Wolf Conservation Center

Depuis longtemps, le loup est considéré comme un ennemi, accusé de tous les maux, notamment de s'attaquer aux hommes et aux animaux domestiques. Au Moyen Age, la peur du loup grandit et la chasse s'organise. Au XVIème siècle, on crée en France un corps d'officiers, les louvetiers, chargés de détruire les loups. Puis au fil des siècles, tant en Europe qu'en Amérique du Nord, les États donnent des primes aux chasseurs, qui ont recours aux moyens les plus divers pour exterminer les loups (pièges, poison, fusils…).

Avec le christianisme, dès le IVème siècle, le loup incarne le Mal et le Péché, car il s'attaque aux agneaux de Dieu, symboles de pureté. Aussi faut-il lutter contre lui et le détruire à tout prix. Au XIIème siècle, l'Église obligeait les gens à aller chasser le loup après la messe pour être un bon catholique. Les bergers récitent des prières pour que les loups épargnent leurs troupeaux. Au XIIIème siècle, l'Église pesait que les loups-garous étaient des hommes et des femmes qui, ayant vendu leur âme au diable, avaient le pouvoir de se changer en loup quand ils le désiraient. Sous la Renaissance, des milliers de sorcières et des centaines de loups-garous furent condamnés et envoyés au bûcher.

Si, au XIIIème siècle, Philippe de Beaumanoir affirme que les bêtes ignorent et le bien et le mal, nombreux sont les juristes qui, au XVIème siècle encore, tels Jean Duret ou Pierre Ayrault, estiment qu'il faut punir par pendaison ou garrot les animaux auteurs de meurtre ou d'infanticide. Après tout, la Bible ne recommande-t-elle pas d'abattre les animaux homicides car ils sont coupables et impurs ? Le boeuf qui a tué un homme ou une femme devra être lapidé et ses chairs ne seront pas mangées; son propriétaire en revanche sera innocent. (Exode, XXI, 28.)

Au Moyen Age, on pense que l'animal est en partie responsable de ses actes car, comme tous les êtres vivants, il possède une âme, végétative comme toutes les plantes, sensitive comme les plus simples des animaux, mais aussi intellective comme celle de l'homme. Possède-t-il de surcroît un principe pensant et un principe spirituel ? Et les scolastiques de demander encore si les animaux ressuscitent après la mort, s'ils ont un paradis qui leur soit spécialement réservé ou s'il faut les traiter ici-bas comme des êtres moralement responsables. Ne sourions pas. La question est sérieuse, et louable le temps où le sort des animaux et le respect qui leur est dû, fût-ce dans le danger qu'ils présentent parfois, son gravement pesés et étudiés. Après tout, comme le dit saint Paul (Romains, VIII, 21) toutes les créatures sont enfants de Dieu. Sauf le serpent, que le Seigneur a maudit pour complicité criminelle avec Satan, dans le jardin d'Éden. Sauf le serpent pour Dieu... et le loup pour l'homme.

Considéré comme un fléau dès que sa présence est signalée dans les campagnes, le loup est pourchassé sans relâche. On organise des battues pour le saisir. On l'accable de tous les maux, tous les crimes - combien d'infanticides lui a-t-on attribués ! , de toutes les disparitions - combien de viols et d'assassinats n'a-t-il pas couverts à son insu ! - et du plus terrible forfait entre tous, de pure sorcellerie : la lycanthropie. Les loups convaincus de ce crime étaient écartelés, puis incendiés vifs sur des bûchers de sorcière. La lycanthropie ? Ce sortilège par lequel l'homme ou la femme se transformait en loup, quand Satan lui-même ne prenait pas sa forme, ses poils, sa gueule rouge aux yeux jaunes qui ouvrait la porte de l'enfer au coeur paisible des campagnes.

Ce fantasme inouï, hélas, et le martyre qui s'ensuivit pour les loups ne datent pas du Moyen Âge. Il perdure depuis la nuit des temps. Depuis que, dans l'Antiquité, comme le raconte Pausanias, Jupiter a maudit le roi Lycaon d'Arcadie pour avoir sacrifié un nouveau-né sur son autel. Pour dix ans, le dieu des dieux métamorphose le roi en loup, en signe de châtiment absolu. On les hait depuis qu'au Moyen Âge, les médecins ont diagnostiqué une maladie physiologique très particulière : la lycanthropie, justement. Cette folie Louvière plonge les femmes dans la luxure et la frénésie sexuelle, les plus jolies et les plus jeunes, qui hurlent à la lune, la nuit, les seins aux étoiles et le sexe offert, un sexe décorateur d'âmes. (Variations sauvages, de Hélène Grimaud)

Wolf Conservation Center (WCC, en français Centre de conservation du loup) est une organisation à but non lucratif, qui promeut la protection du loup en donnant un enseignement sur les loups, leur relation à l'environnement et le rôle que l'homme peut jouer pour les préserver. Fondé en 1999, le Wolf Conservation Center est situé à South Salem, à une heure de New York (USA), sur un terrain de dix hectares. Le Centre a été fondé par le photographe J.Henry Fair et par la pianiste classique française Hélène Grimaud, de renommée internationale. Il est géré désormais par une équipe engagée et de nombreux bénévoles. Comme l'explique Hélène Grimaud, les loups sont victimes de nombreux malentendus qui circulent dans notre inconscient collectif, ou à travers nos contes et mythes. Dans la réalité, le loup est un animal complexe, qui en tant que grand prédateur, favorise la diversité des espèces situées au-dessous de lui dans la chaîne alimentaire.

Le Centre met ainsi l'accent sur sa mission éducative, au sens où l'éducation peut transformer notre vision de l'animal et de sa place dans l'écosystème. Le Centre est l'installation prééminente dans l'Est des États-Unis pour l'élevage en captivité et la préservation des espèces sauvages en voie de disparition comme le loup gris mexicain ou le loup rouge. Il fournit ainsi un habitat naturel pour quelques loups en captivité afin d'observer leur comportement et permettre la reproduction de l'espèce dans les meilleures conditions.

Le Centre soutient aux Etats-Unis la réintroduction du loup dans les zones désignées par le gouvernement fédéral qui. A l'automne 2009, il accueille ainsi deux couples de loups rouges dans le cadre du "Red Wolf Species Survival Plan (SSP)", dont les louveteaux sont destinés à être relâchés. Grâce à ses programmes d'éducation pour enfants et adultes, le Centre a reçu plus de 33 000 visiteurs en 2008 qui découvrent quatre loups "ambassadeurs", et depuis l'automne 2009, peuvent apercevoir des loups rouges adultes. Les loups gris mexicains restent en revanche en dehors de tout contact avec les gens afin qu'ils soient de bons candidats pour la libération.

Le Centre s'efforce de véhiculer les messages suivants :
  • les loups dans la nature ne sont pas dangereux pour les personnes
  • les loups jouent un rôle vital dans l'environnement
  • les loups ne sont pas des animaux domestiques
  • il incombe à chacun d'accomplir quelque chose chaque jour pour faire un monde meilleur.

Les loups nous fascinent à l'extrême. Telle est la source d'une partie de leur force de ce qu'ils nous sont supérieurs. Dans leur corps, dans leurs crocs, dans leurs amours, réside une puissance élémentaire semblable à celle du vent, des volcans, aux violences souterraines de la vie. Au milieu de nous, occupés à notre modeste cheminement d'une routine à l'autre, ils viennent des neiges du Grand Nord et des roux de l'automne assurer la domination sauvage, la froide et solennelle férocité de la nature. Chaque fois qu'ils apparaissent, des steppes russes aux forêts canadiennes, des sierras espagnoles au plateau de l'Aubrac où, paraît-il, on vient d'en trouver deux, ils nous offrent la possibilité unique d'entre-saisir une vision: l'intuition de la Vérité.

Cette Vérité qui gît dans les profondeurs de la conscience, et permet à chacun de puiser en lui les forces de la création. Les frontières de notre esprit sont mouvantes que les esprits peuvent communiquer, les âmes communier, couler, pour ainsi dire, l'une dans l'autre et créer ou révéler une énergie unique ; que les lisières de nos mémoires sont mouvantes et que toutes nos mémoires sont part d'une grande mémoire, la mémoire de la nature elle-même ", écrit le poète William Butler Yeats. J'affirme à sa suite que les loups sont cette mémoire: la réminiscence vivante de l'Éden.

Quelque mille quatre cents scientifiques, anthropologues, éthologues, écologues et biologistes, viennent de rendre un rapport aux Nations unies sur l'état de la Terre. Leurs conclusions sont alarmantes et unanimes: si l'homme ne respecte pas chaque écosystème et n'harmonise pas tous les écosystèmes entre eux, alors le monde sera invivable dans moins de quarante ans. Les études menées sur le loup dans le parc de Yellowstone, aux États-Unis, ont montré combien la présence de ce noble prédateur était indispensable à l'équilibre de son écosystème.

Wolf Conservation Center 2


Le loup nous rappelle nos origines. Il nous rappelle que, pour survivre dans la nature, nos ancêtres ont eu besoin des animaux. L'aventure de cette complicité a commencé avec les loups, à force d'observations mutuelles et de patients apprivoisements. Le loup a appris à nos ancêtres à chasser, puis il les a aidés à capturer la nourriture. Il leur a appris le sens de l'économie, le respect de l'autre, ne tuer que par nécessité, les individus les moins indispensables à la survie du groupe.

Certains dieux l'ont voulu pour frère: Apollon en fit son symbole le plus digne. Mars lui confia la conduite de son char, Rome, la survie de ses fondateurs. Aujourd'hui, sur cette Terre, où l'homme pratique le grand génocide de la vie, chaque jour des dizaines d'espèces animales et végétales disparaissent, et 16125 autres espèces sont menacées d'extinction, au rang desquelles, nouvellement désigné, après l'ours polaire, l'hippopotame.

Nous devons rendre au loup l'espace et la vie auxquels il a droit, pour assurer à nos enfants la terre et l'oxygène auxquels ils ont droit. Ainsi le vieux débat philosophique sur l'animalité,longtemps établi sur l'observation d'enfants loups trouve-t-il un nouveau champ de réflexion. Où passe la frontière entre l'homme et l'animal ? Cette question, qui passionna l'Église, puis le siècle des Lumières, qui enthousiasma les plus grands philosophes. Ouragans, tsunamis, tremblements de terre, fonte de la calotte glaciaire, épuisement de l'eau douce: les faits sont inquiétants. Les scientifiques et les économistes commencent à entendre les sommations de la Terre. Aux calculs économiques de rentabilité, aux cours des marchés, aux questions de gestion, ils reconnaissent leur devoir d'intégrer un nouveau paramètre de la préservation de la nature.

Comme le firent nos ancêtres il y a deux millions d'années, regardons les loups. Haïs parfois, traqués hélas, ils continuent, dans l'absolue liberté de leurs courses et de leurs amours, à nous apprendre ce sens qui se dérobe à nous, qui nous échappe, qui nous effraie et que nous entendons pourtant, certaines nuits de lune, quand ils hurlent sous le ciel: le paradis est ici, là où ils sont.

De tout temps, les loups ont fasciné les hommes autant qu'ils leur ont inspiré les plus grandes terreurs. Illustrées par les mythes et les légendes, les fables et le folklore, les relations entre les hommes et les loups ont toujours été d'une extrême complexité. Dans les contes, comme le Petit Chaperon rouge, ou les histoires d'hommes devenus loups garous lors des nuits de pleine lune, le loup nous apparaît sous le double visage du prédateur fourbe et du monstre diabolique.

Mais quelle est la part de vérité, à supposer que ces mythes en recèlent une seule ? et qu'en est-il de la nature généreuse du loup ?
Dans toutes les cultures, on raconte des histoires d'enfants sauvages élevés par des louves, et ces récits anciens, comme d'autres, plus récents, Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling, semblent suggérer une fibre parentale extrêmement développée, inhérente à l'espèce. Cette qualité est, aujourd'hui, largement admise par les zoologistes et les éthologues, spécialistes du comportement. On estime que seuls les hommes et quelques rares autres primates portent à leur progéniture un intérêt et un soin comparables.

L'un des premiers et des plus célèbres récits mettant en scène une louve et des petits d'hommes est sans doute la légende des jumeaux romains, Romulus et Remus. Les enfants de Mars et de Rhea Silvia, la vierge vestale, furent abandonnés sur le Tibre en crue, dans un panier, par le roi Amulius celui-ci ayant vu dans les jumeaux une menace pour son règne sur la ville d'Albe la Longue. Alors que les courants avaient ramené les nouveau-nés sur le rivage, une louve entendit leurs pleurs et vint les allaiter. Découverts puis élevés par le berger Faustulus, les deux enfants devinrent bientôt les fondateurs de Rome.

Ces récits récurrents d'orphelins ou d'enfants élevés par les loups traduisent une attitude bienveillante envers l'animal dans ses relations avec la société des hommes. Malheureusement, des mythes tout aussi nombreux éclairent le loup d'une aura plus négative, contribuant ainsi à entretenir un climat de peur, particulièrement en Europe, où l'on traque le loup depuis des siècles, au point d'avoir presque éradiqué l'espèce du continent. Au milieu du XVIIIème siècle, la bête du Gévaudan, un loup géant selon la rumeur, aurait en trois ans, massacré une centaine de personnes en Auvergne. La férocité de la bête était telle que le roi Louis XV lança ses troupes à ses trousses. Certes, un grand loup fut tué mais, les attaques se poursuivant on massacra encore deux loups, suspectés d'être la bête cruelle et insatiable.

En réalité, les attaques avérées d'un loup sauvage sain contre l'homme sont pratiquement inexistantes. L'agressivité du loup est généralement liée à la maladie, la rage par exemple, et, lorsqu'il est en captivité, ses agressions sont souvent le fait d'une défaillance de l'instructeur. Chez les Indiens d'Amérique, on parle d'un pacte sacré conclu entre les loups et les humains pour le respect mutuel des deux espèces et à l'égard de la nature. Si le loup a respecté le contrat, il semble malheureusement que les hommes l'on trahi, en s'acharnant au contraire à éradiquer l'animal de son habitat originel.

 

Wolf Conservation Center à New York (USA), Fondé en 1999 par J.Henry Fair et par Hélène Grimaud



 

Histoire of wolves

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Le loup : Dans de nombreuses civilisations a tenuee une place privilégiée pour guider les âmes vers l'au-delà.
Le loup dans l'histoire

Depuis longtemps, le loup est considéré comme un ennemi, accusé de tous les maux, notamment de s'attaquer aux hommes et aux animaux domestiques. Au Moyen Age, la peur du loup grandit et la chasse s'organise. Au XVIème siècle, on crée en France un corps d'officiers, les louvetiers, chargés de détruire les loups. Puis au fil des siècles, tant en Europe qu'en Amérique du Nord, les États donnent des primes aux chasseurs, qui ont recours aux moyens les plus divers pour exterminer les loups (pièges, poison, fusils…).

Le loup, un animal diabolique

Avec le christianisme, dès le IVème siècle, le loup incarne le Mal et le Péché, car il s'attaque aux agneaux de Dieu, symboles de pureté. Aussi faut-il lutter contre lui et le détruire à tout prix. Au XIIème siècle, l'Église obligeait les gens à aller chasser le loup après la messe pour être un bon catholique. Les bergers récitent des prières pour que les loups épargnent leurs troupeaux.

Au XIIIème siècle, l'Église pesait que les loups-garous étaient des hommes et des femmes qui, ayant vendu leur âme au diable, avaient le pouvoir de se changer en loup quand ils le désiraient. Sous la Renaissance, des milliers de sorcières et des centaines de loups-garous furent condamnés et envoyés au bûcher.

Si, au XIIIème siècle, Philippe de Beaumanoir affirme que les bêtes ignorent et le bien et le mal, nombreux sont les juristes qui, au XVIème siècle encore, tels Jean Duret ou Pierre Ayrault, estiment qu'il faut punir par pendaison ou garrot les animaux auteurs de meurtre ou d'infanticide. Après tout, la Bible ne recommande-t-elle pas d'abattre les animaux homicides car ils sont coupables et impurs ? Le bœuf qui a tué un homme ou une femme devra être lapidé et ses chairs ne seront pas mangées; son propriétaire en revanche sera innocent. (Exode, XXI, 28.)

Au Moyen Age, on pense que l'animal est en partie responsable de ses actes car, comme tous les êtres vivants, il possède une âme, végétative comme toutes les plantes, sensitive comme les plus simples des animaux, mais aussi intellective comme celle de l'homme. Possède-t-il de surcroît un principe pensant et un principe spirituel ? Et les scolastiques de demander encore si les animaux ressuscitent après la mort, s'ils ont un paradis qui leur soit spécialement réservé ou s'il faut les traiter ici-bas comme des êtres moralement responsables.

La question est sérieuse, et louable le temps où le sort des animaux et le respect qui leur est dû, fût-ce dans le danger qu'ils présentent parfois, son gravement pesés et étudiés. Après tout, comme le dit saint Paul (Romains, VIII, 21) toutes les créatures sont « enfants de Dieu ». Sauf le serpent, que le Seigneur a maudit pour complicité criminelle avec Satan, dans le jardin d'Éden. Sauf le serpent pour Dieu… et le loup pour l'homme.

Considéré comme un fléau dès que sa présence est signalée dans les campagnes, le loup est pourchassé sans relâche. On organise des battues pour le saisir. On l'accable de tous les maux, tous les crimes - combien d'infanticides lui a-t-on attribués ! -, de toutes les disparitions - combien de viols et d'assassinats n'a-t-il pas couverts à son insu ! - et du plus terrible forfait entre tous, de pure sorcellerie : la lycanthropie.

Les loups convaincus de ce crime étaient écartelés, puis incendiés vifs sur des bûchers de sorcière. La lycanthropie ? Ce sortilège par lequel l'homme ou la femme se transformait en loup, quand Satan lui-même ne prenait pas sa forme, ses poils, sa gueule rouge aux yeux jaunes qui ouvrait la porte de l'enfer au cœur paisible des campagnes.

