiste, quelles sont vos limites ?

Activiste - Les limites - je devrais plutôt dire les principes - sont claires. L'un de ces principes exige de ne blesser ni êtres humains, ni animaux. L'ALF s'est toujours tenu à ce principe. Les actions de l'Animal Libération Front ne tuent et ne blessent personne. Un autre principe veut qu'un animal ne puisse être libéré que s'il est ensuite possible de lui garantir un lieu d'accueil sûr. C'est un principe important mais qui complique parfois le travail de l'ALF. A cet égard, je souhaiterais qu'un plus grand nombre d'organisations s'engagent pour offrir des lieux sûrs aux animaux libérés.
Un autre principe veut qu'une action de l'ALF ne soit jamais dirigée contre des personnes qui ne sont pas impliquées dans l'exploitation animale! Les activistes de l'ALF ne sont pas des vandales. Nous visons les biens de l'industrie qui exploite les animaux et les personnes qui font des affaires avec cette industrie. En d'autres termes: dans le cadre offert par les principes de l'ALF, tout est possible, pour autant que cela soit utile.

Klaus Petrus - Je connais beaucoup de gens qui me disent: même si les buts de l'ALF sont acceptables, les méthodes utilisées...

Activiste - La question essentielle est la suivante: pourquoi l'ALF utilise-t-il ces méthodes ? Pour nous, il s'agit de sauver ici et maintenant des êtres totalement sans défense et exploités. On peut faire bouger les choses non seulement en libérant des animaux, mais également en détruisant un laboratoire ou en incendiant un élevage pour la fourrure. Il faut des locaux pour exploiter les animaux, des instruments, une infrastructure qui fonctionne bien. Le sabotage a pour but de détruire ces infrastructures ou du moins de les rendre inoffensives pour un certain temps.
Les dommages financiers infligés aux entreprises constituent un choix conscient. Pour l'ALF, une entreprise d'exploitation animale en situation financière difficile ou qui doit mettre un terme à ses activités du fait de l'engagement d'activistes constitue un succès, même si durant les actions en question aucun animal n'a été libéré.

Klaus Petrus - J'aimerais revenir sur ce principe que vous avez mentionné selon lequel il faut prendre toutes les précautions nécessaires pour ne blesser ni animal ni être humain. Il existe cependant des groupes comme l'Animal Rights Militia (ARM), les Revolutionary Cells - Animal Libération Brigade (RC - ALB) ou le Justice Département qui ne respectent pas ce principe.

Quelle est votre position à cet égard ? On entend souvent que ce sont les activistes de l'ALF eux-mêmes qui sont derrière ces actions, c'est-à-dire une frange plus radicale de l'ALF...

Activiste - Si j'exploitais des animaux ou travaillais pour la police, c'est probablement ce que je dirais! Mais il s'agit d'allégations. Il s'agit là d'un problème fondamental: «ARM» ou «RC-ALB» ne font pas référence à des organisations mais à des attitudes. Tout le monde peut se cacher derrière ces noms.
Même un acteur de l'industrie qui exploite les animaux pourrait incendier un bâtiment et faire porter le chapeau à l'ALF ou l'ARM. Quoi qu'il en soit, je ne connais personne de l'ARM, des RC- ALB ou du Justice Department. Et je ne recherche pas le contact avec ces gens. Quiconque prend le risque de blesser ou de tuer des personnes n'a, à mes yeux, pas une attitude digne de l'ALF ou que je soutiendrai personnellement.

Klaus Petrus - D'anciens activistes de l'ALF ou des personnes qui prennent officiellement position au nom de l'ALF ne l'entendent pas de cette oreille. Ces personnes ne regretteraient pas des victimes dans le camp de l'industrie qui exploite les animaux.

Activiste - Pour ce qui est de mon engagement, ce sont les principes de l'ALF qui sont contraignants et pas les déclarations de certaines personnes. Si Jerry Vlasak ou d'autres ne sont pas de cet avis, c'est leur problème. Ceci n'a rien à voir avec l'ALF: nous ne voulons blesser ou tuer personne, et nous ne le ferons pas!

Klaus Petrus - Pourtant, dans la presse, les rapports de police ou le grand public, le Front de libération des animaux est considéré comme «militant», «radical», voire même « terroriste ».

Activiste - Il règne ici une certaine confusion. Tout d'abord que veut dire « radical » ? Ce que vous considérez comme radical, ne l'est peut-être pas assez pour moi et inversement. Personnellement, je pense que, au sens propre, les actions directes sont toujours radicales. Elles considèrent un problème à la racine et essaient de l'approcher de manière frontale. C'est ce que fait l'ALF.
Il n'attend pas le succès de négociations avec des personnes qui exploitent les animaux ou le législateur. La souffrance des animaux a lieu ici et maintenant, chaque jour, heure, minute, seconde - en continu et partout. Si se battre contre cette horreur est radical, alors oui, l'ALF est radical.

Qu'il s'agisse d'une association terroriste est ridicule ! Nous n'enlevons, ne blessons ou ne tuons personne. Nous ne menons pas de lutte armée contre les personnes qui exploitent des animaux. Nous ne détruisons pas de manière arbitraire. Quiconque ne profitant pas directement et de manière évidente de l'exploitation et de la misère des animaux n'a rien à craindre de l'ALF.
Notre seul objectif est de mettre un terme à la souffrance quotidienne des animaux individuellement, que ce soit dans des fermes d'exploitation, d'élevage, des laboratoires d'expérimentation et partout ou ceux-ci sont exploités pour nos besoins ou notre plaisir.

Klaus Petrus - Pourtant, il existe des lois spéciales comme l'Animal Entreprise Terrorism Act (AETA) aux États-Unis qui sont focalisées sur les activités des militants de la cause animale. Selon cette loi, vous seriez un terroriste puisque vous appartenez à une organisation terroriste.

Activiste - Bien sûr, bien sûr. Il fallait s'y attendre. Dans ce cas, la question de la fonction d'une telle loi est essentielle et les personnes qui les rédigent le savent parfaitement: nous ne sommes pas une menace terroriste mais un danger économique.

Klaus Petrus - Si l'on connaît la genèse de l'AETA et que l'on s'intéresse de plus près à sa formulation, il est difficile de se débarrasser de l'impression qu'il s'agit en premier lieu de protéger les intérêts économiques d'entreprises privées.

Activiste - C'est exactement ce que je veux dire. Qu'un État se permette de telles choses est tout simplement scandaleux! Mais soyons honnête, nous devons faire face à des lobbies très puissants: l'industrie pharmaceutique, l'industrie alimentaire et du tabac pour ne citer que les plus importantes. Dans la foulée, il y a également les politiciens qui défendent leurs intérêts. Il s'agit d'argent, de beaucoup d'argent. Mais personne ne parle des animaux. On a assisté à un scénario similaire lorsque l'AETA était débattue. La seule motivation derrière de telles lois est de criminaliser toute forme de protestation et d'activisme qui constituent un obstacle au bon fonctionnement des entreprises qui exploitent les animaux.

Klaus Petrus - Que pensez-vous de l'objection selon laquelle l'ALF est militante ? Dans la plupart des cas, celle-ci vise à dénoncer l'utilisation de la violence par les activistes de l'ALF.

Activiste - Il s'agit à nouveau d'une question de définition. Des dommages contre la propriété sont-ils des actes violents ? Je suis d'avis que ce n'est pas le cas. Comment peut-on être violent vis-à-vis d'un objet qui ne ressent rien ? Quoi qu'il en soit, même si nos actions sont considérées comme violentes, il faut les considérer comme une « contre violence ».
En effet, même si on parle du militantisme de l'ALF, personne ne parle de l'extrême violence exercée contre les animaux. Ceux-ci sont élevés et maintenus en captivité dans des conditions pitoyables, ils sont gavés, engrossés, frappés, torturés et l'on pratique sur eux des expériences cruelles et absurdes.
La question ne devrait-on donc pas être: « les actions de l'ALF sont-elles violentes ? » mais plutôt « si l'on considère notre manière de traiter les animaux, cette violence est-elle légitime ? » Le fait que quelqu'un ait recours à une contre violence ne signifie pas que cette contre violence soit illégitime.

