Histoire des animaux planète terre

L’homme n’est pas le seul animal à penser,
mais il est le seul à penser qu’il n’est pas un animal !


Connaître les animaux, c'est forcément s'interroger sur soit-même, longtemps avant nous, les animaux sont nés dans le ventre de la mer. Ils se sont imposés avec leurs luttes et leurs lois, forts d'une extraordinaire diversité de formes. En chemin pour conquérir la Terre, ils ont d'abord habité le ciel : ce furent les -premiers insectes. Timidement, ils se sont ensuite aventurés le long des rivages, au bord des lagunes, puis ont peuplé le reste du monde et ses milieux les plus variés, les ont transformés, abandonnés, puis regagnés au cours des âges et au gré de la, poussée fantastique de la vie, des bouleversements géologiques et climatiques récurrents.

L'histoire des animaux, c'est bousculer le temps et partir en quête de l'émergence des espèces, depuis ces premiers organismes vivants microscopiques qui apparurent dans les océans primitifs jusqu'à la prodigieuse diversité du règne animal que nous connaissons actuellement. L'histoire animale, c'est aussi rendre compte de celle des hommes. Car si les bêtes ont une vie, un passé et un récit qui leur sont propres, il leur a fallu aussi compter avec l'aventure des humains qui n'ont jamais pu vivre sans elles. Cette rencontre a été d'une importance capitale dans l'histoire humaine. Elle a contribué à la naissance des premières civilisations et marqué profondément l'imaginaire des hommes, quelles que soient les cultures et les ethnies. En observant l'animal, l'homme a pu comprendre le mystère du monde et sa place dans ce dernier.

Mais que savons-nous vraiment des animaux ?

Comment sont-ils apparus et dans quelles conditions ont-ils évolué ?
Comment se sont-ils laissé apprivoiser puis domestiquer par les humains ?
Dans quels mondes mentaux vivent-ils ?

Quelles sont réellement les origines des liens que nous entretenons aujourd'hui avec eux et quelles sont les perspectives de cette cohabitation sur laquelle notre civilisation s'est développée et les risques que la vie moderne fait courir à des liens aussi essentiels ?

Cette stupéfiante histoire qui se situe au carrefour des sciences naturelles et humaines, nos trois scientifiques, chercheurs émérites, hommes libres et vulgarisateurs de talent, nous éclairent sur l'univers prodigieux des animaux, retracent les grandes étapes de leur évolution et de leur rencontre avec l'homme et mettent en lumière les héritages que les bêtes partagent avec nous. Dans la première partie, nous envisageons la naissance du premier animal et examinons comment la locomotion qui, sous sa forme la plus primitive, a conduit les animaux à se différencier des plantes, s'est imposée comme un principe de réussite de l'évolution animale en permettant de conquérir sans cesse de nouveaux espaces plus favorables, de fuir les prédateurs et d'évoluer vers l'individualité. Comment l'évolution a proposé de multiples formes et comment la nature en a disposé. Comment s'est faite la transition entre la nageoire et la patte. Comment de ces premiers reptiles naîtront les dinosaures, les oiseaux et les mammifères. Par quel processus. Quelle a été l'utilité des groupes sociaux et de la sexualité ? Pourquoi l'invention de l'œuf a-t-elle révolutionné l'avenir des animaux et forcément le nôtre ? Pascal Picq, paléontologue et anthropologue, s'étonne encore de constater à quel point les animaux partagent, à des degrés divers, humain y compris, un nombre incroyable de points communs sur le plan anatomique.


Les recherches et l'évolution portent sur l'adaptation des ancêtres de l'homme. Pour reconstituer la vie de nos lointains aïeux, il s'est aventuré dans l'univers animal, en s'embarquant d'abord par la voie de la physique théorique, fasciné par ces mondes subatomiques où l'ordre des choses n'obéit pas à des lois figées. Puis ce fut le choc d'une rencontre d'un autre type : l'australopithèque Lucy, qui revient parmi les hommes en 1974 grâce à un certain Yves Coppens. D'emblée, Pascal Picq tombe en électron libre dans les bras de la paléontologie et découvre l'extraordinaire richesse du monde des singes.
Comment les humains, poussés par une profonde curiosité intellectuelle et un puissant désir de dominer la nature, ont bouleversé l'histoire des animaux en les domestiquant. D'abord éboueurs de campements et pilleurs de récolte, les animaux ont été observés, suivis puis attrapés par l'homme et, dès le Néolithique, maintenus aux alentours des villages.

Dès lors, l'humain va domestiquer à des degrés divers toutes les espèces qui vont pouvoir l'être, à commencer par le loup. Un contrôle qui a contribué à l'expansion de la démographie humaine, à la naissance des différenciations sociales, à l'essor de l'économie, du politique et même de l'activité militaire.

Histoire des animaux planète terre

On peut voir comment le changement de statut de l'animal a été progressif, comment il s'est appuyé sur de multiples pratiques et sur une transformation majeure de nos sentiments à leur égard au point désormais d'humaniser les animaux qui partagent nos foyers et remplacent la famille tout en ignorant les animaux de consommation.

Pourquoi un tel clivage ? Choyer les uns nous donnerait-il plus de courage pour tuer et manger les seconds ?
Autre grande interrogation: l'animal manipulé génétiquement symbolise-t-il aujourd'hui l'avenir de l'élevage et la poursuite de l'action domestication de l'homme sur l'animal ? Les progrès de la science et, plus généralement, les changements introduits par la modernité dans les rapports entre les humains et les animaux suscitent quelques inquiétudes.

La troisième partie aborde la manière dont les animaux ont nourri l'imaginaire de l'homme depuis les origines et lui ont permis d'exprimer ses fantasmes, sa religiosité, sa part obscure, sa solitude. Tantôt déifié, tantôt diabolisé, l'animal a connu le meilleur et le pire, a incarné surtout l'idée que nous nous en faisions. En s'interrogeant des siècles durant sur la ligne de démarcation entre l'homme et l'animal, ce qui fait l'un et ne fait pas l'autre, nous n'avons jamais voulu voir qui étaient réellement les animaux. Pendant longtemps, leur histoire s'est écrite non plus au rythme naturellement sauvage de l'évolution mais sous le joug de nos émotions et de notre culture.

Formidable révolution : depuis peu, les mondes mentaux des animaux nous sont désormais accessibles. Et l'on découvre que chaque être vivant a sa propre intelligence, du ver de terre au grand mammifère, que chaque animal est unique; et l'on s'étonne d'apprendre que la pensée, qui n'est dès lors plus réservée à l'homme, s'organise déjà chez les invertébrés; que la création, le sentiment de beauté, la conscience, la capacité à souffrir, à se réconcilier, à éprouver la peur et le plaisir, à désigner un bouc émissaire dans un groupe social ou à communiquer avec d'autres espèces existent dans le ,monde animal. Se pourrait-il qu'un jour nous puissions envisager de saisir vraiment le langage des bêtes et de communiquer avec eux ?

L'histoire des animaux, c'est aussi ce récit-là, cette quête de nos racines humaines et la compréhension d'un monde partagé. Les théories s'inscrivent, elles évoluent, se renouvellent, enfantent des visions neuves, de saines révoltes et proposent des perspectives riches de toutes les observations passées. Si preuve est donc faite que les bêtes ne sont plus des machines et que nous ne sommes pas les élus que nous pensions être, est-il acceptable de continuer à les exploiter ?

Allons-nous inventer d'autres formes de relations avec eux pour les années et les siècles à venir sans pour autant confondre l'animal avec l'homme ? La civilisation humaine saurait-il elle réduire à temps son implication dans le phénomène d'extinction des espèces sauvages et domestiques ? Connaître les animaux, c'est forcément nous interroger sur nous-mêmes, nos origines, notre avenir, redécouvrir notre place dans la nature avec un peu moins d'ostentation, garder à l'esprit que nous sommes aussi les derniers représentants de la lignée évolutive des hominidés.

La plus belle histoire des animaux
Pascal Picq, Jean-Pierre Digard, Boris Cyrulnik, Karine Lou Matignon
Éditions du Seuil

 

La plus belle histoire du monde

 

Voilà bien les seules questions qui valent la peine d'être posées. Chacun a cherché la réponse à sa manière, dans le scintillement d'une étoile, le va-et-vient de l'océan, le regard d'une femme, ou le sourire d'un nouveau-né…

Pourquoi vivons-nous ? Pourquoi y a-t-il un monde ? Pourquoi sommes-nous ici ?

Jusqu'à présent, seule la religion, la foi, la croyance offraient une solution. Aujourd'hui, la science, elle aussi, s'est fait une opinion. C'est peut-être l'un des plus grands acquis de ce siècle: elle dispose désormais d'un récit complet de nos origines.
Elle a reconstitué l'histoire du monde.

Qu'a-t-elle découvert de si extraordinaire ?

Ceci :C'est la même aventure qui se poursuit depuis 15 milliards d'années et qui unit l'univers, la vie, l'homme, les animaux comme les chapitres d'une longue épopée. La même évolution, du Big-Bang à l'intelligence, qui pousse dans le sens d'une complexité croissante: les premières particules, les atomes, les molécules, les étoiles, les cellules, les organismes, les êtres vivants, jusqu'à ces curieux animaux que nous sommes… Tous se succèdent dans une même chaîne, tous sont entraînés par un même mouvement.

Nous descendons des singes et des bactéries, mais aussi des astres et des galaxies. Les éléments qui composent notre corps sont ceux qui naguère fondèrent l'univers. Nous sommes vraiment les enfants des étoiles. L'idée dérange évidemment, car elle s'en prend aux anciennes certitudes, elle écorche les préjugés : c'est ainsi, depuis l'antiquité les progrès de la connaissance n'ont cessé de remettre l'homme à sa juste place.

Nous nous croyions au centre du monde ?

Galilée, Copernic et les autres sont venus nous détromper : nous habitons en réalité une planète banale, située dans la banlieue d'une modeste galaxie. Nous pensions être des créations originales, à l'écart des autres espèces vivantes ? Las! Darwin nous a perchés sur l'arbre commun de l'évolution animale… Il va donc nous falloir une fois encore ravaler notre orgueil mal placé : nous sommes les dernières productions de l'organisation universelle.

Le deuxième acte s'ouvre, il y a 4,5 milliards d'années, sur cette planète singulière, située ni trop près ni trop loin d'un Soleil opportun.
La matière poursuit son œuvre frénétique d'assemblages. A la surface de la Terre, dans de nouveaux creusets, s'amorce une autre alchimie: les molécules S'associent en structures susceptibles de se reproduire et font naître d'étranges petites gouttes, puis les premières cellules qui se groupent en organismes se diversifient, foisonnent, colonisent la planète, enclenchent l'évolution animale, imposent la force de la vie.

Que cette dernière soit née de l'inanimé, l'idée n'est certes pas facile à admettre. Pendant des siècles, le monde vivant a été considéré comme trop complexe, trop divers, en un mot trop « intelligent », pour avoir pu apparaître sans un petit coup de pouce divin.
Aujourd'hui, la question est tranchée : il résulte de la même évolution de la matière, il n'est pas le fruit du hasard.

Comment alors est-on passé de l'inerte au vivant ?
Comment l'évolution a-t-elle « inventé » la reproduction, le sexe, et la mort, inséparable compagne ?

L'Afrique, sa plus grande épopée. Avec d'autres, il a mis au jour le plus célèbre de nos squelettes: Lucy, la jeune (et jolie ?) australopithèque, âgée de 3,5 millions d'années, morte en pleine force de l'âge. La naissance de l'humanité ne fut pas un accident, elle participe de ce même cheminement de l'univers dont nous sommes les derniers fleurons. Que sont nos millénaires de civilisation comparés aux millions d'années… l'homme et vraiment arrive à se dégager de sont animalité ? Que valent nos actuelles facéties face aux quinze milliards d'années qui furent nécessaires pour façonner notre complexité ? Notre histoire n'est pas terminée. Oserait-on dire: elle commence. Car il semble bien que la complexité continue de progresser, et l'évolution de galoper.

On peut se poser cette ultime question: où allons-nous ?

Comment cette longue aventure qui fut cosmique, chimique, biologique et devient maintenant culturelle, va-t-elle se poursuivre ?
Quel est l'avenir de l'homme, des animaux, de la vie, de la planète et l'univers ?
Comment le corps va-t-il continuer à évoluer, que sait-on sur l'évolution de l'univers ?

Y a-t-il d'autres formes de vie ?

Notre corps est composé des atomes de l'univers, nos cellules enferment une parcelle de l'océan primitif, nos gènes sont, en majorité, communs à ceux de nos voisins primates, notre cerveau possède les strates de l'évolution de l'intelligence, et quand il se forme dans le ventre maternel, les hommes les animaux fond, en accéléré, le parcours de l'évolution animale.

Mais quelle que soit la vision, mystique ou scientifique, que nous portons sur nos origines, quelle que soit notre conviction, déterministe ou sceptique, religieuse ou agnostique, il n'y a qu'une seule morale qui vaille dans cette histoire, une seule donnée essentielle : nous ne sommes que de dérisoires étincelles au regard de l'univers.  Puissions-nous avoir la sagesse de ne pas l'oublier !

La plus belle histoire du monde
Les secrets de nos origines | éditions du Seuil Paris.

À la recherche de Dieu dans l'Univers
Albert Jacquard et Hubert Reeves | Radio-Canada

 

 

RAPPEL : Le saccage de l'environnement par les entreprises, en toute impunité Par la pollution, le CO2, la déforestation, la destruction des paysages sauvages et de la biodiversité, les « prédateurs » saccagent la nature en toute impunité. L'homme et l'environnement sont sacrifiés aux intérêts économiques des multinationales, et un avenir bien sombre se dessine pour les générations futures. Le point de non-retour écologique est sur le point d'être franchi. Pour les citoyens de cette planète, c'est maintenant qu'il faut agir. Crédit : © syti.net, 2003

 

Philosophie

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La philosophie et les philosophes

Un philosophe est une personne pratiquant la philosophie. Comme il y a certainement autant de manières de la pratiquer qu'il y a de philosophes, il n'est pas facile de décrire brièvement ce que peut être un philosophe ; néanmoins, l'idée la plus générale que l'on peut s'en faire est sans doute celle d'un homme ou d'une femme qui réfléchit avec sa raison sur le monde et la pensée, pour accéder à la sagesse ou pour comprendre le sens de la vie, dans l'espoir d'être plus heureux ou libre.

Ces hommes répondent au qualificatif général de philosophes puisqu'ils incarnent, plus ou moins bien, un certain type idéal, comme Picasso ou Van Gogh répondent au qualificatif du type de l'artiste ou comme Einstein, le type idéal du scientifique. On reconnaît ainsi en eux des traits caractéristiques de ce qui semble être le type philosophique.

Au sens populaire, est « philosophe » celui qui, face aux petits ou grands événements de l'existence, fait preuve de patience, de courage, de sérénité, et cherche une existence paisible, à la façon des anciens stoïciens ou épicuriens ; en ce sens, on parle de « vivre en philosophe », de
« se montrer philosophe ». Au sens antique, est « philosophe » la personne qui « cherche la vérité et cultive la sagesse », comme Socrate et Platon, Épicure et Lucrèce, Épictète et Sénèque.

Origine du mot philosophe

Héraclide du Pont (340 av. J.-C.) attribue la création du mot " philosophe " à Pythagore (530 av. J.-C.), lequel ne se présentait pas comme un sage, mais comme « amoureux de la sagesse » Pythagore, dit Aétius, fut le premier à employer le terme de « philosophie » amour de la sagesse. Léon lui demanda sur quel art il s'appuyait ; Pythagore répondit qu'il ne connaissait pas un seul art, mais qu'il était philosophe. Léon s'étonna de ce mot nouveau.
Il s'étonna peut-être aussi de la modestie : le philosophe n'est pas sage, il se présente seulement comme un apprenti en sagesse, un amateur de connaissances profondes et de maîtrise de soi.

Les mots « philosophe » et « philosophie » n'ont pris ce sens, classique, qu'avec Platon, lors de sa lutte contre les sophistes, qui se prétendaient savants. Le philosophe, dit Platon, est celui qui « aspire à apprendre », l'homme qui désire savoir de façon droite, l'amoureux de connaissance, le « philomathe » (Ménon, 82cd ; La République, II, 376b), et donc seul Dieu est sage.

Le philosophe antique : un mode de vie

Le philosophe fait de la philosophie une activité libre à laquelle il consacre sa vie. La philosophie suppose un certain genre de vie, ou un art de vivre. Pythagore, là aussi, intervient. il se distingue par un genre de vie, « le genre de vie pythagoricien » et il distingue trois genres de vie : l'action, le gain (ou la gloire), la contemplation.

Lorsque Léon, le tyran de Phlionte, lui demanda qui il était, il répondit : « un philosophe amoureux de la sagesse ». et il disait que la vie ressemble à une panégyrie (assemblée de tout le peuple). De même que certains s'y rendent pour concourir, d'autres pour faire du commerce, alors que les meilleurs sont ceux qui viennent en spectateurs, de même, dans la vie, les uns naissent esclaves et chassent gloire et richesses, les autres naissent philosophes et chassent la vérité.

Platon donne comme origine au philosophe l'étonnement : « Cet état, qui consiste à s'émerveiller, est tout à fait d'un philosophe ». Ensuite, sur le « naturel philosophe », il donne le trait caractéristique, dans La République (II, 376) : il y a « désir de connaître et amour du savoir, ou philosophie ». Et cette activité consiste à chercher le Vrai, le Beau, le Juste, donc des valeurs, des normes, des principes, des idéaux, par-delà les choses sensibles, cela avec une sagesse et dans une perception globales. D'une part, « le philosophe a envie de sagesse, non d'une sagesse et pas d'une autre, mais de la totalité de ce qu'elle est ».

Aristote insiste sur le désir de savoir, commun aux hommes, mais central chez le philosophe : « Tous les hommes désirent naturellement savoir ».
Plus précisément, pour Aristote, le philosophe est un chercheur universel : il possède la totalité du savoir, mais seulement au niveau des principes les plus élevés (par exemple la loi logique de non-contradiction) et des causes premières et les plus générales (par exemple la cause motrice, la nécessité) ; profond : il pense des choses difficiles, abstraites, générales, éloignées des sens, comme l'Être ; précis ; instructif ; désintéressé : il veut savoir dans le seul but de savoir, savoir ce qui est universel et nécessaire ; enfin, dominant : « il ne faut pas que le philosophe reçoive, mais qu'il donne des lois ». Au final, « si le bonheur est la sagesse, il est manifeste que c'est aux seuls philosophes qu'il appartiendra de vivre heureux ».

La philosophie est un mode de vie qui comporte comme partie intégrante un certain mode de discours Socrate veut rendre meilleurs les hommes ; chez Platon, la dialectique n'est pas seulement un exercice logique, mais c'est le dialogue de deux âmes qui ne s'élèvent vers le bien que parce qu'elles s'aiment ; chez Aristote « la vie théorétique n'est pas une pure abstraction, mais une vie de l'esprit ».

À la fin de l'Antiquité, depuis le IIIe siècle av. J.-C. jusqu'à la fin du Vème siècle, le mot « philosophe » prend fréquemment le sens de « docteur dès sciences occultes ». C'est un titre dont les alchimistes aimaient particulièrement se parer.

Un grand nombre de philosophes se lance dans la théurgie (Jamblique, Proclos), la magie (Apulée), l'alchimie (Synésios, Olympiodore d'Alexandrie le Jeune), l'astrologie, la numérologie… Inversement, les mages (Nigidius Figulus, Apollonius de Tyane, Maxime d'Éphèse), les alchimistes (Bolos de Mendès, Zosime de Panopolis), les hermétistes du Corpus Hermeticum se disent « philosophes » ou « pythagoriciens ». Hermès Trismégiste, autorité mythique des hermétistes et des alchimistes, sera appelé « le Père des philosophes », très ancien théologien et excellent philosophe ou grand philosophe, prêtre et roi, et Zosime de Panopolis, le premier grand alchimiste (vers 300), est appelé « la couronne des philosophes ».

Les hermétistes prétendent représenter la vraie philosophie : Il n'y aura plus, après nous, aucun amour sincère de la philosophie, laquelle consiste dans le seul désir de mieux connaître la divinité par une contemplation habituelle et une sainte piété. Car beaucoup la corrompent d'une infinité de manières…

Par un astucieux travail, ils la mêlent à diverses sciences inintelligibles, l'arithmétique, la musique et la géométrie. Mais la pure philosophie, celle qui ne dépend que de la piété envers Dieu, ne doit s'intéresser aux autres sciences que pour admirer comment le retour des astres à leur position première; leurs stations prédéterminées et le cours de leurs révolutions solaires obéissent à la loi des nombres et pour se trouver (…) portée à admirer, adorer et bénir l'art et l'intelligence de Dieu. (définition du mot « Dieu » comme le « Créateur de l'Univers »).

L'homme juste et le philosophe-roi

« À moins que les philosophes ne deviennent rois dans les cités ou que ceux qui sont pour lors appelés rois et puissants ne se mettent à philosopher sincèrement et adéquatement, et que cela ne se trouve réuni dans la même personne, à savoir, la puissance politique et la philosophie, ceux en grand nombre que leur nature porte vers l'un à l'exclusion de l'autre ayant été écartés par la contrainte, Il n'y aura de cesse aux maux des cités, mon cher Glaucon, ni même, je crois, à ceux de l'espèce humaine ». (République, V, 473c-d).