Ce fantasme inouï, hélas, et le martyre qui s'ensuivit pour les loups ne datent pas du Moyen Âge. Il perdure depuis la nuit des temps. Depuis que, dans l'Antiquité, comme le raconte Pausanias, Jupiter a maudit le roi Lycaon d'Arcadie pour avoir sacrifié un nouveau-né sur son autel. Pour dix ans, le dieu des dieux métamorphose le roi en loup, en signe de châtiment absolu.

On les hait depuis qu'au Moyen Âge, les médecins ont diagnostiqué une maladie physiologique très particulière : la lycanthropie, justement. Cette folie Louvière plonge les femmes dans la luxure et la frénésie sexuelle, les plus jolies et les plus jeunes, qui hurlent à la lune, la nuit, les seins aux étoiles et le sexe offert, un sexe décorateur d'âmes. © La légende des Amazones

Chasse et destruction

En France, dès 813, Charlemagne crée les luparii, ancêtres des louvetiers, chargés de détruire les loups dans l'empire. Dans les siècles suivants, la chasse au loup était pratiquée par le roi et la noblesse avec des chiens spécialement dressés. Peu à peu, on autorise aussi le peuple à chasser le loup. Dès qu'une région est infestée, le tambour bat dans les villages et les paysans organisent une battue. Quand apparaissent les armes à feu, la chasse s'intensifie. Au début du XVIème siècle, l'Angleterre est le premier pays à exterminer les loups. Au cours des siècles, les hommes ont utilisé différentes techniques pour chasser les loups : pièges, fosses à loups, collets, filets, poison, armes à feu, trappes, assommoirs. On va même jusqu'à leur transmettre la gale, qui contaminera toute la meute et les louveteaux.

Au Moyen Âge

Les chasseurs exposent avec fierté la dépouille du loup et vont de village en village mimer la scène de la capture. En échange, les villageois leur donnent des œufs ou des pièces de monnaie : c'est la quête au loup. Parfois, on pend la dépouille du loup à un arbre que l'on nommera ensuite arbre à loup.

La peur du loup

A partir du Moyen Age, période troublée où se succèdent famines, guerres et épidémies, on voit le loup comme un animal menaçant et nuisible. Il se nourrit de cadavres humains sur les champs de bataille, s'approche des villes et rôde dans les cours de ferme. Craignant ses attaques pendant les hivers froids du Nord, les paysans allument des feux pour faire peur aux loups et les éloigner des maisons. C'est cette image malfaisante du loup mangeur d'homme qui reste très ancrée dans les esprits des français aujourd'hui. Dans des pays qui n'ont pas connu de grande famine ou de grandes pestes, l'image du loup est très différente. Dans les campagnes, les paysans, armés de fourches et de haches, organisent des battues. En 1421, en France, des loups entrent dans Paris, cherchant des proies en se faufilant dans les ruelles étroites. En Inde, au XIXème siècle, les famines poussent les loups à pénétrer dans les villages.

En Russie, au début du XIXème siècle

La population chasse le loup pour obtenir des primes. Au Moyen Age, pour expliquer pourquoi les loups entraient dans les villes, on faisait croire qu'ils avaient une préférence pour les femmes et les enfants et qu'ils ne s'attaquaient pas aux hommes armés.

Vladimir Vyssotski

Vladimir Vyssotski est né à Moscou d'un père officier supérieur, d'ascendance paternelle juive et de lignée maternelle ukrainienne et d'une mère russe, interprète d'allemand. Ses parents divorcèrent peu après sa naissance. Au terme d'une enfance en RDA, il rejoint Moscou, tente des études d'ingénieur en 1955 et débute une carrière d'acteur en 1959, sa seule carrière officielle au début des années 1960, rejoignant le théâtre de la Taganka en 1964.

Parallèlement, il commence à composer des poèmes et des chansons, partiellement politiques, mais généralement simplement humaines. En fait, au départ, ces chansons n'étaient pas destinées à un large public, et leur succès fut fortuit. Lors d'une soirée entre artistes, un ami se décide à l'enregistrer. La cassette circule, est copiée, et ce n'est qu'à partir de là qu'il commence sa carrière de chanteur.

Et encore, si carrière il y a. S'il est reconnu par les autorités soviétiques comme acteur, ses chansons ne seront jamais autorisées (car ne correspondant pas à la politique artistique communiste) et, par conséquent à quelques exceptions près, jamais enregistrées en URSS. Officiellement du moins. Le succès fut immédiat, et l'interdiction officielle ne fît qu'accroître l'intérêt. Mais ce qui attirait le plus le public russe est que Vyssotski osait exprimer la vie de ses concitoyens. Malgré les interdictions, circulaient de nombreuses copies illégales de ses chansons et des concerts clandestins furent organisés régulièrement. Vladimir Vyssotski Né en 1938, il décède le 25 juillet 1980, à l'âge de 42 ans.
® Bibliographie Vladimir Vyssotski.   ® Vladimir Vyssotski : chansons russes populaires français.

La chasse aux loups de Vladimir Vyssotski
Je m'élance de toutes mes forces, les muscles bandés
Mais aujourd'hui, comme le jour précédant,
Ils m'ont cerné, ils m'ont cerné:
Gaiement ils me rabattent vers les servants,

Derrière les sapins s'activent les fusils à deux coups:
Les chasseurs dans l'ombre sont dissimulés.
Sur la neige tombent les loups,
En cible vivantes transformées.

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions?

Ce n'est pas à armes égales que s'amusent avec les bêtes
Les chasseurs, mais aux yeux ils n'ont pas froid !
Avec les fanions nous coupant la retraite,
Ils tirent d'une main assurée et leurs coups ne manquent pas !

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Nos pattes et nos mâchoires sont d'une grande rapidité.
Pourquoi, chef de la meute, réponds, réponds,
Galopons- nous vers les fusils, traqués,
Et n'essayons-nous pas d'enfreindre l'interdiction ?
  Le loup ne peut ni ne doit cette loi transgresser?
J'ai fait mon temps :
Celui â qui j'était prédestiné
A levé son fusil en souriant?

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

Subir, je n'ai pas voulu. J'ai couru.
Au-delà des fanions, le désir de vivre est plus grand !
Seulement, tout joyeux, derrière moi j'ai entendu
Les hommes pousser des cris d'étonnement.

Je m'élance de toutes mes forces, les muscles bandés,
Mais aujourd'hui, ce n'est pas comme le jour précédent !
Ils m'ont cerné, ils m'ont cerné,
Mais les chasseurs sont restés gros-jean !

C'est la chasse aux loups, c'est la chasse sans pitié !
Aux carnassiers gris, aux adultes et aux nourrissons !
Les rabatteurs crient et les chiens aboient jusqu'à la nausée.
Le sang sur la neige et les taches rouges des fanions.

® Traduction d'Hélène Ravaisse.


La Guerre des Loups

Comme au bon vieux temps des siècles passés, il n'est plus un semestre ou l'on entend à nouveau parler du loup.
Ce compagnon fascinant dont les rencontres furtives laissait dans les esprits du IXème siècle l'image d'un être assoiffé de sang.

le loup

Il faut dire qu'à cette époque, les colporteurs y étaient pour quelque chose, ils avaient trouvé comment en faire un commerce, leurs récits avaient de quoi inquiéter, ils entretenaient la crainte et l'insécurité (déjà à l'époque). Grâce aux indispensables médailles de saint Hubert et autres objets, vous étiez protégés des méfaits de ces créatures du diable. Ainsi les auteurs chrétiens n'eurent pas de difficultés à les nommer, comme nés de la volonté du diable alors que le chien se voyait attribué la volonté de Dieu. Pourtant la peur du loup s'expliquait dans cette période par les seules rapines commis sur les troupeaux. Pendant des siècles, les loups et les hommes ont cohabité sur un même territoire sans trop de heurts. L'arrivée des troupeaux domestiques, l'asservissement de l'animal, le parcage, commencèrent à mettre fin à cette paix.

La guerre ne tarda pas à être déclarée entre le loup et l'homme. Les renards, blaireaux, sangliers et chats sauvages ne furent pas épargnés dans cette guerre contre nature. Cette guerre fut confiée à une institution « la Louveterie ». Charlemagne, François Ier et Napoléon III en sont les artisans. Le premier en eut l'idée, le second officialisa, le troisième le ressuscita.

Au fur et à mesure que le paysage naturel se modifiait et que l'élevage se généralisait, les rencontres avec le loup devenaient inéluctables. Bien que sporadiques, les attaques étaient devenues une réalité. Auparavant, on craignait surtout la propagation de la rage, maintenant c'était la rage du loup. Pourtant le vecteur n'était pas de son fait en particulier. Sous le règne de Charles VI, le pays épuisé par la guerre de 100 ans et la guerre civil, s'ajouta ce terrible hiver de 1421 qui poussa le loup à entrer dans Paris. On y mourrait tellement que le loup y trouvait pitance. Les loups prirent de l'audace et, en 1423, ils étaient désormais des familiers de Paris.

Dépassé par les événements, le loup qui était une affaire de Louveterie fut étendu au bon peuple soumis. Charles VI déclara : il nous plaît que toutes personnes puisse prendre, tuer et chasser le loup car le bon peuple ne saurait endurer plus longtemps les ravages de ces bêtes. La destruction du loup pouvait commencer, sa destruction par tous. Les hommes rivalisèrent d'ingéniosité comme à l'accoutumé. Les pièges les plus ignobles furent inventés par les plus malfaisants. Les circonstances faisant, ils avaient l'excuse populaire d'assouvir leur cruauté au nom d'une autre cruauté, celle imaginaire du loup. Qu'on s'en souvienne, les chats subirent le même sort.

Quelques exemples de l'arsenal de l'horreur

Le collet, l'assommoir, le dard perforant, de dessus, de dessous, de côté, la guillotine verticale ou latérale, la cage à pieux, le verre pilé, l'hameçon à loup, le piège à mâchoires, caché dans un appât, les mâchoires s'écartent et le suspendent la gueule déchirée et démesurément ouverte. Le loup voyait l'homme se détruire, commencer à le détruire, détruire son habitat tout en lui offrant ses cadavres entremêlés sur ses champs de batailles. Etrange affaire en est-il ! N'a-t-il pas été dit que ce goût de la chair humaine fut le résultat des festins de corps humains encore chauds servis par les guerres, les échafauds, les massacres, les famines et les épidémies. L'intendance du ravitaillement des loups était en partie assurée par la bêtise destructrice d'une espèce à jamais dénaturée.

Au XVIIIème siècle, la guerre est à son apogée entre le loup et l'homme, aucune région n'est épargnée par son cortège de mort. L'expansion humaine et la régression des espaces naturels font que les rencontres sont de plus en plus fréquentes. En Angleterre, le loup a déjà perdu la bataille, depuis le XVIème siècle. C'est au XIXème qu'il disparaîtra de Belgique et au début du XXème en France. Ce soldat animal combattait en face-à-face et se dressait sur ses pattes. Les morsures étaient très souvent au visage. Les louvetiers reconnurent son courage et sa bravoure, sachant mourir sans se plaindre. Il n'a jamais été le sanguinaire que l'on a toujours voulu qu'il soit, il savait chasser avec courtoisie et respect. Jamais il ne versa dans le massacre. Comme disent les Inuits : « Le loup garde le caribou en bonne santé ».

En Russie, on parle de « la part du loup » dont les troupeaux de chevaux hivernent en liberté sans jamais avoir subi des assauts sanguinaires de meutes sauvages de loups.
En Amérique du Nord, les troupeaux d'élans en surnombre et provoquant des dommages à la végétation furent réglés par le retour spontané des loups qui réglèrent le problème et stabilisèrent la population sans aucune extermination.

Chez nous, ils étaient cinq tribus
Le loup reviendra !

L'archer au regard de feu, le ravisseur rapide à la course, Chriseus aux dents tranchantes, l'ictunus le plus brutal, l'acmon chasseurs de lièvres. Certains ont tendance et parfois avec une fierté nauséabonde à se représenter comme des loups aux dents longues, alors qu'ils ne sont que de pleutres profiteurs sans scrupule, boursicoteurs admirateurs des stocks options salissant la planète et la mémoire de ces compagnons honnêtes. Les animaux ont ratifié cette guerre comme juste, ils sont désormais au nombre de 16 119 en voie de disparition (IUCN).

Il ne faudrait pas se tromper ! Ce n'est pas au loup de se réinsérer, mais à l'homme. Le loup reviendra ! Mais croyez-vous qu'on puisse l'acheter avec un bout de réserve naturelle, comme on négocie un contrat !
Il n'est pas loin et peut parcourir des distances importantes sans avoir à prendre l'avion. Le XXIème siècle pourrait nous remettre à notre place fatale programmée... quand la bise sera venue !

La guerre des loups
Au loup inconnu mort pour Gaia, par Gasty.
La guerre des loups | AgoraVox | www.agoravox.fr.


Le loup est l'animal social type

On ne connaît guère d'espèces vivant en sociétés aussi élaborées et complexes. L'amitié, la solidarité se manifestent tous les jours. Lorsqu'il vit à l'état sauvage, le loup s'adapte parfaitement à son environnement et n'est coupable d'aucun des méfaits donc on l'accuse. Bien sûr, c'est un chasseur, mais il ne tue que par nécessite, sillonnant parfois, lorsqu'il est affamé, la forêt en tous sens pendant plusieurs jours avant de capturer une proie. En quoi ressemble-t-il à l'animal cruel, sanguinaire, insatiable créé de toute pièces par une légende mensongère ? Le loup mange en réalité mois qu'un chien domestique de taille équivalente. Rassasié il se refuse même à avaler quoi que soit, même s'il s'agit de morceaux de choix. En toutes occasions, le loup vit en paix avec ses semblables. Certes, des luttes surviennent, parfois, au sein d'une meute ou entre deux d'entre elles, pouvant conduire à la mort d'un ou de plusieurs loups. Mais c'est exceptionnel.

Les mâles ne sont pas seuls à déclencher des conflits; certaines louves peuvent provoquer des bagarres qui se traduisent par des changements, voire des bouleversements au sein des clans. Une des louves aura le dessous; elle va se trouver dans l'obligation, sous peine de graves morsures, d'abandonner le clan. Elle cherchera donc asile dans un autre. L'adoption n'est pas toujours facile. L'étrangère est souvent assez mal accueillie. Au début elle prend la fuite, mais un jour, face à l'agressivité d'une autre louve, elle accepte une punition. Elle se couche sur le dos, faisant acte de soumission. Il est intéressant de noter que le changement de clan consécutif à une bagarre permet d'éviter la reproduction d'individus consanguins. Lors de la période de reproduction, on enregistre de rudes combats entre mâles et femelles. Les loups combattants ne se font pas de cadeaux, ils ne cherchent ni plus ni moins qu'à s'éliminer. Il peut arriver qu'un combattant soit tué, mais dans presque tous les cas, la période de reproduction se termine plus où moins bien. Nous allons voir les effets de la sélection: dans un clan comportant plusieurs mâles, seul le plus fort s'accouplera avec sa femelle, appelé aussi couple Alpha. Chaque année, à la même époque, la suprématie de mâle dominant se trouve remise en question. Un mâle très fort peut arriver à dominer les autres durant deux ou trois ans, mais rarement davantage. Il arrive même que plusieurs loups se liguent contre le loup dominant, de sorte que son règne ne dure pas plus qu'une saison de reproduction. Lorsqu'il est battu, le dominant cède sa place; il rentre dans le rang avec sa femelle. Si en période de reproduction, un loup reçoit une correction, il a la possibilité de quitter le clan avec sa femelle. Il pourrait parcourir dix ou vingt kilomètres, voire davantage, et ainsi fonder un nouveau clan.

Les indiens d'Amérique du Nord appellent oncles ou tantes les loups qui se joignent à un couple et à ses louveteaux. Il ne faut pas s'étonner de cette désignation, lorsqu'on sait que ces indiens, en parlant de canis lupus, disent frère loup comme le font d'ailleurs les esquimaux. Encore un bel exemple de vie sociale. Un loup de Sibérie, un sujet dominant, très fort, qui lors de la distribution de viande, écartait vivement plusieurs loups, s'en allait avec son morceau suivi par deux ou trois louveteaux, et fini par leurs donner son morceau. Or, ces louveteaux n'étaient pas les siens. Voilà qui donne une idée du haut degré de la sociabilité des loups.
Réf : Les loups dans la série, comment vivent-ils? de Gérard Ménatory aux éditions Atlas Visuel Payot Lausanne. L'appel du loup - titre original : Gry Wild, aux éditions Pygmalion, Paris.


Le loup surprend par la complexité de son mode vie et l'attachement émotionnel qui le lie aux autres membres de sa meute. Les loups sont remarquablement doués, et ce tant sur le plan physique qu'intellectuel. Puissants, robustes et alertes, ces animaux sont sans doute les membres les plus impressionnants de la famille des canidés. Le pelage des loups comprend donc une gamme impressionnante de couleurs allant du blanc presque pur au noir jais. Entre ces extrêmes, on trouvera du brun, crème, noir orangé, gris, sans pour autant que ces teintes soient uniformes. C'est une tâche difficile que d'établir un portrait type des teintes de l'animal, car une même portée peut être composée d'individus gris et d'autres noirs.

Les loups changent de pelage annuellement, la mue étant toutefois échelonnée sur une longue période qui débute chaque printemps. Le pelage d'été, qui comporte un poil court, se développera graduellement et deviendra une belle fourrure soyeuse en hiver. Les jeunes sont généralement de couleur foncée à la naissance, sauf dans l'Arctique où le blanc est la couleur des parents dominants; Les jeunes naîtront donc avec un pelage bleu pâle. Le louveteau voit son pelage devenir rugueux pendant le développement de ses dents; il connaît une période de transition lors du premier hiver et changera complètement de pelage lorsqu'il aura atteint l'âge d'un an.

Tous les animaux de l'ordre des carnivores possèdent une dentition remarquable, et ce qu'il y a de particulièrement impressionnant chez le loup est sa mâchoire très puissante. À l'instar des chiens, la mâchoire du loup est armée de 42 dents. Comme les hommes, on y retrouve les incisives, les canines, les prémolaires et les molaires. Les incisives, plutôt petites, servent en quelques sortes à nettoyer les os.