Klaus Petrus - Dans tous les cas, celle-ci est illégale. Les activistes de l'ALF violent la loi et s'insurgent ainsi contre le système qui émet ces lois. Les actions de l'ALF sont-elles des actions politiques ?

Activiste - Les avis divergent. Je connais des activistes de l'ALF qui n'ont pas de motivation politique. Dans tous les cas, pas au sens usuel du terme. Ces gens ne sont focalisés que sur la souffrance des animaux et mettent tout en œuvre par l'atténuer. Il faut cependant noter que l'exploitation des animaux n'est pas un loisir. Il s'agit d'une industrie qui ne peut fonctionner que s'il existe un système qui accepte, encourage et maintient notre domination sur les animaux. Ce système est clairement politique. De ce point de vue, les actions de l'ALF sont clairement dirigées contre ce système et sont, par conséquent, politiques. C'est en tout cas mon avis. La lutte contre l'exploitation des animaux est une lutte contre un système qui exerce une violence et une domination sur des créatures sans défense.

Klaus Petrus - Parlons de vous. Comment êtes-vous devenu un activiste de l'ALF ?

Activiste - Comme la plupart des activistes, je suppose. Je me suis d'abord engagé dans une organisation de défense des droits des animaux. Un jour, je me suis dit que les paroles et les manifestations ne servaient à rien et qu'il fallait entreprendre quelque chose de concret contre ces horreurs. C'était il y a 15 ans. A cette époque, j'ai scié les pieds de tours de chasse, brisé les vitrines de magasins de fourrure. Plus tard, nous avons travaillé de manière plus organisée.

Klaus Petrus - Ce qui veut dire ?

Activiste - Certaines actions doivent être planifiées de manière minutieuse. Prenez par exemple la libération d'animaux d'un laboratoire d'expérimentations. Tout d'abord, il faut faire un repérage précis des lieux. Selon les cas, il faut connaître les systèmes de sécurité et pour cela des experts sont parfois nécessaires. Une telle action peut également exiger certains outils spéciaux.
Des voitures doivent être louées, il faut également s'équiper de cages pour le transport, prendre contact avec des vétérinaires pour qu'ils examinent les animaux et les soignent, le cas échéant. Avant tout, il faut trouver des gens qui soient disposés à accueillir ces animaux. Comme je l'ai déjà dit, c'est la chose la plus importante. Cela n'a pas de sens de libérer des animaux de batteries de ponte ou laboratoires si l'on a pas clarifié auparavant la question de l'accueil.

Klaus Petrus - Dans cette perspective, on parle de «cellules de l'ALF». Ce qualificatif est-il adéquat ?

Activiste - Certaines actions ne peuvent être exécutées par un seul individu. On s'associe alors avec d'autres activistes. On parle alors de «cellules». Il est possible que plusieurs actions soient exécutées par une même cellule, mais j'ai déjà vécu des cas où une cellule ne s'est réunie que pour une action. De temps en temps, de telles cellules peuvent également avoir un rôle tactique.
En exécutant plusieurs actions et en les signant de manière identique, on peut envoyer un message à d'autres activistes: nous sommes là, nous sommes actifs! On peut ainsi établir des contacts qui sont importants. Mais ces contacts ne vont pas plus loin: il n'est par exemple pas vrai que les cellules ont un «leader» et qu'elles sont dirigées «d'en haut», par une hiérarchie.

Klaus Petrus - Êtes-vous également actif dans une organisation «classique» de défense des droits des animaux ?

Activiste - Non, ce serait prendre un risque trop important. Les organisations de défense des droits des animaux sont de plus en plus surveillées. Parfois, il arrive même que des activistes de l'ALF soient arrêtés parce qu'ils ont été identifiés au moyen de photos et de vidéos faites par la police lors de manifestations d'organisations légales de défense des droits des animaux.

Klaus Petrus - En principe, le travail dans une organisation de défense des droits des animaux n'exclut pas une participation aux activités de l'ALF.

Activiste - Pas du tout. Et je pense que de nombreux activistes mènent ce genre de double vie. Mais cela dépend également du type d'actions de l'ALF. Les personnes impliquées dans des actions qui peuvent mener à des lourdes condamnations devraient éviter de distribuer des tracts devant un McDonald's.

Klaus Petrus - Et vous, menez-vous une double vie ?

Activiste - Certains de mes amis ne savent pas que je suis un activiste de l'ALF.

Klaus Petrus - Un lourd tribut à payer ?

Activiste - Il est important pour moi de n'impliquer personne. Il ne faut pas oublier que la répression étatique et policière est extrême. Au niveau mondial, les activistes de l'ALF sont persécutés et risquent parfois des peines de prison absurdes. C'est également mon cas. Et il est toujours mieux que mes amis puissent dire en toute bonne foi: je n'en savais rien!

Klaus Petrus - Vous disiez à l'instant que de nombreux activistes de l'ALF sont également impliqués dans des campagnes tout à fait légales. Cela pourrait-il expliquer le fait que de plus en plus de campagnes légales soient «accompagnées» d'actions de l'ALF ?

Activiste - Où voulez-vous en venir ?

Klaus Petrus - Prenez l'exemple de la campagne Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC) contre le laboratoire Huntingdon Life Sciences (HLS). Il est indéniable que le nombre d'actions de l'ALF contre HLS a fortement progressé au moment où la campagne de SHAC devenait internationale. C'est pour cette raison que certaines personnes pourraient penser que SHAC et l'ALF coopèrent.

Activiste - Il faut cependant savoir que SHAC - considéré dans ces proportions - était quelque chose de totalement nouveau pour le mouvement du droit des animaux. Ou du moins, il s'agissait d'une manière totalement différente de mener une campagne. Normalement, une campagne est lancée, financée et dirigée par des organisations de défense des droits des animaux plus ou moins établies.
Lorsque SHAC a été fondée en 1999 - nota bene en réaction à des recherches clandestines sur HLS effectuées par des activistes de l'ALF - le message était clair: mettre HLSà genoux !
C'était ce but qui définissait et qui définit toujours la campagne SHAC. Cela veut également dire que quiconque poursuit ce but peut et doit contribuer à la cause - que ce soit en participant à des manifestations autorisées, en menant des actions revendiquées ou non sous la bannière de l'ALF. Il est clair que l'ALF soutient l'objectif de la campagne SHAC, simplement du fait qu'il s'agit également de son but. Il est donc clair que l'ALF est active contre HLS et toutes les personnes qui font des affaires avec le laboratoire. Mais cela ne veut pas pour autant dire qu'il existe une collaboration concrète.
J'étais impliqué dans de nombreuses actions contre HLS mais je n'ai jamais eu de contacts avec des gens qui s'engagent dans la campagne SHAC. En fait, je ne saurais pas vraiment ce qu'il y a à discuter. Le but est clair, tous les participants savent ce qu'il faut faire. D'ailleurs, l'ALF attaquerait HLS même sans la campagne SHAC.

Klaus Petrus - Revenons à votre personne. J'ai entendu dire que vous faisiez partie de ces activistes qui voyagent beaucoup.

Activiste - C'est l'une des beautés du «métier». Plus sérieusement: certaines actions ne peuvent et ne devraient pas être exécutées de manière locale.

Klaus Petrus - Qu'est-ce que cela veut dire concrètement ?