Socrate avait déclare : « Tant que les philosophes ne seront pas rois dans les cités, ou que ceux qu'on appelle aujourd'hui rois et souverains ne seront pas vraiment et sérieusement philosophes ; tant que la puissance politique et la philosophie ne se rencontreront pas dans le même sujet ; tant que les nombreuses natures qui poursuivent actuellement l'un ou l'autre de ces buts de façon exclusive ne seront pas mises dans l'impossibilité d'agir ainsi, il n'y aura de cesse aux maux des cités, mon cher Glaucon, ni même, je crois, à ceux de l'espèce humaine, il est en effet difficile de concevoir qu'il n'y ait pas de bonheur possible autrement, pour l'Etat et pour le peuple. » (République, V, 473c-d).

Platon et ses dialogues : « Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux l'autorité de personne alors c'est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie ».

Platon est probablement l'un des plus grands philosophes de tous les temps, sinon le plus grand. Et pourtant, il était l'un des premiers philosophes, du moins dans la tradition philosophique occidentale qui naquit en Grèce, quatrième siècle av. J.C.

Platon a écrit des dialogues, et non pas des traités de philosophie, et de plus des dialogues dans lesquels il ne se met jamais lui-même en scène, c'est parce que son objectif n'était pas de dire à ses lecteurs ce que lui pensait, quelles étaient les réponses que lui avait données aux questions les plus fondamentales sur ce que veut dire « être un homme », mais de leur apprendre à penser par eux-mêmes afin de trouver leurs propres réponses à ces questions, car il savait qu'en ces matières, pas plus lui que nous n'aurions jamais de réponses définitives « Scientifiquement » démontrables, et que chacun devait construire sa vie et la vivre (et cela, personne ne peut le faire pour un autre).

Lorsque Platon nous dit que seule la vraie philosophie nous permet de « prendre tout à fait conscience de ce qui est juste dans le domaine politique aussi bien que dans toutes les affaires privées » nous pouvons ne voir derrière « ce qui est juste dans toutes les affaires privées » que la partie de la législation qui traite des relations entre les personnes à titre privé, par opposition à celle qui traite de leurs relations avec le gouvernement et de leur implication dans celui-ci. Pourtant, pour Platon, il s'agit de bien plus que cela et, de fait, le propos ultime de la République est de nous faire comprendre qu'il ne peut y avoir de justice sociale entre personnes qui ne sont pas « justes » vis-à-vis d'elles-mêmes : les hommes ne peuvent s'entendre entre eux et vivre en paix, paix sociale, cela va sans dire, tant que chacun ne fait pas d'abord régner la paix et l'harmonie entre les différentes dimensions de son être propre, entre ses passions et sa raison, entre ses pensées, ses paroles et ses actes.

Or Platon n'est pas l'homme des « ou…, ou… », Mais bien plutôt celui des « et…, et…» Son objectif premier est de nous faire prendre conscience du lien indissociable qui existe entre ces deux dimensions de notre vie. D'un côté, il n'est pas possible que les créatures humaines que nous sommes des êtres vivants « matériels » et en même temps doués de raison, de logos -- puissent être véritablement heureuses si nous refusons de reconnaître et de satisfaire les besoins légitimes de toutes les composantes de notre être, de notre corps comme de notre « âme », selon un équilibre et un ordre proprement « logiques » (c'est à dire inspirés par notre « logos »).

Mais d'un autre côté, il ne peut y avoir d'ordre, de « kosmos » (Le mot grec qui signifie « ordre »), dans les cités de cet « animal politique » qu'est l'homme, tant que tous les citoyens n'apportent pas, du mieux qu'ils peuvent, leur contribution propre à cet ordre et, à travers lui, au bonheur de tous les citoyens, sous la direction de ceux dont le logos est apte à traduire cet ordre en lois. De fait, puisque les « cités » sont l'œuvre des hommes, l'ordre « social » n'est que « l'image » de la paix de leur esprit, simplement écrite en plus grosses lettres.
(voir République, II, 368d-369b).

Notre corps est composé des atomes de l'univers, nos cellules enferment une parcelle de l'océan primitif, nos gènes sont, en majorité, communs à ceux de nos voisins primates, notre cerveau possède les strates de l'évolution de l'intelligence, et quand il se forme dans le ventre maternel, les hommes les animaux fond, en accéléré, le parcours de l'évolution animale. Mais quelle que soit la vision, mystique ou scientifique, que nous portons sur nos origines, quelle que soit notre conviction, déterministe ou sceptique, religieuse ou agnostique, il n'y a qu'une seule morale qui vaille dans cette histoire, une seule donnée essentielle : « nous ne sommes que de dérisoires étincelles au regard de l'univers ». Puissions-nous avoir la sagesse de ne pas l'oublier.

 

 Sea Shepherd, le berger de la mer…

Un séjour durant une semaine sur l'un des navires de Sea Shepherd au large des îles Féroé. C'est là que Watson et ses bénévoles mènent une campagne contre l'ancienne tradition des "grinds". Chaque année, durant les mois d'été, les chasseurs poussent le globicéphale noir, une petite baleine, vers les baies peu profondes et les plages. Là, ils les massacrent. Des tueries purement folkloriques qui n'ont aucun intérêt économique, d'autant que la viande de ces animaux est impropre à la consommation…

Pendant les deux mois où Sea Shepherd a patrouillé dans les îles Féroé, sous l'oeil vigilant de navires de guerre danois, aucun massacre n'a eu lieu. Mais dès leur départ, la chasse a recommencé et plusieurs dizaines de baleines ont été tuées…

Comment évaluez-vous cette campagne jusqu'à présent?
"Regardez, la police a interdit aux habitants d'organiser ces tueries tant que nous sommes ici. Ils ne veulent pas de confrontation, car ils ne veulent pas que le monde voit ce qui se passe ici. Ils savent comment le monde réagit face à ce qui se passe à Taiji, au Japon. Ils pensent que nous voulons filmer une baleine en train de se faire tuer, mais le but ici n'est pas de faire un show, mais de sauver les baleines. Mais les choses changent, les enfants et les jeunes s'opposent de plus en plus à cette tradition, un courant de protestation se lève. La tradition sera sûrement abandonnée par la prochaine génération, mais ce n'est pas encore assez rapide".

Les programmes télévisés ont cependant plus d'impact si on y montre des images qui interpellent, c'est la loi du sensationnalisme.
"Nous avons des images de baleines tuées dans nos archives. J'ai étudié la communication, je sais comment fonctionnent les médias, je sais que les gens veulent se divertir. Ça fait aussi partie de notre stratégie. Il faut simultanément divertir et éduquer. Chaque histoire doit parler d'au moins un des quatre grands éléments, sinon personne ne s'y intéresse. Ces éléments sont: le sexe, le scandale, la violence et la célébrité. Si vous n'avez aucun des quatre, vous n'avez aucune histoire. Si vous avez les quatre dans une histoire, vous avez une super histoire. C'est pour cette raison qu'il nous paraît important d'obtenir l'adhésion de célébrités à notre cause. Même si je trouve fascinant que ce soient des gens qui jouent la comédie qui sont considérés comme les plus crédibles aux yeux du reste du monde".

En parlant de fascination, à votre avis, d'où vient la fascination de l'homme pour les baleines et les dauphins?
"Je pense que les gens comprennent intuitivement que les animaux sont comme nous, ils sont intelligents. Je pense qu'ils sont plus intelligents que les humains. Parce qu'ils ont une intelligence non-manipulatrice, ce que les gens ne comprennent pas. Nous préférons admirer l'intelligence technologique. Les animaux n'ont pas besoin de la technologie pour vivre en parfaite harmonie avec leur environnement, je trouve que c'est bien plus intelligent. Les baleines et les dauphins communiquent également d'une façon beaucoup plus sophistiquée que les hommes. Qu'est-ce que l'intelligence? Les grands cerveaux sont considérés comme les plus intelligents. Or, les baleines possèdent les plus grands cerveaux de toutes les espèces. L'homme a une capacité crânienne de 1300 centimètres cubes, l'orque a une capacité crânienne de 6000 centimètres cubes. Plus de matière grise, plus de pensées. C'est pour ça que je considère que tuer des baleines n'est pas tuer, mais assassiner".

"Partout où je vais dans le monde, les gens sont fascinés par les baleines et les dauphins, ils s'identifier à eux. On pourrait se demander quelle est la différence entre un cochon, une vache et une baleine. Eh bien, la différence vient du simple fait que les gens les considèrent différemment".

Comment décririez-vous l'organisation Sea Shepherd?
"Au fil des ans, 4.500 membres d'équipage se sont succédés. Beaucoup ont lancé leur propre organisation ou sont partis travailler pour d'autres associations. Nous voulons transmettre le sentiment que nous pouvons tous faire la différence. Parfois la solution semble impossible à atteindre, mais l'impossible est parfois la seule solution. Il faut donc rendre l'impossible possible. Qui aurait pu dire, en 1972, que Nelson Mandela allait devenir le président d'Afrique du Sud? C'était impensable, impossible. Pourtant, c'est devenu possible. En combinant la passion, l'imagination et le courage, nous pouvons changer le monde. La plupart des gens qui rejoignent Sea Shepherd possèdent ces qualités".

"Ce qui nous distingue des autres organisations, c'est que nous ne dépensons pas un centime pour faire notre promotion. Nous ne faisons pas de publicité, nous n'envoyons pas de mailings, nous ne parlons pas aux gens dans la rue pour obtenir de l'argent. Tout passe par le bouche à oreille, par les personnes qui visitent nos navires… De cette façon, 85% de nos revenus sont dédiés à nos actions. Evidemment, nous aimerions récupérer plein d'argent via le mailing, mais tout cet argent servirait à payer des gens derrière des bureaux. C'est ce que fait Greenpeace. Ils dépensent 70 millions de dollars par an pour du mailing. On pourrait parcourir tous les océans grâce à tout cet argent. De nombreuses organisations font tout pour se préserver et ne s'attaquent finalement plus aux vrais problèmes. Quand nous aurons atteint nos objectifs, nous pourrons fermer l'entreprise, nous nous agissons".

Vous pensez que ça va arriver un jour?
"C'est notre objectif. Mais ça ne sera malheureusement pas dans un avenir proche".

Vous vous battez alors qu'il existe des lois et des traités. Est-ce que vous ne devriez pas mener une bataille juridique?
"Il existe des lois et des traités pour protéger les océans, mais il n'y a pas de pouvoir exécutif. Sur le papier cela semble bon, mais rien ne se passe. Nous opérons sous les directives de la Charte mondiale pour la nature des Nations Unies de 1982, qui stipule que toute ONG ou individu a le droit d'appliquer les lois. C'est l'anarchie partout, les lois signifient tellement peu aux yeux des gens. Il y a plus de pêche illégale que légale. Jacques Cousteau a déclaré peu avant sa mort: "Les marins de tous les pays feraient mieux de s'engager pour garantir la survie des océans plutôt que de se battre dans des guerres stupides. Toute cette technologie incroyable et ce matériel, et ça sert à quoi? A jouer à la guerre".

Vous aimez plus les animaux que les humains?
"Toute personne avec un peu de sens commun accorde davantage d'importance à la diversité qu'à nos propres intérêts égoïstes. J'ai choqué certaines personnes, il y a quelques années, en disant que les vers sont plus importants que les humains, mais c'est vrai: les vers sont plus importants que les gens. La raison est simple: les vers de terre peuvent survivre sans les humains, mais nous ne pouvons pas survivre sans eux, nous en avons besoin, tout comme nous avons besoin des abeilles, des insectes, des bactéries et des poissons. Eux n'ont pas besoin de l'homme. Ils sont donc plus importants. C'est une erreur humaine que de penser que nous sommes au centre de l'univers".

"Dans toute chose, il y a un système de vie, une biosphère. Pour nous, cette biosphère nous fournit notre nourriture, l'air que nous respirons… Tous les éléments composant cette biosphère jouent un rôle, comme chaque petite vis permet de faire tourner une horloge. Toutes les espèces sur terre jouent un rôle dans ce mécanisme. Les humains dirigent le bateau, mais sans les rouages, le bateau n'avancerait pas. Si nous massacrons le navire sur lequel nous naviguons, comment pouvons nous croire que nous n'allons pas finir par couler?".

"Il y a trois lois fondamentales dans l'écologie. Toute espèce qui ne s'y soumet pas disparait. La première loi est la loi de la biodiversité. La force d'un écosystème repose sur sa diversité. Au plus il y a de la diversité, au plus fort est l'écosystème. La deuxième loi est celle de l'interdépendance. Toutes les espèces sont dépendantes des autres. La troisième loi est celle d'une croissance limitée, en fonction du bien-être de chaque espèce. Nous volons ce bien-être aux autres espèces pour notre propre croissance et pour nous nourrir. Nous provoquons la disparition d'espèces, bref, nous ne respectons plus aucune de ces lois".

Où vous positionnez-vous dans le paysage politique?
"Je n'ai aucune position politique, je suis un écologiste, je ne suis ni de gauche ni de droite. Gauche, droite, ça ne signifie rien pour moi. Il faut apprendre à séparer la politique de ce que nous devrions tous exiger: la survie de cette planète. Le problème dans notre société, c'est que tout le monde est catalogué. Vous êtes de droite ou de gauche, mais en fait, les gens sont beaucoup plus complexes que cela".

Votez-vous?
"Oui, la dernière fois que j'ai voté, c'était pour Obama et au cours des quatre dernières, il nous a déjà poignardé dans le dos. Les politiciens sont des menteurs par nature, je n'ai jamais rencontré un politicien honnête. Un de nos premiers conseillers a été Margaret Mead, une anthropologue. Elle m'a appris qu'on ne peut jamais compter sur les gouvernements ou les grandes organisations ou entreprises pour résoudre des problèmes sociaux. Ils créent des problèmes, ils ne les résolvent jamais. Toutes les révolutions sociales dans l'histoire sont nées chez des individus qui vivaient d'une passion: l'abolition de l'esclavage, le mouvement féministe, etc. Les gouvernements sont par définition opposés à toute forme de changement. C'est la même chose pour les grandes organisations écologiques ou organismes de bienfaisance. Ils sont englués dans une bureaucratie qui les empêche d'avancer. Concernant Greenpeace, je me sens comme le docteur Frankenstein qui a contribué à créer un énorme monstre vert. C'est devenu la plus grande organisation de "bonne conscience" au monde. Après la WWF (rires)".

Concernant votre nom: Sea Shepherd, le berger de la mer… Êtes-vous conscient de sa connotation biblique?
"Non, dès que j'ai commencé à faire campagne avec Greenpeace contre la chasse aux phoques, j'ai lu un article intitulé Les Bergers du front du Labrador. Le bébé phoque ressemble à un agneau et chez les Inuits le terme désignant le phoque se traduit littéralement comme "l'Agneau de Dieu". Je vois Sea Shepherd comme un berger qui défend son troupeau, dans mon cas, les créatures marines. Je n'ai pas été inspiré par une référence biblique. Oui, je crois… en les lois de l'écologie (rires). Je dénonce toutes les religions, car toutes les religions sont centrées sur l'homme, elles sont toutes anthropocentrique. Comment peut-on avoir l'arrogance de croire que tout ce qui nous entoure a été créé pour nous? Ce que je sais, c'est que la vie et la nature de cette planète est tout ce que nous avons. Et Regardez, ce que nous faisons, tuer des baleines…"

"Tout le monde est fasciné par les voyages spatiaux, mais pourquoi le fait d'envoyer une fusée dans l'espace serait plus intelligent que de prendre soin de ce dont nous disposons? La vie est belle, cette planète est belle, mais les gens ne le sont pas, ils sont insensés et cruels envers les autres formes de vie. Ça a aussi un rapport avec la religion. Les religions nous enseignent que nous sommes meilleurs que les autres ou que les animaux n'ont pas d'émotions. Ce que je sais, c'est que les dauphins comprennent quand nous leur parlons alors que nous nous ne comprenons rien à leur langage".

"Il ya deux mois un article dans le Scientific America a dévoilé que les cachalots et les dauphins avaient des prénoms. Ils ont des noms différents les uns des autres. Nous savons également que les orques communiquent. La plupart des animaux sont capables de communiquer de façon très complexe. La langue anglaise contient 400.000 mots, les ordinateurs ont calculé que la baleine à bosse possédait 2.000.000 tonalités. Ce sont donc des langues extrêmement complexes, qui sont au delà de notre compréhension".
(Propos recueillis par Luc Beernaert et Hanne Adriaen 16/09/2011).

Sea Shepherd à Anvers!
Pour la première fois, un port belge accueille un vaisseau de la flotte de Sea Shepherd. Le Brigitte Bardot fait escale à Anvers du 13 au 20 septembre. Il est accosté au Willemdok, au lieu-dit "het Eilandje". Vous pourrez le visiter du 14 au 20 septembre. L'entrée est gratuite. L'occasion idéale d'entendre les récits des membres de l'équipage.

Ce navire intercepteur a joué un rôle essentiel lors de la dernière campagne Operation no compromise dans l'Antarctique. Parvenant à localiser, grâce à sa vitesse phénoménale, les flottes baleinières. Plus d'infos sur www.seashepherd.be

 

 Milan Kundera

Milan Kundera

«Il n'y a aucun mérite à bien se conduire avec ses semblables. […] On ne pourra jamais déterminer avec certitude dans quelle mesure nos relations avec autrui sont le résultat de nos sentiments, de notre bienveillance ou haine, et dans quelle mesure elles sont conditionnées par les rapports de force entre individus.

La vraie bonté de l'homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu'il échappe à notre regard), ce sont les relations avec ceux qui sont à sa merci: les animaux. Et c'est ici que s'est produite la faillite fondamentale de l'homme, si fondamentale que toutes les autres en découlent.»

Dans L'Insoutenable légèreté de l'être

Léonardo di Ser Piero da Vinci

Léonard de Vinci

"J'ai rejeté la viande depuis très tôt dans mon enfance, et le temps viendra où les hommes, comme moi, regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent maintenant le meurtre de leurs semblables."
Citation de Léonard de Vinci, attribué par Dimitri Merejkovski dans "Le roman de Léonard de Vinci"

« La simple idée de permettre l'existence de souffrance inutile, et encore plus celle d'enlever la vie, était quelque chose qu'il détestait. »
L'Esprit de Léonard de Vinci (1928), Edward MacCurdy

« Léonard aimait tant les animaux qu'il est devenu végétarien. »
En découvrant la vie de Léonard de Vinci, traduction de 1991, Serge Bramly

Léon Tolstoï

Léon Tolstoï

Léon Tolstoï adopta une diète végétarienne en 1885.
Il préconisa le « pacifisme végétarien » et prona le respect de la vie sous toutes ses formes même les plus insignifiantes.

Il écrit qu'en tuant les animaux « l'homme réprime inutilement en lui-même la plus haute aptitude spirituelle - la sympathie et la pitié envers des créatures vivantes comme lui - et qu'en violant ainsi ses propres sentiments, il devient cruel ». (Léon Tolstoï, 1900 - The morals of diet, or, the first step).

Il considérait par conséquent que la consommation de chair animale est « absolument immorale, puisqu'elle implique un acte contraire à la morale: la mise à mort » (Léon Tolstoï, 1987 - Writings on Civil Disobedience and Nonviolence).

Plutarque

Plutarque

« Il (l'humain) mange de la viande sans y être poussé par la nécessité ou le manque de vivre puisqu'au fil des saisons il peut successivement moissonner, cueillir, engranger toutes sortes de végétaux et de céréales jusqu'à satiété ; mais le dégoût des nourritures naturelles et l'envie de plaisirs nouveaux le poussent à rechercher des aliments défendus, souillés par le meurtre des animaux, et il se montre alors bien plus cruel que les bêtes les plus féroces ». Pour un petit morceau de viande, nous volons une âme de lumière et l’espace de temps dans laquelle elle est née et pour lequel elle se réjouissait.

« Comment ses yeux purent-ils souffrir de voir un meurtre ? » De voir tuer ? Écorcher, démembrer une pauvre bête ? « Comment son odorat pu-t-il en supporter l'odeur ? Comment son goût ne fût-il pas dégoûté d'horreur, quand il vint à manier l'ordure des blessures, à recevoir le sang et le suc sortant des plaies mortelles d'autrui ? »

« Si lu veux t'obstiner à soutenir que la nature t'a créé pour manger telle viande, tue-la donc toi-même le premier, je dis toi-même, sans user de couperet ni de couteau, mais comme le font les loups, les ours et les lions qui, à mesure qu'ils mangent, tuent la bête. » (Trois traités sur les animaux, Plutarque » éditions POL, 1992).

Programme de base pour un parti pour les animaux


Ci-dessous vous pouvez lire le programme de base du Parti pour les Animaux. Celui-ci contient notre vision sur les animaux, la nature, l'environnement et l'attitude envers notre habitat. Cette vision est la base des principes du Parti pour les Animaux.