Les canines sont longues, pointues et très fortes; elles sont principalement employées pour saisir les proies. Les loups les utilisent comme des serres, car elles peuvent s'accrocher à une épaisse toison et y rester bien en place malgré tous les efforts de la victime pour s'en libérer. Elles serviront aussi à déchiqueter la nourriture. Les énormes molaires du fond de la gueule, appelées aussi carnassières, sont utilisées pour broyer les aliments. On estime que la mâchoire d'un loup peut exercer une pression de plus de 15kg/cm2 (un peu plus de 200 lb/po2) Chez les canidés, le loup se distingue aussi par sa taille; il vient au premier rang de la famille. De la pointe du museau au bout de la queue, la longueur d'un mâle varie, en moyenne, de 1,4 à 1,6 m. Les femelles sont un petit peu plus courtes, soit de 1,4 à l,5 m. Quant au poids, un mâle adulte pèse en moyenne de 30 à 40 kg et une femelle de 25 à 35 kg.

Tout semble indiquer que les loups s'accouplent pour la vie, sauf quand l'un des deux partenaires disparaît. Ils atteignent la maturité sexuelle vers l'âge de deux ans. Seul le couple alpha (mâle et femelle dominants) peut s'accoupler. La période de gestation dure entre 60 et 63 jours, et la louve donnera naissance à une portée de cinq ou six petits vers le début du mois de mai. Les louves utilisent des tanières pour donner naissance à leurs louveteaux et les élever, et celles-ci sont généralement situées près d'un sentier emprunté fréquemment par les loups. Ces animaux se servent d'endroits très variés pour ériger le domicile familial, comme un amoncellement de roches, une butte de sable, un ancien terrier de renards qu'ils agrandiront, etc. Ces lieux très diversifiés doivent toutefois avoir deux points en commun pour que les loups puissent s'y intéresser : un cours d'eau à proximité et un site élevé. À leur naissance, les louveteaux ne sont guère plus gros qu'un écureuil et peuvent à peine se tortiller. Ils mesurent seulement de 25 à 33 cm de longueur et leur poids est d'environ 450 g. Leurs yeux ne s'ouvriront généralement que de 10 à 15 jours après leur naissance. Vers l'âge de trois semaines, ils sont déjà sur leurs pattes et commencent à grogner puis à manger la viande prédigérée et régurgitée par les membres de la meute.

Les loups pourront changer de tanière quelques fois au cours des premiers mois suivant la naissance des louveteaux. Ils déménagement pour des raisons de sécurité, s'ils sont dérangés trop souvent, ou encore pour des raisons sanitaires. La louve transporte les petits un à un et les amène vers une tanière secondaire. Vers l'âge d'un mois et demi, les louveteaux pourront voyager avec la meute sur de courtes distances. Ils commencent alors à regarder plus attentivement ce qui se passe autour d'eux et à graduellement adopter les comportements des adultes. Quelques semaines plus tard, vers l'âge de deux mois, ils ont atteint un poids respectable de 7 à 9 kg. Leurs dents sont bien développées et ils peuvent commencer à mordre dans la chair et les os de proies. Cerisier de Pennsylvanie ( Prunus Pennsylvanica ) Lorsque le fruit du cerisier devient mûr, il tombe au sol, accessible dès la fin août cette source de nourriture est mangée en quantité par les loups. Après des millions d'années d'évolution et d'adaptation, le loup est devenu un carnivore de premier plan, très efficace, avec des comportements adaptés à son mode de vie et à son régime alimentaire. Toutefois, on a remarqué qu'il ne dédaigne pas les petits fruits et autres plantes à l'occasion. Des chercheurs ont même trouvé des louveteaux avec l'estomac bourré de petits fruits. Cependant, comme l'orignal ou le chevreuil ne pourrait subsister sur un régime exclusif de viande, le loup ne peut survivre avec des branches, des fruits ou des herbes.

l'Extermination : Chasses à courre, pièges, appâts, poisons, fosses, battues… de tout temps.

L'accueil réservé au loup est celui d'un animal nuisible. Il n'est épargné dans aucune contrée d'Amérique ou d'Europe. En France, crée en 1520, les louvetiers sont rétribués par le roi. En 1789, on octroie à tout manant le droit de traquer l'animal par tout moyen et pour son propre compte. Il vivait encore sur 90 % du territoire il y a deux siècles. Mais toute la population rurale est liguée contre le loup. Une loi nationale de 1882 déclare la guerre aux meutes. Entre 1818 et 1929, 18.709 loups sont tués, une grosse prime étant offerte pour chaque dépouille. La disparition du loup en France est officiellement annoncée en 1939. Aujourd'hui, la destruction de l'espèce est enrayée, mais la situation reste préoccupante. S'il est encore commun dans l'est, le loup a disparu de 11 pays d'Europe.

Le loup dans l'équilibre de la nature

Heureusement, de plus en plus nombreux sont ceux qui commencent à comprendre l'importance du rôle joué par le loup dans l'équilibre des nature et différentes sociétés de protection du loup ont vu le jour en Amérique du Nord. C'est pourquoi, bien qu'il soit encore trop tôt pour juger de l'efficacité de leur action on peut néanmoins espérer que le loup continuera à exister en Alaska, au Canada et dans le Minnesota. Ce n'est qu'en 1940 qu'ont été enregistrées les premières réflexions sérieuses sur l'animal, lorsque le Dr Adolphe Murie, biologiste américain de renommée internationale, commença une étude sur le terrain en Alaska. Depuis lors des centaines de scientifiques l'ont imité et, grâce à leurs travaux, la mauvaise presse dont la race a été victime pendant des siècles cède lentement le pas à une analyse objectivement plus favorable. Il faut d'ailleurs ajouter que tous ceux qui entreprennent des recherches à son sujet ont conscience qu'il reste encore beaucoup à apprendre en ce qui leur concerne.

L'un des cris les plus obsédants qu'on puisse entendre dans les régions sauvages est le hurlement du loup, appel profond, primitif, poussé par l'animal pour diverses raisons dont certaines demeurent inexpliquées. Récemment, on a suggéré que leur hurlement était d'abord destiné à jeter le trouble chez une meute voisine, soupçonnée d'intentions hostiles. Cette théorie se fonde sur le volume sonore de leur démonstration. En effet, lorsqu'une meute hurle à l'unisson, on peut croire qu'elle comporte davantage d'individus queue n'en compte réellement. Les partisans de cette théorie font donc également remarquer que lorsque les louveteaux répondent aux appels de leurs parents qui reviennent de la chasse, ils grossissent leur voix comme s'ils souhaitaient faire croire qu'ils étaient des adultes. Il est vrai qu'ils peuvent ainsi induire en erreur d'autres loups se trouvant dans les parages, et qui pourraient être tentés de venir les supprimer. Personnellement, je ne souscris pas à cette thèse, car elle. Sous-entend, en effet, que les loups sont perpétuellement en guerre les uns avec les autres, ce qui est absolument faux. De plus elle oublie aussi de prendre en compte un élément essentiel, à savoir que les louveteaux seraient bien plus en sécurité contre un éventuel agresseur en s'abstenant de signaler leur présence par un concert de clameurs intempestives.

Pourquoi, alors, les loups hurlent-ils ?

Pour exprimer leur joie ou leur tristesse, par plaisir lorsqu'ils sont en compagnie, par excitation avant la chasse, pour communiquer les uns avec les autres, pour trouver un compagnon ou une compagne lorsqu'ils sont solitaires, pour prévenir que le territoire est déjà occupé, renforçant ainsi les frontières délimitées par leur urine ? Lorsqu'arrive la saison des accouplements et que leur désir s'éveille, les loups, surexcités, chantent souvent. La meute ne tient pas en place tant que le couple alpha ne s'est pas réuni. Cependant, il arrive que le mâle alpha ne prête pas attention à sa femelle, celle-ci étant alors susceptible de s'accoupler avec le mâle bêta. Reconnaissons toutefois que de telles circonstances se produisent rarement, et que, lorsqu'elles ont lieu, on en ignore la raison. Remarquons aussi que dans ce cas le mâle alpha s'occupe des louveteaux exactement de la même manière que s'il les avait engendrés lui-même.

La période des accouplements varie.

Dans le Grand Nord, elle a lieu généralement la dernière semaine de mars ou la première semaine d'avril (parfois seulement au début de mai), et dans les régions plus méridionales, la troisième semaine de février. Les louveteaux naissent donc au début du printemps, lorsqu'il fait moins froid. A la différence des chiennes qui ont deux cycles œstraux par an, les louves ne portent qu'une fois dans une année, essentiellement sans doute parce que la vie sauvage est trop rude pour mettre bas deux fois, mais aussi parce qu'ainsi la nature équilibre leur reproduction par rapport à son environnement. La gestation dure en moyenne soixante-trois jours, comme pour les chiens. Donc une louve qui s'est accouplée la troisième semaine de février met as la dernière semaine d'avril ou la première semaine de mai. Une portée normale compte entre six et sept louveteaux. Cependant, le taux de mortalité étant élevé, généralement deux petits seulement sur une portée survivent à l'hiver suivant. Sachant d'ailleurs que les loups sont soumis à cent trente-quatre virus et parasites, on peut considérer que ce taux de mortalité est finalement peu élevé et témoigne incontestablement de la robustesse de l'espèce, la plus redoutée de toutes les maladies, la rage, ne tuant que peu de loups et de coyotes, qui semblent tous deux avoir développé une très forte résistance naturelle contre cette maladie.

Les louveteaux viennent au monde avec une fourrure couleur gris-bleu ou brun foncé

Ils pèsent environ une livre et leurs pattes ne sont pas complètement développées. Aveugles, leur ouïe est également imparfaite durant les premiers jours de leur existence. Cependant, les louveteaux se développent rapidement, grossissent d'environ deux livres par semaine, leurs yeux ne s'ouvrant qu'entre le dixième et les douzièmes jours. Les pupilles sont bleues et le restent jusqu'à ce que les louveteaux aient atteint deux mois. Alors, seulement, l'œil vire lentement, au jaune d'ambre, couleur caractéristique des loups. Dès lors, les louveteaux commencent à hurler et à grogner, lorsqu'ils ont faim ou luttent entre eux. Chacun essaie toujours de dominer son frère et se prépare ainsi une place dans la meute, cet apprentissage servant aussi pour le jour où, devenu adulte, il quittera peut-être les siens pour fonder sa propre famille. La louve met bas dans une tanière qu'elle a creusée seule ou avec l'aide d'autres membres de la meute, à moins qu'il ne s'agisse d'une caverne ou d'une cache naturelle suffisamment enfouie dans un abri naturel. Dans la mesure du possible, les loups installent leur tanière sur un terrain élevé, de préférence dénudé, d'où ils peuvent observer les parages. Si la nature du sol convient, la louve creuse un tunnel de sept à huit mètres de long se terminant par une cavité ovale, plus profonde.

A leur naissance, les louveteaux glissent un à un sur la terre nue

Après chaque naissance, la mère rompt de ses dents le cordon ombilical et lèche son petit jusqu'à ce qu'il soit parfaitement propre. Puis, du museau, elle le pousse contre son ventre pour qu'il puisse téter à l'une de ses huit tettes. Lorsque tous les louveteaux sont nés, les membres de la meute s'agitent. Ils remuent la queue, s'attroupent à l'entrée du repaire, geignent et reniflent l'odeur des petits. Au début seule la mère s'occupe d'eux, le père lui-même n'étant accepté dans la tanière qu'au bout d'une dizaine de jours, laps de temps au cours duquel il apporte consciencieusement subsistance à la louve qu'il dépose à l'entrée du tunnel.

Dans leur tout jeune âge les louveteaux ressemblent davantage à de petits ours qu'à des loups. Ils sont trapus, leurs oreilles retombent en avant, leur museau est court et leur queue maigrelette. Mais lorsqu'ils ont environ trois semaines et se risquent à sortir de la tanière, ils commencent déjà à ressembler à leurs semblables. Bien que leur mère continue de les allaiter jusqu'au quarante-cinquième ou cinquantième jour, ils commencent également à manger de la viande, qu'en réalité, ils mastiquent avec leurs petites dents en pointe d'épingle, avant de la recracher, après en avoir extrait le sang et quelques menues particules. Lorsqu'enfin leurs dents ont suffisamment poussé pour leur permettre de broyer la viande, débute pour eux l'exploration des alentours de la tanière, agaçant les adultes de leurs morsures inoffensives.

Trois semaines après leur sevrage, les louveteaux pèsent environ quatorze livres

Ils sont encore choyés, mais de temps à autre leurs parents ou une autre louve de la meute doivent mettre le holà à leur indiscipline en les rabrouant gentiment. Les loups bien qu'ils raffolent de leurs petits et, chaque printemps, attendent impatiemment leur naissance, pratiquent par ailleurs une sorte de contrôle des naissances. En effet si tous les membres d'une meute survivent à l'hiver, seule la femelle alpha met bas et sa portée est normalement plus réduite que d'habitude. D'autres femelles de la meute peuvent entrer également, à la même époque, dans leur cycle œstral, mais la présence du couple alpha inhibe généralement le désir sexuel chez tous les mâles subordonnés. Si, néanmoins, une femelle passe outre et sollicite un compagnon, le couple alpha intervient sans tarder le plus souvent assisté dans cette tâche par les, autres mâles de la meute. Si en revanche la meute a été décimée, au cours de l'hiver, par accident, maladie ou intervention des hommes, ou si le gibier a considérablement augmenté en nombre, il est fréquent que la femelle bêta s'accouple avec le mâle bêta.

Une fois la meute rééquilibrée par rapport à celle du gibier si une femelle néanmoins cherche à s'accoupler, le couple alpha l'agresse jusqu'à ce que cette dernière quitte la meute. Si alors la louve rencontre un mâle solitaire il est fréquent qu'elle fonde avec lui une nouvelle meute, à proximité du territoire queue vient de quitter ou bien beaucoup plus loin dans une autre région. Si cependant la femelle rejetée ne rencontre pas de nouveau compagnon, elle reste, à distance, en contact avec la meute. Certes elle ne se montrera jamais à découvert mais la suivra, et dévorera même les restes de ses repas. A la naissance des louveteaux, la louve frappée d'ostracisme rejoindra alors la meute et sera bien reçue. Elle pourra même souvent se consacrer à la garde de la jeune génération après son sevrage, se rendant ainsi utile à la communauté tout en satisfaisant son instinct maternel. L'automne venu, les louveteaux ayant pratiquement atteint leur taille adulte peuvent réellement prendre part à la chasse. Ils en ont appris les rudiments dès le mois d'août en observant les aînés. Alors ils peuvent quitter leur nursery désignée par les biologistes sous le nom de rendez-vous situé non loin de la tanière où les louveteaux sont nés. Ces derniers y sont conduits peu après leur sevrage. Un rendez-vous idéal offre de bonnes caches aux jeunes loups, leur permettant d'échapper aux éventuels dangers qui risquent de les menacer en l'absence de la meute. Il comporte également des espaces découverts où les louveteaux peuvent s'ébattre, creuser le sol, s'entraîner à la chasse aux mulots et aux campagnols. Pour rejoindre ces nouveaux quartiers la jeune classe transite à partir de leur tanière dans la gueule de leurs mères qui saisissent leurs petits soit par le milieu du corps, l'arrière-train ou même la tête.

Origines du loup

Les sous familles, bien qu'il existe un consensus sur les genres inclus dans la famille des canidés il existe pourtant de nombreux désaccords sur le statut de plusieurs espèces et leur regroupement en sous familles. Une nomenclature classique basée sur les caractères morphologiques répartit les canidés en trois sous familles. Les Cuoninés, caractérisés par une carnassière inférieure avec une talonide comportant un seul denticule en forme de crête, regroupant trois genres actuels, Spéothos, Cuon et Lycaon. Les Otocyoninés ne contenant que le genre otocyon dont le nombre de dents peut atteindre cinquante. Les Caninés caractérisés par une carnassière inférieure avec une talonide en cupule et deux denticules, comprenant essentiellement deux genres Vulpes et Canis. Clutton Brock et son équipe (46) ont passé en revue la famille des Canidés en utilisant une méthode numérique sur 90 caractères relatifs au squelette, au pelage, à l'anatomie interne et au comportement. Ses résultats confirmèrent que les trois genres les plus importants (Canis, Vulpes et Dusicyon), sont étroitement apparentés mais méritent bien d'être séparés. Aussi trois sous familles semblent bien se dégager, avec les canidés ressemblant au loup incluant le genre Canis, les canidés ressemblant au renard commun incluant le genre Vulpes et les renards sud américains avec le genre Dusicyon. Le dhole (Cuon alpinus) ainsi que le lycaon (Lycaon pictus) sont souvent associés au premier groupe. Le renard polaire (Alopex lagopus) au deuxième, le renard crabié (Cerdocyon thous) au troisième. Pour les autres espèces, elles font soit partie d'un quatrième groupe assez éclectique soit elles sont associées au troisième groupe. C'est le groupe 1 et le genre Canis qui nous intéressent ici.

III Le genre Canis

A) Origines. Le premier membre du genre Canis, Canis lepophagus, apparaît vers - 10 millions d'années en Amérique (figure 5). Il a environ la taille du coyote actuel. En Europe, le genre Canis fait son apparition environ à la même époque en Espagne, avec Canis cipio, à partir duquel vont se diversifier les espèces du genre Canis. On commence alors à séparer les ancêtres du loup, coyote et chacal. Il faut attendre la fin du Villafranchien, il y a environ 2 millions d'années, pour voir apparaître l'ancêtre du loup, Canis etruscus, de taille légèrement inférieure au loup moderne. (figure 6). Il se développe sous la glaciation de Mindel à l'inverse de beaucoup de canidés, sans rapport avec le genre Canis, qui semble-t-il, moins adapté au froid, disparaissent

Les loups ne font leur apparition qu'à la base du pléistocène moyen en Europe soit vers - 1 million d'années. La stabilité morphologique de certaines populations a permis d'établir des sous espèces correspondant à des stades évolutifs précis. Au départ on rencontre des sous espèces plus petites comme Canis lupus lubellensis décrite par Bonifay (30). Ensuite durant le rissien, alors que le type lourd est pleinement réalisé au point de vue morphologique, des études métriques montrent une augmentation régulière de la taille jusqu'au wurmien où elle atteint son maximum. Les espèces vivantes actuellement sont d'une taille bien inférieure au loup wurmien. En Amérique du Nord le loup apparaît également au milieu du pléistocène.