Activiste - Prenez une entreprise pharmaceutique qui pratique des expériences de torture sur les animaux ou les mandate. Supposons que cette entreprise soit dans une ville x, mais qu'elle dispose de filiales dans les villes y et z. Il peut être plus efficace de mener des actions dans les villes y ou z - du simple fait que, par exemple, l'entreprise ne s'y attend pas. C'est pourquoi, on se rend à y ou z pour sonder la situation.

Klaus Petrus - Voilà un exemple qui n'est pas très concret. Cela semble plus être une réflexion de stratégie que...

Activiste - Une grande partie de mon activité pour l'ALF est justement stratégique...

Klaus Petrus - Vous donnez effectivement l'impression d'être un activiste professionnel.

Activiste - Je sais où vous voulez en venir: l'ALF n'est-elle pas une organisation composée de 100 ou de 500 activistes à plein temps ? Voilà votre question. La réponse est négative. Tous les activistes de l'ALF ont la même attitude, nous en avons déjà parlé. Certains activistes exécutent certaines actions, alors que d'autres activistes sont occupés par d'autres actions. Certains activistes sont souvent actifs, d'autres le sont rarement ou une seule fois dans leur vie. C'est ça, l'ALF.

Klaus Petrus - Ce n'était pas ma question. Si vous voulez continuer sur les clichés, vous avez l'air plutôt intelligent.

Activiste - C'est ça, c'est ça. 99 % des activistes de l'ALF sont des vandales pré pubères qui ne réfléchissent pas. Ce serait vraiment bien si la police et l'industrie de l'exploitation animale pouvaient croire à ce cliché. Ainsi, ils nous sous-estimeraient. Quelle était votre question ?

Klaus Petrus - Pour un outsider comme moi, il semble qu'il y ait ici une différence claire entre des actions «mineures» comme le bris de vitrine d'un magasin de fourrure et des actions «majeures» comme la libération d'animaux d'un laboratoire ou des actes de sabotage. Les premières peuvent être exécutées de manière spontanée, alors que les secondes doivent être planifiées et exigent l'engagement de «professionnels». Cette évaluation est-elle correcte ?

Activiste - On ne peut pas généraliser. Chaque action implique un certain nombre de paramètres. Contre qui est-elle dirigée ? Où ? Quand ? Avec quels moyens ? Il faut se RE-poser ces questions avant chaque action. Par exemple, je me souviens avoir préparé et exécuté une action de libération dans une ferme d'élevage de fourrure avec un autre activiste. Nous avons naturellement fait une reconnaissance de la zone, ce qui nous a pris deux à trois jours. L'action elle-même fut une promenade de santé: en 40 minutes, nous avons libéré environ 800 visons.
Mais j'ai également participé à des actions contre une chaîne de magasins de fourrure. En principe, il ne s'agissait que de dommages matériels mineurs: bris de vitrines, sprayage de fourrures, utilisation d'acide butyrique ou de silice. Pourtant, ces actions étaient bien planifiées et coordonnées entre elles. Elles ont d'ailleurs été couronnées de succès. On oublie souvent que ce sont justement ces actions «mineures» qui peuvent être très efficaces! Les personnes qui exploitent des animaux sont déstabilisées, elles sont contraintes à prendre des mesures de sécurité, doivent concéder des investissements supplémentaires etc.
De ce point de vue, de telles actions sont importantes et leur multiplication constitue une bonne chose. Mais vous avez raison: de nombreuses actions «majeures» - comme par l'attaque de laboratoires - doivent être extrêmement bien préparées. Pensez simplement aux systèmes de surveillance. A l'heure actuelle, de nombreux laboratoires ressemblent à des forteresses et il faut de gros efforts pour y entrer, et surtout en ressortir!

Klaus Petrus - J'aimerais revenir à ma première impression, selon laquelle vous avez l'air d'un professionnel. Vous avez toujours dit que les actions doivent être préparées au mieux. Êtes-vous un expert ?

Activiste - Si l'on peut le dire ainsi: oui. J'essaie d'obtenir un maximum d'informations sur les entreprises qui exploitent des animaux.

Klaus Petrus - Comment agissez-vous concrètement ?

Activiste - Je ne peux pas vous donner d'exemples. Vous voulez vraiment savoir ce que nous faisons actuellement ? Cela pourrait vous causer des ennuis. Mais dans l'ensemble ce n'est pas très spectaculaire. Nous observons ces entreprises, déterminons leurs faiblesses; de temps à autre, nous pénétrons à l'intérieur et obtenons ainsi des informations dont seuls des insiders peuvent bénéficier.

Klaus Petrus - Et que faites-vous avec ces informations ?

Activiste - Que voulez-vous dire ? Je les utilise pour en faire profiter les animaux et causer des dommages à ceux qui les exploitent.

Klaus Petrus - Je voulais plutôt dire, transmettez-vous ces informations à d'autres activistes ?

Activiste - Cela arrive.

Klaus Petrus - Arrive-t-il qu'en tant qu'expert, d'autres activistes vous demandent conseil ?

Activiste - Cela arrive également.

Klaus Petrus - Ai-je bien compris: vous ne voyagez pas seulement parce que, par exemple, Novartis a des filiales dans certains lieux et qu'il est plus facile ou plus efficace d'organiser des actions dans ces lieux, mais parce que certains activistes planifient des actions contre Novartis et ont besoin de vos conseils ?

Activiste - Novartis est votre exemple et pas le mien. Pour le reste, vous avez parfaitement compris.

Klaus Petrus - Il existe donc un réseau entre activistes de l'ALF ?

Activiste - Écoutez, je ne suis pas un spécialiste de l'ALF. Je suis un activiste et ne peux parler que pour ma propre personne. Je n'ai jamais entendu parler d'un réseau. Bien sûr que je connais certains activistes de l'ALF et que nous essayons d'exécuter nos actions de la manière la plus efficace possible. Ceci exige parfois une certaine répartition du travail, en particulier en ce qui concerne la préparation de certaines actions.

Klaus Petrus - A quel type d'actions faites-vous référence ?

Activiste - Par exemple au sabotage et à des libérations d'animaux.

Klaus Petrus - Et pourquoi les activistes font-ils appel à vos services ?

Activiste - Parce que je m'y connais en systèmes de sécurité.

Klaus Petrus - Un savoir précieux ?

Activiste - Les entreprises paieraient sûrement très bien pour savoir où sont leurs faiblesses...

Klaus Petrus - Comment les actions sont-elles financées ? Une des forces de l'ALF semble justement être son côté «low cost» ?

Activiste - C'est vrai. Nous ne sommes pas une organisation, nous n'avons pas d'administration, de caserne pour les recrues de l'ALF, nous n'avons pas besoin d'armes ou de munition, ne faisons pas campagne, n'avons pas de frais de relations publiques etc. La plupart des actions sont financées par les activistes eux-mêmes. Il y a évidemment les personnes qui nous soutiennent sporadiquement: des amis, des connaissances, des sympathisants.

Klaus Petrus - Avez-vous déjà été sponsorisé par une organisation de défense des droits des animaux ?

Activiste - Non, et je ne pense pas que cela soit arrivé. Il y a évidemment des associations ou des groupes de soutien qui s'occupent par exemple des activistes emprisonnés. Mais c'est autre chose. Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas par ce biais que les actions sont financées.

Klaus Petrus - A propos des sympathisants. Quel est actuellement l'image de l'ALF auprès de ces gens ?

Activiste - Je pense que vous en savez plus que moi à ce sujet. Pour être honnête, cela ne m'intéresse pas beaucoup.

Klaus Petrus - J'ai l'impression que l'ALF est plutôt isolé, même au sein du mouvement de défense du droit des animaux. Il n'existe que très peu d'organisations qui défendent l'ALF, la plupart sont très prudentes...