La vie sur Terre se présente sous des formes très diverses. Les espèces animales sont au nombre de plus d'un million.
Chaque entité vivante s'efforce de subsister dans des conditions optimales, si besoin au détriment d'une entité voisine. Les espèces animales peuvent se retrouver en concurrence, ou se retrouver dans une situation chasseur-proie. L'ensemble des entités vivantes est intégré dans l'écosystème planétaire, qui se maintient selon un équilibre naturel et dynamique. La vie sur Terre n'est donc pas un long fleuve tranquille, mais bien plus une lutte permanente où ses acteurs s'impliquent jusqu'à leur mort.

L'être humain fait certes partie de l'écosystème terrestre, mais au vu de son développement intellectuel et la culture dont il s'est doté, il s'est retrouvé dans une position où il lui est possible de défendre ses intérêts au détriment des autres entités vivantes de manière plus efficace et à plus grande échelle que n'importe quelle autre espèce animale. Le même développement intellectuel lui confère cependant la liberté, aujourd'hui comme demain, de ne pas infliger de tort ou de mal aux autres espèces vivantes et à ses semblables. C'est sur la base de ce respect pour l'intégrité morale et physique de toute forme de vie sur Terre que l'Homme pourra bâtir des relations plus harmonieuses avec ses semblables, avec les animaux et avec la nature en général.

L'Homme ne s'est pas (encore) approprié ce respect pour la vie dans des proportions suffisantes. De ce fait, hier comme aujourd'hui, son comportement se caractérise par sa dureté et par sa négligence.

C'est pour cette raison que des espaces naturels se retrouvent anéantis en un temps record, que des espèces animales disparaissent, que l'écosystème terrestre, déboussolé, se retrouve sous pression et que des pans entiers de la population humaine voient leur avenir menacé. Il est moralement inacceptable que l'Homme puisse exploiter la nature au point d'occasionner des changements dramatiques pour les conditions de vie sur Terre et de détériorer, de réduire ou de faire disparaître le biotope de ses semblables ainsi que celui des autres formes de vie.

Les générations présentes en subissent les conséquences, et les générations futures y seront bien plus exposées encore. C'est pourquoi il est très important que l'Homme s'impose des limitations écologiques significatives. Celles-ci doivent être centrées sur la réduction de l'exploitation des espaces, des matières premières, de l'énergie, des plantes et des animaux.

Cet objectif est clairement fixé dans la Charte de la Terre, élaborée suite à une initiative des Nations Unies en 1987 (United Nations World Commission on Environment and Development: www.earthcharter.org), et qui constitue le socle du programme pour de nombreuses organisations environnementalistes.

La protection de la viabilité, de la diversité et de la beauté de la Terre est considérée comme une 'mission sacrée' pour l'humanité. L'article 15 stipule notamment que le respect et la commisération pour les animaux est un objectif à part entière. Les cruautés infligées par les hommes envers leurs animaux doivent être évitées, et les méthodes de chasse ou de pêche qui 'occasionnent des souffrances extrêmes, longues ou inutiles' doivent être interdites.

La Charte plaide résolument pour une utilisation durable de la nature par l'Homme. Il est vrai que les formes de vie autres que l'espèce humaine y sont reconnues à leur juste valeur, et que le respect et la commisération pour les animaux y sont mis en avant, mais aucune résolution explicite n'y est prise concernant l'exploitation des animaux.

Il en est autrement dans la Déclaration Universelle des Droits des Animaux, qui émane de l'International League of Animal Rights en 1977. Celle-ci établit non seulement le principe de respect envers tous les animaux, mais elle qualifie, en vertu de l'article 7, toute mise à mort (ou d'une décision menant à la mort) d'un animal sans motif apparent de "crime contre la vie'.

Les sports de chasse et de pêche ne sont pas concernés par l'article. Quant aux expériences menées sur des animaux, une preuve doit être donnée qu'elles servent à remplir un objectif, et qu'elles sont accompagnées de recherches et de mises en pratique de solutions alternatives. Il est grand temps, après deux siècles de protection animale, de fixer des objectifs plus ambitieux dans les relations que l'Homme entretient avec les animaux, notamment dans la restriction de leur usage.

Les animaux sont encore trop souvent considérés comme des objets subordonnés à l'Homme et à ses intérêts, et pouvant être utilisés dans un but intéressé. L'exploitation des animaux et de leur biotope, même de manière durable, entraîne inéluctablement des répercussions négatives pour les animaux, et se termine même le plus souvent par leur mort.

Chaque relation que l'Homme entretient avec les animaux doit être entreprise après avoir soigneusement pris en considération le poids des intérêts humains et les conséquences pour l'animal. Le fait de nuire au bien être d'un animal perd d'autant plus sa justification morale que les intérêts humains à l'origine de cette action apparaissent moins importants, et que les conséquences pour les animaux sont plus néfastes.

L'exploitation des animaux dans un but qui n'est pas vital pour l'Homme peut, selon cette approche, se voir diminuer et être bannie. Il va de soi que cela concerne entre autre l'industrie de la fourrure, le cirque, la corrida, la pêche à la ligne et d'autres formes de divertissement où les animaux impliqués sont maltraités ou menacés. Les traditions culturelles et religieuses qui mettent en scène des animaux où ceux-ci sont maltraités doivent savoir faire preuve de changement sur ce point.

En effet, les traditions, loin d'être immuables, peuvent évoluer au fil du temps pour s'adapter aux perceptions et aux normes morales des individus. Elles en ont apporté la preuve par le passé. L'utilisation des animaux de laboratoire et des animaux destinés à la consommation doit également avoir lieu seulement après un examen éthique où sont pris en considération les différents intérêts de l'Homme et des animaux.

Une attention particulière doit ici être portée vers les solutions alternatives pouvant remplacer l'usage des animaux de laboratoire et des animaux destinés à la consommation. Le développement et la mise en application de ces alternatives peuvent par conséquent être considérés comme relevant d'une nécessité éthique pour l'ensemble de l'humanité.

Des rapports attentionnés et affectueux à la nature et aux animaux induisent d'autre part un respect pour l'intégrité mentale et physique de l'Homme. Le point de référence idéal où une inspiration peut être trouvée est la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948). Celle-ci met en avant les conditions permettant à l'Homme de vivre et de se développer en toute liberté, sans pression ni violence. L'Homme doit ainsi tenir compte de ses semblables. Sa liberté s'arrête là où commence celle des autres.

La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme constitue, avec la Déclaration des Droits de l'Animal et la Charte de la Terre, un programme de départ pratique menant à la manière avec laquelle nous devrions vivre en harmonie entre nous, avec les animaux et avec la nature. Cette esquisse est élaborée de manière plus précise dans le programme électoral du Parti pour les Animaux, et sert de contours pour les prises de position politiques du parti dans des questions actuelles.

Parti pour les Animaux | Party for the Animals | ® Programme de base.

Party for the Animals

Party for the Animals

Marianne Thieme, la Présidente du parti pour les Animaux, écrit ici chaque semaine un Worldlog spécialement destiné au public étranger. ® Worldlog Marianne Thieme

Pour répondre aux nombreuses questions venant de l’étranger, Marianne Thieme, présidente du Parti pour les Animaux aux Pays-Bas, fait une déscription progressive de ce qu’il faut savoir pour suivre correctement. l’exemple réussi des Pays-Bas :
® comment fonder un parti pour les animaux.


Site web international du Parti pour les Animaux.
Cette site est majoritairement en anglais, mais vous pouvez lire les Worldlogs de notre Présidente Marianne Thieme et le programme de base en français. ® Cliquez ici pour lire en français.

La Vivisection et Expérimentation sur les Animaux

Dans les laboratoires publics et privés, 24 heures sur 24, au minimum :
1 animal est victime de la vivisection toutes les 12 secondes en France.
1 animal est victime de la vivisection toutes les 3 secondes en Europe.
25 animaux (minimum) sont victimes de la vivisection chaque seconde dans le monde.
Ainsi, rien qu'aujourd'hui et rien qu'en France, plus de 7000 animaux ont souffert et ont péri dans des laboratoires de recherche et de tests en tout genre, et ce le plus légalement du monde…

Ces pratiques consistent à se servir de toutes les espèces d'animaux imaginables (dont la liste non exhaustive remplirait inutilement plusieurs pages de ce manifeste) en les soumettant aux pires tortures expérimentales pour des travaux de recherche dans les domaines les plus variés : Chimie (tests de produits cosmétiques et d’entretien, de substances aussi diverses que nocives,…), Pharmacie (médicaments,…), Médecine (physiologie, pathologie, parasitologie, chirurgie, traumatologie, maladies transmissibles à l’homme, vétérinaire…), Génétique,
Défense: Tests d’armes classiques et N.R.B.C. (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques et Chimiques), Xénogreffes (transplantation interespèce), Enseignement des « sciences de la vie ».

Video The Animal Liberation Movement

Rappelons en outre que le terme «vivisection» («découper le vivant») ne concerne qu’une petite partie de l’expérimentation sur les animaux, les tests en tout genre et répétitifs à l’infini étant les plus gros consommateurs d’animaux réduits à l’état de «matériel biologique», et ce malgré la politique des 3R (Réduire le nombre d’animaux utilisés, Remplacer l’expérimentation sur les animaux par des méthodes substitutives et Raffiner l’expérimentation en réduisant au minimum les traumatismes et la douleur).

Quant à la directive européenne 86/609 de 1986, elle a sa propre définition de l'expérimentation sur les animaux, à savoir : « toute utilisation d’un animal à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques susceptible de causer à cet animal des douleurs, des souffrances, de l’angoisse…». Ne sont donc pas prises en compte les « méthodes les moins douloureuses acceptées par la pratique moderne (méthodes dites humaines) pour le sacrifice et le marquage des animaux ». Sic ! ® La libération des Animaux de Laboratoire - SMAL

Le vrai visage des traitements à base de Botox

Animaux maltraités

La toxine botulique est une neurotoxine très puissante, en fait la substance la plus toxique que l'on connaisse actuellement, près d'un million de fois plus nocive que l'arsenic - et cette substance doit faire l'objet de tests. Chaque unité de production doit être contrôlée quant à son efficacité et à sa sécurité, et ce dans le cadre d'expériences sur animaux, avant de pouvoir être mise sur le marché. Ces tests sont cruels. Chaque année, des centaines de milliers de souris périssent atrocement d'asphyxie, non sans avoir préalablement souffert de dyspnée, de crampes et de paralysies…
Informations supplémentaires : ® Protection Suisse des Animaux PSA

Socrate avait déclare :

« Tant que les philosophes ne seront pas rois dans les cités, ou que ceux qu'on appelle aujourd'hui rois et souverains ne seront pas vraiment et sérieusement philosophes ; tant que la puissance politique et la philosophie ne se rencontreront pas dans le même sujet ; tant que les nombreuses natures qui poursuivent actuellement l'un ou l'autre de ces buts de façon exclusive ne seront pas mises dans l'impossibilité d'agir ainsi, il n'y aura de cesse, mon cher Glaucon, aux maux des cités, ni, ce me semble, à ceux du genre humain, et jamais la cité que nous avons décrite tantôt ne sera réalisée, autant qu'elle peut l'être, et ne verra la lumière du jour, qu'il n'y ait pas de bonheur possible autrement, pour l'Etat et pour le peuple ».

Partis pour les Animaux dans l'Europe

Pour un petit morceau de viande


Des yeux que plus jamais je ne pourrai oublier
Des yeux que chacun d’entre nous qui veut manger de la viande devrait avoir regardés … Les flammes jaillissent et, pendant quelques secondes, les corps sont secoués de tous côtés, et semblent accomplir une danse grotesque et trépidante. C’est comme si cette souillure et cette odeur allaient s’accrocher à moi pour toujours. Sortir, seulement sortir d’ici… Leur escalope blanchie, stérile, achetée au supermarché… n’a plus les yeux qui déversent des flots de larmes de frayeur devant la mort, pas plus qu’elle ne hurle quand le couteau va frapper.

« Seuls les animaux transportés conformément à la Loi sur la protection des animaux (LPA) et possédant une marque d’identification en règle sont acceptés » C’est l’inscription qui figure au-dessus de la rampe en béton. Au bout de cette rampe gît raide et blafard un cochon mort. « Oui, certains meurent déjà durant le transport. Par collapsus cardiaque »


J’ai emporté une vieille veste; bien m’en a pris. Pour un début d’octobre, il fait un froid glacial.
Ce n’est pourtant pas pour cette seule raison que je frissonne. J’enfonce les mains dans mes poches, m’efforce de montrer un visage avenant pour écouter le directeur de l’abattoir m’expliquer qu’on ne procède plus depuis longtemps à un examen complet de chaque bête, seulement à une inspection. Avec 700 cochons par jour, comment cela serait-il possible ?

« Ici, il n’y a aucun animal malade. Si c’est le cas, nous le renvoyons tout de suite, avec une amende salée pour le livreur. S’il le fait une fois, il ne le fera pas une deuxième » Je baisse la tête comme pour m’excuser – tenir, simplement tenir, tu dois tenir ces six semaines. Que deviennent les porcs malades ?  « Il y a un abattoir tout à fait spécial »

Je possède une certaine expérience concernant les règlements relatifs au transport et sais à quel niveau la protection des animaux est à présent reconnue. Ce mot, prononcé dans un tel endroit, a une résonance macabre. Dans l’intervalle, un gros camion d’où s’échappent des cris stridents et de lugubres grognements est venu se ranger face à la rampe.

Dans la pénombre du matin, on distingue mal les détails; toute la scène revêt un aspect irréel et rappelle quelque sinistre reportage de guerre, montrant des rangées de wagons gris et les visages blêmes et terrorisés d’une masse de gens humiliés, sur la rampe de chargement, embarqués par des hommes en armes.

Tout d’un coup, je m’y trouve en plein cœur, et c’est comme quand on fait un cauchemar dont on se réveille couvert de sueurs froides: au milieu de ce brouillard, par un froid glacial, dans ce demi-jour sale du bâtiment immonde, bloc ano­nyme de béton, d’acier et de catelles blanches, tout derrière, à la lisière du bois recouvert d’une légère gelée.

Ici se passe l’indicible, ce dont personne ne veut rien savoir

Les cris, c’est la première chose que j’entends chaque matin lorsque j’arrive pour obtenir mon certificat de stage de pratique. Un refus de ma part d’y participer aurait signifié, pour moi, cinq années d’études perdues et l’aban­don de tous mes projets d’avenir. Mais tout en moi – chaque fibre, chaque pensée – n’est que refus, répulsion et effroi, et la conscience d’une insurmontable impuissance: devoir regarder, ne rien pouvoir faire, et ils vont te forcer à coopérer et te souiller de sang.

De loin déjà, quand je descends du bus, les cris des cochons me transpercent comme un poignard. Pendant six semaines, des heures durant, sans répit, ces cris retentiront à mes oreilles. Tenir. Pour toi, cela aura une fin. Pour les animaux, jamais.

C’est comme quand on fait un cauchemar dont on se réveille couvert de sueurs froides. De loin déjà les cris des cochons me transpercent comme un poignard.

Une cour déserte, quelques camions frigorifiques, des moitiés de cadavres de cochons pendus à des crochets, aperçus à travers une porte, dans un éclairage aveuglant. Tout ici est d’une propreté méticuleuse. Cela, c’est la façade. Je cherche l’entrée; elle est située de côté. Deux bétaillères passent devant moi, leurs phares allumés dans la brume matinale. La lumière blanche des fenêtres éclairées me montre le chemin. Après avoir monté quelques marches, je me retrouve à l’intérieur, où tout est carrelé en blanc.

Pas d’âme humaine en vue. Ensuite un corridor, blanc lui aussi, et le vestiaire pour les dames. Il est bientôt 7 heures et je me change: du blanc, du blanc, du blanc ! Mon casque d’emprunt oscille d’une façon grotesque sur mes cheveux raides. Mes bottes sont trop grandes. Je retourne dans le corridor et me range du côté des vétérinaires. Aimables salutations. «Je suis la nouvelle stagiaire.» Avant de continuer, les formalités.

« Enfilez un vêtement chaud, allez chez le directeur et remettez-lui votre certificat de santé. Le Dr XX vous dira alors où vous commencerez »
Le directeur est un homme jovial, qui me parle d’abord du bon vieux temps où l’abattoir n’était pas encore privatisé. Puis, s’inter­rompant à regret, il décide de me faire visiter personnellement les lieux. C’est ainsi que j’arrive sur la rampe. À main droite, des enclos de béton fermés par des barres en fer. Quelques-uns sont prêts, remplis de cochons.

Nous commençons ici à 5 heures du matin

On les voit se bousculant ici ou se traînant là; quelques groins curieux arrivent à passer à travers la grille; des petits yeux méfiants, d’autres fuyants ou en plein désarroi. Une grande truie se jette sur une autre; le directeur se saisit d’un bâton et la frappe plusieurs fois sur la tête. « Autrement, ils se mordent méchamment »

En bas de la rampe, le transporteur a abaissé le pont du camion et les premiers cochons, apeurés par le bruit et la raideur de la pente, se poussent vers l’arrière; mais un convoyeur est monté à l’arrière et distribue des coups de trique en caoutchouc. Je ne m’étonnerai pas, plus tard, de la présence de tant de meurtrissures rouges sur les moitiés de cochons.

« Avec les cochons, il est interdit d’utiliser le bâton électrique », explique le directeur. Certains animaux tentent quelques pas hésitants, en trébuchant parfois. Puis les autres suivent.

L’un d’eux glisse et sa patte se coince entre la rampe et le pont; il remonte et continue en boitant. Ils se retrouvent à nouveau entourés de barres de fer, qui les mènent inévitablement à un enclos encore vide. Lorsque les cochons se trouvant à l’avant arrivent dans un coin, ils s’y entassent en bloc et s’y cramponnent avec fermeté, ce qui fait pousser à l’employé des jurons de colère et cravacher les cochons de l’arrière qui, pris de panique, essaient de grimper par-dessus leurs compagnons d’infortune. Le directeur hoche la tête : « Écervelé, simplement écervelé. Combien de fois ai-je déjà dit qu’il ne servait à rien de frapper les cochons se trouvant à l’arrière! »

Pendant que j’assistais, pétrifiée, à cette scène – rien de tout cela n’est réel, tu rêves – le directeur se retourne pour saluer le convoyeur d’un autre transport, arrivé en même temps que le précédent et qui s’apprête à décharger.

La raison pour laquelle tout est allé ici beaucoup plus vite, mais avec beaucoup plus de cris, je l’ai tout de suite vu: derrière les porcs qui trébuchent, un deuxième homme apparu dans l’aire de déchargement assène, pour accélérer l’opération, des chocs électriques. Je regarde l’homme, ensuite le directeur : « Vous savez pourtant que c’est interdit avec les porcs » L’homme regarde, étonné, puis range l’instrument dans sa poche.

Qui parle de l’intelligence et de la curiosité perceptibles dans les yeux d’un cochon ?
Involontairement, on s’attend à voir des monstres, mais c’est le gentil grand-père du voisinage, le jeune homme désinvolte qui déambule dans la rue…

Par derrière, quelque chose se frotte à moi à la hauteur des genoux: je me tourne et ’aperçois deux yeux bleus vifs. Je connais de nombreux amis des animaux qui s’enthousiasment pour les yeux animés de sentiments si profonds des chats, pour le regard indéfectiblement fidèle des chiens. Mais qui parle de l’intelligence et de la curiosité perceptibles dans les yeux d’un cochon ? Bientôt, j’apprendrai à les connaître, ces yeux, mais d’une autre manière: muets de peur, abattus de douleur, puis vidés, brisés, exorbités, roulant sur un sol maculé de sang.
Une pensée me traverse l’esprit comme un couteau acéré, et elle me reviendra des centaines de fois au cours des semaines suivantes: manger de la viande est un crime – un crime…

Après un tour rapide de l’abattoir, je me retrouve dans la salle de pause. Une fenêtre qui s’ouvre sur la salle d’abattage laisse voir des cochons couverts de sang, suspendus, défilant dans une chaîne sans fin. Indifférents, deux employés prennent leur petit-déjeuner. Du pain et du saucisson. Leurs tabliers blancs sont couverts de sang.

Un lambeau de chair est accroché à la botte de l’un d’eux. Ici, le vacarme inhumain qui m’assourdira lorsque je serai conduite dans la salle d’abattage est atténué. Je reviens en arrière, car une moitié de cadavre de cochon a tourné le coin à vive allure et a heurté la moitié suivante. Elle m’a frôlée, chaude et molle. Ce n’est pas vrai – c’est absurde – impossible.

Tout me tombe dessus en une fois. Les cris perçants. Le grincement des machines. Le bruit métallique des instruments. La puanteur pénétrante des poils et des peaux brûlés. L’exhalaison de sang et d’eau chaude. Des éclats de rire, des appels insouciants des employés. Des couteaux étincelants passant au travers des tendons pour pendre aux crochets des moitiés d’animaux sans yeux, dont les muscles sont encore palpitants. Des morceaux de chair et d’organes tombent dans un caniveau par où du sang s’écoule en abondance, et ce liquide écœurant m’éclabousse.