Au gré des glaciations les échanges par le détroit de Béring sont si nombreux qu'il devient difficile de séparer les populations de loups évoluant en Amérique et en Eurasie. Cependant une petite sous espèce de loup Canis lupus edwardii décrite par Gazin (110), du Sud Ouest des Etats-Unis, pourrait être l'ancêtre des petits loups d'Asie, Canis lupus variabilis et sa forme moderne Canis lupus chanco, dont nous verrons l'importance plus loin.

Le chacal et le coyote sont également apparus au début du pléistocène à partir de descendants de Canis lepophagus et Canis cipio, l'un sur l'ancien monde, le chacal en Asie et en Afrique, et l'autre sur le nouveau monde, le coyote.

L'ensemble des résultats présentés sont étayés sur l'analyse de caractères morphologiques rencontrés chez les fossiles. Ils prennent souvent en compte par exemple une description précise de la dentition, le nombre, l'orientation, la finesse, la forme de la mandibule, la forme précise de chaque dent. Par exemple, pour la carnassière, l'aspect de la talonide possédant ou non une crête, divisé ou non en deux cuspides, l'orientation de sa partie tranchante etc.

Pour Canis etruscus par exemple, la deuxième molaire inférieure présente deux cuspides également développées alors que chez le loup l'externe domine la partie interne. La troisième molaire est comparativement plus développée que chez les loups car de même taille mais portée par des mandibules plus faibles. La première prémolaire est réduite mais les deuxièmes et troisièmes prémolaires sont de tailles comparables, l'une et l'autre possédant un denticule postérieur. La carnassière supérieure présente une talonide portant un denticule tranchant qui se rapproche de celle de la carnassière du chacal mais les tuberculeuses rappellent celles du loup.

Canis etruscus possède une forte crête sagittale comme le loup mais son museau est sensiblement plus fin et plus effilé. La taille est plus petite, les os plus graciles. On comprend donc que l'établissement d'une linéarité est loin d'être évident et les propositions de filiation relèvent souvent de la subjectivité des auteurs. En fait tout se passe comme si l'établissement de l'arbre phylogénétique se faisait plus en épis que linéairement. Ceci pourrait être la résultante de différents facteurs.

On peut par exemple supposer que l'ancêtre ne fut pas retrouvé ou conservé (du fait de l'action de l'environnement, les chances pour qu'un animal mort sur un site soit représenté dans les dépôts par un os identifiable se chiffrent à moins de 0,01 %, souvent beaucoup moins (109)).

Une autre hypothèse serait que le passage d'une espèce à une autre procéda par de fortes variations, à l'encontre de l'aphorisme " natura non facit saltum " cher à Darwin.

B) Les espèces actuelles. Le genre Canis dont nous venons d'esquisser les origines supposées comprend à l'heure actuelle sept espèces sauvages et le chien domestique (tableau 3).

Le genre Canis et ses sous espèces

Loup, Canis lupus (65 cm, 27-54 kg.) : vivant en Eurasie et Amérique du Nord, il possède de très nombreuses sous-espèces (MECH, 1970), les nordiques massives, celles du sud (Chine, Inde, Arabie) plus petites :

Eurasie

-loup arctique, Canis lupus albus
-loup commun, C. l. communis
-loup européen, Canis l. lupus
-loup sibérien, C. l. turuchanensis
-loup du Kamtchatka, C. l. dybowskii/kamstchaticus
-loup atlantique, C. l. flavus
-loup d'Espagne C. l. signatus
-loup méditerranéen, C. l. deitanus
-loup des roseaux ou de Pannomie, C. l. minor
-loup des Balkans, C. l. kurjak
-loup de l'Altaï, C. l. altaicus
-loup de Mongolie, C. l. dorogostaiskii
-loup de Mandchourie, C. l. rex
-loup de Corée, C. l. coreanus/hattai/tschiliensis
-loup du Japon, Canis l. hodophylax
-loup turanien, C. l. campestris
-loup de Chine, Canis l. chanco
-loup du Tibet, C. l. laniger
-loup de l'Himalaya, C. l. niger
-loup de Bactriane, C. l. bactrianus
-loup de Caucase, C. l. hairstanicus/cubanensis
-loup arabique, Canis l. arabs
-loup indien, Canis l. pallipes

Amérique du Nord

-loup du Groenland, C. l. orion
-loup de l'Ile de Melville, C. l. arctos
-loup de toundra des Iles de Banks, C. l . bernardi
-loup de toundra de l'Ile de Baffin, C. l. manningi
-loup de toundra de l'Alaska, C. l. tundrarum
-loup continental de l'Alaska, C. l. pambasileus
-loup de l'Archipel d'Alexandre, C. l. ligoni
-loup de Colombie britannique, C. l. columbianus
-loup de la vallée du Mackenzie, C. l. occidentalis
-loup de toundra du Mackenzie, C. l. mackenzii
-loup de forêt du Canada central, " timber wolf ", C. l. griseoalbus
-loup de la Baie d'Hudson, C. l. hudsonicus
-loup du Labrador, C. l. labradorius
-loup de l'Ile de Vancouver, C. l. crassodon
-loup des Cascades Mountains, C. l. fustus
-loup des Rocheuses du Nord, C. l. inemotus
-loup des Grandes Plaines, C. l. nubilis
-loup de forêt de l'Est, C. l. lycaon
-loup des Rocheuses du Sud, C. l. youngi
-loup des Mogollon Mountains, C. l. mogollonensis
- loup gris du Texas, C. l. monstrabilis
-loup du Mexique, C. l. baileyi


  • Loup de Caroline, Canis, rufus 30 kg : Sud-Est des Etats-Unis.
  • Coyote, Canis latrans 55-60 cm, 15 kg : Amérique du Nord, dans des niches différentes de celles du loup, semblables à celles des chacals.
  • Chacal commun ou doré, Canis aureus 45-50 cm, 7-10 kg, le seul chacal dont l'aire de distribution chevauche celle du loup, avec ses sous-espèces, C. a. aureus, C. a. lupaster, C. a. doerderleini.
  • Loup d'Abyssinie, ou cabéru, Canis simensis 60 cm, 15-20 kg.
  • Chacal à chabraque ou à dos noir, Canis mesomelas 40-45 cm, 7-14 kg. | Chacal rayé ou à flancs rayés, Canis adustus 40 cm, 9 kg.

La diffusion du loup couvre une vaste zone circumpolaire en Eurasie et en Amérique du Nord. La présence du loup a récemment aussi été établie en Afrique plus précisément en Egypte où pendant longtemps le loup égyptien était confondu avec le chacal doré. Les chacals forment le groupe des canidés remplaçant les loups en Afrique. Seul le chacal doré est retrouvé en dehors du continent africain. Le coyote quant à lui est présent en Amérique du Nord dans des niches écologiques proche du chacal en Afrique. Le coyote ainsi que le chacal doré ont des aires de distribution qui peuvent chevaucher celles du loup (figure 7).

Le loup

Le loup regroupe un nombre important de sous espèces dont la morphologie est adaptée à des niches écologiques différentes et variées. Certaines de ces sous espèces, trop chassées, ont disparu.

Le pelage des loups est extrêmement variable. Un pelage noir chez les loups d'Europe et d'Amérique du Nord ou encore d'un blanc soyeux chez Canis lupus arctos au Canada. Un ton gris sombre chez Canis lupus crassadon de l'île de Vancouver alors que c'est d'un pigment de couleur cannelle que se pare Canis lupus fuscus sur la côte de la Colombie Britannique. Ainsi toute une palette de couleurs et ses subtils mélanges dessinent sur le pelage des loups une robe souvent adaptée à leurs niches écologiques, où l'osmose des couleurs avec la nature environnante devient évidente.

La taille est également variable d'une sous espèce à l'autre. C'est chez le loup indien, Canis lupus pallipes, et les loups de la péninsule arabique, Canis lupus arabs, que l'on rencontre les plus petits représentants de l'espèce. Un loup mâle adulte pèse alors un peu moins de vingt kilos pour un mètre trente de long, alors que des loups européens ou d'Amérique qui font entre soixante et quatre vingt kilos, ont une taille au garrot pouvant dépasser quatre vingt centimètres et une longueur du museau au bout de la queue allant jusqu'à un mètre quatre-vingt. En fait la taille des loups respecte assez bien la règle de Bergman (cité par 109) qui prédit que la taille moyenne des mammifères, qui sont homoiothermes (température supérieure à celle de l'environnement) varie en corrélation avec le climat.

En effet la taille des loups des régions froides est nettement plus grande que celle des loups du Sud. Le déterminisme de telles variations est lié au fait que l'augmentation de taille s'accompagne d'une augmentation de volume à la puissance trois tandis que l'augmentation correspondante de la surface se fait au carré. En conséquence les pertes de chaleur et donc d'énergie sont relativement moindres chez les grands individus. La sélection naturelle favorisera les animaux d'une certaine taille, déterminée par les conditions climatiques.

On peut ainsi distinguer

Les loups méridionaux de petite taille, ils constitueraient une souche primitive, leur organisation sociale est moins développée, ils sont cantonnés actuellement dans la péninsule arabique, au sud de l'Asie et au Mexique avec Canis lupus baileyi. Des loups septentrionaux plus grands dont l'organisation sociale plus évoluée permet la chasse en groupe avec des populations intermédiaires reliant ces deux groupes.

® Au monde des loups. These pour obtenir le grade de docteur veterinaire
publiquement en 2003 devant l’Université Paul-Sabatier de Toulouse
par Laurent, Sylvain, Patrice NEAULT à BELFORT (Territoire de Belfort)
Directeur de thèse : M. le Professeur Roland DARRE

Une dynamique de recolonisation

Répatition du loup en Europe

À l’origine la loup était présent dans toute l’Europe, dans tous les milieux.
Après avoir été persécuté [1] et avec le déclin des populations d’ongulés et les déforestations massives, le loup a disparu de la majeure partie de l’ouest et du nord du continent entre la fin du XIXème siècle et la première moitié du XXème. Il ne restait alors que 2 populations sur la façade occidentale: une en Italie dans les Abruzzes (au centre des Apennins) et une en Espagne (région nord-ouest). La péninsule ibérique possède aujourd’hui une population d’environ 2500 loups, dans le quart nord-ouest de l’Espagne et dans les zones proches du Portugal, en voie d’expansion par le sud et le sud-est. L’espèce est également présente dans le Pays Basque espagnol, ce qui pourrait conduire à une recolonisation des Pyrénées par l’ouest. En Italie, les Abruzzes ont constitué un refuge pour une petite population de loup.

Expansion du loup en Italie (1970 - 1992)

À partir des années 1970, suite à la protection de l’espèce, sa population italienne s’est développée et a recolonisé la péninsule vers le sud et le nord jusqu’aux Alpes [2]. Les effectifs sont estimés en 2008 sur le territoire italien entre 500 et 800 individus. La zone alpine italienne hébergeait en 2007 au moins une trentaine d’individus résidents, répartis en 9 meutes dont 5 actuellement transfrontalières avec la France (non comptabilisées dans les effectifs français).

En Suisse, 5 loups différents étaient identifiés en 2006, tous dans la zone alpine, non installés en meutes mais qui semblent stabilisés sur les différents sites. Au total, sur l’arc alpin franco-italo-suisse, et en l’état actuel des connaissances, il y aurait au moins 30 zones de présence permanente [3] de l’espèce parmi lesquelles 26 sont constituées en meutes (i.e. 1 mâle + 1 femelle pendant 2 hivers successifs ou reproduction identifiée).

Loup en Turquie

En Europe, la diversité des méthodes de suivi mises en œuvre pour renseigner l’évolution des populations de grands carnivores limite les possibilités de comparaisons internationales. Toutefois, une tendance générale semble se dégager : parmi 25 pays européens enquêtés, Salvatori et Linnel (2005) en documentent au moins 20 dont les populations de loups sont stables ou en hausse, dont la France.

En Italie, Ciucci et Boitani (1991) mentionnent un accroissement de 7% par an. En Espagne, la croissance au nord du fleuve Duero semble être de l’ordre de 15% par an mais plus faible sur le reste de l’aire de répartition. Sur la péninsule scandinave, la population de loups, après avoir stagné jusque dans les années 1990 entre 1 et 10 loups répartis sur une seule meute, a manifesté, à la faveur de l’établissement d’une deuxième meute, un taux d’accroissement annuel d’environ 25%. La population actuelle est estimée à 160 animaux environ.

 

[1] Des relations anciennes
Le loup et l’homme cohabitent sur les mêmes territoires depuis des milliers d’années. Cette proximité a entraîné des relations ambiguës entre crainte et respect, entre haine et passion. Le loup est tour à tour divin, diabolique, fascinant, terrifiant, victime, bourreau. La complexité de ces relations explique pourquoi le loup divise encore les populations et oppose, parfois violemment, ses partisans et ses opposants. Le but de cette partie est de présenter objectivement les interactions qui existent entre l’homme et son voisin carnivore.

[2] Un retour naturel et progressif
En France, bien que des témoignages attestent de sa présence ponctuelle jusque dans les années 1960, le loup a officiellement disparu du pays dans les années 1930. Suite au développement de la population italienne, un premier couple installé a été observé en novembre 1992 dans le Parc National du Mercantour, à la frontière franco-italienne. Aujourd’hui la population de loup en France s’étend sur toutes les Alpes (jusqu’en Suisse au nord) et commence à refaire son apparition dans la partie est des Pyrénées, le Massif Central et le Jura. Cette recolonisation se manifeste notamment par de la prédation sur les troupeaux domestiques, provoquant la colère et l’inquiétude des éleveurs. Malgré son expansion, la population française reste fragile et sensible à d’éventuels actes de braconnage (empoisonnement par exemple) ou à des agents pathogènes provenant notamment des chiens (parvovirose, maladie de Carré entre autres).

Tchernobyl, c'est le paradis des bêtes

Vingt-quatre ans après l'explosion du réacteur n° 4, le 26 avril 1986, la « zone interdite » instaurée dans un rayon d'une trentaine de kilomètres autour de la centrale nucléaire offre la vision idyllique et paradoxale d'une nature préservée des ravages de la civilisation. Ce territoire où les radionucléides se sont dispersés irrégulièrement, avec l'explosion et l'incendie qui a suivi, est aussi devenu un vaste laboratoire à ciel ouvert, où les scientifiques étudient sur le long terme, en situation réelle, les effets de la radioactivité de faible dose sur les organismes vivants.

Pourquoi certains oiseaux meurent-ils prématurément, pourquoi la croissance des pins est-elle perturbée, alors que mulots ou peupliers semblent en pleine santé ? Les espèces ne sont apparemment pas égales devant ces radiations : les résultats des recherches sont contrastés, troublants, révélant la complexité du monde vivant. Comment la nature reprend ses droits dans la zone interdite entourant la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Splendeurs radioactives

Aujourd'hui, seulement moins de 3 % de la radioactivité initiale subsiste à Tchernobyl. Mais il faudra plus de deux siècles pour que le césium et le strontium rejetés lors de l'explosion et de l'incendie aient perdu toute leur charge radioactive. Selon l'hypothèse d'un laboratoire américain de génétique, les souris (la quarantième génération depuis la catastrophe) ne seraient pas affectées par ces radionucléides absorbés quotidiennement en doses colossales, parce qu'elles auraient su développer des résistances naturelles sophistiquées. Aucun des chercheurs interrogés ici ne se risque pourtant à tirer des conclusions générales sur cette énigme écologique. Mais aussi un émerveillement devant la nature, le chemin d'un territoire unique au monde. D'un printemps luxuriant jusqu'au coeur de l'hiver en proclament le passionnant mystère. Les animaux reviennent, des espèces rares comme le cheval sauvage ou le loup habitent la forêt. L'Ukraine espère même reconvertir la zone interdite… en réserve naturelle, Tchernobyl le paradis des Animaux

La nature sans les hommes

Après le départ des hommes ce fut le calme plat, personne ne s'aventurait dans cette campagne sinistre, cette grande ville fantôme de Pripyat où l'armée avait entrepris de tout casser afin de prévenir toute velléité de retour.
Ce fut un no man's land gigantesque […] La faune et la flore sauvages furent abandonnées à leur sort. Que leur est-il arrivé ?

Tchernobyl, un paradis pour les animaux et la flore

La nature semble, de manière surprenante, avoir repris tout ses droits À Tchernobyl (rennes en gros plan), la zone interdite abrite (blaireau) de nombreuses espèces d'animaux sauvages, dont certaines totalement absentes avant l'accident (images de lynx puis ours). Plusieurs ours s'y sont installés, il est très fréquent de voir des sangliers, des biches, des cerfs ou des chevreuils (tous ces animaux sont successivement montrés). Les oiseaux nichent même sur le sarcophage de béton (idem) qui recouvre le réacteur défunt à des niveaux de radioactivité un million de fois la normale. Mais surtout […] tout ces animaux semblent en parfaite santé. La zone de Tchernobyl abrite en particulier une espèce de mammifère extrêmement rare, quasiment éteinte sur la planète tellement elle est chassée par l'homme: le cheval de Przewalski (on les voit, mais seulement après une petite errance dans des paysages champêtres : ils gambadent) ".

La nature se moquerait-elle des radiations ?