Activiste - Il y a de nombreuses raisons à cela. J'ai discuté récemment avec une personne qui mène une campagne contre un laboratoire d'expérimentation. Elle a avoué qu'il était devenu difficile de se positionner publiquement en faveur de certaines actions qui sont qualifiées de «terroristes» par les médias et la police. Je peux parfaitement le comprendre et je pense qu'il s'agit d'une stratégie utilisée sciemment par le FBI, par exemple. Plus l'ALF est criminalisée - c'est-à-dire que plus elle est mise en relation dans l'esprit du public avec «l'éco-terrorisme» - plus une organisation qui ne se distancie pas de ces actions risque d'être estampillée comme «terroriste». Cependant, cette personne me disait qu'à titre personnel, elle soutenait totalement les actions de l'ALF.

Klaus Petrus - D'autres sont d'avis, voire convaincus moralement que les buts du mouvement de défense des droits des animaux ne peuvent être atteints qu'avec des moyens légaux.

Activiste - Il est clair que ces personnes peuvent difficilement soutenir l'ALF. Ce n'est pas mon avis, mais je peux, à quelque part, le comprendre. Pour autant que je sache, ces positions antagonistes - une position modérée et une position plus radicale - sont présentes dans chaque mouvement. Pourquoi le mouvement de défense des animaux devrait-il faire exception ?

Klaus Petrus - L'ALF ne devrait donc pas se soucier de son image ?

Activiste - Pourquoi devrait-elle le faire ? Dites-moi plutôt: à qui devrions-nous plaire ? Aux politiciens, qui ne s'engagent que pour des réformes ? A des idéologues ou des experts autoproclamés qui développent des théories sur l'ALF ? Ou à toutes les célébrités qui s'impliquent dans des campagnes coûteuses ? Non, l'ALF a vraiment autre chose à faire.

Klaus Petrus - L'ALF bénéficierait d'un plus grand soutien...

Activiste - Nous ne sommes pas un club, une association qui défend des intérêts, nous n'avons pas besoin du soutien d'une clique de privilégiés. Nous nous engageons pour des créatures asservies et sans défense. Voilà ce que nous faisons. Il est possible que nos méthodes ne plaisent pas à tout le monde. Mais l'histoire montre que si l'ALF réussit par exemple à rendre publiques les atrocités commises sur les animaux, l'opinion publique peut rapidement changer et soudain de nombreuses personnes trouvent les actions de l'ALF - comme par exemple des incendies - justifiées ou du moins importantes. Cela concerne peut-être moins les gens qui condamnent les actes de sabotage pour des raisons morales que les personnes qui se distancient de l'ALF pour des raisons stratégiques ou pragmatiques. Mais comme je l'ai dit, l'ALF devrait se concentrer sur d'autres choses. Les seules questions stratégiques que nous devons nous poser concernent nos actions et pas la manière dont nous sommes perçus.

Klaus Petrus - Ces remarques donnent l'impression que vous ne faites pas grand cas du travail d'organisations classiques de défense des animaux.

Activiste - Ce n'est pas ce que je voulais dire, bien au contraire. Je soutiens toute action qui sert nos objectifs. Je suis parfaitement conscient qu'il est plus facile pour moi de dire ces choses-là que quelqu'un qui défend ses objectifs par des moyens exclusivement légaux. Je ne comprends cependant pas les raisons de ces incessantes discussions autour de la condamnation ou la défense de l'ALF au sein du milieu de défense des animaux. Comme le montre l'exemple SHAC, il y a de bonnes raisons de plaider en faveur d'une pluralité des actions: des manifestations autorisées aux libérations d'animaux, en passant par des actes de sabotage. De plus, certains milieux devraient se rendre à l'évidence que de nombreuses actions de l'ALF ont vraiment été efficaces. Sans l'ALF, le milieu de défense des animaux ne serait pas là où il est. De plus, sans l'ALF, ce dernier ne pourra pas atteindre ses objectifs.

Klaus Petrus - Ne pensez-vous cependant pas que l'ALF est de plus en plus mis sur la touche ? Nous avons par exemple parlé de lois comme l'Animal Entreprise Terrorism Act (AETA). Ne craignez-vous pas des répercussions négatives pour l'ALF ?

Activiste - Si l'on s'inquiète de l'image de l'ALF, peut-être. Mais s'il s'agit des activistes eux-mêmes, je pense que non. De toute façon, je ne connais pas d'activiste de l'ALF qui se laisse intimider par de telles lois et qui, de ce fait, arrêterait de se battre contre l'exploitation des animaux sous la bannière de l'ALF.

Klaus Petrus - Quoi qu'il en soit, de telles lois font courir le risque de peines d'emprisonnement très lourdes aux activistes.

Activiste - Naturellement, mais c'est égal. Nous parlons d'une part de choix personnels. Chacun doit savoir les risques qu'il est prêt à prendre. D'autre part, il s'agit de l'ALF. Pour être tout à fait honnête, je ne pense pas qu'une quelconque police ait une chance contre l'Animal Libération Front. C'est ce qui est bien avec l'ALF: il est partout et nulle part, puisque il s'agit d'une idée, d'une attitude qui ne se laisse pas emprisonner. Je ne suis pas le premier à le dire. Et il est surprenant de voir le temps qu'il ait fallu au FBI pour comprendre cela...

Klaus Petrus - Ce qui est sûr, c'est que le jour où il n'y aura plus personne pour mettre cette idée en pratique, il n'y aura plus d'idée appelée ALF!

Activiste - C'est correct. Mais cette «prophétie» ne se réalisera que lorsque l'exploitation des animaux sera terminée.

Klaus Petrus - Cela semble optimiste.

Activiste - Non, je suis réaliste. Mais ce réalisme est basé sur la conviction qu'il y aura toujours des gens qui n'acceptent pas le traitement infligé aux animaux et qui décideront d'agir - sciemment ou non - au nom de l'ALF.

Klaus Petrus - Pour terminer, je voulais poser la question de l'avenir de l'ALF, mais j'ai l'impression que vous y avez déjà répondu.

Activiste - L'ALF est ce qu'il est. Aussi longtemps que les animaux seront traités comme des esclaves, rien ne changera. Si quelque chose change, l'ALF cessera d'exister. C'est aussi simple que ça.

Questions et entretien : Klaus Petrus
Interview relayée et trouvable en toute liberté sur Internet en "tapant" le mot "ALF animaux" dans Google.

8 janvier 2008
Entretien avec un activiste de l'ALF
Libération animale: voix de la clandestinité

 

Platon et ses dialogues


L'engagement au service de l'éducation à des fins politiques. Ainsi parle Platon des premières années de sa vie au début de la Lettre VII, adressée aux parents et amis siciliens de Dion, et écrite probablement peu après son assassinat, vers 354 av. J.-C.. Platon avait alors environ 73 ans (il mourut environ sept ans plus tard, vers l'âge de 80 ans).

Ces quelques lignes nous en disent plus long sur la vie de Platon et son état d'esprit dans la première partie de sa vie que les tonnes de biographies écrites depuis, anciennes ou récentes, qui s'appuient toutes en majeure partie sur des conjectures (3).

Au fil de ces quelques lignes, le lecteur en vient à comprendre que les objectifs de Platon ont toujours été politiques. Contrairement à un stéréotype largement répandu, Platon n'était pas un doux rêveur se retirant à l'écart des préoccupations de ce bas monde dans quelque lointain « monde des idées ».
Il n'était pas ce Nimbus tombant dans un puits en contemplant le ciel, à l'image du soi-disant philosophe dont il nous dresse ironiquement le portrait très exactement au milieu du Théétète (Théétète, 173c-176a).

Bien au contraire, il se fit professeur et fonda la plus célèbre et la plus durable des écoles de l'antiquité pour des motifs politiques. Quand il finit par comprendre qu'il est impossible de devenir un bon dirigeant politique sans une formation appropriée depuis son plus jeune âge (c'est sans doute ce qu'il veut dire quand il parle « d'extraordinaire preparation » dans sa lettre), il abandonna son rêve de devenir lui-même un dirigeant pour se faire l'éducateur de futurs dirigeants politiques et autres législateurs.