On glisse sur des morceaux de graisse qui jonchent le sol. Des hommes en blanc, sur les tabliers desquels le sang dégouline avec, sous leur casque ou leur casquette, des visages comme on peut en croiser partout: dans le métro ou au supermarché. Involontairement, on s’attend à voir des monstres, mais c’est le gentil grand-père du voisinage, le jeune homme désinvolte qui déambule dans la rue, le monsieur soigné qui sort d’une banque. On me salue aimablement.

Le directeur me montre encore rapidement la halle d’abattage des bovins, vide aujourd’hui. « Les bovins sont là le mardi » Il me confie alors à une employée en déclarant qu’il a à faire. « Vous pouvez tranquillement visiter seule la halle d’abat­tage » Trois semaines s’écoule­ront avant que je trouve le courage d’y aller.

Le premier jour n’est encore pour moi qu’une sorte de quart d’heure de grâce. Je vais m’asseoir dans une petite pièce à côté de la salle de pause et, heure après heure, je découpe en petits morceaux des chairs provenant d’un seau d’échantillons qu’une main tachée de sang remplit régulièrement dans la halle d’abattage. Chacun de ces petits morceaux = un animal. Le tout est alors haché et réparti en portions, auxquelles on ajoute de l’acide chlorhydrique et que l’on fait cuire, pour le test de trichine. L’employée qui m’ac­com­pag­ne me montre tout. On ne trouve jamais de trichine, mais le test est obligatoire.

Le jour suivant, je me rends donc seule dans une partie de la gigantesque machine à découper les morceaux. Une rapide instruction.
« Ici, retirer le reste des os du collier de l’arrière-gorge et séparer les nœuds des glandes lymphatiques. Parfois, un sabot pend encore à une patte, il faut l’enlever »
Alors, je découpe, il faut faire vite, la chaîne se déroule sans répit. Au-dessus de moi, d’autres morceaux du cadavre s’éloignent.

Mon collègue travaille avec entrain, tandis que dans le caniveau tant de liquide sanguinolent s’accumule que j’en suis éclaboussée jusqu’au visage. J’essaye de me ranger de l’autre côté, mais là, une énorme scie à eau coupe en deux les corps des cochons; impossible d’y rester sans être trempée jusqu’aux os.

En serrant les dents, je découpe encore, mais il faut que je me dépêche pour pouvoir réfléchir à toute cette horreur et, par-dessus le marché, il faut que je fasse diablement attention de ne pas me couper les doigts. Le lendemain, j’emprunterai d’une collègue stagiaire qui a terminé son stage une paire de gants en métal.

J’arrête de compter les cochons qui défilent devant moi, ruisselants de sang. Je n’emploi­e­rai plus de gants en caoutchouc. Il est vrai qu’il est répugnant de fouiller à mains nues dans des cadavres tièdes, mais si l’on se retrouve plein de sang jusqu’aux épaules, le mélange poisseux des liquides corporels pénètre de toute façon à l’intérieur des gants et rend ces derniers superflus. Pourquoi tourner des films d’horreur, quand tout cela se trouve ici ?

Les vrais inhumains sont ceux qui ordonnent quotidiennement ces meurtres de masse
« N’aie pas l’air si renfrognée; fais donc un sourire. Tu voulais absolument devenir vétérinaire »
Des petits veaux déjà tout formés, de toutes tailles, fragiles et nus, les yeux clos, dans une enveloppe utérine qui n’est plus en mesure de les protéger … Le sentiment de culpabilité, quand on assiste à un meurtre sans intervenir, est d’un poids aussi lourd que si on l’avait accompli soi-même. Je me sens infiniment coupable.

Le couteau est bientôt émoussé. « Donnez-le-moi, je vais vous l’aiguiser »
Le brave grand-père, en réalité un ancien inspecteur des viandes, me lance un clin d’œil. Après m’avoir rapporté le couteau aiguisé, il se met à faire la causette ici et là, me raconte une blague puis se remet au travail. Il me prend désormais un peu sous son aile et me montre quelques trucs qui facilitent quelque peu le travail à la chaîne.

« Écoutez… Tout cela ne vous plaît pas. Je le vois bien. Mais cela doit se faire » Je ne peux pas le trouver antipathique. Il se donne beaucoup de mal pour me rassurer. La plupart des autres aussi s’efforcent de m’aider; ils s’amusent certainement à observer ces nombreux stagiaires qui vont et viennent ici, qui sont d’abord choqués, puis qui poursuivent en serrant les dents leur période de stage.

Toutefois, ils demeurent bienveillants. Il n’y a pas de chicaneries. Il me vient à penser que – sauf quelques exceptions – les personnes qui travaillent ici ne réagissent pas de façon inhumaine: elles sont juste devenues indifférentes, comme moi aussi avec le temps.

C’est de l’autoprotection. Non, les vrais inhumains sont ceux qui ordonnent quoti­dien­ne­ment ces meurtres de masse et qui, à cause de leur voracité pour la viande, condamnent les animaux à une vie misérable et à une lamentable fin, forcent d’autres humains à accomplir un travail dégradant qui les transforme en êtres grossiers.

Moi-même, je deviens progressivement un petit rouage de ce monstrueux automatisme de la mort. Au bout d’un certain temps, ces manipulations monotones commencent à devenir automatiques, mais elles restent aussi très pénibles. Menacée d’étouffement par le vacarme assourdissant et l’indescriptible horreur omniprésente, la compréhension reprend le dessus sur les sens hébétés et se remet à fonctionner. Faire la différence, remettre de l’ordre, essayer de discerner. Mais cela est impossible.

Lorsque pour la première fois – en fait, le deuxième ou troisième jour – j’ai pris conscience que le corps saigné, brûlé et scié de l’animal palpitait encore et que sa petite queue remuait toujours, je n’étais plus en mesure de me mouvoir. « Ils… Ils bougent encore… », ai-je dit. Même si, en tant que future vétérinaire, j’avais appris que c’étaient les nerfs. J’entends marmonner : « Min­ce alors, il y en a un qui a fait une faute, il n’est pas tout à fait mort »
Un frémissement spectral agite de partout les moitiés de bêtes. C’est un lieu d’hor­reur. Je suis glacée jusqu’à la moelle.

Rentrée à la maison, je me couche sur mon lit, les yeux au plafond. Passer les heures, les unes après les autres. Chaque jour. Mon entourage réagit avec irritation.

N’aie pas l’air si renfrognée; fais donc un sourire. Tu voulais absolument devenir vétérinaire.
Vétérinaire, oui, mais pas tueuse d’animaux. Je ne peux pas me retenir. Ces commentaires. Cette indifférence. Cette évidence de meurtre. Je voudrais, je dois parler, dire ce que j’ai sur le cœur. J’en étouffe.

Je voudrais raconter ce que j’ai vu sur le cochon qui ne pouvait plus marcher, progressant tant bien que mal sur son train arrière, jambes de côté; sur les cochons qui reçoivent des coups de trique et de pied jusqu’à ce qu’ils finissent par entrer dans le box d’abattage.

Ce que j’ai vu en me retournant : comment l’animal est scié devant moi et accroché en oscillant, morceaux de muscles partagés en deux parties égales à partir de l’intérieur des cuisses. « Nombre d’abattages par jour 530 »

Jamais je ne pourrai oublier ce chiffre. Je voudrais parler de l’abattage des bovins, de leurs doux yeux bruns, remplis de panique. De leurs tentatives d’évasion, de tous les coups et les jurons, jusqu’à ce que la misérable bête soit finalement prisonnière de l’enclos fermé par des barres de fer et une serrure à double tour, avec vue panoramique sur la halle où ses compagnons d’infortune sont dépouillés de leur peau et coupés en morceaux; puis l’avancée mortelle et, dans le moment qui suit, la chaîne que l’on accroche à une patte arrière et dont l’animal tente vainement de se débarrasser en la projetant vers le haut, tandis que, déjà, par endessous, sa tête est tranchée.

Des flots de sang qui giclent à profusion du corps sans tête, tandis que les pattes se recroquevillent…

Raconter les bruits atroces de la machine qui arrache la peau du corps. Le geste du doigt, circulaire et automatisé, pour ôter le globe de l’œil de son orbite – artère sectionnée, saignante, coulant à flot à l’extérieur – et le jeter dans un trou à même le sol, où il disparaîtra parmi tous les « déchets »

Le bruit provenant des envois sur le dévaloir en aluminium usé, des abats retirés du cadavre décapité et qui, ensuite, sauf le foie, le cœur, les poumons et la langue destinés à la consommation – sont aspirés dans une sorte de collecteur d’ordures.

C’est vrai que je voudrais raconter qu’il arrive toujours qu’au milieu de ces montagnes visqueuses et sanguinolentes se trouvera un utérus gravide, et que j’ai vu des petits veaux déjà tout formés, de toutes les tailles, fragiles et nus, les yeux clos, dans une enveloppe utérine qui n’est plus en mesure de les protéger le plus petit aussi minuscule qu’un chat nouveau-né, et quand même une vache en miniature, le plus grand au poil tendre et soyeux, d’un blanc cassé, avec de longs cils autour des yeux, dont la naissance aurait dû avoir lieu quelques semaines plus tard.

« Est-ce que ce n’est pas un miracle, ce que la nature crée ? » constate le vétérinaire de service cette semaine-là, en jetant l’utérus avec le fœtus ensemble dans le gargouillant moulin à déchets. J’ai maintenant la certitude qu’aucun dieu ne peut exister ’puisque aucun éclair ne vient du ciel pour punir tous ces forfaits commis ici-bas, et que ceux-ci se perpétuent interminablement. Ni pour soulager la vache maigre et pitoyable qui, à mon arrivée à 7 heures le matin, se traîne à bout de force, au prix d’efforts désespérés, dans le couloir glacé, plein de courants d’air, et s’allonge juste devant le box de la mort. Pour elle, il n’existe aucun dieu, ni personne d’ail­leurs pour lui donner une petite tape pour l’aider.

Avant tout, il faut traiter le reste des animaux prévus pour l’abattage. Quand je quitte à midi, la vache est encore couchée et tressaille; personne, en dépit d’instructions répétées, n’est venu la délivrer. J’ai alors desserré le licou qui lui tranchait impitoyablement la chair et lui ai caressé le front. Elle m’a regardé avec ses grands yeux, et j’ai alors appris en cet instant que les vaches pouvaient pleurer.

Mes mains, ma blouse, mon tablier et mes bottes sont barbouillés du sang de ses congénères: pendant des heures, je suis restée à la chaîne, en train de couper des cœurs, des poumons et des foies. J’ai été prévenue: « Avec les bovins, on est toujours totalement immergé ! » C’est cela que je voudrais communiquer, afin de ne pas porter seule le fardeau, mais dans le fond, il n’y a personne qui veuille m’écouter. Ce n’est pas qu’au cours de cette période on ne m’ait pas assez souvent posé la question : « Et à l’abattoir, comment ça va ? Moi, en tout cas, je ne pourrais pas le faire » Avec mes ongles enfoncés dans les paumes des mains, je gratte mes lunules jusqu’au sang pour ne pas frapper ces visages apitoyés ou pour ne pas jeter le téléphone par la fenêtre. Pleurer, voilà ce que je voudrais faire, mais depuis que j’ai vu ce spectacle quotidiennement, chaque cri s’est étouffé dans ma gorge.

Personne ne m’a demandé si je pouvais tenir. Les réactions à des réponses si parcimonieuses trahissent le malaise à ce sujet. « Oui, c’est terrible. Nous ne mangeons plus que rarement de la viande » Souvent je m’encourage : « Serre les dents, tu dois tenir, bientôt tout cela sera derrière toi » Pour moi, que le massacre continue jour après jour est l’une des pires manifestations d’indifférence et d’ignorance.

Je pense que personne n’a compris que ce ne sont pas ces six semaines à surmonter qui sont importantes, mais bien ce monstrueux meurtre de masse, qui se renouvelle des millions de fois et dont sont responsables tous ceux d’entre nous qui mangent de la viande. En particulier, tous ceux qui se prétendent amis des animaux et mangent de la viande: ils ne sont pas dignes de confiance.

« Arrête, ne me coupe pas l’appétit ! » C’est aussi devant ce type de réaction que plus d’une fois je suis restée muette.

Parfois le ton monte : « Mais tu es une terroriste, toute personne normale doit rire de toi » Comment s’en sortir seule dans de tels moments ? Il m’arrive d’aller regarder le petit fœtus de veau que j’ai ramené à la maison et que j’ai mis dans du formol . ’Memento mori’. Et laisser en rire les « gens normaux ».

Des yeux que plus jamais je ne pourrai oublier
Des yeux que chacun d’entre nous qui veut manger de la viande devrait avoir regardés …
Les flammes jaillissent et, pendant quelques secondes, les corps sont secoués de tous côtés, et semblent accomplir une danse grotesque et trépidante. C’est comme si cette souillure et cette odeur allaient s’accrocher à moi pour toujours. Sortir, seulement sortir d’ici… Leur escalope blanchie, stérile, achetée au supermarché… n’a plus les yeux qui déversent des flots de larmes de frayeur devant la mort, pas plus qu’elle ne hurle quand le couteau va frapper.

Les choses deviennent abstraites quand on est entouré de tant de morts violentes; la vie à titre individuel apparaît alors comme infiniment dénuée de sens. Quand je regarde les rangées anonymes de cochons transportés sous la même forme à travers la halle, je me demande : « Les choses seraient-elles différentes si à la place de cochons, il y avait des humains? »

D’autant plus que l’anatomie de la partie arrière de l’animal, épaisse, parsemée de pustules et de taches rouges, rappelle étrangement ce que l’on peut voir sur les plages ensoleillées des vacances: des amas de graisse débordant de maillots de bain trop étroits.

En outre, les cris qui retentissent interminablement dans la halle d’abattage quand les animaux sentent approcher la mort pourraient provenir de femmes et d’enfants. Ne plus faire la différence devient inévitable. Il y a des moments où je pense : Cela doit s’arrêter. Pourvu qu’il fasse vite avec la pince électrique, pour qu’en­fin cela s’arrête.

« Beaucoup d’animaux ne crient pas », a dit une fois l’un des vétérinaires, « alors que d’autres se figent comme des statues en se mettant à crier sans aucune raison » Je me demande, pour ma part, comment ils peuvent rester immobiles et « crier sans aucune raison » Plus de la moitié du temps de stage est écoulée lorsque je pénètre enfin dans la halle d’abattage, pour pouvoir dire « j’ai vu » Ici se termine le chemin qui commence à la rampe de déchargement. Le lugubre corridor sur lequel débouchent tous les enclos se rétrécit jusqu’à une porte ouvrant sur un box d’attente d’une capacité de 4 ou 5 cochons.

Si je devais décrire en image le concept de « peur », je le ferais en dessinant des cochons blottis les uns contre les autres contre une porte fermée, et je dessinerais leurs yeux. Des yeux que plus jamais je ne pourrai oublier. Des yeux que chacun d’entre nous qui veut manger de la viande devrait avoir regardés.

Les cochons sont séparés à l’aide d’une trique en caoutchouc. L’un d’entre eux est poussé en direction d’un espace fermé de tous côtés. Il crie et, comme le gardien a souvent encore autre chose à faire, l’animal essaye de reculer et de s’évader par l’arrière jusqu’à ce qu’enfin, à l’aide d’un clapet électrique, l’issue soit verrouillée.

Par pression d’un bouton, le sol de l’enclos est remplacé par une sorte de traîneau mobile sur lequel le cochon se retrouve à califourchon. Ensuite, une deuxième coulisse s’ouvre devant lui et le traîneau glisse avec l’animal vers l’avant, dans un autre box.

Là, une brute de boucher chargé de l’abattage – je l’ai toujours appelé en moi-même Frankenstein – branche les électrodes. Une tenaille d’étourdissement à trois points, comme le directeur me l’a expliqué. On voit dans le box le cochon qui tente de se cabrer, puis le traîneau est brusquement retiré et la bête, palpitante, s’affaisse dans un flot de sang en agitant nerveusement les pattes.

Ici l’attend une autre brute qui, sûr de sa cible, enfonce le couteau sous la patte avant droite du cochon; un flot de sang foncé gicle et le corps s’affaisse vers l’avant. Quelques secondes plus tard, une chaîne de fer se referme sur l’une des pattes arrière de l’animal, qui est hissé vers le haut; la brute dépose alors son couteau, s’empare d’une bouteille de cola souillée, déposée à même le sol recouvert d’une couche de sang d’au moins un centimètre, et en boit une gorgée.

Je décide de suivre les cadavres qui, balancés à leur crochet, et saignant abondam­ment, sont dirigés vers « l'enfer » C’est ainsi que j’ai dénommé la pièce suivante. Celle-ci est haute et noire, pleine de suie, de puanteur, de fumée.

Au terme de plusieurs virages au cours desquels le sang se déverse encore à flots, la rangée de cochons arrive à une sorte d’immense four. C’est là que la soie du porc est éliminée. Les corps des animaux tombent par une sorte d’entonnoir à l’intérieur de la machine. On peut voir à l’intérieur. Les flammes jaillissent et, pendant quelques secondes, les corps sont secoués de tous côtés, semblant accomplir une danse grotesque et trépidante.

Ils sont ensuite largués de l’autre côté, sur une grande table, où ils sont immédiatement attrapés par deux bouchers qui commencent par enlever les parties de la soie n’ayant pas été éliminées, puis grattent les orbites oculaires et séparent les sabots des pattes. Tout cela se déroule très rapidement, le travail s’effectue à l’unisson.

Pendues aux crochets par le tendon des pattes postérieures, les bêtes mortes sont alors dirigées vers un châssis métallique contenant une sorte de lance-flammes. Dans un bruit assourdissant, le corps de l’animal est soumis à un jet de feu qui, l’espace de quelques secondes, l’enveloppe en entier.
La chaîne mobile se met alors de nouveau en mouvement et emporte les corps dans la halle suivante, celle-là même où je me suis trouvée durant les trois premières semaines.

Là, les organes sont retirés et apprêtés sur la bande mobile supérieure. La langue est palpée, les amygdales et l’œsophage détachés et je­tés, les ganglions lymphatiques coupés, les poumons mis aux déchets, la trachée-artère et le cœur ouverts et les échantillons prélevés pour l’examen de trichine, la vésicule biliaire extirpée, et le foie examiné à cause de la présence possible de poches de vers.

Beaucoup de porcs ont des vers et, si leur foie en est rempli, il doit être jeté.
Tous les autres organes comme l’estomac, les intestins, l’appareil génital sont envoyés au rebut.
Sur la bande mobile inférieure, le reste du corps est apprêté, divisé en morceaux; les articulations coupées; l’anus, les reins et les parties graisseuses entourant les reins enlevés; le cerveau et la moelle épinière retirés, etc.

Ensuite, une marque est imprimée sur l’épaule. Le cou, le bas du dos, l’abdomen et les cuisses sont préparés pour la pesée, puis dirigés vers la chambre froide. Les animaux jugés impropres à la consommation sont « provisoirement écartés ».

Pour le marquage, qui est une opération effectuée dans la sueur sur des cadavres tièdes et visqueux qui pendent très haut en fin de ban­de, il faut faire très vite quand on n’a pas l’habitude: on risque de se faire as­som­mer par les moitiés de bêtes qui arrivent en force devant la balance et s’entassent les unes sur les autres avec violence.

Je ne dirai pas le nombre de fois que j’ai laissé mon regard errer sur l’horloge murale de la salle de pause !

Mais ce qui est sûr, c’est qu’en aucun autre endroit au monde le temps ne passe plus lentement qu’ici. Un temps de pause est octroyé au milieu de la matinée, et c’est essoufflée que je me précipite aux toilettes, que tant bien que mal je me nettoie du sang et des lambeaux de chair.

C’est comme si cette souillure et cette odeur allaient s’accrocher à moi pour toujours. Sortir, seulement sortir d’ici. Je n’ai jamais pu avaler quelque nourriture que ce soit dans ce bâtiment. Soit je passe mon temps de pause, aussi froid qu’il puisse faire dehors, à courir jusqu’à la clôture en fils de fer barbelés et à regarder au loin les champs et l’orée du bois, ’à observer les corneilles.

Ou alors je traverse la rue et me rends au centre commercial où je peux me réchauffer en buvant un café dans une petite boulangerie. Vingt minutes après, on est de nouveau à la chaîne. Je ne suis pas restée ici parce que je veux devenir vétérinaire, mais parce que les gens veulent manger de la viande.

Manger de la viande est un crime
Jamais plus ceux qui mangent de la viande ne pourront être mes amis à nouveau, Jamais, jamais plus
Je pense que tous ceux qui mangent de la viande devraient être envoyés ici et voir ce qui s’y passe, du début à la fin.

Et pas seulement cela: mais parce qu’en plus, ce sont des poltrons. Leur escalope blanchie, stérile, achetée au supermarché, n’a plus les yeux qui déversent des flots de larmes de frayeur devant la mort, pas plus qu’elle ne hurle quand le couteau va frapper.