Pourquoi ? Un début d'explication possible : les taux de reproductions. Depuis Tchernobyl les mulots ont eu une quarantaine de générations. Ce qui leur laisserait le temps de s'adapter. Ils sont hautement contaminés, mais " ont l'air normaux et en parfaite santé ". " Comment expliquer ce paradoxe ? " Renormalisation : la stabilisation rapide (à de nouveaux taux de radioactivité) Au moment de Tchernobyl, c'est une "phase aiguë", Les organismes vivants n'étaient pas préparés à ce type d'attaque, à des doses aussi fortes. Dans les jours et les mois qui suivirent la catastrophe, des cadavres d'animaux d'insectes (scarabées), de fleurs, d'herbes, d'arbres se comptaient par dizaines de millions dans la zone interdite… en milliards sans doute pour tous les microorganismes et bactéries. Des milliers de pins, proches de la centrale, roussirent en quelques semaines puis moururent. Les scientifiques donnèrent alors un nom à cette sinistre forêt : la forêt rouge (très scientifique comme terminologie).

Le loup en Russie enselle de vivre


Faits sur le loup, sur l'Île des loups. C'est une bête sans relâche, un prédateur dangereux dans la forêt, un chasseur impitoyable à la recherche d'une victime d'un festin sanglant. C'est un mignon, inquiétant, animal social qui aime les fraises des bois et a peur de la vie dans les bois. Lesquelles de ces descriptions sont vrai?

Avec cette vidéo de 30 minutes nous vous offrons l'occasion de découvrir vous-même. Le temps passe d'une année avec une meute de loups. Au début de la vidéo, les loups ils sont juste un mois et n'ont aucune idée de comment survivre, mais ils savent qu'ils doivent survivre dans la nature. Chaque jour apporte de nouvelles découvertes, à chaque étape, ils nous donnent la chance de comprendre leur monde où ils vivent, et ce monde ne semble pas si lointain.

Cliquer sur image pour visiter et voir l'île des loups et découvrir la période d'une année !

Les loups sont des acteurs majeurs de l'écosystème: ils jouent un rôle d'équilibre dans leur habitat. Toute réduction de la population de loups conduit à une augmentation de chiens errants ou métis (un croisement entre un loup et un chien).

Les chiens et les métis sont beaucoup plus dangereux que les loups parce qu'ils n'ont pas peur de la lumière, du feu ou la crainte des hommes. En tuant les loups, sans doute pour des raisons de sécurité, les gens créent une menace nouvelle et plus dangereuse.

Les arguments en faveur d'extermination semblent assez solides : les attaques sur le bétail, la propagation de la rage et le jeu pillage. Mais il est évident que les attitudes évoluent : les citadins ont déjà commencé à penser de façon plus écologique pour le respect de l'environnement, et les villageois ruraux ont plus accès à l'information sur le rôle du loup qui jouent dans la nature.

Les meilleures connaissances peuvent être acquises en l'observant les animaux dans leur habitat naturel, et non pas dans un zoo. Une telle observation est utile, mais cela dépend des animaux continuant leurs activités sans crainte des hommes. Malheureusement, les occasions ou possibilités pour une telle observation scientifique ces dernière temps ont disparu. Les bêtes éviter les personnes, même dans les réserves. C'est une sorte de sélection naturelle, puisque ces animaux qui ont fait confiance à des hommes sont tous morts les premières.

Sans se laisser démonter par la raréfaction des opportunités d'observer ces animaux étonnants dans la nature sauvage, un homme a fait sa mission pour en savoir plus sur loups qui peuplent la Russie. Son désir est de nous montrer comment les loups sauvages vivent réellement et de changer la perception des gens, son nom est Vladimir Bologov.


Juste du lait et aucuns biscuits

Chacun de nous sait que le lait chaud est la meilleure manière de se calmer un bébé. Peu d'entre nous savons que cela fonctionne aussi avec les nouveau-nés loups. Les apprendre à téter le lait de la mère, le nouveau-nées les aide aux petits loups d'être plus calmes et stables.

Et ce n'est pas seulement un moyen pour les louveteaux de ce calmer : les traits de caractère comme l'équilibre, de la stabilité et de l'excitabilité nerveuse sont directement liés à la façon dont les petits loups obtiennent leur lait, bien qu'il pourrait sembler étrange penser il y a un raccordement entre la manière ou le lait est livré à l'animal et au comportement agressif et excite. Le scientifique russe Joseph Badridze a bien souligné la présence de cette corrélation. Afin d'obtenir le lait de sa mère, un animal pétrit la zone autour du rayon de la mère avec ses pattes, une à la fois.

Cette action fléchit les muscles et en même temps stimule différentes zones du cerveau en fonction de la patte de l'ourson utilise. Si les petits sont nourris au biberon, ils utilisent les deux pattes en même temps et ne sont pas en mesure de les reposer. Tous les groupes musculaires de commencer à travailler simultanément et cela double l'activité des impulsions dans le cerveau. Cette hyperstimulation des formes du cerveau du nouveau-né une pépinière de haute activité qui, à en juger par les apparences, reste pour toute leur vie. Ces animaux ont une plus grande tendance à tomber dans la dépression et l'équilibre est facilement perturbé pendant un conflit. Ces loups sont très rapidement colérique et agressive créatures.


Le prédateur a un goût pour l'herbe

Pouvez-vous imaginer un loup manger l'herbe ou apprécier des baies ? Non ? Il est temps d'essayer ! Peu de personnes savent ce qu'est l'alimentation d'un loup se compose. Bien sûr et naturellement, la viande domine la cuisine du prédateur, mais il y a beaucoup plus sur le menu.

Comme Vladimir Bologov indique, les habitudes des loups de manger sont similaires à ceux des porcs, elles sont omnivores et choisissent parmi une large gamme d'aliments. Il voit souvent ses petits comme des vaches de pâturages sur les marais. Sans aucun doute, ils mangent des baies, parce qu'ils les aiment, mais un loup vraiment affame chercherait quelque chose de plus que la viande. Les loups aiment également les fraises, la jeune herbe, les céréales et même les champignons. Lorsque louveteaux trouver framboisiers, ils grignotent sur eux, ainsi que les bourgeons de pin en hiver. Vladimir indique qu'une louve avait un goût particulier pour les carottes.

Il est difficile de mesurer exactement la quantité de viande qu'un loup à besoins quotidienne. Nationalgeographic.com indique qu'un loup simple peut consommer 20 livres (9 kg) de viande lors d'une séance. D'autres sources donnent des chiffres différents, allant de 1-2 à 5-7kg par animal. Nous précise Vladimir Wolfman pour son estimation. "La consommation maximale de nourriture peut être observé, assez logiquement. Pendant les mois d'hiver, les loups mangent seulement 2 kg de viande par jour. Cette quantité diminue au printemps et en Mars un loup mange à peu près 1 kg seulement pour un jour ".

Il ajoute : "Mais bien sûr il ya du vrai aux rumeurs de la voracité des loups. En fait, un loup mâle adulte peut manger plus de 10kg à la fois. Mais il ne peut pas tenir dans cette quantité de nourriture et vomit aussitôt jusqu'à l'excès. Donc, si un loup mange à satiété, d'autres membres de la meute ne serons pas affames ".


Un prédateur bébé effrayé

Comment est-il choquant d'apprendre que les armes et les pièges n'effrayent pas les loups à moitié autant qu'un bébé avec un ballon?

Bien, peut-être pas un bébé mais un homme avec le jouet d'un enfant, un ballon, ou un aérosol. Étonnant, les loups ont peur des formes géométriques. Il n'ya pas de formes régulières dans la forêt, et puisque les loups ont une très bonne vue, ils peuvent identifier les objets artificiels à une grande distance et de les éviter.

Encore deux sens principaux pour les loups sont audition et l'odorat. Les loups ont une audition parfaite, leurs grandes oreilles peuvent entendre clairement deux fois plus claires que un l'homme.

Il est essentiel pour la chasse, quand les membres d'un paquet fractionnent pour entourer une cible. L'audition aiguë est également un outil pour dépister la proie ; les oreilles d'un loup peuvent tourner 180 degrés, de ce fait localisant la proie avec l'exactitude ponctuelle. Et le sens d'un loup leur odorat est un miracle de la nature. Le museau allongé a un milliard de récepteurs sentant. Il est utilisé pour renifler de la nourriture ainsi que pour communiquer. Au cours de la chasse, les loups font beaucoup de marques et de se séparer chaque parfums et le suivre. Le nez d'un loup est toujours humide à cause de nombreuses glandes que possède. Un nez humide et froid agit comme une girouette dans le vent. Plus le nez est humide, plus sensible et précis il est. Ce mécanisme permet également à inhalent plus d'air en respirant qui est essentiel dans de longues courses en poursuivant ce qui deviendra bientôt le déjeuner du loup.


Four-legged telepathists

Télépathie à quatre pattes

Vladimir sait que les loups emploient un certain genre de télépathie. " Quand j'entre dans un stylo pour attraper un certain animal, je trouverai un mais tous les autres de celui que je suis à la recherche. Il semble qu'ils savent à ce que je pense ! "

La même opinion est partagée par un autre scientifique russe " Yason Badridze ". Il a conçu une expérience pour enseigner un certain loup à manger à une cuvette du côté droit quand un certain bruit a été entendu et du côté gauche quand une lumière a été allumée. L'animal a compris la tâche sur la cinquième tentative.

L'homme a pris le loup de nouveau au stylo et a répété l'expérience avec un autre animal. Il a compris la tâche après la deuxième tentative. La même situation a été répétée avec le groupe entier. D'une certaine manière, il semblait que le premier loup avait transmis l'information.

Vladimir Bologov
réserve naturelle centrale de biosphère de forêt, Zapovednik,
rajon de Nelidovsky, oblast de Tverskaya, 172513 Russie

Le loup à la loupe

L'Environnement, soyez-persuadés que la cohabitation entre les loups et les troupeaux cela est possible en France. Non seulement possible mais indispensable car il est temps que notre société sache laisser sa place à la faune sauvage. C'est la seule voie d'avenir !

Le but de cet argumentaire n'est pas de nier la contrainte supplémentaire que représente le loup pour l'élevage, nous l'avons reconnue depuis le début. C'est pourquoi, nous persistons à approuver que le retour de ce grand prédateur s'accompagne de la prise en charge, par l'etat, des mesures de protection des troupeaux. Cependant, l'impact de cette présence doit être relativisé et ne pas être utilisé pour masquer les principales difficultés de l'élevage ovin qui, ne l'oublions pas, persisteraient même sans loups… Or, le loup bouc émissaire existe : il représente un levier politique fort pratique pour certains syndicats agricoles et pour des élus démagogues et opportunistes. Passons donc en revue les principales critiques faites à la présence du loup, après avoir répondu à la question clé : Pourquoi le retour du loup pose-t-il tant de problèmes en France ?

Tout d'abord, parce que ce retour s'effectue après plus d'un demi-siècle d'absence. Entre temps, les éleveurs ont développé de nouvelles pratiques pastorales et les gestes ancestraux permettant de garder un troupeau en présence de grands prédateurs ont été oubliés (ou abandonnés par souci d'économie), à l'inverse de pays comme l'Italie ou l'Espagne où le loup n'a jamais disparu. Ensuite, parce que le loup revient dans un contexte fort difficile pour l'élevage ovin : il est la goutte d'eau qui fait déborder le vase ! De plus, l'espèce est toujours diabolisée. La peur du loup apparaît avec la christianisation : pour la religion de l'agneau, le loup est l'incarnation du mal. Aujourd'hui encore, notre représentation de l'animal est souvent irrationnelle et sans commune mesure avec la réalité. Le retour de cette espèce exterminée par l'homme semble ressenti comme un camouflet d'autant plus que beaucoup d'opposants au loup continuent à nier la réalité et restent persuadés qu'il ne s'agit pas d'un événement naturel mais d'une présence imposée par les écolos citadins…

Si le loup a été éliminé par nos ancêtres, c'est qu'ils avaient de bonnes raisons !

L'histoire nous prouve, hélas, que nos actions passées ne sont pas une référence - loin s'en faut - et ne nous honorent pas forcément… Dans ce cas précis, le contexte socio-économique actuel n'a plus rien à voir avec celui des siècles passés. Aujourd'hui, l'élevage est largement subventionné (à environ 60 %) et le bétail tué par le loup est indemnisé ; ce n'était pas le cas du temps de nos ancêtres et la prédation du loup sur un petit élevage familial pouvait, il est vrai, poser de vraies difficultés à une famille de paysans. S'ajoutaient à cela, les peurs et les croyances populaires sur le loup dont on sait maintenant qu'elles n'étaient pas fondées. Le montant des primes attribuées pour chaque loup tué justifiait aussi grandement la vindicte paysanne : à la fin du 19e siècle, une prime équivalait à un mois de travail d'un paysan… de quoi trouver tous les défauts du monde à ce pauvre loup !

Le loup met en péril le pastoralisme

La perte de 2000 moutons en moyenne est annuellement imputée au loup dans les Alpes, en sachant que le doute profite systématiquement à l'éleveur. Parallèlement, et toutes causes confondues (chiens, maladies, foudre, dérochements), on estime à 46 000 chaque année le nombre de moutons tués ou perdus à l'échelle des Alpes françaises sur un total de 850 000 bêtes (et environ 400 000 au niveau national sur un total de 9 millions). Le loup peut, certes, être une contrainte de plus pour les éleveurs et les bergers mais il ne représente pas une menace économique pour l'élevage ovin qui doit faire face à des difficultés bien plus importantes :

D'abord, le contexte économique

La filière ovine, confrontée à la mondialisation des marchés et à la baisse régulière des cours de la viande, connaît une véritable récession. Les éleveurs français subissent une très forte concurrence de la Nouvelle-Zélande et de la Grande-Bretagne (celle-ci compte 40 millions de moutons contre 9 millions pour la France). La production française est en baisse depuis 20 ans et ne couvre plus que 40 % de la consommation totale de viande d'agneau (60 % de la consommation nationale sont donc importés). Sans les primes, qui représentent plus de la moitié du revenu des éleveurs, l'élevage ovin ne serait plus rentable. D'où la disparition progressive du métier de berger dont le coût ne peut plus être supporté par les petits éleveurs.

Ensuite, le contexte sanitaire

S'il est vrai qu'en 5 ans, de 1993 à 1997, la mort de 5000 brebis a été imputée au loup, les maladies ont provoqué bien plus de dégâts dans les troupeaux. Durant cette période, la seule brucellose ovine (maladie transmissible à l'homme) a occasionné l'abattage de 50 612 moutons contaminés dans la seule région PACA (les chiffres de cette maladie - heureusement en régression - ne sont plus publiés, c'est pourquoi, nous ne pouvons fournir ici de données actualisées). Le traitement de cette maladie a un coût pour la collectivité : 43,5 millions de francs en 1996. Les brebis abattues sont remboursées 64 à l'éleveur. En cas d'attaque de loup, la moyenne des indemnisations est de 155 par animal. La brucellose n'est pas la seule maladie de l'élevage, on peut aussi citer la tremblante ou l'agalactie contagieuse (4500 brebis abattues en 1993 dans les Pyrénées). Cet impact, nettement supérieur à celui du loup, n'est curieusement pas apprécié de la même manière… François Moutou, vétérinaire, remarque qu'il serait dommage que l'énergie développée contre la présence du loup se fasse au détriment des actions sanitaires, nettement plus chères pour la société. Le nombre d'animaux envoyé à l'équarrissage est lui aussi stupéfiant : 700 000 ovins-caprins en moyenne chaque année, en France, dont 12 000 dans les Alpes du Sud. Et ce chiffre ne tient pas compte des brebis mortes en montagne et qui ne sont pas redescendues.

Enfin, les chiens errants

Le problème posé aux troupeaux - et à la faune sauvage - par les chiens en divagation (en France, il n'y a quasiment pas de chiens ensauvagés) est permanent et propre à toutes les régions. En extrapolant les études menées dans certains départements (74, 05,38 + enquête nationale de G. Joncour) avant l'arrivée du loup, on évalue entre 100 000 et 200 000 le nombre de moutons tués tous les ans par des chiens. Soit 15 à 20 000 à l'échelle des Alpes. Cependant, la façon d'estimer l'impact du loup, comparativement à celui des chiens, est influencé par notre imaginaire, l'inconscient collectif et notre relation à la nature. L'exemple des morsures de chiens est significatif de cette différence d'appréciation : la France enregistre chaque année, en moyenne, 200 000 cas de morsures de chiens sur les humains et il arrive même que des enfants soient tués.

On ne met pas à mort pour autant tous les chiens !

En revanche, quand le loup tue quelques centaines de moutons (destinés à l'abattoir), on demande son éradication… On n'ose bien sûr imaginer le tollé que produirait une attaque de loup sur un homme !

La prévention ne sert à rien, il est impossible de protéger les troupeaux des attaques des loups !

C'est faux. De nombreux exemples dans le monde entier prouvent le contraire (Italie, Espagne, Europe de l'Est, Nord-Ouest des Etats-Unis, etc.). Dans le Wyoming et le Montana, par exemple, les éleveurs travaillent en présence de nombreux prédateurs : grizzly, loup, puma, coyote… et obtiennent d'excellents résultats grâce au gardiennage des troupeaux et aux chiens de protection. Depuis 1993, la protection des troupeaux a grandement évolué en France et a démontré son efficacité ; les attaques sont en baisse constante sur les troupeaux où la prévention est correctement utilisée. En Savoie, 72 % des brebis dont la mort est attribuée au loup sont issues de troupeaux non protégés, 4 % seulement sont issues de troupeaux bien protégés (étude DDAF 2004). Rappelons que la protection des troupeaux est prise en charge au moins à 80 % par l'Etat et l'Europe (chiens patous, bergers et aides-bergers, clôtures électrifiées) et que le gardiennage permet non seulement d'éviter les attaques des prédateurs mais aussi de lutter contre le surpâturage (lire à ce sujet 12 questions clés sur le pastoralisme paru dans la V.L. n° 7) et de réaliser un meilleur suivi sanitaire des brebis.

Les attaques n'arrêtent pas d'augmenter

Non, sur les massifs où le loup est installé depuis plusieurs années, les attaques n'augmentent pas, au contraire. Elles augmentent globalement, à l'échelle des Alpes, car le loup étend son territoire, touchant du même coup des troupeaux qui ne sont pas protégés. Et il faut un certain temps pour la mise en place de la prévention : son acceptation par les éleveurs d'abord, puis l'introduction de chiens de protection dans les troupeaux et leur éducation.