Il espérait être ainsi plus à même de combattre les maux qu'il observait dans les cités de son temps qu'en risquant sa vie dans des révolutions. En d'autres termes, Platon abandonna une carrière politique dans le présent pour devenir un politicien pour le futur et « investir » dans l'éducation.

Mais au contraire de Socrate, son maître, qui en était arrivé à des conclusions similaires --déclarant (selon les termes que Platon lui prête à son procès), « Eussé-je entrepris voilà longtemps de devenir actif en politique, voilà longtemps que je serais mort et je n'aurais été d'aucune utilité ni à vous ni à moi » (Apologie, 31c-32a).

Platon ne se contenta pas de hanter l'agora en interrogeant ceux que le hasard mettait sur sa route.
Il décida bien plutôt, sans doute peu après son retour du premier séjour en Sicile, c'est à dire à peu près au milieu de sa vie, d'ouvrir une école à Athènes et d'y développer un programme complet d'éducation pour de futurs gouvernants. Cette école, appelée l'Académie, subsista pendant les dix siècles qui suivirent.

L'homme juste et le philosophe-roi

Cet extrait nous fournit aussi deux clés pour la compréhension de Platon. La mort « injuste » de Socrate, qu'il appelle « le plus juste de ceux d'alors » dans la citation ci-dessus et, presque dans les mêmes termes, à la fin du Phédon, après avoir raconté le dernier jour de sa vie et sa mort (voir Phédon, 118a), est le centre de gravité historique, visible, « physique » de sa vie, cependant que le centre de gravité théorique, intelligible, « logique » de sa pensée est le principe dit du « philosophe-roi », qui se trouve exprimé à la fois ci-dessus et, dans des termes à peu près identiques, très précisément au centre de l'ouvrage qui est au centre de ses dialogues, la République.

« À moins que les philosophes ne deviennent rois dans les cités ou que ceux qui sont pour lors appelés rois et puissants ne se mettent à philosopher sincèrement et adéquatement, et que cela ne se trouve réuni dans la même personne, à savoir, la puissance politique et la philosophie, ceux en grand nombre que leur nature porte vers l'un à l'exclusion de l'autre ayant été écartés par la contrainte, il n'y aura de cesse aux maux des cités, mon cher Glaucon, ni même, je crois, à ceux de l'espèce humaine ».

Crédit: République, V, 473c-d.

La justice

La lettre laisse aussi entrevoir deux des plus intimes convictions de Platon, le caractère à la fois individuel et social de la justice, et le fait que cette justice suppose une « grâce divine ».

Lorsque Platon nous dit que seule la vraie philosophie nous permet de « prendre tout à fait conscience de ce qui est juste dans le domaine politique aussi bien que dans toutes les affaires privées » (voir ci-dessus), nous pouvons ne voir derrière « ce qui est juste dans toutes les affaires privées » que la partie de la législation qui traite des relations entre les personnes à titre privé, par opposition à celle qui traite de leurs relations avec le gouvernement et de leur implication dans celui-ci.

Pourtant, pour Platon, il s'agit de bien plus que cela et, de fait, le propos ultime de la République est de nous faire comprendre qu'il ne peut y avoir de justice sociale entre personnes qui ne sont pas « justes » vis-à-vis d'elles-mêmes : les hommes ne peuvent s'entendre entre eux et vivre en paix, paix sociale, cela va sans dire, tant que chacun ne fait pas d'abord régner la paix et l'harmonie entre les différentes dimensions de son être propre, entre ses passions et sa raison, entre ses pensées, ses paroles et ses actes.

Pour présenter ce message, la République combine avec une telle maîtrise les dimensions psychologiques et politiques de la « justice » que, pendant des siècles, les lecteurs se sont demandés si le dialogue était politique ou psychologique.

Or Platon n'est pas l'homme des « ou..., ou... », mais bien plutôt celui des « et..., et... » Son objectif premier est de nous faire prendre conscience du lien indissociable qui existe entre ces deux dimensions de notre vie.

D'un côté, il n'est pas possible que les créatures humaines que nous sommes des êtres vivants « matériels » et en même temps doués de raison, de logos - puissent être véritablement heureuses si nous refusons de reconnaître et de satisfaire les besoins légitimes de toutes les composantes de notre être, de notre corps comme de notre « âme », selon un équilibre et un ordre proprement « logiques » (c'est à dire inspirés par notre « logos »).

Mais d'un autre côté, il ne peut y avoir d'ordre, de kosmos (le mot grec qui signifie « ordre »), dans les cités de cet « animal politique » qu'est l'homme, tant que tous les citoyens n'apportent pas, du mieux qu'ils peuvent, leur contribution propre à cet ordre et, à travers lui, au bonheur de tous les citoyens, sous la direction de ceux dont le logos est apte à traduire cet ordre en lois.
De fait, puisque les « cités » sont l'œuvre des hommes, l'ordre « social » n'est que « l'image » de la paix de leur esprit, simplement écrite en plus grosses lettres (voir République, II, 368d-369b).

Autobiographie de Platon… par Bernard F. Suzanne
French transaltion by…: Plato & Dialogues

 

Platon et ses dialogues


Platon est probablement l'un des plus grands philosophes de tous les temps. Et pourtant, il était l'un des premiers philosophes, du moins dans la tradition philosophique occidentale qui naquit en Grèce quelques centaines d'années avant J. C., et en tout cas, il est le premier dont les œuvres complètes nous aient été conservées.

Mais si nous avons plus que notre compte d'ouvrages attribués à Platon, puisque plusieurs des dialogues et lettres qui nous ont été transmis sous son nom ne sont très probablement pas de lui, nous n'avons en revanche que très peu d'informations sur sa vie et son activité littéraire.

De ce fait, plusieurs théories concurrentes ont été proposées par les spécialistes de diverses époques en ce qui concerne l'interprétation des dialogues et leur chronologie dans la mesure où elle est censée influer sur cette interprétation. Ces pages se proposent de présenter une nouvelle théorie sur l'interprétation des dialogues et la « philosophie » de Platon.

Mais elles ne cherchent pas à faire de vous des « spécialistes » de Platon, de sa pensée et de ses « théories », car une des convictions profondes de l'auteur de ces pages est que, si Platon a écrit des dialogues, et non pas des traités de philosophie, et de plus des dialogues dans lesquels il ne se met jamais lui-même en scène.

C'est parce que son objectif n'était pas de dire à ses lecteurs ce que lui pensait, quelles étaient les réponses que lui avait données aux questions les plus fondamentales sur ce que veut dire « être un homme », mais de leur apprendre à penser par eux-mêmes afin de trouver leurs propres réponses à ces questions, car il savait qu'en ces matières, pas plus lui que nous n'aurions jamais de réponses définitives « scientifiquement » démontrables, et que chacun devait construire sa vie et la vivre (et cela, personne ne peut le faire pour un autre).

Des hypothèses qui devaient être les plus « raisonnables » possibles, puisque ce qui caractérise l'homme, c'est d'être un animal doué de logos (un mot grec qui veut dire à la fois « parole » et « raison », entre autres sens), mais qui n'en resteraient pas moins jusqu'au bout des hypothèses indémontrables.

Bref, il voulait simplement aider ses lecteurs à mettre chacun pour soi en pratique l'adage gravé au fronton du temple de Delphes dont son « maître Socrate » avait fait sa devise.

 

Connais-toi toi-même

(en grec : « gnôthi sauton »), qui est plus justement traduit par « apprends à te connaître toi-même » et à devenir ainsi des philosophes.

C'est-à-dire, selon Platon du moins, non pas des spécialistes d'une discipline universitaire parmi d'autres vivant plus ou moins bien de l'argent des cours qu'ils donnent, des débats qu'ils ont entre eux et des ouvrages qu'ils publient, mais, au sens étymologique, des « amoureux de la sagesse », amoureux (philoi en grec).