Vous tous qui vous nourrissez des cadavres de la honte, cela vous est soigneusement épargné, vous qui dites : « Non, moi, je ne pourrais pas faire ça »

Un jour, un paysan est venu, accompagné de son fils, âgé de 10 ou 11 ans, pour faire analyser un échantillon de viande pour la trichine. En voyant le gamin aplatir son nez contre la vitre, j’ai pensé que si les enfants pouvaient voir toute cette horreur, tous ces animaux tués, il y aurait peut-être un espoir de changement. Mais je l’entends encore crier à son père: « Papa, regarde là, quelle énorme scie ! »

Le soir, à la télévision, on annonce aux informations : « Mystère non encore résolu »
à propos du meurtre perpétré sur une jeune fille, assassinée et coupée en morceaux, et je me rappelle la frayeur générale et le dégoût de la population devant cette atrocité. Je dis : « Des atrocités semblables, j’en ai vu 3700 rien qu’en une semaine »

Maintenant, je ne suis plus seulement une terroriste, mais encore, je suis malade dans ma tête. Car je ressens non seulement de l’effroi et de la répugnance envers le meurtre commis sur un être humain, mais aussi envers celui qui est commis sur des animaux des milliers de fois en une seule semaine et dans un seul abattoir.

Être un humain, cela ne signifie-t-il pas dire « non » et refuser d’être le commanditaire d’un meurtre à grande échelle pour un morceau de viande ?   Étrange nouveau monde. Il est possible que les tout petits veaux trouvés dans l’utérus déchiré de leur mère, morts avant même d’être nés, aient connu le moins mauvais sort d’entre nous tous.

D’une manière ou d’une autre, le dernier de ces interminables jours est enfin arrivé et j’ai reçu mon certificat de stage, un chiffon de papier, cher payé.
La porte se referme; un timide soleil de novembre m’accompagne depuis la cour de l’abattoir jusqu’à l’arrêt du bus. Les cris des animaux et le bruit des machines s’estompent.

Je traverse la rue alors qu’un gros camion à remorque amenant du bétail prend le virage pour entrer dans l’abattoir. Il est rempli sur deux étages de cochons, serrés les uns sur les autres.

Je pars sans un regard en arrière, car j’ai porté témoignage et, désormais, je veux essayer d’oublier et continuer de vivre. À d’autres de lutter maintenant; moi, ce sont ma force, ma volonté et ma joie de vivre qui m’ont été prises puis remplacées par un sentiment de culpabilité et de tristesse paralysante. L’enfer est parmi nous, des milliers et des milliers de fois, jour après jour, une chose nous reste pourtant possible et pour toujours, à chacun: dire non, non et encore non !

Vécu et écrit par Christiane M. Haupt

Plutarque
Pour un petit morceau de viande
nous volons une âme de lumière et l’espace de temps dans laquelle elle est née et pour lequel elle se réjouissait.

Dossier Abattoirs
L'équipe de One Voice qui vient de rendre publique son année d'enquête dans 25 abattoirs français.
Un travail documenté montrant une fois de plus les nombreuses défaillances des abattoirs et qui rappelle qu'il est impossible de tuer à la chaîne les animaux sans les faire souffrir . Dossier de One Voice sur les abattoirs Rapport : ® Derrière les portes des abattoirs de France (PDF)

Élisabeth de Fontenay - Le Silence des Bêtes


Élisabeth de Fontenay ne s'est jamais entendue avec quelque groupe que ce soit. Trop occupée à nommer ce qui dérange, à pointer ce qui cloche, à dire ce qui fâche, au nom de la vérité, pour ne plus risquer d'encourir ce reproche que lui faisait sa mère quand elle était enfant : « Élisabeth, tu es veule ! »

Ce qu'on a du mal à imaginer, en lisant les pages magnifiques où, après s'être fait porte-parole des animaux, éternelles victimes des hommes, elle a le culot d'avouer : « De la chasse à courre, je ne veux rien dire, si grande est ma honte d'en ressentir encore le plaisir fou ».

« Les militants anti-chasse vont m'en vouloir », dit-elle avec un regret teinté d'humour. Elle prend le risque. Elle prend toujours le risque d'être à contre-courant. De ne pas être comprise. D'avoir l'air de chercher la petite bête. On sent bien que c'est une vieille règle de vie, qui est devenue une habitude.
(« Élisabeth de Fontenay, une femme d'honneur », Geneviève Brisac, Le Monde, 25 septembre 1998, p. 8)

Le silence des bêtes contient « plus de trois mille citations », a-t-elle déclaré fièrement à la journaliste du Monde Geneviève Brisac. Parler avec Élisabeth de Fontenay, écrit cette dernière, c'est partager avec elle sa reconnaissance pour ceux qu'elle nomme ses maîtres, et ses jeunes maîtres. Jankélévitch avant tout, et puis Foucault dans les pas de qui elle a inscrit son livre. Il procède du même souci que L'Histoire de la folie : « Sous le double pavillon d'un miserere et d'une déconstruction ». Et enfin, Jacques Derrida : « Il m'a donné le droit aux marges de la philosophie. Une liberté de circuler aux abords de la sphère de la métaphysique, d'entrer pour en sortir, d'en sortir pour y ré-entrer ».

Il y a chez Élisabeth de Fontenay un antihumanisme qui est le vrai humanisme, un sens de la tradition qui est la vraie révolte, une nostalgie des mondes et des équilibres détruits qui est la vraie modernité.
(« Élisabeth de Fontenay, une femme d'honneur », Geneviève Brisac, Le Monde, 25 septembre 1998, p. 8)

« Je me demande quelle manière d'être ensemble, entre hommes et femmes, entre malades et bien portants, entre morts et vivants, entre enfants et adultes, entre fous et sensés, entre hommes et bêtes pourrait aider à réinscrire l'animal dans une chaîne symbolique qui ne fasse plus bon marché de lui », écrit-elle. (Le silence des bêtes, p. 716)

Professeure de philosophie à l'Université de Paris-I, Élisabeth de Fontenay, qui a notamment publié Les Figures juives de Marx (1973) et Diderot ou le matérialisme enchanté (1981), retrace, dans Le silence des bêtes, ni plus ni moins que l'histoire de la pensée occidentale, des présocratiques aux penseurs contemporains. Elle y montre entre autres que l'Antiquité a été une sorte d'âge d'or pour les bêtes. Car si les hommes offraient des animaux en sacrifice à Dieu, aux dieux, ils s'accordaient sur leur statut d'êtres animés et avaient pour elles [les bêtes] de la considération. Or, depuis que Dieu s'est fait homme, que le Christ s'est offert en sacrifice tel un agneau, c'est-à-dire depuis l'ère chrétienne, la condition de l'animal a radicalement changé. Désormais les philosophes se préoccupent surtout de verrouiller le propre de l'homme et de ressasser les traits qui le différencient des autres vivants, lesquels sont considérés comme des êtres négligeables : tenus pour des machines (Descartes) et à l'occasion comparés à des pommes de terre (Kant).
(Le silence des bêtes, 4e de couverture)

Au contraire de ceux qui ont suggéré que l'amour des bêtes allait de pair avec misanthropie, racisme et barbarie, Élisabeth de Fontenay suggère que la manière dont nous regardons les bêtes n'est pas sans rapport avec la façon dont sont traités quelques-uns d'entre nous, ceux que l'on déshumanise par le racisme, ceux qui, du fait de l'infirmité, de la maladie, de la vieillesse, du trouble mental, ne sont pas conformes à l'idéal dominant de la conscience de soi.
(Le silence des bêtes, 4e de couverture)

Oui, écrit cette moitié Juive par sa mère, les pratiques d'élevage et de mise à mort industrielles des bêtes peuvent rappeler les camps de concentration et même d'extermination, mais à une condition : que l'on ait préalablement reconnu le caractère de singularité à la destruction des Juifs d'Europe, ce qui donne pour tâche de transformer l'expression figée « comme des brebis à l'abattoir » en une métaphore vive. Car ce n'est pas faire preuve de manquement à l'humain que de conduire une critique de la métaphysique humaniste, subjectiviste et prédatrice.
(Le silence des bêtes, avant-propos)

Le silence des bêtes, d'Élisabeth de Fontenay, constitue un événement philosophique majeur (…). On y retrouve, rassemblées et passées au crible d'une analyse serrée, les multiples discussions sur le statut de l'animalité : les métamorphoses et la métempsychose; le sacrifice animal; les querelles autour de l'âme des bêtes; la justification du mal, s'agissant d'êtres souffrants et innocents à la fois; l'histoire des critères de distinction de l'humain, dont la raison, la capacité à passer un contrat et à écrire des lois, la possession d'une conscience de soi, l'accès à un monde. Cette question ne fait qu'un avec celle du propre de l'homme, dans la mesure où l'appropriation des animaux procède de l'affirmation d'une qualité intellectuelle ou morale distinctive, dont résulterait un droit absolu sur le reste des vivants.

C'est la reconduction de ce dispositif, de Platon à Levinas, qu'analyse Élisabeth de Fontenay, en se demandant pourquoi on n'en peut sortir. Face à une conception d'un droit fondé sur des performances, philosophes et écrivains ont, d'âge en âge, fait prévaloir la capacité à souffrir, et montré que c'est dans cette même vulnérabilité que s'ajointent le sort des hommes et celui des animaux. Ce décentrement de la raison vers la sensibilité, pour octroyer des droits naturels, constitue la voie pour laquelle opte l'auteur. Sa critique de l'humanisme métaphysique, présente dans d'autres de ses écrits, est indissociable de sa reformulation du propre de l'homme : en finir avec l'arrogance et l'hégémonie du sujet raisonnable et parlant, c'est aussi en finir avec le risque d'exclure ceux des humains qui, par accident, sont dépourvus de ces qualités de raison et de parole.
(« Comment l'Occident traite son prochain. Du droit absolu de l'homme sur l'animal », Florence Burgeat, Le Monde diplomatique, février 1999, p. 31)

La grande sensibilité d'Élisabeth de Fontenay à ces humains - et aux bêtes - lui vient, comme elle l'écrit dans son avant-propos, en partie du fait qu'un membre de sa famille (son frère) a été frappé par la maladie mentale. C'est à lui qu'elle dédie son livre. Le problème, c'est que les animaux sont des « bêtes », puisqu'ils ne parlent pas - d'où le titre du grand livre d'Élisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes (…). Fiers de notre statut d'êtres parlants - de par les l'êtres comme disait Jacques Lacan - les philosophes ont souvent élu le langage comme critère unique pour fixer le lieu de la frontière entre l'homme et l'animal - sans dire pourquoi ils ne rejettent pas pour autant hors de l'humanité les autistes, les sourds-muets, les aphasiques ou les nourrissons, qui n'ont pas non plus accès à la parole.
("Les animaux malades de l'homme", Catherine David, Le Nouvel Observateur, 25 novembre 1999, p. 8)

Un autre critique fait ressortir la richesse et la complexité du propos d'Élisabeth Fontenay, qui reflète celle de la pensée philosophique elle-même sur l'animalité. De l'animalité, certes, il convenait aux philosophes de parler. Mais pour la délimiter, de manière générale, et la tenir en lisière. Pour affirmer (…) le propre de l'homme, la vie parlante et rationnelle. Doué de raison, de langage, l'être humain était si différent, par nature, de l'animal qu'il lui appartenait « légitimement » d'être dominateur… et carnivore.

Dans le détail, dès qu'on regarde les textes, ce n'est plus tout à fait si simple. De siècle en siècle, quand il s'agit de dire quelque chose à propos de l'animalité, il semble que la pensée hésite, s'empêtre, éructe ou s'arrête interdite. Il convient donc d'aborder le grand livre d'Élisabeth de Fontenay comme une battue sans proie, sans limites dans ce que dirent, des bêtes, des philosophes par dizaines. Elle a rapporté de cette grande exploration une œuvre superbe et fort étrange, un de ces textes dont on se dit d'emblée qu'ils marquent une date, un commencement ou un terme dernier.
(« La vie sans les mots », Roger Pol Droit, Le Monde, 25 septembre 1998, p. 8)

L'an dernier, les charniers fumants de centaines de milliers de brebis, en Europe, ont été élevés comme autant d'autels au productivisme et au culte du profit. On a massacré ces bêtes afin qu'elles ne contractent pas la fièvre aphteuse… Sans être un danger public pour la population, les animaux infectés risquaient cependant de réduire le rendement de la production de viande, lit-on dans un autre article de ce Relations consacré à la question animale.
(« Nos amies, les bêtes ? », Jean-Claude Ravet, Relations, juillet-août 2001, p. 10)

Que révèle ce traitement des animaux dans nos sociétés ?

Dans la situation chaotique où nous sommes en Europe, où des millions de bêtes ont été abattues et incinérées, on s'aperçoit qu'il y a pire que tuer pour manger : tuer pour ne pas manger. Tuer en vertu d'un principe de précaution devenu fou : tuer pour expier notre folie, répond Élisabeth Fontenay.
(« Question animale, question politique. Entrevue avec Élisabeth de Fontenay », Jean Pichette, Relations, juillet-août 2001)

La souffrance des animaux

Qui a vraiment envie de savoir, même sans éprouver de tendresse particulière pour les gallinacés, que toute la vie d'une poule dans un élevage moderne se déroule sur l'espace d'une feuille de papier à lettres ? […] Si la télévision diffusait une émission sur les abattoirs, nous aurions tendance à zapper. Cette indifférence nous paraît naturelle, pour ne pas dire vitale. Nous y tenons, comme nous tenons à notre confort, à nos habitudes alimentaires et à nos préjugés.

Peut-être est-elle même l'un des fondements invisibles de notre société, comme le pensait Elias Canetti, prix Nobel de littérature, qui parlait de « l'horreur de l'abattoir, sur quoi tout est fondé » […] Certes, la nature est cruelle, et les espèces s'entr'égorgent depuis la nuit des temps, selon les lois de la grande chaîne alimentaire qui relie entre eux l'ensemble des vivants. […]

[Mais] jamais dans l'histoire les animaux n'ont été martyrisés de manière aussi massive, avec des moyens aussi énormes, aussi efficaces, des prétextes aussi futiles, une telle absence de scrupules, un gaspillage aussi flagrant. […]

Pour des raisons évidentes, notre civilisation nous encourage à admettre l'élevage en batterie des volailles ou les conditions atroces de l'abattage des cochons comme inévitables, nécessaires à l'alimentation d'une société en expansion. Seulement voilà : certains se demandent, de moins en moins timidement, si l'on ne pourrait pas, grâce aux progrès techniques, effectuer au moins cette sale besogne dans des conditions moins cruelles ? […]

Toutes les recherches les plus modernes, en neurobiologie et en zoologie, tendent à montrer que la frontière entre l'animal et l'homme est moins étanche qu'il n'y paraissait, et qu'il existe chez l'animal des formes spécifiques d'intelligence, des capacités d'apprentissage, des émotions. […] Il reste à mesurer les conséquences de ces découvertes, et nous sommes loin du compte. Car tout se passe comme si la théorie de l'animal-machine, à laquelle plus personne ne croit mais qui a l'avantage d'avoir des effets déculpabilisant, restait en vigueur dès qu'il s'agit de justifier les excès de la barbarie industrielle. […]
(« Les animaux malades de l'homme », Catherine David, Le Nouvel Observateur, 25 novembre 1999, p. 6)

Les animaux ont-ils des droits ?

Chez les philosophes, la thèse dominante est la suivante : non seulement nous ne composons pas avec les animaux une société régie par des rapports de droit, mais encore une telle société ne saurait exister entre eux et nous. Notre attitude à l'égard de ces étrangers peut aller de la plus parfaite indifférence (chez Descartes, chez Saint-Augustin, à qui l'on doit la formule selon laquelle le Christ lui-même a jugé qu'il n'existe aucune société de droit entre les animaux et nous) à une sorte d'hospitalité réservée (chez Aristote, chez Kant, ce dernier estimant que la cruauté et la violence envers les bêtes sont condamnables, mais seulement parce que de telles dispositions émoussent en l'homme une disposition favorable à la moralité envers les autres hommes). La philosophie morale dominante est donc largement anthropocentrée.
(« Les animaux et nous », Jean-Yves Goffi, Le Magazine littéraire, janvier 1998, p. 106)

Pour Élisabeth de Fontenay, c'est le christianisme, en remplaçant le sacrifice au dieu par le sacrifice du dieu et en expulsant ainsi l'animal de la dimension sacrée, qui accomplit la première grande rupture :
« L'avènement du christianisme comme système théorico-pratique et onto-politique dominant marque, à l'intérieur de la sphère des vivants, une rupture dont les conséquences n'ont pas fini de structurer notre rapport à l'animal ».
(Le silence des bêtes, p. 243)

Le christianisme préfigure déjà, selon elle, l'animal-machine et les abattoirs de Chicago. Selon la théorie des animaux-machines de Descartes, les bêtes seraient dénuées de toute intelligence, mais aussi privées d'affectivité, et même de sensibilité. Descartes ne cessera d'y insister : les animaux, contrairement à l'opinion commune, ne souffrent pas. Mais attention, Élisabeth de Fontenay s'oppose à ceux qui, dit-elle, font une caricature de la théorie des animaux-machines, au point qu'elle veut tenter « jusqu'à un certain point de la défendre contre ceux qui lui ont imputé la responsabilité des plus grands maux infligés aux bêtes »
(Le silence des bêtes, p. 276) …

Étude de Charles Le Brun sur la physiologie humaine et animale

Comme on l'a mentionné, la pensée philosophique n'est pas unanime sur la question des animaux. Ainsi, à côté de Descartes, il y a Hume : « Chez Hume, les animaux, les Indiens et les femmes auraient donc pour tâche de mener un même combat contre ceux qui monopolisent la raison, accaparent l'humanité, déshumanisent l'autre sexe ».
(Le silence des bêtes, p. 401)

Par ailleurs, il y aura en France une forte réaction anticartésienne : Larousse, Michelet, Hugo et bien d'autres penseurs français s'élèveront contre la réduction de l'animal à une machine. « C'est dans cette optique qu'en juillet 1850 Jacques Delmas, comte de Grammont, un député bonapartiste, fera voter une loi destinée à protéger les animaux contre la cruauté des hommes ».

Il ne s'agit pourtant pas de reconnaître aux animaux des droits. « La loi ne protège pas les bêtes sauvages et elle ne réprime que la cruauté accomplie en public, c'est-à-dire (…) celle qui peut heurter ou corrompre la sensibilité des êtres humains ».
(« Les animaux ont-ils des droits ? », Luc Ferry, Le Point, 1er avril 1995, no 1176, p.51)

On considère que le plus grave dans la cruauté qu'on inflige aux bêtes,
c'est que l'homme s'y dégrade lui-même et perd son humanité.
Étude de Charles Le Brun sur la physiologie humaine et animale

Pour la plupart des Européens, écrit Luc Ferry, l'idée s'impose que la cruauté envers les animaux est plus ou moins répréhensible. Chacun semble admettre, même sans être un fanatique de la cause animale, que le fait d'infliger des souffrances inutiles à ceux que Michelet nommait jolie-ment nos « frères inférieurs » est en quelque façon inhumain.
Il existe d'ailleurs une « Déclaration universelle des droits de l'animal » proclamée en 1979 devant l'UNESCO, qui a suscité beaucoup de railleries de la part des philosophes et des juristes.

Car, le principe posé, son application ne va pas de soi, souligne Luc Ferry. Nos habitudes alimentaires, les nécessités de l'expérimentation sur le vivant, la passion de la chasse ou l'usage des peaux et fourrures, certaines traditions locales, telles que la tauromachie viennent sans cesse contrecarrer d'éventuelles bonnes volontés. Car ces pratiques impliquent bel et bien, inutile de se voiler la face, que l'on maltraite, dans des proportions parfois considérables, des animaux qui nous seraient par ailleurs plutôt sympathiques…

Faut-il dès lors interdire, renforcer les lois, souvent timides, qui tentent déjà dans la plupart des pays d'Europe de fixer les règles d'une protection minimale des animaux ? Et si oui, jusqu'où faut-il aller ?

Le problème est beaucoup moins simple qu'il n'y paraît. Il ne tient pas seulement au fait que des intérêts, au plus haut point contradictoires, s'affrontent. Il touche les principes eux-mêmes.
(« Les animaux ont-ils des droits ? », Luc Ferry, Le Point, 1er avril 1995, no 1176, p.51)

Une question de degré ou de nature ?
Image tirée du film Mon oncle d'Amérique

Certains penseurs de l'éthologie comparé (Konrad Lorenz, Tinbergen…), insistant sur les similitudes de comportement entre espèces, ont contribué à l'obscurcissement de la ligne de fracture entre la culture humaine et la nature animale, écrit encore Luc Ferry (Les amis des bêtes deviennent-ils cinglés ?, Luc Ferry et Éric Conan, L'express, 26 janvier 1990, p. 33). S'appuyant sur les théories d'Henri Laborit, Mon oncle d'Amérique, le film d'Alain Resnais, s'est plu à mettre en scène l'idée selon laquelle nous nous comporterions comme de vulgaires rats de laboratoire : le stress nous rendrait agressifs pour des raisons purement physiques.

On voit mal, dans ces conditions, pourquoi réserver la protection que nous assurent les droits démocratiques aux seuls êtres décrétés « humains ». La question est tout à fait sérieuse et la revendication d'un droit des animaux, dont l'importance est déjà considérable outre-Atlantique, se fonde souvent sur cette fonction d'une continuité entre les êtres vivants.

Cette confusion est, au contraire, inacceptable pour la tradition philosophique inspiratrice des droits de l'homme : la différence qui sépare l'homme de la bête est non pas quantitative, mais qualitative. (…) La bête est régie par un instinct, un code dont elle est à jamais incapable de s'écarter.