Les patous sont des chiens dangereux, ils font fuir les touristes et attaquent la faune sauvage

On se demande alors pourquoi les chiens de protection des troupeaux sont utilisés avec succès dans le monde entier ! Un patou mis en place dans de bonnes conditions au sein d'un troupeau ne pose pas de problème et ne s'attaque pas à la faune sauvage s'il est nourri correctement (pourquoi ne parle-t-on jamais de l'impact des chiens de conduite sur la faune ?). Deux études menées dans le Mercantour et dans le Queyras ont démontré que ces chiens sont bien acceptés par les randonneurs. Il n'en demeure pas moins que certains touristes doivent apprendre les règles élémentaires de bonne conduite et éviter de traverser et déranger les troupeaux.

La présence du loup impose des contraintes insupportables aux éleveurs et aux bergers

Certes, c'est une charge de travail supplémentaire mais qui bénéficie des mesures d'accompagnement déjà citées. Chaque métier a ses propres contraintes et doit s'adapter à l'évolution de la société. Cela dit, la présence du loup permet aussi de revaloriser le métier de berger (dont plus grand monde ne se souciait avant le retour du prédateur) et de créer de nouveaux emplois (de bergers et d'aides-bergers). De nombreux abris pastoraux et cabanes d'alpages, jusqu'alors en ruine, sont aujourd'hui remis en état sur des fonds publics - grâce au retour du loup -, permettant ainsi aux bergers d'être logés plus correctement.

Le loup coûte trop cher à la collectivité !

La protection de la nature a un prix, comme tout autre chose. Le montant des deux programmes LIFE-Loup (1997 - 2003), a été de 4,7 millions € pour l'ensemble des Alpes et pour 7 ans (incluant indemnisations, mesures de prévention, suivi scientifique), soit 671 000 par an. Soit 0,01 par an et par habitant. A comparer, par exemple, au coût du traitement des maladies de l'élevage de 46 000 000 en 2004. A titre de comparaison, le coût de gestion de nos ordures ménagères est de 30 à 75 € (selon les sites) par an et par habitant. Par ailleurs, les productions agricoles (majoritairement les céréaliers) bénéficient chaque année de plus de 11 milliards € de soutien. Alors, trop cher, le loup ?

Le loup va proliférer, il y a en déjà plusieurs centaines dans le Mercantour !

Impossible. 4 meutes sont présentes dans le Mercantour, soit une vingtaine de loups. Une cinquième pourrait peut-être s'y installer mais guère plus. Le loup est un animal territorial qui occupe de vastes espaces : 200 à 250 km2. Seul le couple dominant se reproduit une fois par an et moins de la moitié des jeunes parvient à l'âge adulte. Le loup est capable de pratiquer l'autorégulation de ses effectifs et d'ajuster sa reproduction aux proies disponibles. Un super-prédateur ne prolifère jamais sans quoi il mettrait en danger ses populations-proies et donc lui-même. La nature est parfaitement bien faite !

Le loup tue pour le plaisir et provoque des carnages

Dans des conditions naturelles, le loup ne tue que les animaux nécessaires à son alimentation et à celle des louveteaux. La capture d'une proie ne réussit qu'une fois sur dix et il n'a pas d'énergie à perdre à tuer plus que de besoin. Mais des cas exceptionnels d'over-killing (selon le terme scientifique) peuvent se produire sur des proies domestiques : le loup choisit ses proies en fonction de critères bien précis, de manière à avoir le plus de chances de réussite possible. Sur une harde de chamois, par exemple, il choisira celui présentant les caractéristiques de la proie idéale (animal affaibli, blessé ou âgé, bref dont les moyens de défense et de fuite sont amoindris). Le problème peut se poser (comme à tout autre prédateur) quand le loup a en face de lui quantité de proies potentielles présentant toutes les caractéristiques de la proie idéale. La prédation peut alors dépasser les besoins alimentaires. Ce phénomène est tout de même assez rare comme en témoignent les statistiques effectuées dans le Mercantour, à partir des attaques sur les troupeaux domestiques: 49 % des attaques tuent 1 à 2 brebis. 25 % des attaques tuent entre 3 et 4 brebis. Seules 26 % des attaques ont occasionné la mort de plus de 4 brebis. (Source : rapport LIFE-Loup de février 99). Cela est confirmé par des études récentes menées en Italie et en France (cf. V.L. n° 19) : 2 à 3 brebis en moyenne sont tuées lors d'une attaque de loups ; tandis que les chiens provoquent la mort de 10 brebis en moyenne par attaque.

Les brebis tuées par le loup meurent dans d'atroces souffrances

Cet argument hypocrite vise d'abord à faire oublier que la majorité des brebis sont élevées pour leur viande et sont donc destinées à l'abattoir. Une brebis tuée par un loup va connaître quelques secondes d'effroi et mourir très rapidement sur la pâture où elle vivait. Les 6 millions de moutons (brebis, agneaux) tués chaque année dans les abattoirs subissent le stress du transport et de l'attente une fois sur place dans une ambiance et des odeurs sans équivoque et dans des conditions d'abattage souvent discutables.

Si le pastoralisme disparaît, la montagne ne sera plus entretenue. Les moutons sont favorables à la biodiversité

Les prairies naturelles d'altitude existeraient même sans pâturage, elles ne peuvent ni s'embroussailler, ni se fermer Quant à la limitation des risques d'incendie, cela ne concerne que les zones méditerranéennes desquelles le loup est absent ! Les troupeaux non gardés et sans plan de gestion pastorale sont au contraire un fléau pour la biodiversité : dégâts importants sur les fragiles milieux naturels d'altitude, érosion, perte de la richesse floristique et par contre coup entomologique, concurrence avec les ongulés sauvages et risque de transmission de maladies à ces derniers. Seul un plan de pâturage intégrant une approche agro-environnementale peut permettre de contrôler l'impact des ovins.

Les partisans du loup sont des citadins qui ne comprennent pas le désarroi des éleveurs

Le désarroi lié aux difficultés économiques, au chômage, aux délocalisations ou à la fracture sociale frappe indifféremment les urbains, rurbains, ruraux ou semi-ruraux. Les petits éleveurs sont loin d'être les seules victimes de la mondialisation de l'économie et d'autres professions n'ont bénéficié d'aucune aide de la part des pouvoirs publics. De plus, de nombreuses personnes favorables à la présence du loup habitent effectivement le massif alpin.

Les loups ont été réintroduits frauduleusement : la preuve, ils n'ont pas pu arriver seuls des Abruzzes !

Le retour naturel est prouvé par les analyses génétiques et par l'étude des mouvements de population des loups italiens. Les loups présents en France ne sont pas arrivés directement des Abruzzes puisque, depuis plus de 20 ans, on constate une expansion territoriale du loup en Italie. A partir du noyau des Abruzzes (sud de Rome), l'espèce a progressivement recolonisé ses anciens territoires, vers le nord et vers le sud de l'Italie, arrivant ainsi dans les Alpes-Maritimes. Ce phénomène de retour naturel n'est pas propre à la France, il se produit aussi en Suisse (à partir de l'Italie) ou en Allemagne, à partir des loups présents en Pologne. Le loup est également capable de parcourir d'énormes distances et il n'est pas rare que 70 km soient couverts en 24 h !

Le loup n'est pas en voie de disparition: puisqu'il est présent dans d'autres pays, il peut être éradiqué chez nous !

Qu'adviendrait-il si chaque pays disait la même chose ??? Par ailleurs, nos responsabilités face aux dangers qui pèsent sur la biodiversité imposent de protéger toutes les espèces, même celles qui ne sont pas en danger immédiat d'extinction.

Quelques informations sur le loup
Responsabilité du loup dans les attaques de troupeaux
Chaque attaque de prédateur sur un troupeau domestique donne lieu à un constat de dommage (établi par un garde assermenté ou non) qui permet à l'administration de se déterminer sur l'indemnisation éventuelle des animaux tués.
  • - Dans 20 % des cas, l'attaque est caractéristique du loup,
  • - Dans 20 % des cas, la responsabilité du loup est exclue,
  • - Restent 60 % des cas où la responsabilité du loup n'est ni exclue, ni prouvée. Le doute profite alors à l'éleveur et les brebis sont donc indemnisées. La moyenne des indemnisations est de 155 € par brebis.

Le coût des maladies de l'élevage
En 2004, 147 millions d'euros ont été débloqués par la Commission européenne pour lutter contre les maladies animales dans l'Union européenne. Sur ce total, la France a reçu (attention : pour connaître le coût total, ces sommes sont à multiplier par deux car chaque pays a 50 % des frais à sa charge) :
  • - 21,7 millions € pour la surveillance des encéphalopathies spongiformes transmissibles
  • - 1,16 millions € pour la tremblante du mouton
  • - 225 000 € pour la fièvre catarrhale du mouton
  • - 300 000 € pour la brucellose ovine.
Soit une dépense totale de 46,68 millions € pour le traitement et la prévention de ces maladies de l'élevage en France en 2004 (en comptant la part française).
Dossier paru dans La voie du Loup n° 20, revue éditée en France.
Un loup domestique et de chiens tarés

Berger Allemand, est créé à la fin du siècle dernier par un officier de cavalerie prussien qui croise des chiens de berger de son pays. A cette époque, son dos est parfaitement droit.

La cote de popularité du chien Grimpe après la Première Guerre mondiale au cours de laquelle il s'illustre brillamment. Le premier club français est fondé en 1920. Les standards de la race sont redéfinis en 1909, 1930, 1961 et, affinés par des mariages consanguins qui vont nuire à la santé de la race.

La sélection du chien est appliquée empiriquement par l'homme depuis très longtemps. Dès leur première rencontre, en fait. Depuis que le loup, ancêtre commun à toutes les races de chiens, à été domestiqué. Selon les fossiles, le traité d'alliance entre les deux prédateurs a été passe il y a 15000. Pourtant, de récents travaux génétiques menés par Robert Wayne de l'université de Californie à Los Angeles permettraient de remonter bien delà de cette date. Selon les chercheurs, le loup aurait approché l'homme et se serait différencié en chien voilà plus de 100000 ans. Robert Wayre pense que, La domestication a probablement eu lieu en divers pions du globe et dans des cultures différentes. A partir des premiers constats, les hommes ont d'abord recherché la docilité, une caractéristique des louveteaux. Ils ont sélectionne des caractères juvéniles qui laissent penser que le chien est un loup puéril.

Plusieurs indices aussi bien physiques que comportementaux appuient cette hypothèse. Ainsi, un grand nombre de chiens adultes présentent, par rapport au loup, une morphologie crânienne proche de celle de très jeunes sujets. Autre exemple: le chien aboie et joue durant toute sa vie, alors que seul le louveteau agit ainsi. Chez les premiers loups domestiques, et les chiens qui ont suivi, la place du chef de meute était occupée par l'homme.

Cette position hiérarchique dominante lui a permis très vite d'utiliser l'animal pour des besoins particuliers. Il a choisi des individus dotés de qualités adéquates pou la chasse, pour monter la garde ou pour guider les troupeaux. Ce faisant, il a continue un travail de sélection entrepris des la première domestication. Et qui nous donne aujourd'hui l'extraordinaire variété de l'espèce répertoriée sous le nom de Canis-familiaris.

Les éleveurs détournent certaines races de leur usage premier utilitaire et en font des objets de mode: on rallonge les oreilles du cocker ou les poils du yorkshire-terrier et du lévrier afghan, métamorphosant ces vifs et robustes chiens de chasse en animaux précieux qui posent dans les salons. Pour créer une race, la recette est simple: croisements, sélection à outrance (pour faire un chien de plus en plus petit, l'éleveur choisit les chiots les plus chétifs). De plus, afin de maintenir les caractéristiques de la race: des unions consanguines.

Les éleveurs font des croisements entre les chiens de façon à répondre au mieux au cahier des charges de la race sur la taille, le pelage, la forme de la tête, les aptitudes de l'animal, continue Francis Galibert. Si la sélection se fait uniquement dans un petit groupe d'individus, proches parents, cela augmente les chances d'avoir une portée répondant aux normes. Mais sans apport extérieur, cela augmente également, par manque de brassage génétique, le risque de voir se développer des tares parasites.

En effet, la plupart des maladies héréditaires canines sont causées par des gènes dits récessifs: il faut que les deux parents soient porteurs d'une copie de l'un de ces gènes pour que la tare s'exprime dans la portée. Ainsi le père et la mère pourront être sains, mais l'addition de leurs mauvais gènes respectifs donnera des chiots tarés.

Engrenage fatal: pour répondre le plus étroitement possible aux critères de beauté, l'éleveur fait s'accoupler des chiens d'une même famille qui ont d'autant plus de chance d'avoir des gènes en commun, y compris les plus indésirables. Ainsi, non content de se retrouver avec une apparence nuisible pour sa santé, le chien récolte également des affections héréditaires. Le sharpeï - réputé pour être le chien le plus cher du monde, a une peau tellement ridée qu'il est sujet aux infections cutanées. En prime, il peut avoir un système immunitaire déficient. De la même façon, on a développé les oreilles pendantes des épagneuls à un tel point qu'elles sont des terrains de prédilection pour les champignons. En plus, l'épagneul est prédisposé, comme beaucoup d'autres chiens de race, à souffrir de graves problèmes oculaires.

Des tares sélectionnées

Cette importance accordée à l'apparence de l'animal est responsable d'une situation aberrante où les animaux tarés sont encouragés à se reproduire et à propager leurs mutations. La génétique canine n'en est qu'à ses balbutiements, mais dans l'avenir, il sera possible de détecter ces individus et d'éviter qu'ils se reproduisent. D'ores et déjà, le Dog Genome Project, sur lequel travaillent notamment les universités de Californie et de l'Oregon, a mis au point un test de dépistage de l'atrophie progressive de la rétine, une maladie héréditaire commune à beaucoup de races.

Eclaircir les tares canines va également permettre d'établir des comparaisons avec les mutations à l'origine des mêmes maladies chez l'homme. Avec plus de 350 races, toutes interfécondes, le chien est un modèle extraordinaire d'étude des fruits de la sélection, conclut Francis Galibert. Ainsi la surdité du doberman a peut être une origine différente de celle de l'épagneul breton. L'opportunité biologique offerte par la diversité des chiens permettra de lever certaines ambiguïtés rencontrées dans les affections génétiques de l'homme.

Actuellement classé n° 1 au box-office canin, Le berger allemand est victime de son succès car soumis à une production industrielle. Les éleveurs favorisent des chiens au dos arqué et aux membres antérieurs inclinés vers l'arrière. Cela donne des individus atteints de dysplasie de la hanche, une affection héréditaire qui engendre des arthroses, voire des paralysies.

Depuis que l'homme a domestique le loup pour en faire un chien, il n'a cessé de croiser, de sélectionner les races, jusqu'a créer des objets de salon, comme le yorkshire, ou des armes, comme le pitbull. Au passage, il a développé maladies et tares héréditaires.

Plus de la moitie des bergers allemands soufrent d'anomalies du développement. Les yorkshires sont fréquemment atteins de graves troubles neurologiques. Les dalmatiens sont souvent sourds. Les colleys ont des troubles oculaires pouvant mener à la cécité. Et la liste est encore longue. Il est évident que les chiens de race sont truffés de maladies génétiques Affirme Francis Galibert, et assiste de Jean-Claude Chuat, il tente de dresser une carte du génome canin dans le laboratoire de recombinaisons génétiques de la faculté de médecine de Rennes. Son but est d'identifier les gènes responsables de ces tares, apparues pour la plupart depuis la fin du siècle dernier.

Car si la domestication du chien date de quelques dizaines de milliers d'amnées, ce n'est qu'en 1850 que l'homme invente les concepts de race canine et décide d'un standard pou chaque type de chien, autrement dit d'une morphologie bien précise. La cynophilie - une création britannique - est née et le bulldog est le premier à voir son club. A cette époque, les chiens de race sont très prisés et l'homme, en bon démiurge, va jusqu'à en créer de nouveaux pour satisfaire un public friand de nouveautés. Ainsi, alors qu'avant 1850, on ne dénombre que deux sortes de terriers des îles Britanniques, ils seront, un demi-siècle plus tard, prés d'une quinzaine à se bousculer dans les expositions.

Tare: défaut grave, généralement héréditaire de l'homme, de l'animal.
Deux cas d'espèce descendant d'individus atteints d'une maladie génétique, le basset-isme, le teckel a vu sa taille passer de 25 à 13 centimètres en un siècle.
Les plis à la face provoquent des enroulements de paupière chez le shar-peï.


Reines mythiques d'Egypte

Néfertiti, la parfaite Sa beauté, l'énigme de ses origines et de sa disparition ont fait de Néfertiti la plus mystérieuse des reines d'Egypte. Epouse d'Akhenaton, elle l'accompagna et l'inspira dans son hérésie religieuse. Pureté de l'expression, finesse des lignes, spiritualité du regard: le célèbre buste sculpté par Thoutmès, qui est aujourd'hui exposé au musée de Berlin, montre avec précision la troublante splendeur du visage de Néfertiti. Longtemps, les chercheurs l'ont cru d'origine étrangère. Pourtant, son nom est égyptien. Mais on ignore tout de sa famille. Le couple qu'elle forma avec Akhenaton (1353-1336 av. J.-C.) a révolutionné pendant près de vingt ans la tradition sacrée égyptienne et laissé une marque indélébile sur l'histoire du pays.

Le soleil qui donne la vie

Celle qui fut appelée Parfaite est la perfection d'Aton A joué un rôle prépondérant dans le bouleversement religieux de cette période. Elle fut le symbole du soleil féminin qui donne la vie et, dans le grand temple d'Aton, les fidèles venaient lui adresser des prières afin qu'elle apporte la fertilité aux deux terres. Aucun rite sacré ne pouvait se dérouler sans sa présence.