Seulement et non pas « sages » (sophoi en grec), car ils savent que la sagesse dont ils sont amoureux n'est pas accessible en ce monde puisque les fondements sur lesquels elle repose ne sont pas démontrables, ce qui veut dire que, comme le répétait Socrate, « je ne sais rien ».

, C'est-à-dire que « je ne sais de manière certaine, au sens le plus fort de ces mots, rien de ce qui seul compte pour parvenir au bonheur dans la vie », mais constitue un idéal de justice, une justice qui n'est pas simplement le respect des lois, mais l'harmonie intérieure d'un être dont la volonté est tiraillée entre passions et raison et dont l'unité n'est pas donnée d'avance, comme fondement de l'harmonie sociale entre les hommes et les femmes dans la cité.

Ainsi donc, la grande affaire est de savoir ce que c'est que d'être un homme, un philo-sophos aner (un homme ami de la sagesse). Cette question est posée d'entrée dans une « trilogie » de dialogues qui en analyse chacune des composantes : le Lysis, le Lachès et le Charmide.

Le Lysis cherche à savoir ce que philia (amitié) veut dire. Le Charmide s'occupe de la sophia (sagesse), ou du moins, eu égard à l'âge des adolescents mis en scène dans le dialogue, d'une version plus modeste de celle-ci, la sophrôsunè, ou encore modération, tempérance.

Entre les deux, le Lachès se propose de définir l'andreia, c'est à dire le courage, le fait « d'être un homme » (le mot grec andreia vient en effet du mot anèr, andros, qui veut dire « homme », et même au sens premier, homme par opposition à femme).

Et l'objectif, en ce monde au moins, est bien de devenir philo-sophoi, amis de la sagesse, et non pas sophoi, sages, c'est à dire d'établir et de faire croître une relation (de l'ordre de la philia) avec quelque chose qui est et reste en dehors de nous plutôt que d'atteindre un état qui ne peut venir qu'avec la mort, lorsque notre être aura été « parfait ».

 

ALF = Animal Liberation Front


Libération Animale

 

Front de libération des animaux

Sommaire

Animal Liberation Front (A.L.F.) Front de libération Animal. est une organisation international qui existe et mène des actions illégales radicales comme le sauvetage et la libération d’animaux dans des élevages ou des laboratoires. Beaucoup aux USA et Angleterre, mais aussi à travers toute la planète. Dont certaines actions sont considérées par les états comme étant des actions de terrorisme.


Front de libération des animaux Animal Liberation Front, ALF, FLA

Idéologie : Droits des animaux
Objectifs : Abolition de toute forme d'exploitation animale
Statut : Actif

Fondation
Date de formation : 1976
Fondé par : Ronnie Lee et Cliff Goodman Pays d'origine : Royaume-Uni

Actions
Mode opératoire : Actes de sabotages, libérations d'animaux, incendies…
Victimes (morts, blessés) : Aucun mort, plusieurs blessés[réf. nécessaire]
Zone d'opération : Principalement Europe et Amérique
Période d'activité : 1976-présent

Organisation
Membres : Plusieurs milliers de militants divisés dans des centaines de cellules[réf. nécessaire]
Financement : Financement personnel
Groupe relié : Animal Rights Militia

Origines

En 1964, à Brixham, Devon en Angleterre, John Prestidge fonda un groupe pour s'opposer activement à la chasse. Plutôt que de réclamer des réformes parlementaires, le nouveau groupe de John était prêt à aller directement sur le terrain pour s'opposer aux chasseurs: John fonda alors la Hunt Saboteurs Association (HSA). La popularité de cette nouvelle forme de campagne fut instantanée. La H.S.A. est rapidement devenue un réseau national de militants utilisant des méthodes légales pour perturber la chasse en Grande-Bretagne2.

En 1971, alors que le réseau H.S.A. est en constante expansion, Ronnie Lee, un étudiant en droit, fonda un groupe à Luton pour s'opposer à la chasse, le Luton Hunt Sabs. En 1972, Ronnie Lee et des amis commencèrent à chercher d'autres manières de prévenir la souffrance animale. Ils ont réalisé que le seul moyen pour empêcher toute forme de souffrance était d'interdire la chasse. Avec cet objectif en tête, Ronnie Lee, Cliff Goodman, et deux ou trois autres personnes, ont décidé de former la Band of Mercy. Le nom Band of Mercy fut choisi en référence à une branche de la RSCPA, créée par un militant anti-esclavagiste, Catherine Smithies, appelée la Band of Mercy et pratiquant des actions directes au cours du XIXe siècle.

Les premières actions de la Band of Mercy étaient très simples et essentiellement conçues autour de l'idée de saboter les véhicules de chasse en vue de ralentir ou même d'arrêter la chasse.

En 1973, le groupe eût connaissance de la construction d'un laboratoire de vivisection. Le laboratoire de recherche était en cours de construction près de Milton Keynes pour la société Hoechst Pharmaceutical. Le 10 novembre 1973, la Band of Mercy effectua sa toute première action contre l'industrie de la vivisection. Deux militants entrèrent dans le bâtiment en construction, une fois à l'intérieur les activistes y mirent le feu. Cette action a marqué un tournant pour le mouvement, ce n'était pas seulement la première action contre l'industrie de la vivisection mais aussi la première utilisation d'incendie. Ce premier incendie causa 26.000 £ de dommages, mais six jours plus tard, la Band of Mercy retourna sur le site et fit un autre incendie causant un dommage 20 000 £ de dégâts supplémentaires.

La Band of Mercy continua de cibler l'industrie de la vivisection et de prendre des mesures contre la chasse. Mais ne voulant pas limiter leurs actions à deux formes de violence envers les animaux, le groupe cibla les éleveurs de poulet et le lobby des armes à feu. En juillet 1974, une armurerie à Marlborough fut attaquée et endommagée.

En août 1974, la Band of Mercy cibla le Oxford Laboratory Animal Colonies à Bicester. La première action fut un succès, mais deux jours après, la Band of Mercy retourna à l'OLAC et lors de ce second raid, les militants Ronnie Lee et Cliff Goodman, furent repérés par un garde de sécurité et arrêtés par la police. Les autorités espéraient que leurs arrestations mettraient fin à la Band of Mercy, mais plutôt que d'être considérés comme des terroristes, de nombreuses personnes les ont considéré comme des héros. Malgré les manifestations de soutien devant le tribunal lors du procès, les deux hommes furent condamnés à trois ans de prison.

En prison, Ronnie Lee qui était végétalien, décida de faire une grève de la faim. Cette grève de la faim lui valut beaucoup d'attention de la part des médias et de nouveau la question de la libération animale fut ouvertement discutées. Ronnie profita de l'agitation médiatique pour faire resurgir le débat sur Porton Down, un centre militaire de recherche biologique qui pratiquait des expérimentations sur des animaux.

Au printemps 1976, Goodman et Ronnie furent libérés après avoir purgé un tiers de leur peine. Dès sa sortie, Ronnie rassembla les membres de la Band of Mercy. Le seul problème pour le groupe était le nom qui n'était plus approprié, un nouveau nom était nécessaire, un nom qui hantera les agresseurs d'animaux et qui pourrait symboliser toute une idéologie d'un mouvement révolutionnaire. Ronnie choisit alors le nom de Animal Liberation Front (ALF).