Au contraire, l'homme dispose d'une aptitude à prendre ses distances à l'égard de toute définition, biologique ou sociobiologique, dans laquelle on prétendrait l'enfermer : il peut toujours s'arracher au cycle de la vie, mais aussi à son histoire, à sa classe, à sa nation, thèse que l'on retrouvera à la base de la déclaration de 1789.

La différence entre animaux et êtres humains se décline à l'infini, écrit Jean-Yves Goffi, professeur de philosophie à l'Université de Grenoble et auteur du livre Le Philosophe et les animaux :

  • Ils sont des êtres de nature; nous sommes des êtres de liberté.
  • Ils opèrent seulement un changement de forme dans les matières naturelles; nous réalisons, par le travail, nos buts conscients.
  • Ils sont des machines auto-mouvantes; il y a en nous une âme qui a des pensées. Ils sont des choses dont on peut disposer à sa guise; nous sommes des personnes qu'on ne peut jamais traiter comme des moyens seulement. Ils sont pauvres en monde; nous sommes des configurateurs de monde.
  • Ils sont de simples créatures de Dieu; nous sommes, en outre, créés à Son Image et à Sa Ressemblance.
  • Ils ont, selon les cas, un museau, un groin, une gueule; nous avons un visage.
  • Ils crient; nous parlons.

  • Ils manifestent en toute inconscience l'ordre éternel du cosmos; nous le comprenons par l'activité théorique contemplative

Il y a parfois, ajoute-t-il, quelque penseur pour suggérer que la différence, entre les bêtes et nous, « est de degré seulement et non de nature; que nous formons une communauté de vivants; que leurs souffrances importent. Mais il s'agit là de voix dissidentes ».

Élisabeth de Fontenay est l'une de ces voix dissidentes. Sans rejeter totalement l'idée de la différence fondamentale entre l'être humain et l'animal, elle insiste sur la continuité entre l'homme et la bête, sur la proximité entre le monde animal et le monde humain. Elle se refuse d'ailleurs à définir le propre de l'homme, comme elle l'explique dans l'entrevue qu'elle a accordée à Relations : C'est par respect et par pitié que je refuse de le définir. Un respect et une pitié que je ne veux pas fonder, parce que l'activité fondatrice est une activité métaphysique dont je critique tantôt l'inefficacité, tantôt la dangerosité.

Je récuse l'exaltation de l'humain, de la rationalité, de la liberté et de tous ces caractères qu'on énumère en général pour définir l'humain. Je constate qu'il y a, sans aucun doute, et sans que nous puissions donc le justifier ou le fonder, une primauté de l'humain. Mais cet humain dont je reconnais la supériorité - qui n'a rien à voir avec le droit à la totale hégémonie sur ce qui n'est pas l'homme, je refuse de le définir.
Dès qu'on définit, en effet, il y a des exclus, des humains exclus de la rationalité, de la conscience, de la liberté, de la représentation de la mort.
(« Question animale, question politique. Entrevue avec Élisabeth de Fontenay », Jean Pichette, Relations, juillet-août 2001, p. 12)

Et plus loin sur la proximité entre monde humain et monde animal : « Au début du XIXe siècle, Hegel disait que l'animal ne meurt pas, il finit. Dans cette tradition de pensée, l'animal est sans monde. Quand on se met à l'écoute de l'éthologie contemporaine, on découvre toutefois le caractère mobile de la frontière entre environnement animal et monde humain. Et pas seulement dans le cas des grands singes. L'animal n'est pas un être de la nature : sa spontanéité, que n'a pas la plante, est déjà une conscience et une visée, et il n'y a pas de visée sans monde visé ».

Par contre, Élisabeth de Fontenay se distingue de façon nette de la théoricienne italienne Paola Olivieri, qui réclame ni plus ni moins que l'extension des droits de l'homme aux « grands singes non humains ». Paola Olivieri a signé en janvier 2000 un article sur cette question dans la revue française Le débat.
« Nous savons que nous partageons avec les autres animaux nombre de nos gènes et une histoire évolutive commune. La biologie moderne nous apprend que les organismes sont regroupés de manière plus ou moins arbitraire, et que les différences sont de degré, non pas de nature. Dans ce cadre, il est désormais peu vraisemblable qu'il existe des capacités proprement humaines ».
(« Les droits de l'homme pour les grands singes non humains? », Paola Olivieri, Le débat, no 108, janvier-février 2000, p. 156)

C'est à partir de cette réfutation d'un propre de l'homme et de la démonstration de l'appartenance au monde moral des grands singes non humains que Paola Olivieri réclame pour eux la même protection éthique fondamentale que nous.

Humanisme et utilitarisme

Pour le philosophe utilitariste contemporain Peter Singer, dont Paola Olivieri est le disciple, l'humanisme n'est qu'un égoïsme de l'espèce. Comme Bentham, le père de l'utilitarisme (Élisabeth de Fontenay le mentionne, mais n'en parle pratiquement pas), il pense que les détenteurs du pouvoir politique doivent s'inspirer, lorsqu'ils légifèrent, du principe suivant : une action est bonne quand elle tend à réaliser la plus grande somme de bonheur pour le plus grand nombre possible d'être concernés par cette action (c'est le principe d'utilité).

« Peter Singer estime que l'agent moral est celui qui se demande, au moment d'agir, comment les conséquences de ses actions vont affecter les intérêts de ceux qui les subiront; et qui choisit d'agir en conséquence, explique Jean-Yves Goffi. Chaque fois qu'un agent moral se refuse à prendre en compte les intérêts d'un être sensible, il s'agit d'une forme sournoise de discrimination. Cette discrimination est tout aussi réelle (et tout aussi condamnable) qu'elle s'exerce contre les membres d'une autre race, d'un autre sexe ou d'une autre espèce. Les animaux dotés de sensibilité (capables d'éprouver du plaisir ou de la douleur) font, de plein droit, partie de la communauté morale : non pas, bien sûr, à titre d'agents car ils sont incapables du type de réflexion que l'agent moral est censé pratiquer; mais au moins à titre de patients. (…) »
(« Les animaux et nous », Jean-Yves Goffi, Le Magazine littéraire, janvier 1998, p. 106)

« L'argument central de Bentham et de ses disciples est simple, écrit pour sa part Luc Ferry : les critères invoqués d'ordinaire pour valoriser l'humain au détriment de l'animal (la raison, le langage, l'affectivité, la sociabilité, etc.) ne sont pas pertinents. De toute évidence, en effet, il existe de nombreux cas dans lesquels nous devons bien constater que l'animal est plus intelligent, plus « communiquant », plus affectueux ou sociable que certains humains.

Imaginons, dit Peter Singer dans son maître livre, « La libération animale » (Grasset), que nous soyons placés devant le choix suivant : sacrifier un chimpanzé en pleine santé ou un nourrisson débile dont le cerveau est radicalement endommagé. À l'évidence, le chimpanzé est, à tous égards, plus raisonnable, plus sociable, plus affectueux que le bébé.

Quel que soit le critère retenu, c'est lui qu'il faudrait choisir de sauver si nous agissions de façon rationnelle, en accord avec nos propres critères. Nos hésitations ne tiendraient donc qu'à nos préjugés « spé-cistes »".
(« Les animaux ont-ils des droits? », Luc Ferry, Le Point, 1er avril 1995, no 1176, p.55)

C'est effectivement ce type d'arguments qu'utilise Paola Olivieri dans son texte. « Est-il des êtres non humains qui possèdent effectivement ces capacités mêmes que nous jugeons pertinentes nous concernant? Nous avons vraisemblablement maintenant assez d'informations pour répondre par l'affirmative, du moins en ce qui concerne les grands singes non humains. Ce n'est guère surprenant.

Les chimpanzés, les gorilles et les orangs-outans sont les êtres les plus proches de nous dans l'arbre de l'évolution : ils partageant avec nous de 98% à 99% de leur ADN (…), les gestes par lesquels ils communiquent sont très semblables aux nôtres et sont employés dans des contextes analogues avec des significations analogues; ils sont capables de communication sophistiquée (…); les liens entre les membres de la famille sont fort et durables; la transmission culturelle se fait par un véritable enseignement (…) », etc.

Ainsi Paolo Olivieri montre la proximité entre grands singes et êtres humains. Elle démontre aussi que les critères qu'on retient pour définir l'humanité excluent nécessairement certains individus sans que pour autant on les exclue de la communauté morale : c'est ainsi qu'elle définit un statut à part de « patient moral » pour les grands singes.
« Certes, ils ne sont pas des agents moraux à part entière et ils ne sont pas à même de prétendre directement à une telle protection, mais il en va de même des enfants et des membres de notre espèce qui ne sont pas pleinement autonomes et auxquels nous ne refusons pas pour autant des droits moraux fondamentaux égaux ».
(« Les droits de l'homme pour les grands singes non humains? », Paola Olivieri, Le débat, no 108, janvier-février 2000, p. 156)

Plusieurs penseurs ont réagi à cet article, dont Luc Ferry et Élisabeth de Fontenay (le texte de cette dernière a été publié à part des autres réactions, dans un numéro subséquent, avec une réplique de Paola Olivieri). Luc Ferry affirme que ce que qualifie un « être moral », ce n'est ni son intelligence, ni ses capacités linguistiques, ni même sa faculté d'éprouver du plaisir ou de la peine, mais tout simplement sa liberté entendue comme faculté de s'arracher aux déterminismes naturels et historiques particuliers qui pèsent de part en part sur les formes de vie naturelles. Et elan pour l'appartenance des animaux au monde moral.

Les grands singes ne pourront jamais être plus, et encore s'exprime-t-on là par simple analogie, que des « citoyens passifs », à la différence des enfants qui ne le resteront pas, des handicapés mentaux sévères qui pourraient auraient pu ne pas l'être, et des vieillards séniles qui ne l'ont pas toujours été. S'ils avaient réellement des droits subjectifs, ils auraient aussi des devoirs, ce qui n'a guère de sens. Ils ont donc, tout au plus, des « droits objectifs », comme les monuments naturels ou historiques, par exemple, que l'on protège du vandalisme.
(« Des 'droits de l'homme' pour les grands singes ? Non, mais des devoirs envers eux, sans nul doute », Luc Ferry, Le débat, no 108, janvier-février 2000, p. 167)

Selon Luc Ferry, il faut cesser de penser en termes de droits pour parler plus sérieusement des devoirs que l'homme doit assumer envers des êtres qui, parce qu'ils sont comme lui doués de sensibilité, possèdent une aptitude à la souffrance, écrit Luc Ferry. Après avoir longtemps adopté la définition cartésienne des « animaux-machines » (aussi insensibles que des automates), notre législation a adopté la position kantienne : les animaux sont aptes à la douleur.

Ils se martyrisent d'ailleurs les uns les autres sous l'empire de la nature. Mais le sens de la dignité de l'homme, sa culture, lui imposent au contraire le devoir de ne pas faire souffrir gratuitement ces êtres sensibles.
(« Les amis des bêtes deviennent-ils cinglés? », Luc Ferry et Éric Conan, L'Express, 26 janvier 1990, p. 34)

Sur cette question des droits des animaux, Élisabeth de Fontenay est plus proche de Luc Ferry que de la tradition anglo-saxonne représentée par Peter Singer, qu'elle trouve carrément dangereux.

Un droit des animaux impliquerait un droit différentiel : les droits des chimpanzés ne peuvent pas être les mêmes que ceux des souris. Cela suppose donc une inflation de cas spécifiques… Je crois malgré tout qu'il faut garder l'idée d'un droit des animaux comme un idéal régulateur. Cela ne signifie pas qu'on peut, comme Paola Cavalieri, auteur italien et disciple de Peter Singer, réclamer les droits de l'homme pour les chimpanzés ! C'est justement le genre de revendication qui braque tout le monde (…).
(« Question animale, question politique. Entrevue avec Élisabeth de Fontenay », Jean Pichette, Relations, juillet-août 2001, p. 13)

Mais contrairement à Luc Ferry, Elisabeth de Fontenay, comme on l'a vu, ne réduit pas les animaux à des êtres de nature. Pour elle, ils ont un monde. Et cela concerne, à différents degrés, bien sûr, tous les animaux. Dans sa réponse à Paola Olivieri, « Pourquoi les animaux n'auraient-ils pas droit à un droit des animaux ? », elle souligne d'ailleurs qu'étendre les droits de l'homme aux grands singes ne ferait rien pour la protection des autres animaux.

Conclusion : Quelle éthique adopter face aux animaux ?

« Le respect », répond Élisabeth de Fontenay. Le respect de l'animal qu'on mange, d'abord :
il faut toujours se rappeler, pendant ce repas, qu'on a tué un animal pour pouvoir être heureux ensemble. Il faut en quelque sorte réciter un bénédicité, ce qui serait un confiteor.
(« Question animale, question politique. Entrevue avec Élisabeth de Fontenay », Jean Pichette, Relations, juillet-août 2001, p. 15)

Le respect dans l'expérimentation : selon elle, l'utilisation des animaux dans ne devrait être permise que dans le cadre des recherches médicales, et interdite pour la recherche sur les produits cosmétiques. Sur la question des biotechnologies, elle résume ainsi sa position dans Libération :
Voici les questions que peut poser quelqu'un pour qui le fait que les animaux, les mammifères, les vertébrés, soient sensibles au stress et à la douleur doit être pris sérieusement en charge par le droit :

  1. Est-ce bien nécessaire ?
    Réponse : Oui, pour sauver les hommes de la souffrance, du handicap, d'une mort prématurée. Non, si c'est pour des questions de confort, d'amélioration des performances, etc.
  2. Le traitement par lequel on 'humanise' les bêtes les fait-il souffrir, momentanément ou durablement ?
    Je suis alarmée qu'on nous renseigne aussi peu sur cette question, et que les réglementations surveillent si négligemment l'incontournable et barbare expérimentation animale.
  3. Le clonage qui fait gagner du temps en évitant la longueur des gestations ne menace-t-il pas à court terme des équilibres fondamentaux, des données immémoriales, qui constituent à la fois notre environnement traditionnel et notre a priori symbolique ?

Car clonage et « humanisation » des bêtes ne s'inscrivent quand même pas dans la continuité des pratiques d'élevage et de domestication. Il est insensé de nier qu'il y a un saut qualitatif dans cet anthropocentrisme implacable et cette démiurgie débridée. On refuse de voir qu'a commencé une nouvelle ère : celle de la confusion, de l'abstraction et d'une transgression qui est inconsciente de la réalité de « cela » qu'elle outrage : « cela » que je me garderai bien de nommer la « nature ». Je me demande ce que Darwin aurait pensé de tout ça.

Plus généralement, l'expérience que nous faisons aujourd'hui, c'est celle d'un abaissement impressionnant des frontières entre l'espèce humaine et les espèces animales. L'encéphalopathie spongiforme du bovin devenant maladie de Creutzfeld-Jakob nous rappelle, entre autres catastrophes, que nous n'aurions pas dû pouvoir, en les nourrissant de farines animales, disposer de la nutrition des herbivores. Mais tout n'est pas négatif dans cette abolition des différences. Quand les xénogreffes réussiront, et à condition que l'animal mis à mort n'ait pas au préalable été martyrisé, je pourrai éventuellement aimer que batte dans ma poitrine un cœur de porc.

Je témoignerai ainsi par ma reconnaissance d'être maintenue en vie grâce au sacrifice d'une bête et à la substitution de son organe au mien, de ma foi dans une communauté des vivants, j'assouvirai ma nostalgie des récits de métamorphoses, j'afficherai ma fierté de réhabiliter un animal admirable et méprisé. Et je ne craindrai en rien pour mon humanité, sachant que, de toute façon, l'homme est le seul être vivant dépourvu d'innocence.
(« Oui : Demandons-nous ce que Darwin aurait pensé », Élisabeth de Fontenay, Libération, 30 septembre 2000, p. 58)

Le silence des bêtes | Élisabeth de Fontenay

Un rapport sur l'industrie chinoise de la fourrure

Histoire des élevages d'animaux à fourrure en Chine.
En Chine, la plupart des élevages d'animaux à fourrure se sont implantés durant les dix dernières années. Les espèces élevées comprennent le renard roux, le renard arctique, le chien viverrin, le vison et le lapin rex.

Selon les sources de l'industrie de la fourrure chinoise, un nombre croissant de commerçants, de stylistes et de manufacturiers ont déplacé leur entreprise vers la Chine, la main-d'œuvre peu coûteuse et l'absence de lois sur le bien-être animal rendant la vie plus facile et les marges bénéficiaires plus importantes.

Selon un éleveur coréen de renards, le Canada a essayé d'exploiter la main-d'œuvre chinoise peu coûteuse dès le début des années 1990 en y exportant 200 renards (rapport WSPA).

Beaucoup de fermes font face à des problèmes liés à la consanguinité, ce qui conduit à une lente détérioration de la qualité des fourrures. En 2004, des éleveurs finlandais exportèrent 5 000 renards vers la Chine. Beaucoup ne survécurent pas au voyage. Un propriétaire de ferme déclara que des entreprises similaires allaient également être créées dans la province de Hebei.

D'autres projets prévoient la vente de sperme de renard bleu finlandais et l'apprentissage des techniques d'insémination artificielle. L'expansion, ces dernières années, de la production de visons a été rendue possible grâce aux stocks de sperme acquis en Amérique du Nord et en Europe.

Les marchés de la fourrure et les centres d'affaires poussent comme des champignons, favorisant l'essor des sociétés impliquées dans la vente de fourrures, de peaux, de vêtements, de garnitures et de tous les produits et services qui gravitent autour.

Dans la seule année 2000, l'un des principaux marchés de gros et de détail y vit l'échange de plus de 1 800 000 manteaux, 1 500 000 pièces de fourrure et deux millions de garnitures, représentant l'équivalent de 200 millions de dollars US, soit une petite fraction du volume total de ce secteur.

L'élevage commercial de renards débuta dès 1860 en Chine. Comme cette industrie commença à prendre de l'ampleur en Occident dans le milieu des années 1950, la Chine s'adapta.

À partir de 1956, l'élevage de renards se répandit et s'intensifia, à tel point que chaque année, 200 000 renards étaient rajoutés dans les fermes d'élevage, jusqu'à atteindre un total d'un million de peaux produites par an. Dans les années 1980 et 1990, la Chine commença à s'ouvrir vers l'extérieur et son commerce de fourrure prit alors un essor considérable.

À côté des fermes d'État traditionnelles, de nombreuses fermes privées et familiales virent le jour. Durant les années 1990, le secteur attira des investissements étrangers, ce qui fit naître encore plus de fermes. Aujourd'hui, les éleveurs chinois détiennent plus de 1,5 million de renards et plus ou moins l'équivalent de chiens viverrins (site web de l'IFTF, janvier 2005).

Le rapport de Sandy Parker estime que la production chinoise de visons avoisine les cinq millions et s'accroît rapidement (public. n° 17, 13 juin 2005).

Les principales régions d'élevage et leur étendue

Selon des sources provenant de l'industrie chinoise, les élevages de la province de Shangdong (nord-est) détiennent le plus grand nombre d'animaux avec plus de 500 000 renards. Juste après, viennent les provinces de Heilongjiang et de Jilin avec chacune plus de 300 000 renards, et ces chiffres ne cessent d'augmenter (information Internet Breeding Stocks, fév. 2002).

Possédant elle aussi des fermes d'animaux à fourrure, la province de Hebei fait office de plaque tournante pour les marchés de gros et au détail. Beaucoup d'animaux élevés dans la province de Shandong y sont transportés et vendus, avant d'être tués et dépouillés de leur fourrure.

Liou Shih (comté de Li), principalement avec son commerce de cuir de vache et de peaux de mouton, et Shangcun (comté de Suning), spécialisé dans la fourrure, y sont les plus gros marchés.

Au marché de Shangcun, 30 millions de peaux sont échangées chaque année, ce qui représente 60 % des échanges de fourrures chinois. Shangcun est surnommée " la capitale de la fourrure ". Le comté de Suning comptabilise en outre 152 fermes de grande taille, 65 villages spécialisés et 10 000 éleveurs, pour un total de 47 000 renards, visons et chiens viverrins.

Selon le département de la Propagande du Parti, 50 000 des 300 000 habitants sont employés à des tâches relatives à la fourrure. La société Huachen espère produire plus de 80 000 pièces en 2005.

Les plus petites fermes d'animaux à fourrure sont souvent des affaires familiales. Les fermes de taille moyenne emploient de 10 à 15 travailleurs tandis que les plus grandes exploitations utilisent de 50 à plusieurs centaines de travailleurs. Détenant un nombre d'animaux allant de 1 000 à plus de 10 000, beaucoup de fermes bénéficient d'investissements étrangers.

Une des plus grandes fermes détient 15 000 renards et 6 000 visons (site Chinese Alibaba, nov. 2004). Opérant comme une entreprise multifonctionnelle, elle comprend des bâtiments pour l'insémination artificielle, l'élevage, l'abattage, le traitement des peaux, le tannage et tout ce qui suit la production. Elle s'occupe également de l'exportation vers d'autres pays.