Akhenaton et Néfertiti se sont mariés sous le règne de Tiyi. Lorsqu'ils installent leur capitale à Tell el-Amarna, ils font construire un palais pour la reine mère qui continue d'exercer son influence sur le couple, tentant certainement d'en freiner les extravagances. Il est important d'imposer le nouveau culte sans choquer une population ébranlée par tant de changements. Vénérant le disque solaire et ses rayons de vie, Akhenaton a déjà supprimé le rite funéraire osirien, un culte qui remonte à la nuit des temps.

Réformateurs dans l'âme, le roi et la reine considèrent les cultes traditionnels comme obscurs et désuets. Rien n'a bougé depuis deux millénaires. Il est temps de jeter un regard nouveau sur la religion et sur les dieux. De dieu, ils ne vénèrent plus qu'Aton, imposant, selon certains chercheurs, ce qui a toujours été en germe dans la religion égyptienne: le monothéisme. Ils bousculent aussi l'univers archaïque des représentations, introduisant plus de réalisme, un réalisme qui frôla parfois la caricature. On ne trouve jamais autant d'images intimes de la famille royale que dans l'art amarnien. Le roi, la reine et leurs six filles se prêtent à des scènes d'une tendresse inouïe, des tableaux cherchant à exalter l'amour sous le regard d'Aton, dieu omniprésent qui éclaire tous les instants de l'existence. La spontanéité et le naturel dominent ces représentations qui sont un hymne permanent à la vie. Pourtant, hanté par son rêve prophétique, il semble qu'Akhenaton ait peu à peu dérivé loin des réalités du pouvoir.

Néfertiti a-t-elle alors régné seule ?

C'est probable, d'autant qu'elle porte une coiffe qui ressemble étrangement à la couronne rouge de Basse-Egypte. Autre privilège extraordinaire: elle peut se déplacer sur son propre char. Sur une représentation du musée des Beaux-arts de Boston, elle est ainsi immortalisée en guerrière empoignant les chevaux de ses ennemis, une figuration réservée en principe à Pharaon. Sa mort, comme sa naissance, reste une énigme. On n'en connaît pas la date et l'on ignore où elle fut enterrée.

Néfertari, la favorite

Peau de porcelaine, yeux en signifie la plus belle fut 1é épouse aimée de Ramsés II. C'est l'un des plus beaux couples de l'histoire égyptienne. Durant près de vingt ans, Ramsès Il et Néfertari incarnent, ensemble, la destinée de l'Egypte. Lorsque Pharaon la rencontre, Néfertari est une toute jeune fille mais elle prend, semble-t-il, le premier rôle à Isis-Nofret, sa précédente épouse. D'elle, on sait peu de choses. Son nez busqué, ses pommettes rosées sur une peau de porcelaine, ses yeux en amande largement soulignés de poudre de galène pourraient trahir une origine lointaine. Mais son nom, comme celui de Néfertiti, est typiquement égyptien et signifie la plus belle. La reine apparait désormais partout aux côtés de son royal époux. Elle participe en tant que conseillère à la vie économique et politique du pays, notamment lors des négociations avec les Hittites. Elle est aussi de toutes les fêtes, de toutes les célébrations, suivant le char étincelant d'or de Pharaon dans son propre attelage au milieu d'un cortège éblouissant, le secondant dans les temples en tant qu'Epouse du Dieu.

Un rôle voulu par le roi lui-même, explique l'égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt. N'étant pas d'ascendance royale, Néfertari n'avait pas reçu de façon héréditaire la dignité de Divine Adoratrice. Faire accéder son épouse bien aimée au rang de déesse était pour façon de renforcer son rôle divin.

Maitresse de charme

La reine se devait d'entretenir les ardeurs créatrices du dieu par la manifestation constante de sa volupté et de son désir, revêtant, pour exciter le Maître universel, une tenue de rigueur : tunique très serrée à la taille cordon rudimentaire, et sur la tête une perruque coute entourée d'un diadème. Ainsi érigée en Maitresse de charme dont la beauté contente le dieu, loin d'être infidèle à son époux terrestre, elle le rejoignait, puisque Pharaon était l'incarnation vivante de la divinité.

De Néfertari, il reste une tombe, un chef-d'œuvre d'art égyptien érigé dans la Vallée des Reines. Cette demeure d'éternité forme un vaste ensemble architectural aux fresques absolument uniques. Néfertari y figure partout rayonnante et belle, dans les gestes de son existence de grande épouse royale. On la découvre somptueusement vêtue d'une robe blanche au large plissé, une ceinture de soie rouge vif accentuant le galbe de sa taille. On la voit honorer le roi, son époux, ou prendre place sur le trône du dieu mort et ressuscité. Ce couple royal a laissé d'extraordinaires images de son union. Tel Abou Simbel, double sanctuaire aux impressionnantes façades ouvragées creusé dans les rives nubiennes du Nil. A côté de son temple, symbole de la force virile, Ramsès II avait pris soin de faire construire un autre édifice dédié à son épouse. Les axes des deux sanctuaires se croisent au milieu du Nil. i

 

Cléopâtre, la tragique

Ses amours tumultueuses avec César et Marc-Antoine l'ont fait entrer dans l'histoire comme une grande séductrice. Mais avant d'être belle, Cléopâtre fut une femme d'une grande intelligence politique. Dernière reine d'Egypte, souveraine à vingt-sept ans, Cléopâtre n'a cessé depuis vingt siècles de hanter l'imaginaire de l'Occident. Immortalisée pour une beauté qui n'est sans doute qu'une légende, elle symbolise tout à la fois la terre des pharaons et l'éternel féminin.

Cléopâtre faisant des offrandes aux dieux (temple de Kom Ombo)

Le relief qui la représente sur les murs du temple de Kom Ombo, en Haute-Egypte, la montre-avec tous les attributs pharaoniques, le visage un peu lourd. La grande séductrice de César et Marc-Antoine avait d'autres atouts. Son intelligence, son érudition, son caractère passionné pouvaient à l'évidence faire oublier le manque de finesse de ses traits. Son rêve était de ressusciter la grandeur de l'Egypte pharaonique. Reine grecque, septième du nom dans la lignée macédonienne des Ptolémées, née en 69 av. J.-C. à Alexandrie, elle est la première de sa famille à parler l'égyptien.

A la mort de son père en 51 av. J.-C., elle partage le pouvoir avec son frère et époux Ptolémée XIII, avant de l'évincer, grâce à l'aide de César. Habile stratège, elle saura s'allier à Rome sans pourtant aliéner son royaume. L'assassinat de César, à qui elle a donné un fils, assombrit un temps ses rêves de grandeur. Mais la reine sait déployer les fastes d'une Isis pour accueillir son successeur, Marc-Antoine. Le récit qu'a laissé Plutarque de cette rencontre a largement alimenté la légende. Elle remonta le fleuve Cydnos dans un navire dont la poupe était d'or, raconte-t-il, les voiles de pourpre, les avirons d'argent.

Le mouvement des rames était cadencé au son de flûtes, marié à celui des lyres et des chalumeaux. Elle-même parée telle qu'on peint Aphrodite était étendue sous un pavillon brodé d'o.
La mort de Cléopâtre, comme la racontent Plutarque et Dion Cassius, après la chute d'Antoine à Actium est celle d'une divinité royale. Elle se serait laissé mordre par un serpent, symbole de l'Uraeus, qui passait pour conférer l'immortalité. La beauté de la reine ne serait qu'un mythe, né peut-être d'une statue de marbre très idéalisée qui se trouve au musée de Berlin.

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Faits généraux
  • Vladimir Vissotski: Vladimir Semionovitch Vissotski, La chasse aux loups, est un grand auteur-compositeur-interprète russe.
    Le travail constant, comme acteur et chanteur, l'insomnie, le tabac et l'alcool, les interdictions et la non-reconnaissance officielle du chanteur l'affectèrent durement . Né en 1938, il décède le 25 juillet 1980, à l'âge de 42 ans.
    Il a marqué toute une époque et beaucoup de ses chansons ont été reprises par d'autres interprètes, comme Boulat Chalvovitch Okoudjava et Gregory Leps plus récemment. Vladimir Vyssotski: La chasse aux loups. Une chanson au lyrisme puissant, étrange et poétique...
    http://destination-russie.over-blog.com/article-vladimir-vissotski--la-chasse-aux-loups-37279112.html
  • Les loups n'ont aucun prédateur normal excepté les hommes.
  • Des loups peuvent couvrir des distances extrêmement grandes et avoir été connus pour voyager jusqu'à 15 kilomètres (environ 9 milles) dans un jour. (1 mille = 1852 mètres).
  • Une meute de loup typique peut avoir un territoire jusqu'à 130 kilomètres carrés (50 Milles carré) de territoire. (50 milles = 92600)
  • Infos: Le loup du mystère n'a pas survécu en Alaska, environ 12.000 ans - Loup en Russie Vladimir Bologov achète plusieurs chiots de loup tous les ans aux chasseurs, les élève et retournent au sauvage… (supplement:) http://pagesperso-orange.fr/dansunautremonde/index-le-loup-2008.html
Faits de comportement de loup
  • Les loups sont des animaux sociaux qui dépendent de l'un l'autre pour la nourriture et la protection.
  • Ue meute de loup, qui tendra à rester ensemble, peut varier en nombre d'une paire d'animaux à 10 loups. Les loups adultes partagent la responsabilité d'entretenir des jeunes.
  • Les loups ont généralement peur des personnes et évitent le contact avec elles.
  • Les loups peuvent tuer les animaux qui sont tout à fait grands, habituellement en isolant un animal faible ou jeune, et en le chassant et en attaquant dans un groupe.
  • Les loups canadiens attaquent généralement sur des élans.
  • Normalement, les loups consomment tout qu'ils tuent. D'autres prédateurs ou extracteurs consommeront rapidement un animal mort, le rendant difficile de déterminer une cause du décès.
Liens externes parlant du loup
  • (01) http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr info: site sur le loup du Ministère du Développement durable
  • (02) http://www.roc.asso.fr/protection-faune/loup.html info: Réintroduction du loup
  • (03) http://fr.wikipedia.org/wiki/Loup_(mammif%C3%A8re) info: Loup sur Wikipedia
  • (04) http://www.loups-chabrieres.com/ info: Parc animalier des Monts de Guéret - les loups de Chabrière
  • (05) http://www.maisondesloups.com/ info: La maison des loups (Ariège)
  • (06) http://www.planete.org/dossiers/index.htm info: La liste noire des mammifères de la faune française: le loup
  • (07) http://cybcharlotte.free.fr/morphologie/morphologie.htm info: Le Loup gris
  • (08) http://www.wolfsongalaska.org/wolf_heraldry.htm info: The Use of the Wolf as an Emblem of Heraldry
  • (09) http://www.californiawolfcenter.org/ info: California Wolf Center
  • (10) http://en.wikipedia.org/wiki/Gray_wolf info: Wikipedia Wolf Gray
  • (11) http://nywolf.org/typo3/fileadmin/user_content/LoHudMay08.pdf info: Conservation Center Welcomes Wolf Pups
  • (12) http://www.nywolf.org/typo3/index.php info: The Wolf Conservation Center
  • (13) http://nywolf.org/typo3/fileadmin/user_content/NYTimesNov06.pdf info: A Pianist Harmonizes With Wolves | Hélène Grimaud et les résidants de the Wolf Conservation.
  • (14) http://www.russianwolves.org/ info: wolf Advocating Company Rusia
  • (15) http://www.lupuslaetus.org/?ln=fr info: Lupus Laetus Rusia
  • (16) http://www.wolf.org/wolves/learn/intermed/inter_mgmt/manifesto.asp info: World Conservation Union
  • (17) http://www.uaf.edu/files/news/a_news/20070816110832.html info: Mystery wolf didn't survive in Alaska | by Ned Rozell | www.gi.alaska.edu.
  • (18) http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?rubrique47 info: Site officiel du loup et des grands prédateurs France
Site du loup
  1. (1) http://www.loubet.fr/loup-zoologie.html info: Le loup | Histoire naturelle du loup
  2. (2) http://www.loubet.fr/loup-france.html info: Le loup en France
  3. (3) http://www.loubet.fr/loup-mythes.html info: Histoire Loups et mythes
  4. (4) http://www.loubet.fr/loup-moyen-age.html info: légende du loup au Moyen Âge
  5. (5) http://www.loubet.fr/loup-heraldique.html info: Iconographie un peu d’héraldique
Le Web en ligne Loups Sauvages
  • (01)http://www.pbs.org/wgbh/nova/wolves/howl.html info: Ce site Web contient des information du bruit et de vocalisations des loups.
  • (02) http://www.wolfcountry.net/information/myth_stories/red_riding.html info: www.wolfcountry.net Wolf Country | Ce site Web contient une version de l'histoire peu de capot d'équitation rouge.
  • (03) http://www.wolfcountry.net/information/myth_stories/wolfstrength.html info: www.wolfcountry.net Cette page Web contient le thème « force des loups » des danses de film avec des loups.
  • (04) http://www.hww.ca/hww2.asp?cid=8&id=107 info: www.hww.ca Hinterland Who’s Who| Ce site Web contient l'information sur des loups.
  • (05) http://www.units.muohio.edu/dragonfly/com/ info: Dragonfly | www.units.muohio.edu Ce site Web contient l'information sur le parfum d'utilisation de loups de manières pour communiquer.
  • (06) http://www.timberwolfinformation.org/kidsonly/posture/postures.htm info: www.timberwolfinformation.org Ce site Web contient des illustrations de la façon dont un loup communique employant sa position de queue et de corps.
  • (07) http://www.wolf.org/wolves/learn/basic/biology/communication.asp info: www.wolf.org The International Wolf Center. Suivre le progrès des loups réintroduits de Yellowstone par les mises à jour fréquentes, et rechercher la base de données de télémétrie de loup pour dépister leurs voyages.
  • (08) http://www.youtube.com/user/IntlWolfCenter info: www.wolf.org The International Wolf Center, Chaîne de videos sur les loups (youtube).
  • (09) http://www.wolfpark.org/ info: www.wolfpark.org Wolf Park - Ce service de recherches et d'éducation de l'Indiana te donne l'occasion de s'inscrire pour une conférence sur le comportement de loup, souscrivent au LOUP ! le magasin, s'appliquent pour un internat fonctionnant avec des loups, et passent en revue un album de famille de loup.
  • (10) http://www.wolfhaven.org/ info: www.wolfhaven.org Wolf Haven International - Informations générales au sujet de conservation de loup avec des listes de liens de loup, livres, vidéos, etc.
  • (11) http://www.boomerwolf.com/ info: www.boomerwolf.com The Boomerwolf - Le caractère de Boomerwolf offre les jeux interactifs lunatiques et les aventures qui enseignent des enfants au sujet des loups. Boomerwolf répondra également personnellement à vos questions au sujet des loups.
  • (12) http://ec.europa.eu/environment/nature/info/pubs/docs/nat2000newsl/nat21_fr.pdf info: pdf Union Europeene Union° 21 Les Grands Carnivores Européens
  • (13) http://ec.europa.eu/environment/nature/conservation/species/carnivores/ info: ® Environment - Nature & Biodiversity Large Carnivores bulletin dans 5 langues
  • (14) http://www.wolf.org/wolves/learn/intermed/inter_mgmt/manifesto.asp info: ® The World Conservation Union (IUCN) Wolf Specialist Group
  • (15) http://www.wolftrust.org.uk/manifesto.html info: ® Déclaration de principes pour la conservation des loups
  • (16) http://www.canids.org/cap/ info: ® IUCN / SSC Groupe de spécialistes des Canidés renards, des loups, des chacals et les chiens
  • (17) http://www.lcie.org/project1.htm info: ® Large Carnivore Initiative for Europe 1
  • (18) http://www.lcie.org/index.htm info: ® Large Carnivore Initiative for Europe
  • (19) http://www.lcie.org/res_education.htm info: ® Educational materials
  • (20) http://www.wolf.org/wolves/learn/intermed/inter_mgmt/manifesto.asp info: ® The World Conservation Union (IUCN) Wolf Specialist Group Declaration of Principles for Wolf Conservation.
  • (21) http://www.canids.org/cap/ info: ® IUCN / Canids: Foxes, Wolves, Jackals and Dogs - 2004 Status Survey and Conservation Action Plan
  • (22) http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/7213731.stm info: ® BBC News :: Elusive wolves caught on camera
  • (23) http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/6228118.stm info: ® BBC Arctic diary :: Tracking wolves


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Le retour du loup


2012 : 20 ans se sont écoulés depuis le retour du loup


Le retour du loup : historique et perspectives

C'est en novembre 1992, lors d'un comptage d'ongulés dans le parc national du Mercantour que 2 loups sont aperçus. Les analyses génétiques et études ultérieures démontrent incontestablement que le loup est revenu naturellement depuis l'Italie d'où il n'avait jamais disparu.

L'espèce gagne du terrain

Malgré un fort mouvement local d'opposition de la part des éleveurs et des chasseurs, des agitations politiciennes et un braconnage important (tirs et empoisonnement), le loup a réussi à gagner petit à petit du terrain.

Aujourd'hui, il conquiert de nouveaux territoires hors des Alpes. Il est présent dans le Vercors et les Pyrénées-Orientales. Sa présence a été détectée sporadiquement en plusieurs endroits du Massif central, il est de passage dans le Doubs et semble vouloir s'installer dans le Vaucluse et dans les Vosges. Aujourd'hui, la population est estimée autour de 200 loups.

Une mobilisation associative réaliste

FNE et ses associations ont décidé de se mobiliser fortement pour accompagner ce retour naturel, formidable symbole en ces temps où la biodiversité est partout en danger.

Toutefois, notre action ne vise pas à nier la contrainte supplémentaire que représente le loup pour l'élevage. Notre action s'inscrit dans l'idée que le retour du grand prédateur doit s'accompagner de la prise en charge par l'État des mesures de protection des troupeaux.