Structure

Beagles libérés par des activistes anglais en novembre 1990 d'un laboratoire appartenant au groupe Boots

Beagles libérés par des activistes anglais en novembre 1990 d'un laboratoire appartenant au groupe Boots L'ALF n'est pas une organisation qui possède un leader, elle est plutôt une résistance derrière laquelle chaque activiste peut se ranger. Cela est dû au fait que certaines des actions entreprises peuvent être hors-la-loi, les activistes travaillent donc de façon anonyme, que ce soit en petits groupes ou individuellement, et n'ont pas d'organisation centralisée. Toute personne qui mène une action contre l'abus envers des animaux, en libérant des animaux ou en causant des dégâts contre des entreprises qui les exploitent peut revendiquer son action au nom de l'ALF. Les activistes de l'ALF utilisent essentiellement Internet pour diffuser leur messages contre la cruauté envers les animaux, par exemple les rapports des actions directes de l'ALF sont publiées sur cette page directaction.info.

Depuis 2008, l'A.L.F. se fait très présente, on compte une action directe perpétrée dans le monde par jour. En 2008, 22 actions ont été commises en France et 70 actions aux USA. La plus forte hausse, pour ne pas dire l'apparition de l'ALF, est au Mexique avec plus de 150 actions directes recensées contre quasiment aucune action en 20073, les activistes s'en prennent même à la police qu'ils accusent de commettre des maltraitance envers des animaux4. Les activistes présents au Mexique ont nommé leur mouvement F.L.A.M.A (Frente de Liberación Animal-Mexico Anti-especista) c'est-à-dire le Front de libération animale Anti-spéciste. L'ELF est aussi présente dans ce pays depuis quelque peu5.

Objectif

Le but de l'ALF à court terme est de sauver le plus d'animaux possible et d'interrompre directement la pratique d'abus en tout genre sur les animaux. Leur but à long terme est d'abolir la souffrance des animaux en obligeant les entreprises qui les torturent à mettre la clé sous la porte6. L'ALF déclare: «Nous nous battons jusqu'à ce que chaque cage soit vide, pas jusqu'à ce que chaque cage soit confortable.»

Philosophie

Un macaque récupéré par des activistes lors d'un raid contre Harlan

Pour justifier son combat, l'ALF s'appuie sur les nombreux courants philosophiques qui rejettent l'exploitation animale (voir les références philosophiques de l'article végétarisme).

Actions Directes

Un macaque récupéré par des activistes lors d'un raid contre Harlan Le but pour l'ALF est de systématiquement remettre en cause la position le traitement dans la société. L'ALF se considère comme révolutionnaire car elle brise la notion de propriété privée envers un autre être vivant. David Barbarash, ancien activiste de l'ALF devenu une sorte de porte-parole, résume ainsi cette question :

Sur le plan philosophique nous sommes très dangereux. Une partie du danger est que nous n'accordons aucune attention à l'illusion que la propriété a plus de valeur que la vie. Nous mettons en lumière cette priorité folle et le système ne survivra pas à cela.

 

Pour pouvoir revendiquer une action au nom de l'ALF, certains principes doivent être respectés :

1. Principe : libérer les animaux de tous les lieux où ils sont victimes d'abus, c'est-à-dire laboratoires, ferme pour animaux destinés à la fourrure ou à l'alimentation etc., et les placer dans de bons foyers ou ils pourront vivre de façon naturelle, loin de la souffrance.

2. Principe : infliger des dommages financiers à ceux qui profitent de la misère et de l'exploitation des animaux.

3. Principe : révéler l'horreur et les atrocités commises envers les animaux derrière des portes fermées, via des actions directes non-violentes et des libérations d'animaux.

4. Principe: prendre toutes les précautions nécessaires pour ne pas blesser d'animaux, humains ou non-humains.

5. Principe : analyser les conséquences de toutes les actions proposées, et ne jamais faire de généralisations lorsqu'une information spécifique est disponible8.



Les actions de l'ALF sont variées. On peut prendre comme exemple l'action de sabotage en 1984 dans l'université nord-américaine de Pennsylvanie pratiquant des tests sur les crânes de primates, leur insérant des machines dans la tête pour fracturer le crâne. Le laboratoire dut par la suite fermer après la diffusion de 60 heures de documentaires vidéos de l'ALF montrant ces pratiques (images reprises dans le film L'armée des douze singes). Ou encore, en 1987, l'incendie de 20 voitures de l'université de Californie, faisant plus de 5 millions de dollars de dégâts.

Plus couramment, l'ALF libère les animaux. Le rapport faisant la liste des actions de l'ALF (disponible sur cette page pour l'année 2004) fait une liste des 17 262 animaux libérés. On considère qu'il y a entre 2 000 et 6 000 militants de l'ALF en Grande-Bretagne, et le nombre de personnes mises en prison pour appartenance à l'ALF est allé jusqu'à 600.

Malgré le rejet affiché de violence envers « les animaux humains et non-humains », certaines actions d'intimidation ont pu déraper. Ainsi en décembre 2006, Donald Currie, membre de l’ALF, fut condamné à 12 ans de prison et surveillance à vie pour avoir déposé une bombe artisanale devant la porte de la maison d’un homme d’affaires ayant des liens avec le Huntingdon Life Sciences9, une entreprise anglaise spécialisé sur les l'expérimentation animale. Lorsque David Blenkinsop et deux autres membres de l’ALF attaquèrent le directeur du Huntingdon Life Sciences, Brian Cass, avec des pioches en février 2001 – une attaque suffisamment grave pour que Tom Hobbs détective inspecteur en chef de la police de Cambridgeshire remarque « ce n’est que par chance que nous n’enquêtons pas sur un meurtre » 10 -- Ronnie déclara : « Il s’en est tiré de peu, je n’ai aucune estime pour lui ». 11

Première vague 1976-1996

La "première vague" d'actions commence après que Ronnie Lee sorte de prison en 1976 et renomme le groupe "Animal Liberation Front.

Apparition aux États-Unis

En 1979, l'ALF apparaît aux États-Unis avec un raid durant lequel des activistes libèrent 5 animaux du NYU Medical Center.

Le 24 décembre 1982, des activistes s'introduisent dans l'école médicale de l'Université Howard aux États-Unis, et libèrent 35 chats et causent 2,640 $ de dommage.

Le 28 mai 1984, des activistes de l'ALF lancent un raid contre l'université de Pennsylvanie, causant 60,000 $ de dommage. 60 heures de vidéo furent prises par les activistes avant le raid, montrant des chercheurs réaliser des expériences sur des babouins. Les vidéos furent envoyées à la PETA qui réalisa le documentaire Unnecessary Fuss.

Le 26 octobre 1986, des activistes lancent un raid contre l'université d'Oregon. Ils libèrent 264 animaux et causent 120 000 $ de dommage.

L'action la plus destructive de l'ALF survient le 6 avril 1987 à l'Université de Californie à Davis. Le laboratoire de vivisection en cours de construction est incendié et 20 véhicules de l'université endommagés. Les dégâts s'élèvent à 5,1 millions de dollars14.

Le 2 avril 1989, à l'Université d'Arizona, des activistes libèrent 1231 animaux dont 1160 souris, peignent des slogans et déclenchent deux incendies volontaires dans deux bureaux. L'action totalise plus de 500 000 $ de dommage.

Britches

Britches après plusieurs jours de soins

Britches après plusieurs jours de soins L'une des actions directes de l'ALF la plus médiatisée fut sûrement le raid contre l'université de Californie à Riverside le 21 avril 1985. Ce jour-là, plusieurs activistes entrèrent dans les laboratoires de l'université après avoir désactivé les systèmes de sécurité et libérèrent plus de 1000 animaux (souris, opossums, pigeons, lapins, rats) ainsi qu'un petit macaque âgé de cinq semaines, nommé Britches par les chercheurs et détruisirent par la même occasion du matériel utilisé par les chercheurs faisant ainsi monter les dommages à 700 000 $. Britches fut retrouvé seul dans une cage avec les yeux cousus et un sonar implanté sur le crâne.

Le singe qui souffrait de troubles convulsifs fut soigné en Utah puis emmené dans une réserve au Mexique où il fut recueilli par une mère adoptive. Les activistes de l'ALF envoyèrent une vidéo de l'opération à la PETA qui réalisa un film du raid appelé "Britches"15.