Dans la province de Hebei, de nombreuses fermes de renards ont établi leurs magasins aux abords des villes, comme à Tanshang, Laoting, Li, Bao Shu. La majorité de ces fermes sont tenues par des particuliers. Le nombre d'animaux y est généralement de moins de 100 à plusieurs centaines. La plus grande ferme de cette province détient plus de 20 000 animaux (site web China Consumer).

Les plus petites fermes s'occupent principalement de l'élevage et vendent ensuite leurs renards aux marchés de gros ou aux abattoirs. Les peaux sont ensuite acheminées aux négociants de fourrure et à ceux qui les traiteront.

De nombreuses fermes de la province de Hebei ont été visitées pour ce rapport. Quelques-unes détenaient principalement des renards, mais la majorité possédait également d'autres espèces telles que : visons, chiens viverrins et lapins rex.

Les espèces de renards communément détenues incluent : les renards bleus et blancs arctiques (Alopex lagopus) et les renards roux et argentés (Vulpes vulpes). Les éleveurs utilisent principalement l'insémination artificielle pour croiser le renard bleu et le renard argenté, car leurs périodes d'accouplement ne coïncident pas.

Les chiffres de l'industrie estiment que la Chine produit un million de peaux de vison et un million de peaux de renard chaque année, soit l'équivalent de 11 % de la production mondiale de visons et 27 % de celle des renards (IFTF, 2003 : www.efbanet.com/socio.php#2). Et ces chiffres sont sans aucun doute sous-estimés.

La vie dans les élevages

Selon l'International Fur Trade Federation (IFTF) : l'élevage des animaux à fourrure est bien régulé et observe les plus hauts critères en matière de soins. La Chine est membre de cette fédération.

Dans les fermes chinoises, les renards et les chiens viverrins vivent confinés dans des rangées de cages grillagées (mailles de 3,5 à 4 cm) mesurant environ 90 cm de largeur par 70 cm de profondeur et 60 cm de hauteur, bien que plusieurs soient plus petites encore.

Les cages sont surélevées de 40 à 50 cm par rapport au sol, et ne contiennent aucun aménagement, aucun abri, aucun jouet, rien à mordiller, et dans beaucoup de cas aucun toit. Chaque cage contient un ou deux animaux.

Les femelles reproductrices sont isolées durant la gestation et la mise bas en plaçant leurs cages dans un enclos protégé par des briques et ce, afin de réduire la mortalité des petits due aux infanticides ou à la négligence des mères.

L'accouplement a lieu de janvier à avril. La majorité des fermes utilise l'insémination artificielle pour croiser les renards bleus et argentés qui n'ont pas le même cycle. Les renards atteignent la maturité sexuelle vers 10 ou 11 mois. Les reproducteurs sont utilisés pendant cinq à sept ans.

Les fermiers déclarent que les renardes ont des portées de 10 à 15 petits par an, entre mai et juin. Les renardeaux naissent donc au printemps et sont sevrés en trois mois. Selon les fermiers, le taux de survie des progénitures jusqu'au sevrage est de 50 %, ce qui équivaut à une moyenne de cinq à sept petits par portée.

Les renards sont généralement abattus six mois plus tard, c'est-à-dire au moment où ils ont développé leur pelage d'hiver. La majorité des animaux seront vendus à la fin de l'année, tandis que certains seront gardés pour la reproduction

Les renards roux (Vulpes vulpes) pèsent de 5,2 à 5,9 kg et mesurent (de la tête au début de la queue) entre 66 et 68 cm. Les renards arctiques (Alopex lagopus) ont une taille variant entre 53 et 55 cm et un poids oscillant entre 3,1 et 3,8 kg.

Les chiens viverrins (Nyctereutes procyonidés), une race de chiens ressemblant aux renards asiatiques, pèsent quant à eux entre 2,5 et 6,25 kg et ont une taille moyenne de 56,7 cm lorsqu'ils sont élevés au Japon. Les chiens viverrins finlandais ont pour leur part un poids variant entre 3,1 et 12,4 kg (Kauhala K & Saeki M., 2004).

Des comportements pathologiques démontrant des problèmes évidents de bien-être sont observés dans toutes les fermes : comportements stéréotypés, peur extrême, apathie, automutilations. Les fermiers rapportent aussi des problèmes liés à la reproduction et des infanticides, connus comme étant consécutifs à de mauvaises conditions de vie.

Pour sortir les renards des cages, les fermiers les attrapent avec des pinces métalliques pour leur bloquer le cou et les tirent par la queue. Deux sortes de pinces sont utilisées. Ensuite, l'animal est extirpé par les pattes arrière, la tête en bas.

La période d'élevage s'étend de juin à décembre. À partir du moment où les fermiers ont sélectionné les animaux qui serviront à la production de fourrure plutôt qu'à la reproduction, la qualité de leur fourrure devient leur seul souci. Avant que ces animaux ne soient prêts pour l'abattage, les éleveurs examinent attentivement la maturité et la qualité de leur pelage. Entre novembre et mars, les renards sont vendus, tués, dépiautés et leur fourrure est traitée.

Problèmes comportementaux

Lorsque des individus sont placés dans des lieux artificiels, la complexité et l'étendue de leur environnement physique sont intensément réduits. De plus, les animaux captifs sont contraints de cohabiter et d'interagir avec des humains qui contrôlent tous les aspects de leur vie quotidienne (Carlstead K. 1996 : " Effets de la captivité sur le comportement des animaux sauvages ").

Dans la nature, les animaux peuvent contrôler la charge des stimuli à l'aide d'ajustements comportementaux tels que l'approche, l'attaque, la poursuite, l'exploration, l'évitement ou le camouflage. En état de captivité, ces stratégies d'adaptation ne sont plus possibles. Un manque de contrôle et une exposition à une détresse inéluctable sont reconnus comme étant profondément dommageables, et ces agents de stress chroniques sont propres à la captivité.

Le professeur Donald Broom, du département vétérinaire de l'Université de Cambridge, soutient que les anomalies comportementales sont des plus pertinentes pour détecter des problèmes chroniques relatifs au bien-être. Là où elles surviennent, elles sont habituellement associées à l'absence de ressources dont l'animal a besoin et à la frustration qui l'accompagne.

Ces « ressources » sont : l'accès à plus d'espace, un environnement plus stimulant ou plus paisible, la capacité de manifester certains comportements et la possibilité d'établir des relations avec des partenaires sociaux ou sexuels. Hélas, dans les élevages chinois, les renards, les chiens viverrins, les visons et les lapins sont confinés dans d'étroites cages grillagées.

Les lois suisses stipulent que deux renards doivent disposer au minimum d'un habitat de 30 m² à l'extérieur et de 8 m² d'abri. Un terrain naturel pour creuser, des boîtes pour dormir et des endroits pour se cacher sont obligatoires. Deux visons ont droit à au moins 6 m² et à la possibilité de nager. Pour deux chiens viverrins : 30 m² en extérieur, 8 m² d'abri, un terrain naturel et des places pour se cacher. Selon les recommandations du Comité permanent de la Convention européenne sur la protection des animaux à fourrure dans les élevages (Conseil Européen), la superficie minimale d'une cage de renard est de 0,8 m² (8 000 cm²).

Or, en Chine, les plus grandes cages contenant les renards et les chiens viverrins font 90 cm x 70 cm, soit 1/3 de moins en superficie et 14 % de moins en hauteur que les recommandations minimum de l'Union Européenne.

Il est connu que les renards d'élevage souffrent d'une peur extrême (Broom 1998/Wipkema 1994), exacerbée par la proximité des humains, les manipulations répétées et brutales, l'incapacité de se retirer pour s'isoler et la détention aux côtés de nombreux autres renards. Selon les recommandations du Conseil de l'Europe adoptées par le Comité permanent le 22 juin 1999, les renards doivent disposer de nids en permanence ce qui, en plus des cages trop étroites, leur est refusé en Chine.

Stress Physiologique

La peur est la source de stress physiologique, d'infanticides et de comportements pathologiques, connus sous le nom de stéréotypie. La stéréotypie est un comportement répétitif et constant, ne servant apparemment aucune fonction.

Ce comportement est fréquent chez les animaux captifs, particulièrement chez ceux vivant dans des environnements stériles et réduits. Chez les carnivores, cela se traduit par des pas de long en large, des hochements ou des balancements de tête. Ces symptômes ont été largement documentés par les enquêteurs.

Autres troubles fréquents constatés en Chine : apathie (pas de réactions et inactivité extrême), retrait au fond de la cage et automutilations. En plus de la peur, la monotonie de la séquestration dans des cages et l'absence ou la rareté de relations sexuelles s'ajoutent à toute cette misère.

Les infanticides sont courants dans les élevages de renards. Selon des propriétaires d'élevages chinois, le taux de mortalité moyen des petits avant le sevrage est de 50 %. C'est extrêmement élevé, même pour des renards d'élevage. En Suède, ce taux varie entre 15 % et 30 %, et en Norvège entre 16,8 % et 22 %. En Finlande, en 1990, le magazine Turkistalous estimait ce taux à 30 %.

Pour toutes ces raisons et en l'absence d'informations suffisantes sur le bien-être de ces animaux, les recommandations européennes (adoptées les 12 et 13 déc. 2001) ont amené plusieurs pays européens (dont l'Autriche, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suède) à interdire ou à sévèrement restreindre l'élevage de renards.

L'abattage

Les animaux sont abattus aux abords des marchés de gros, là où les fermiers les apportent pour les vendre et où les grandes sociétés viennent acheter leurs stocks. Pour arriver là, les animaux sont souvent transportés sur de grandes distances et dans d'effroyables conditions.

Les ouvriers extraient les animaux de leur cage à l'aide d'un collet au bout d'une perche. Parfois, les animaux sont ainsi transbahutés, toujours suspendus par le cou. Les ouvriers les saisissent ensuite par les pattes arrière puis, en utilisant un bâton de bois ou en métal, les frappent à plusieurs reprises sur la tête.

Une autre méthode consiste à frapper l'animal sur le sol, tête la première. Ces actes ont pour but d'étourdir les animaux. Ceux-ci luttent pour se défendre ou sont pris de convulsions, tandis que d'autres bougent à peine, gisant sur le sol.
Plusieurs, bien qu'immobiles, sont encore vivants.

L'écorchage au couteau commence par le ventre, tandis que l'animal gît sur le dos ou est suspendu à un crochet, la tête en bas. Dans un cas, cela s'est produit juste à côté du camion qui contenait les carcasses, utilisées pour la consommation humaine. Ensuite, découpant le pelage des pattes arrière, les ouvriers retroussent la peau jusqu'à ce qu'elle se détache de la tête.

Les animaux qui n'ont pas été complètement étourdis ou qui redeviennent conscients durant le dépiautage luttent désespérément, jusqu'à la fin. Même une fois que leur peau eût été totalement enlevée, nous avons constaté une respiration, des battements de cœur, des mouvements du corps et des paupières, et ce durant cinq à dix minutes.

Nous avons pu observer qu'un nombre significatif d'animaux restent pleinement conscients durant tout le processus de dépiautage, se contorsionnant dans tous les sens. Les ouvriers utilisent alors le manche de leur couteau pour leur frapper la tête à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'ils bougent un peu moins. D'autres ouvriers écrasent la tête ou le cou de l'animal pour l'étrangler ou le maintenir en place.

Guo Wanyi, vice-chef du comté de Suning, déclara le 8 avril 2005 dans le journal China Daily, publié en anglais et détenu par le gouvernement, que le gouvernement local avait interdit les pratiques cruelles d'abattage. Selon un règlement local voté à Cangzhou le 1er septembre 2003, les méthodes proposées pour tuer les renards sont : l'injection de drogues, l'injection d'air dans le cœur ou l'électrocution.

Observations confirmées par des journalistes chinois

Les terribles découvertes faites par les enquêteurs de la PSA et de East International ont été confirmées le 5 avril 2005 par des journalistes du Beijing News (un journal détenu conjointement par le Beijing Daily et par le South Daily, et tirant à 500 000 exemplaires). Dans un long article, ils décrivent ce qu'ils ont vu le 21 mars 2005 au marché de fourrures de Shangcun : Une fois tiré hors de sa cage, le chien viverrin alors en l'air, se recroqueville.

Quelques femmes ayant la cinquantaine et portant des gourdins en bois se placent autour. Une femme en foulard s'empare alors de la queue de l'animal et les autres s'écartent d'un air maussade.

La femme élève alors l'animal vers le haut puis, en formant un arc de cercle, le claque violemment par terre, ce qui crée un nuage de poussière. Le chien viverrin essaye de se relever, ses pattes grattant le sol.

Le gourdin en bois de la femme s'abat alors sur son front. La femme prend l'animal et l'amène de l'autre côté de la route, le jetant sur une pile d'autres animaux. Un filet de sang s'écoule de son museau, mais ses yeux sont toujours ouverts et clignent, ses pattes bougent, il lève la tête puis s'effondre.

À côté de lui se trouve un autre chien viverrin auquel on a coupé le bout des quatre pattes et qui continue à glapir. Après plus de 10 minutes, Qin Lao s'approche de l'animal avec un couteau.

Son boulot est de dépiauter les animaux. Le chien viverrin est suspendu à un crochet placé à l'avant d'un tricycle à moteur, la tête en bas. La région des pattes arrière et de l'anus est d'abord entaillée au couteau. Un bruit de déchirure se fait entendre lorsque la peau des pattes arrière est totalement retroussée, alors que l'animal lutte désespérément pour se retourner, en poussant des cris.

La peau est retroussée sur tout l'abdomen. Le corps de Qin Lao a beau être tendu comme un arc par l'effort, la fourrure récalcitrante reste attachée à la peau. Une femme s'approche alors pour l'aider.

La fourrure est finalement totalement retirée du chien. Il est ensuite jeté à l'arrière du camion, de la vapeur s'échappant de son corps ensanglanté. Il essaye à nouveau de se redresser, lève la tête et regarde son corps. Sans cligner des yeux, il tente une dernière fois de tourner sa tête, puis s'écroule, inerte. Dépiauter un animal mort ou vivant, c'est du pareil au même, mais c'est plus pratique et plus net de cette manière. Tout le monde a toujours fait ainsi. Explique Qin Lao.

Rappor de la fourrure

® Un rapport sur l'industrie chinoise de la fourrure (pdf)
® Mourir pour la fourrure: Swiss Animal Protection SAP - Protection Suisse des Animaux PSA

® Les coulisses de la production de fourrure - massacres sans pitié en Chine (vidéo)
® La torture des milliers d'ours pour l'extraction de la bile en Chine (vidéo)

Les produits et leurs prix

La variété sans cesse grandissante des produits de l'industrie de la fourrure chinoise s'étend sur toute la gamme et comprend : peaux, manteaux complets, accessoires tels qu'écharpes et capuchons ainsi que garnitures de vêtements, vêtements combinés, jouets et même des meubles.

Les propriétaires de boutiques expliquent que les prix dépendent de la forme et de la taille du vêtement ainsi que de la quantité, de l'espèce et de la qualité de la fourrure utilisée. La plupart des commerçants chinois maintiennent que leurs fourrures sont importées de Finlande ou des États-Unis.

Ceci reflète la croyance largement répandue selon laquelle la fourrure produite dans le pays n'a pas encore atteint les standards de qualité. La fourrure produite localement est donc intentionnellement étiquetée sous le nom de fabricants étrangers, afin d'en obtenir des prix plus élevés.

Les renards vivants sont vendus de 50 à 75 $US par individu. Cependant, le prix des animaux vivants et des peaux varient d'année en année. Les magasins chinois vendent en général un bon manteau de fourrure entre 3 750 et 5 000 $US, tandis que les meilleurs se vendent jusqu'à 12 500 $US. Les prix au détail et dans les échoppes de marché sont plus bas, variant entre 1 250 et 2 500 $US.

Risques environnementaux

Le nombre effarant d'animaux tués dans et autour des centres de traitement cause d'énormes dégâts environnementaux. D'immenses quantités de sang et d'abats s'accumulent dans ces abattoirs à ciel ouvert.

Les produits chimiques des tanneries (dont le chrome) représentent un risque supplémentaire pour la santé et l'environnement. Selon le professeur Cheng Fengxia de l'Université des Sciences et Technologies de Shaanxi, la pollution causée par un traitement inapproprié, spécialement la teinte des fourrures, est devenue un sérieux problème (China Business Weekly, 20 janv. 2004).

Par exemple, au marché de Haining (province de Zhejiang), près de 100 000 fourrures sont vendues chaque jour.
Elles sont ensuite traitées, transformées, teintes, découpées et cousues pour correspondre aux tendances de la mode.

La Chine est le premier pays producteur de vêtements de fourrure. En plus de sa propre production, la Chine importe chaque année cinq millions de peaux de vison et 1,5 million de peaux de renard (China Business Weekly, 20 janv. 2004).
Cela représente mondialement 40 % des ventes de fourrure à la criée. Beaucoup de ces fourrures sont teintes en Chine dans des couleurs à la mode avant d'être réexportées. En 2002 et en 2003, 40 % des fourrures de renard produites en Finlande (845 325) furent exportées vers la Chine et Hong Kong. Aussi, 38 % de la production de visons finlandais fut exportée en Chine, soit l'équivalent de 1 633 682 fourrures.

Manque de transparence

Le secteur mondial de la fourrure est complexe : les peaux produites par les éleveurs doivent traverser plusieurs frontières et subir diverses étapes de traitement avant d'être acheminées au consommateur.

L'IFTF considère la Chine comme étant le plus grand exportateur de fourrures. Elle a augmenté sa production dans des proportions telles que beaucoup de fourrures de renard ne trouvent plus acquéreur dans les criées d'Helsinki ou de Copenhague. Au printemps 2005, les vendeurs chinois y ont remplacé les acheteurs.

Plus de 95 % des vêtements en fourrure sont vendus à l'étranger, notamment en Europe, aux États-Unis, au Japon, en Corée et en Russie, et 80 % des exportations en provenance de Hong Kong sont destinées à l'Europe, aux États-Unis et au Japon. Ces produits incluent la fourrure brute, les vêtements en fourrure et les vêtements en tissu ou en cuir ornés de garnitures en fourrure.

La Chine est également devenue le premier pays exportateur de vêtements de fourrure vers les États-Unis, comptabilisant 40 % du total des importations pour 2004, l'équivalent de 7,9 millions de dollars US (Melbourne Paper, 10 janv. 2005, p. 15 : Coats selling fast, that's for sure). Les statistiques exactes pour l'exportation sont cependant difficiles à établir étant donné que les garnitures en fourrure ne sont pas systématiquement déclarées aux douanes. De plus, les revendeurs peuvent importer des stocks qui seront ensuite réexportés ailleurs.

La plupart des revendeurs sont réticents à divulguer la véritable origine de leurs vêtements afin d'éviter l'image d'une production bon marché et de qualité inférieure. Tout commerçant de mode peut légalement importer des textiles de Chine sans devoir en déclarer leur origine. Et même s'il la mentionne, l'étiquette peut, par exemple, seulement indiquer : Fabriqué en Italie ou Fabriqué en France. La plupart des revendeurs n'identifient même pas le type de fourrure utilisée pour les garnitures.

Une enquête faite au hasard dans des boutiques et des grands magasins de Suisse et de Londres a révélé des étiquettes « Made in China » parmi des vêtements en fourrure de grandes marques.

Mondialement, l'importance des fourreurs « classiques » dans l'économie a fort diminué durant la dernière dizaine d'années. Dans de nombreux pays, leur contribution au chiffre d'affaires généré par les ventes de vêtements de fourrure est devenue dérisoire.

Le rapport de Sandy Parker insiste sur le fait que les fourreurs traditionnels doivent reconnaître qu'une bonne partie de leurs parts de marché sont désormais détenues par des commerçants qui ne vendent pas que de la fourrure. Ainsi, ces deux dernières années, tandis que leur chiffre d'affaires stagnait ou augmentait légèrement, les ventes de fourrure provenant des grands magasins et des boutiques contribuaient à augmenter fortement le volume total.
Le déclin des ventes dans les magasins de fourrure traditionnels signifie donc simplement que les clients vont voir ailleurs (Rapport de Sandy Parker, 10 janv. 2005).

Inexistence de loi nationale sur le bien-être des animaux

Les deux lois existantes sur la protection de l'environnement et de la vie sauvage ne concernent que la protection de la vie animale dans la nature. Les animaux sauvages en captivité sont traités comme des ressources et des objets.

Il n'y a aucune loi interdisant la cruauté dans le système judiciaire chinois (Song Wei, professeur, Faculté de Droit, Université de Hefei, conférence du 18 mars 2005 : L'approche chinoise vers une loi concernant le bien-être des animaux).

Un nombre d'actes de cruauté très médiatisés a révélé le manque de protection légale des animaux captifs en Chine. Par exemple, en février 2002, un étudiant versa de l'acide concentré sur des ours du zoo de Pékin, et ne reçut aucune sanction.

Le scandale qui entoura l'état critique des ours et l'impunité dont jouit l'étudiant déclencha un débat national sur la nécessité d'une législation contre la cruauté (Paul Littlefair, RSPCA, Dép. intern., 2005, Conférence du CIWF : Pourquoi la Chine s'éveille-t-elle au bien-être des animaux ?).