FNE par son action a réussi à faire interdire les battues au loup lancées par des communes du Mercantour en 1996, a mis en place des campagnes contre-poison, a contrecarré les projets gouvernementaux de zonage géographique pour contenir la progression du loup, et a dénoncé les procédures de tirs officiels allant dans le sens de toujours plus de souplesse. La fédération a également porté plainte dans tous les cas de braconnage connus et œuvre pour une meilleure connaissance de l'espèce et de ses mœurs.

Même si le loup étend son territoire, la vigilance demeure de mise

L'impact du loup qui doit être relativisé est encore utilisé par des élus locaux opportunistes et par certains syndicats ovins pour masquer les principales difficultés de l'élevage ovin, difficultés qui persisteraient même sans les loups.

FNE et son mouvement restent donc prudents surtout à l'occasion de la rédaction du nouveau plan loup actuellement en cours et qui s'appliquera pour 2013-2017. Il est à parier que la tentation sera forte d'aller vers une " gestion " et régulation de l'espèce. Une telle politique donne l'impression d'agir très concrètement et d'être efficace, puisque des loups sont abattus, mais à long terme, sans engagement fort pour la cohabitation avec cette espèce, elle ne constitue pas la réponse adéquate.

 


Argumentaire

Le but de cet argumentaire n’est pas de nier la contrainte supplémentaire que représente le loup pour l’élevage, nous l’avons reconnue depuis le début. C’est pourquoi, nous persistons à approuver que le retour de ce grand prédateur s’accompagne de la prise en charge par l’Etat des mesures de protection des troupeaux. Cependant, l’impact de cette présence doit être relativisé et ne pas être utilisé pour masquer les principales difficultés de l’élevage ovin qui, ne l’oublions pas, persisteraient même sans loups... Or, le « loup bouc émissaire » existe : il représente un levier politique fort pratique pour certains syndicats agricoles et pour des élus démagogues et opportunistes. Nous passerons donc en revue les principales critiques faites à la présence du loup, après avoir répondu à la question clé :

Pourquoi le retour du loup pose-t-il tant de problèmes en France ?

Tout d’abord, parce que ce retour s’effectue après plus d’un demi-siècle d’absence. Entre temps, les éleveurs ont développé de nouvelles pratiques pastorales et les gestes ancestraux permettant de garder un troupeau en présence de grands prédateurs ont été oubliés (ou abandonnés par souci d’économie), à l’inverse de pays comme l’Italie ou l’Espagne où le loup n’a jamais disparu. Ensuite, parce que le loup revient dans un contexte fort difficile pour l’élevage ovin : il est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! De plus, l’espèce est toujours diabolisée. La peur du loup apparaît avec la christianisation : pour la religion de l’agneau, le loup est l’incarnation du mal. Aujourd’hui encore, notre représentation de l’animal est souvent irrationnelle et sans commune mesure avec la réalité. Le retour de cette espèce exterminée par l’homme semble ressenti comme un camouflet, d’autant plus que beaucoup d’opposants au loup continuent à nier la réalité et  restent persuadés qu’il ne s’agit pas d’un évènement naturel mais d’une présence imposée par les « écolos citadins »...

Si le loup a été éliminé par nos ancêtres, c’est qu’ils avaient de bonnes raisons !

L’histoire nous prouve, hélas, que nos actions passées ne sont pas une référence - loin s’en faut - et ne nous honorent pas forcément... Dans ce cas précis, le contexte socio-économique actuel n’a plus rien à voir avec celui des siècles passés. Aujourd’hui, l’élevage est largement subventionné (à environ 60 %) et le bétail tué par le loup est indemnisé ; ce n’était pas le cas du temps de nos ancêtres et la prédation du loup sur un petit élevage familial pouvait, il est vrai, poser de vraies difficultés à une famille de paysans. S’ajoutaient à cela, les peurs et les croyances populaires sur le loup dont on sait maintenant qu’elles n’étaient pas fondées. Le montant des primes attribuées pour chaque loup tué justifiait aussi grandement la vindicte paysanne : à la fin du 19ème siècle, une prime équivalait à un mois de travail d’un paysan... de quoi trouver tous les défauts du monde à ce pauvre loup !

Le loup met en péril le pastoralisme

En 2006, la perte de 2500 brebis a été imputée au loup dans les Alpes, en sachant que le doute profite systématiquement à l’éleveur (voir Responsabilité du loup. Parallèlement, et toutes causes confondues (chiens, maladies, foudre, dérochements), on estime à 46 000 chaque année le nombre de moutons tués ou perdus à l’échelle des Alpes françaises sur un total de 850.000 bêtes (et environ 400.000 au niveau national sur un total de 9 millions).
Le loup peut, certes, être une contrainte de plus pour les éleveurs et les bergers mais il ne représente pas une menace économique pour l’élevage ovin qui doit faire face à des difficultés bien plus importantes :

  • D’abord, le contexte économique : la filière ovine, confrontée à la mondialisation des marchés et à la baisse régulière des cours de la viande, connaît une véritable récession. Les éleveurs français subissent une très forte concurrence de la Nouvelle-Zélande et de la Grande-Bretagne (celle-ci compte 40 millions de moutons contre 9 millions pour la France). La production française est en baisse depuis 20 ans et ne couvre plus que 40 % de la consommation totale de viande d’agneau (60 % de la consommation nationale sont donc importés). Sans les primes, qui représentent plus de la moitié du revenu des éleveurs, l’élevage ovin ne serait plus rentable. D’où la disparition progressive du métier de berger dont le coût ne peut plus être supporté par les petits éleveurs.
  • Ensuite, le contexte sanitaire : s’il est vrai qu’en 5 ans, de 1993 à 1997, la mort de 5000 brebis a été imputée au loup, les maladies ont provoqué bien plus de dégâts dans les troupeaux. : durant cette période, la seule brucellose ovine (maladie transmissible à l’homme) a occasionné l’abattage de 50612 moutons contaminés dans la seule région PACA (les chiffres de cette maladie – heureusement en régression – ne sont plus publiés, c’est pourquoi, nous ne pouvons fournir ici de données actualisées). Le traitement de cette maladie a un coût pour la collectivité : 43,5 millions de francs en 1996. Les brebis abattues sont remboursées 64€ à l’éleveur. En cas d’attaque de loup, la moyenne des indemnisations est de 155€ par animal. La brucellose n’est pas la seule maladie de l’élevage, on peut aussi citer la tremblante ou l’agalactie contagieuse (4500 brebis abattues en 1993 dans les Pyrénées), ou encore la langue bleue qui est en progression. Cet impact, nettement supérieur à celui du loup, n’est curieusement pas apprécié de la même manière... François Moutou, vétérinaire, remarque « qu’il serait dommage que l’énergie développée contre la présence du loup se fasse au détriment des actions sanitaires, nettement plus chères pour la société » (voir Coût des maladies de l'élevage). Le nombre d’animaux envoyé à l’équarrissage est lui aussi stupéfiant : 700000 ovins-caprins en moyenne chaque année, en France, dont 12000 dans les Alpes du Sud. Et ce chiffre ne tient pas compte des brebis mortes en montagne et qui ne sont pas redescendues.
  • Enfin, les chiens errants : le problème posé aux troupeaux - et à la faune sauvage - par les chiens en divagation (en France, il n’y a quasiment pas de chiens ensauvagés) est permanent et propre à toutes les régions. En extrapolant les études menées dans certains départements (74,05,38 + enquête nationale de G. Joncour) avant l’arrivée du loup, on évalue à au moins 100000 le nombre de moutons tués tous les ans par des chiens. Soit environ 15000 à l’échelle des Alpes. Cependant, la façon d’estimer l’impact du loup, comparativement à celui des chiens, est influencé par notre imaginaire, l’inconscient collectif et notre relation à la nature. L’exemple des morsures de chiens est significatif de cette différence d’appréciation : la France enregistre chaque année, en moyenne, 200000 cas de morsures de chiens sur les humains et il arrive même que des enfants soient tués. On ne met pas à mort pour autant tous les chiens ! En revanche, quand le loup tue quelques centaines de moutons (destinés à l’abattoir), on demande son éradication... On n’ose bien sûr imaginer le tollé que produirait une attaque de loup sur un homme !

La prévention ne sert à rien, il est impossible de protéger les troupeaux des attaques des loups !

C’est faux. De nombreux exemples dans le monde entier prouvent le contraire (Italie, Espagne, Europe de l’Est, Nord-Ouest des Etats-Unis, etc). Dans le Wyoming et le Montana, par exemple, les éleveurs travaillent en présence de nombreux prédateurs : grizzly, loup, puma, coyote... et obtiennent d’excellents résultats grâce au gardiennage des troupeaux et aux chiens de protection. Depuis 1993, la protection des troupeaux a grandement évolué en France et a démontré son efficacité ; les attaques sont en baisse constante sur les troupeaux où la prévention est correctement utilisée.
En Savoie, 72% des brebis dont la mort est attribuée au loup sont issues de troupeaux non protégés, 4% seulement sont issues de troupeaux bien protégés (étude DDAF 2004). Rappelons que la protection des troupeaux est prise en charge au moins à 80% par l’Etat et l’Europe (chiens patous, bergers et aides-bergers, clôtures électrifiées – voir le détail des aides) et que le gardiennage permet non seulement d’éviter les attaques des prédateurs mais aussi de lutter contre le surpâturage (lire à ce sujet notre dossier « pastoralisme et biodiversité ») et de réaliser un meilleur suivi sanitaire des brebis.

Les attaques n’arrêtent pas d’augmenter.

Non, sur les massifs où le loup est installé depuis plusieurs années, les attaques n’augmentent pas, au contraire. Elles ont augmenté globalement, à l’échelle des Alpes, jusqu’en 2005 car le loup a étendu son territoire, touchant du même coup des troupeaux qui nétaient pas protégés. Et il faut un certain temps pour la mise en place de la prévention : son acceptation par les éleveurs d’abord, puis l’introduction de chiens de protection dans les troupeaux et leur éducation.

Les patous sont des chiens dangereux, ils font fuir les touristes et attaquent la faune sauvage.

On se demande alors pourquoi les chiens de protection des troupeaux sont utilisés avec succès dans le monde entier ! Un patou mis en place dans de bonnes conditions au sein d’un troupeau ne pose pas de problème et ne s’attaque pas à la faune sauvage s’il est nourri correctement (pourquoi  alors ne parle-t-on jamais de l’impact des chiens de conduite sur la faune ?). Deux études menées dans le Mercantour et dans le Queyras ont démontré que ces chiens sont bien acceptés par les randonneurs. Il n’en demeure pas moins que certains touristes doivent apprendre les règles élémentaires de bonne conduite et éviter de traverser et déranger les troupeaux.

La présence du loup impose des contraintes insupportables aux éleveurs et aux bergers.

Certes, c’est une charge de travail supplémentaire mais qui bénéficie des mesures d’accompagnement déjà citées. Chaque métier a ses contraintes spécifiques et doit s’adapter à l’évolution de la société. Cela dit, la présence du loup permet aussi de revaloriser le métier de berger (dont plus grand monde ne se souciait avant le retour du prédateur) et de créer de nouveaux emplois (de bergers et d’aides-bergers). De nombreux abris pastoraux et cabanes d’alpages, jusqu’alors en ruine, sont aujourd’hui remis en état sur des fonds publics - grâce au retour du loup -, permettant ainsi aux bergers d’être logés plus correctement.

Le loup coûte trop cher à la collectivité !

La protection de la nature a un prix, comme tout autre chose. Le montant des deux programmes LIFE-Loup (1997 - 2003), a été de 4,7 millions € pour l’ensemble des Alpes et pour 7 ans (incluant indemnisations, mesures de prévention, suivi scientifique), soit 671000€ par an. Soit 0,01€ par an et par habitant. A comparer, par exemple,  au coût du traitement des maladies de l’élevage  de 46.000.000 € en 2004 (voir encadré 2).
A titre de comparaison, le coût de gestion de nos ordures ménagères est de 30 à 75 € (selon les sites) par an et par habitant.
Par ailleurs, les productions agricoles (majoritairement les céréaliers) bénéficient chaque année de plus de 11 milliards € de soutien. Alors, trop cher, le loup ?

Le loup va proliférer, il y a en déjà plusieurs centaines dans le Mercantour !

Impossible. 4 meutes sont présentes dans le Mercantour, soit une vingtaine de loups. Une cinquième pourrait peut-être s’y installer mais guère plus. Le loup est un animal territorial qui occupe de vastes espaces : 200 à 250 km2 pour une seule meute. Seul le couple dominant se reproduit une fois par an et moins de la moitié des jeunes parvient à l’âge adulte. Le loup est capable de pratiquer l’auto-régulation de ses effectifs et d’ajuster sa reproduction aux proies disponibles. Un super-prédateur ne prolifère jamais sans quoi il mettrait en danger ses populations-proies et donc lui-même. La nature est bien faite !

Le loup tue pour le plaisir et provoque des carnages.

Dans des conditions naturelles, le loup ne tue que les animaux nécessaires à son alimentation et à celle des louveteaux. La capture d’une proie ne réussit qu’une fois sur dix et il n’a pas d’énergie à perdre à tuer plus que de besoin. Mais des cas exceptionnels d’over-killing (selon le terme scientifique) peuvent se produire sur des proies domestiques : le loup choisit ses proies en fonction de critères bien précis, de manière à avoir le plus de chances de réussite possible. Sur une harde de chamois, par exemple, il choisira celui présentant les caractéristiques de la proie idéale (animal affaibli, blessé ou âgé, bref dont les moyens de défense et de fuite sont amoindris).

Le problème peut se poser (comme à tout autre prédateur) quand le loup a en face de lui quantité de proies potentielles présentant toutes les caractéristiques de la proie idéale. La prédation peut alors dépasser les besoins alimentaires.
Ce phénomène est tout de même assez rare comme en témoignent les statistiques effectuées dans le Mercantour, à partir des attaques sur les troupeaux domestiques :
49 % des attaques tuent 1 à 2 brebis. 25% des attaques tuent entre 3 et 4 brebis. Seules 26% des attaques ont occasionné la mort de plus de 4 brebis. (Source : rapport LIFE-Loup de février 99).
Cela est confirmé par des études récentes menées en Italie et en France (cf La voie du Loup n° 19) : 2 à 3 brebis en moyenne sont tuées lors d’une attaque de loups ; tandis que les chiens provoquent la mort de 10 brebis en moyenne par attaque.

Les brebis tuées par le loup meurent dans d’atroces souffrances.

Cet argument hypocrite vise d’abord à faire oublier que la majorité des brebis sont élevées pour leur viande et sont donc destinées à l’abattoir.
Une brebis tuée par un loup va connaître quelques secondes d’effroi et mourir très rapidement sur la pâture où elle vivait. Les 6 millions de moutons (brebis, agneaux) tués chaque année dans les abattoirs subissent le stress du transport et de l’attente une fois sur place dans une ambiance et des odeurs sans équivoque et dans des conditions d’abattage souvent discutables.

Si le pastoralisme disparaît, la montagne ne sera plus entretenue. Les moutons sont favorables à la biodiversité.»

Les prairies naturelles d’altitude existeraient même sans pâturage, elles ne peuvent ni « s’embroussailler », ni « se fermer ». Quant à la limitation des risques d’incendie, cela ne concerne que les zones méditerranéennes desquelles le loup est absent ! Les troupeaux non gardés et sans plan de gestion pastorale sont au contraire un fléau pour la biodiversité : dégâts importants sur les fragiles milieux naturels d’altitude, érosion, perte de la richesse floristique et par contre coup entomologique, concurrence avec les ongulés sauvages et risque de transmission de maladies à ces derniers (lire à ce sujet notre dossier « 12 questions clés sur le pastoralisme »). Seul un plan de pâturage intégrant une approche agri-environnementale peut permettre de contrôler l’impact des ovins.

Les partisans du loup sont des citadins qui ne comprennent pas le désarroi des éleveurs.

Souhaiter la protection du loup ne signifie pas se désintéresser du sort des éleveurs et bergers.
Cela dit, le désarroi lié aux difficultés économiques, au chômage, aux délocalisations ou à la fracture sociale frappe indifféremment les urbains, rurbains, ruraux ou semi-ruraux. Les petits éleveurs sont loin d’être les seules victimes de la mondialisation de l’économie et d’autres professions n’ont bénéficié d’aucune aide de la part des pouvoirs publics. De plus, de nombreuses personnes favorables à la présence du loup ne sont pas des citadins et habitent effectivement le massif alpin.

Les loups ont été réintroduits frauduleusement : la preuve, ils n’ont pas pu arriver seuls des Abruzzes !

Le retour naturel est prouvé par les analyses génétiques et par l’étude des mouvements de population des loups italiens. Les loups présents en France ne sont pas arrivés directement des Abruzzes puisque, depuis plus de 20 ans, on constate une expansion territoriale du loup en Italie. A partir du noyau des Abruzzes (sud de Rome), l’espèce a progressivement recolonisé ses anciens territoires, vers le nord et vers le sud de l’Italie, arrivant ainsi dans les Alpes-Maritimes. Ce phénomène de retour naturel n’est pas propre à la France, il se produit aussi en Suisse (à partir de l’Italie) ou en Allemagne, à partir des loups présents en Pologne. Le loup est également capable de parcourir d’énormes distances et il n’est pas rare que 70km soient couverts en 24 h !

Le loup n’est pas en voie de disparition : puisqu’il est présent dans d’autres pays, il peut être éradiqué chez nous !

Qu’adviendrait-il si chaque pays disait la même chose ???
Par ailleurs, nos responsabilités face aux dangers qui pèsent sur la biodiversité imposent de protéger toutes les espèces, même celles qui ne sont pas en danger immédiat d’extinction.

Si vous découvrez un grand carnivore blessé ou en détresse (ou tout autre animal sauvage en difficulté), adressez-vous aussitôt à un centre de soins agréé et habilité à recueillir la faune sauvage. Nous vous invitons également à visiter le site de l'Union nationale des centres de sauvegarde pour trouver les coordonnées de tous les centres agréés pour recevoir la faune sauvage blessée ainsi que quelques conseils utiles.

Sources : Le retour du loup : historique et perspectives
Sur les traces des prédateurs carnivores blessés
Documents :: Loup :: Ours :: Lynx )


 
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