 

Opération Bite Back

L'opération Bite Back est une série d'actions directes, durant les années 90, contre les fermes d'élevages d'animaux destinés à l'industrie de la fourrure aux États-Unis. L'initiative vient d'un activiste de l'ALF, Rod Coronodo et avec l'aide de la Coalition Against Fur Farms (CAFF)16.

Le 10 juin 1991, à Corvalis dans l'Oregon, des activistes détruisent des équipements du Oregon State University Experimental Fur Farm et deux granges faisant 150 000 $ de dégâts. Cinq jours plus tard, à Edmonds dans le Washington, des activistes lancent un raid contre la Northwest Fur Farm Foods Cooperative, un producteur de viande destinée aux fermes d'élevages du Nord-Ouest des États-Unis. L'incendie fera plus de 1 million de dollars de dégâts. La société dut fermer après l'action.

Le 13 août 1991, à Pullman dans le Washington, des activistes lancent un raid contre l'université d'État de Washington. Ils détruisent des ordinateurs et du matériel. Ils attaquent aussi le USDA's Wildlife Biology Furbearer Research Facility, et libèrent 6 visons, 7 coyotes et 10 souris faisant 150 000 $ de dégâts.

Le 21 décembre 1991, à Yamhill dans l'Oregon, des activistes lancent un raid contre le Malecky Mink Ranch. L'incendie fera 125 000 $ de dégâts. La société fermera après l'action.

Le 27 février 1992, à East Lansing dans le Michigan, des activistes lancent un raid contre la Michigan State University Experimental Fur Farm. Libèrent 2 visons et l'incendie fera 200 000 $ de dégâts.

Le 24 octobre 1992, à Logan dans l'Utah, des activistes s'introduisent dans la USDA Predator Research Station. Ils libèrent 29 coyotes et incendient un bâtiment faisant 600 000 $ de dégâts.

Le 19 juin 1992, des activistes s'introduisent dans l'université d'Alberta. Ils libèrent 29 chats et causent 100 000 $ de dommage.

Deuxième vague 1996-présent

La "seconde vague" d'actions directes commença avec des attaques contre des fournisseurs dans le domaine de la vivisection12. En septembre 1996, des activistes commencèrent une campagne contre Consort Kennels, un élevage de chien pour les laboratoires de vivisection. Après dix mois de pressions intenses, l'élevage ferma en juillet 1997 et 200 beagles furent adoptés. En septembre 1997, une nouvelles campagne débuta contre Hillgrove Farm, qui élevait des chats pour la vivisection, l'obligeant à fermer en août 1999, 800 chats furent adoptés.

Article détaillé : Stop Huntingdon Animal Cruelty.

De cette lutte, le groupe du Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC) apparu à la fin des années 1990 aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le groupe a alors pour unique but de faire fermer le laboratoire Huntingdon Life Sciences qui pratique des tests sur les animaux.

Menace terroriste

L'A.L.F. est considérée par le département de la Sécurité intérieure des États-Unis comme menace terroriste depuis janvier 2005. L'ALF et L'ELF sont les principaux mouvements "éco-terroristes" qui constituent « la première menace de terrorisme intérieure » selon le FBI.

« Dans les dernières années, le Front de libération des animaux (ALF) - un mouvement extrémiste de défense des droits des animaux - est devenu l'un des éléments terroristes les plus actifs aux États-Unis. »

— "Threat of Terrorism to the United States" 10 mai 2001, FBI

En mars 2005, dans un discours de la Division du contre-terrorisme du FBI, il est dit que « Le mouvement éco-terroriste a donné de la notoriété à des groupes tels que l'Animal Liberation Front et l'Earth Liberation Front. Ces groupes ont pour but de commettre des actes graves de vandalisme, et de harceler et d'intimider les propriétaires et les employés du secteur des affaires »17. Lors d'audiences tenues le 18 mai 2005 devant un comité du Sénat, les responsables du FBI et du Bureau of Alcohol, Tobbaco, Firearms and Explosives ont déclaré que « les violents extrémistes animalistes et les éco-terroristes font aujourd'hui peser l'une des menaces terroristes les plus graves à la nation »18.

Article détaillé : Animal Enterprise Terrorism Act.

Le 26 novembre 2006, le Congrès des États-Unis vote le Animal Enterprise Terrorism Act qui renforce l'Animal Enterprise Protection Act, qui protègent les entreprises utilisant des animaux des actions illégales organisées par des activistes pour la défense des animaux.

Opération Backfire

Le 20 janvier 2006, dans le cadre de l'opération Backfire, le département de la Justice des États-Unis a annoncé des accusations contre onze activistes dont neuf américains et deux canadiens accusés d'avoir participé à des actions directes au nom de l'ALF et ELF. Le département de la Justice a qualifié ces actes de « terrorisme intérieur ».

L'opération Backfire est une enquête entre plusieurs agences, menée par le Federal Bureau of Investigation (FBI), sur des actes de destruction au nom des droits des animaux et de la cause environnementale dans les États-Unis considéré comme de l'éco-terrorisme par le FBI19.

En 2004, le FBI fusionne sept enquêtes indépendantes de son bureau de terrain de Portland en Oregon, et les appelle l'opération Backfire. Selon une déclaration de l'agence, l'objectif opérationnel est d'enquêter sur des actes de terrorisme intérieur, menés au nom de deux groupes d'activistes, le Earth Liberation Front (ELF) et Animal Liberation Front (ALF)20.

En décembre 2005 et janvier 2006, avec l'assistance du Bureau of Alcohol, Tobbaco, Firearms and Explosives (ATF), le FBI inculpe six femmes et sept hommes sur un total de 65 accusations, dont incendie criminel, complot, utilisation d'engins explosifs, et destruction d'une installation d'énergie21. Un 13e activiste se suicidera en garde à vue.

Selon les rapports et leurs propres sites web, la plupart des personnes accusées ont d'abord prétendu être innocentes. Les procureurs ont allégué que les 11 conspirateurs collectivement désignés eux-mêmes comme «La famille» et avaient prêté serment de se protéger mutuellement. Le FBI a indiqué que certaines des accusations sont liées à une attaque par incendie criminel en 1998, revendiquée par l'ELF, dans la station de ski Vail au Colorado. D'autres accusations étaient liées à une autre attaque contre le laboratoire de botanique à l'université de Washington en 2001. Le coût total des dégâts causés par les attentats est estimé à près de 80 millions de dollars21.

Présence dans le monde

Entre 1976 et 1996, l'ALF s'est étendue dans 20 pays. Depuis 2003, l'ALF est apparue dans 18 nouveaux pays, totalisant aujourd'hui 40 pays22.

Liste des pays classés par ordre d'apparition d'actions directes:

Première vague (1976-1996): Royaume-Uni (1976) • Pays-Bas (1977) • États-Unis (1979) • Allemagne (1981) • Canada (1981) • France (1981) • Argentine (1982) • Suisse (1982) • Afrique du Sud (1983) • Nouvelle-Zélande (1983) Danemark (1984) • Irlande (1984) • Suède (1985) • Autriche (1987) • Espagne (1987) • Italie (1987) • Israël (1992) • Pologne (1994) • Finlande (1995) • Norvège (1996).

Deuxième vague (1996-2009): Belgique (1998) • Pays-Bas (2002) • Portugal (2003) • Russie 2003) • Scandinavie (2003) • Australie (2004) • Turquie (2004) • Brésil (2005) • Îles Canaries (2005) • Chili (2006) • Croatie (2006) • Estonie (2006) • Islande (2006) • Mexique (2006) • République tchèque (2006) • Slovaquie (2006) • Roumanie (2007) • France (2007) • Biélorussie (2008) • Grèce (2008) • Malaisie (2008) • France (2009) • Espagne (2010)

Références



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