Ceci contraste avec les affirmations vigoureuses de la Commission chinoise pour la fourrure dans une lettre envoyée à la PSA le 7 mars 2005 et dans laquelle elle déclare que les élevages chinois d'animaux à fourrure sont sous la tutelle de l'Administration des forêts et du ministère de l'Agriculture.

Les décrets et règlements concernant cette matière englobent

  • la loi sur la protection de la vie sauvage
  • les règlements sur la protection de la vie sauvage terrestre
  • les procédures pour la gestion des permis concernant la domestication et l'élevage des animaux sauvages sous protection spéciale de l'État.

En outre, dans sa lettre, la Commission déclare : Nous soupçonnons fortement que les preuves matérielles et les remarques du rapport (de la PSA/East International) ont été inventées ou exagérées. Certains comtés prétendent avoir établi des règlements concernant les élevages, mais jusqu'à maintenant, personne n'a été puni pour infraction.

Est-ce que la qualité des fourrures est un indicateur du bien-être ?

L'un des perpétuels arguments de l'industrie pour justifier ces élevages est que la qualité de la fourrure est un gage du bon traitement des animaux.
Les déclarations telles que : Il est un fait que l'élevage pour la fourrure et le bien-être des animaux vont de pair (® BFTA) : peuvent sembler pertinentes mais ne sont pas si simples.
Les renards et les visons sont tués après leur première mue d'hiver, lorsque leur pelage est en parfait état.
Des années de sélection pour en améliorer la qualité ont produit des animaux dont la fourrure est moins sensible aux conditions de vie que celle des animaux de compagnie. Dans son rapport sur le bien-être des animaux à fourrure d'élevage, le comité scientifique sur la santé et le bien-être des animaux de la Commission Européenne (p. 73) stipule ceci : Excepté dans les cas extrêmes qui révèlent des symptômes pathologiques, ou dans le cas de morsures, il vaut probablement mieux considérer l'état de la fourrure comme un critère de production plutôt que comme un critère de bien-être animal..    Plus d'infos (PDF) : ® Traduit du Neerlandais | Les animaux souffrent pour la fourrure.

Conclusion

Les conditions de vie dans les fermes chinoises font fi des normes les plus élémentaires du bien-être animal. Pendant leur existence et lors de leur indescriptible mort, on refuse de poser les plus simples gestes de bonté envers ces animaux.

Ainsi des millions d'individus doivent supporter la plus profonde indifférence à l'égard de leur souffrance, de leur dignité et de leurs besoins les plus fondamentaux - au nom de la mode.

Ce rapport démontre que les conditions de détention, d'élevage, de transport et d'abattage des animaux servant l'immense industrie chinoise de la fourrure sont inacceptables et ce, tant d'un point de vue vétérinaire que moral.

Par conséquent, nous demandons instamment que :

  • Le gouvernement chinois fasse passer une loi concernant le bien-être animal.
  • Le gouvernement chinois introduise et fasse respecter une loi interdisant le dépiautage d'animaux vivants.
  • Le gouvernement chinois introduise et fasse respecter une loi interdisant les traitements et les méthodes d'abattage inhumains.
  • Le gouvernement chinois introduise et fasse respecter une loi interdisant la détention inhumaine d'animaux.
  • Les créateurs de mode bannissent la fourrure de leurs collections et emploient des matières non issues de cruauté.
  • Les consommateurs n'achètent ni des vêtements ni des accessoires comportant de la fourrure.
  • Les consommateurs vérifient si les créateurs de mode ont incorporé de la fourrure dans leurs collections.
  • Les revendeurs de mode ne stockent pas de vêtements ou d'accessoires contenant de la fourrure.

bain de hérisson A 2008
 
bain de hérisson B 2008

La liberté est un droit fondamental pour les animaux


Cet article concerne le rôle central que joue la liberté dans notre sens de la justice.
Selon Ruut Veenhoven chercheuse hollandaise sur le bonheur, la liberté est le facteur le plus important dans la recherche du bonheur.

 

Cela devrait-il être différent chez les animaux ?
Nous ne réalisons l’importance de la liberté, nous qui vivons en démocratie, que lorsque nous sommes sur le point de la perdre. Souvenez-vous de la Seconde Guerre Mondiale, des personnes retenues en otage pendant des années au Liban ou prisonnières de l’ETA en Espagne.

La liberté est un droit fondamental chez l’homme, et cela est si évident que nous le prenons pour argent comptant et nous n’y prêtons que peu d’attention. Les gens ont tendance à l’ignorer. C’est une injustice, car ignorer les droits fondamentaux est immoral, et cela reste immoral lorsque les animaux sont concernés.

Pourquoi la liberté est-elle si importante ?

La loi
La liberté est le premier souci dans l’énonciation des droits fondamentaux de l’homme dans les constitutions de nombreux pays. Un droit de l’homme fondamental correspond à un droit indiscutable. Peut-on faire respecter les droits des animaux par le recours au juge ?

La religion
L’histoire de la liberté en tant que base de nos lois remonte bien avant la naissance du Christ. Dans la religion également, la liberté est le premier souci dans les règles que les croyants s’imposent, du moins si vous croyez à l’énoncé « agis envers les autres comme tu agis envers toi-même » et qui peut se traduire ainsi : « Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres ». Ceci est également connu sous le nom de Règle d’Or, le centre de toute l’éthique humaine. En ce qui concerne les hommes, il est nécessaire de consacrer une loi civile et religieuse à ce droit fondamental, car nous avons parfois tendance à dépasser les limites ou à réduire la liberté des autres. Nous ne le faisons pas toujours exprès. Souvent, on réalise qu’on a dépassé les limites après l’acte.

La santé
L’importance de la liberté est égale à l’importance de la santé. La santé est une forme de liberté. Nous ne sommes pas réellement sûrs que les animaux peuvent souffrir et tomber malades lorsqu’on les prive de leur liberté mais nous savons que les animaux feront tout pour ne pas se retrouver enfermés. Qu’un animal souffre du manque de liberté ou n’aie pas la possibilité d’exprimer une attitude naturelle est souvent déduit du comportement typique des animaux en captivité. Citons un exemple commun : le balancement incessant des ours polaires lorsque leur liberté de mouvement est réduite.

La nature
Dans la nature, la liberté est évidente. Le terme « Nature Libre » est un testament. Le manque de liberté parmi les animaux n’existe qu’en raison de la maladie ou de l’âge mais par chance, la mort libère l’animal de la souffrance. Aucune espèce dans la nature n’en prive une autre de sa liberté, sauf au cours d’une courte période ou ils se mangent l’un l’autre. Cependant, cela ne pose de problème ni aux humains qui mangent de la viande, ni aux végétariens. Finalement, c’est notre instinct qui nous dicte de nous mettre en groupe forcé de vivre ensemble dans une situation injuste.

Liberté, éthique et responsabilité
La liberté est une bonne base pour l’éthique : ce qui fait grandir la liberté est bien, ce qui réduit la liberté est mal. Mais la liberté ne peut exister sans définir des limites. Les limites ne sont pas fixes et plus de liberté entraîne plus de responsabilités. Tout le monde n’aime pas avoir des responsabilités et par conséquent, certaines personnes, de manière consciente ou inconsciente, choisissent d’avoir moins de liberté mais se sentent libres dans ce procédé. Chacun a le droit de définir sa propre frontière lorsqu’une autre personne est concernée. L’éthique n’est pas là pour forcer les autres à définir une frontière contre leur volonté.

Limiter la liberté
Et que penser de la définition de limites ? N’est ce pas une limitation de la liberté ? Envoyer quelqu’un en prison n’est pas accidentel lorsqu’il dépasse les limites ou les frontières définies par la société. Le coupable est puni par ce qui lui est le plus cher : la privation de liberté. Les gens sont libres, à moins de dépasser les limites établies.

Il est plus difficile de voir si nous avons dépassé les limites avec les animaux puisque nous ne pouvons pas communiquer avec eux à ce sujet. Les animaux ne disposent que de moyens limités pour définir les frontières. Poser une limite et essayer d’accroître son propre espace est naturel. Lorsqu’on restreint l’espace d’un autre, ce qui est une invention humaine, un homme doit justifier son acte. Un homme n’a pas à se justifier lorsque les animaux sont concernés, sauf dans un cas d’abus délibéré. Comment la loi gère-t-elle cela ?

Les animaux sont des objets de loi Selon la loi moderne, les droits des animaux issus de l’élevage intensif ne sont pas logiques. Car les animaux sont des objets de loi et non des sujets de loi. Dans l’esprit de la constitution, cependant, les propriétaires d’élevages intensifs commettent des actes criminels car l’esprit de la constitution nomme la liberté pour chacun : liberté, égalité et fraternité. Selon la constitution, il n’y a aucune différence légale entre avoir une tirelire en forme de cochon ou mettre un porc destiné à la boucherie dans une cabane pour plusieurs mois. Il est injuste qu’il n’existe aucune différence entre un objet et un animal.

Obligation morale de protéger
Pour poser des limites aux criminels, nous avons la police et le Ministère de la Justice. Ils ont les moyens de protéger nos frontières contre ceux qui les traversent. La police et le Ministère de la Justice ont le devoir de priver les criminels de leur liberté aussi longtemps que nécessaire. Dans notre système juridique, la liberté est garantie à une telle échelle que même les criminels ont droit à la liberté.

Lorsque parler est insuffisant, il se peut qu’on doive faire appel à la force pour contraindre quelqu’un à respecter les libertés de quelqu’un d’autre. Protéger les plus faibles fait partie des devoirs de la société, les handicapés par exemple qui ne sont pas à l’abri de l’exploitation. L’animal est, en comparaison avec les propriétaires d’élevages intensifs, le groupe le plus faible qui ne peut se défendre. Dans la nature, la loi du plus fort et du plus rapide prévaut. En protégeant le groupe le plus faible, en combinaison avec une garantie de liberté, nous dépassons la nature.

Les droits de base viennent en premier et en dernier
Chaque appel à faire une exception aux droits fondamentaux ou les transgresser est immoral. Il importe peu que l’appel soit basé sur un fait économique ou émotionnel ou si l’existence des élevages intensifs soit défendu avec l’argument selon lequel les emplois et les intérêts nationaux sont « menacés ». Les droits fondamentaux viennent en premier et en dernier. Considérer les conséquences économiques comme égales est immoral.

Politique incohérente concernant les animaux
La liberté pour les animaux individuels peut soudainement ne plus être un acquis si l’espèce devient attractive du point de vue économique ou a bon goût. Les hommes ont donc une politique incohérente concernant les animaux. Un animal enfermé dans un élevage intensif ne peut pas se défaire de son manque de liberté, ni en l’achetant ni en protestant, ni en tombant malade, ni en faisant pénitence. Mais au sujet des animaux dans la nature, nous sommes si généreux que nous les libérons inconditionnellement. Nous planifions même cette liberté en restructurant notre campagne sur la base d’autoroutes écologiques. Ces chemins permettent aux animaux et aux plantes de se mouvoir librement avec certaines limites, ce qui par conséquent garantit la survie des espèces. Tant que l’exploitation commerciale des animaux se limite à poser une clôture pour garder le bétail, personne ne protestera. Cela devient un problème lorsque cet espace individuel est trop confiné, ne laissant aucune liberté de mouvement.

Les méthodes d’élevage intensif doivent être limitées
Avons-nous le droit de poser des limites à l’élevage intensif ou, dans le cas où nous le faisons, empêchons-nous les propriétaires d’élevages intensifs de jouir de leur droit à la liberté ? Puisque nous avons déjà vu que la liberté jouait un rôle essentiel dans notre existence, nous pouvons simplement en conclure que même en ce qui concerne des espèces attractives en termes commerciaux, la liberté est un droit fondamental. Il faut insister sur le fait que ce n’est pas un plaidoyer pour avoir le droit de ne pas être mangé et de rester en vie. Rester en vie n’est même pas garanti dans la constitution pour les êtres humains. Nous ne faisons pas cela dans des circonstances extrêmes, comme la guerre ou l’autodéfense, nous voulons avoir le droit de tuer une autre personne si elle veut nous priver de notre liberté. Un individu, par exemple un végétarien, peut penser qu’un animal a le droit de ne pas être mangé par lui ou elle. Ce droit ne peut être forcé chez d’autres personnes.

L’élevage intensif devrait s’arrêter
Nous devons conclure que les droits constitutionnels des animaux de ces élevages ont été violés par l’extrême confinement de leur liberté de mouvement et l’impossibilité d’avoir un comportement normal. Dans les élevages intensifs et parfois en politique, le droit à la liberté est ignoré et balayé sous le tapis. Dans une société civilisée qui respecte les droits de base et essaie de les maintenir, on continuera à manger certains animaux mais avant de mourir, l’animal aura une vigne digne d’être vécue. Pour le gouvernement, cela signifie qu’il a le devoir moral d’abolir l’élevage intensif et de créer une forme d’élevage ou la liberté est la base du bien être des animaux.

Ce pour quoi nous ne plaidons pas
Ceci n’est pas non plus un plaidoyer pour des droits égaux pour les animaux et les humains. Il n’est pas nécessaire d’avoir à prouver que les animaux peuvent souffrir, avoir des sentiments, une conscience ou une valeur intrinsèque avant de prendre en considération leur droits fondamentaux. Ceci est un plaidoyer pour des droits égaux pour tous les animaux. Les droits des animaux ont la valeur d’une vie avant la mort d’un animal, comme les humains souhaitent une vie digne d’un humain.

Manger de viande issue de l’élevage intensif est mal
Pour le consommateur cela ne signifie pas que manger de viande est mal mais que manger de viande « contaminée » est mal. Vous êtes libres de choisir ce que vous mangez, mais si vous choisissez de manger de viande en provenance d’un élevage intensif, vous êtes alors aussi responsable de la continuation de la violation des droits constitutionnels des animaux.

Les animaux pensent-ils ?
« Dis-moi comment tu penses que l'animal pense et je te dirai comment tu penses »

Résumé : Le problème de la pensée animale a été abordé selon deux biais principaux par les philosophes grecs.
Certains ont cherché à repérer et à définir les différentes formes d'intelligence animale et les facultés que ces dernières impliquaient alors. Telle semble avoir été l'approche d'Aristote. D'autres philosophes ont considéré la question comme relevant principalement de la philosophie morale : quelle doit être l'attitude du sage s'il entend honorer les dieux ?

  • Soit les dieux n'ont pas accordé la raison aux animaux, et il n'existe aucune relation de justice entre eux et nous, ce qui entraîne que nous pouvons les manger à bon droit.

  • Soit les dieux leur ont accordé la raison, et nous devons les considérer comme nos frères, ce qui implique qu'ils possèdent des droits et que nous avons des devoirs.

Le sage devrait ainsi s'abstenir de manger des animaux puisqu'il s'agit d'êtres rationnels. Tel est le sens des arguments que Plutarque et Porphyre opposent aux stoïciens.

Socrate, Connais-toi toi-même

Le paradoxe socratique Il estime que la science et la vertu vont de pair et que la vertu est une question d’intelligence et de réflexion.
La volonté ne peut vouloir le mal et ce n’est que par une erreur de l’intelligence qu’elle se livre inconsciemment au mal.
L’ignorance est cause de la méchanceté. La sagesse se traduit en acte vertueux.

Et le bonheur vient de la pratique de la vertu qui est à elle-même sa propre récompense.
L’ordre dans le monde ne peut s’expliquer que par une intelligence supérieure.
Et il ajoutera que l’âme est au corps ce que le dieu est à l’univers.

Earthlings les Terriens histoire

Earthlings les Terriens est un documentaire de longueur de dispositif au sujet de la dépendance absolue de l'humanité à l'égard des animaux (pour les animaux familiers, la nourriture, l'habillement, le divertissement, et la recherche scientifique) mais illustre également notre irrévérence complète pour ces soi-disant fournisseurs non-humains. Le film est relaté par le dénommé Joaquin Phoenix de prix de l'Académie (Walk the line, Gladiator) et comporte la musique par l'artiste en critique acclamé platinum artist Moby.

Introduction

Avec une étude approfondie sur les magasins d'animaux familier, des moulins de chiot et des abris d'animaux, aussi bien que des fermes d'usine, le cuir et la fourrure commerce, des sports et des industries du spectacle, et finalement la profession médicale et scientifique, les Terriens emploie les appareils-photo cachés et avant longueur vue pour ne jamais faire la chronique des pratiques de jour en jour de certaines grandes industries au monde, des plus qui se fondent entièrement sur des animaux pour le bénéfice. Puissants, instructifs et qui mous fait réfléchir, les Terriens est de loin le documentaire le plus complet jamais produit sur la corrélation entre la nature, les animaux, et les intérêts économiques humains.

Earthlings Terriens document sous-titres Français 1h:35m
Earthlings/Terriens documentaire sur les animaux et les intérêts économiques du système des hommes
Exploitation Animale

La réalité de l'exploitation animale, qu'il s'agisse de célébrer de tradition sur l'animal, des animaux domestiques abandonnés, de la castration à vif des porcs ou encore du calvaire des animaux de cirque, toutes ces scènes sont notre conscience. Chaque personne qui estime que manger de la viande est un choix personnel devrait avoir le courage de regarder ce film pour considérer les actes barbares que cela implique. Un choix peut-il être qualifié de « personnel » quand il implique un autre être vivant et sensible ?

Manger des animaux est dangereux à tout point de vue

Le livre de la Genèse mais aussi d'autres textes mettent en évidence que l'homme n'était pas omnivore mais végétalien lors de sa création (c'est aussi une hypothèse scientifique sérieuse). La « viande » n'est assimilable par l'organisme humain que lorsqu'elle a commencée à se décomposer. Nous ne sommes pas des carnassiers, comme les vrais carnivores qui peuvent dévorer leurs proies vivantes. Aussi que la morphologie de l'humain est en tout point semblable à celle des herbivores (type d'estomac, longueur des intestins, forme de la mâchoire, dentition-canines de même taille que les autres dents) etc…

Terriens

Nous sommes tous des habitant(e)s de cette planète… qu'on le veille ou non, nous sommes tous des êtres ayant des désirs, des besoins, ressentant joies et peurs, plaisirs et souffrances. De quel droit tuer un autre animal serait-il un meurtre quand il est de la même espèce que nous (et de la même « caste », souvent) ; mais quand cet animal n'est pas de l'espèce humaine, cette question est reléguée dans la sphère du privé, justifié d'un laconique « c'est nécessaire, ce n'est pas grave, les humains d'abord ». Tuer un animal n'est pas un choix personnel, c'est un acte sale et condamnable, pour ne pas dire (spéciste).

De plus en plus, les gents amènent leurs enfants visiter les zoos, les enfants ont les explique comme les animaux vivent, et les enfants dans leur imagination sont enchantées de voir les animaux dans leur amours qu'ils nous montrent tan que êtres vivants.
Mais qui à l'idée, de aller passer un week-end aves les enfants pour visiter un abattoir et leurs expliquer comme les hommes tuent ces animaux des êtres vivant que auparavant on à puis voir dans les zoos.

On pourrait imaginer que les animaux dans les zoos ils possèdent une âme comme la notre.
Dans les abattoirs les animaux qu'auparavant on à vue dans les zoos, ces animaux il ont-il perdu leurs âmes, dans leurs transport, ne son plus des êtres, on les à converti dans une marchandise commerciale, c'est-à-dire ils non pas perdue leurs âmes ! Mais les hommes leur on vole pour les commercialiser, comme les canadiens ils volent leur fourrure 300.000 phoques tous les ans, un autre grand abattoir à ciel-ouvert pour les besoins de matière première et alimenter un marche de créateur de la MODE.

La Souffrance

La souffrance et la mort des animaux sont justifiées par le système qu'il fait passer les intérêts d'une espèce avant ceux de toutes les autres. certains peuvent manger de tout et d'autres son condamnées à mourir de faim, de la même manière que les racistes considèrent leurs intérêts comme supérieurs à ceux des autres « races ». Nous vivons dans une société de « la loi du plus fort ».
Les images de ce film : sont la réalité de notre société qu'il se dit « nous sommes des humains ». Et d'autres ils disent : « nous sommes de chrétiens » mais le plus souvent ils ne veulent pas voir en face les conséquences de leurs actes.

Tous les peuples et les hommes parlent de Dieu, mais qui et Dieu ?    Le Dieu des hommes ?
Où le Dieu de tout ceux qu'ils possèdent une vie dans ce monde, et dans d'autres mondes, que nous ne connaissons pas encore mais ils existent.

Les animaux ne sont pas nos frères, ils ne sont pas nos subordonnés, ils sont d'autres nations, attrapés avec nous dans le filet de la vie et du temps.

Nous vivons dans un monde cruel ou notre conscience et morte ! S'il vous reste-t-il encore un peut d'humanité, servez-vous-en pour regarder votre concience ou dans une glace, et vous verrez où commence le néant. Ne rêvez pas au paradis, il y n'a plus de place, les animaux ils l'on déjà prise, cela qu'il vous étaie destine, si vous croyez un Dieu, imaginez seulement un instant ce que vat-il vous dire Dieu quand regardera votre âme !

Les Religions

Les Religions dans ce monde ont crée les enfers, ils ont donne à Dieu l'image de l'homme, ils on crée de temples des statues, et d'autres hommes pour pardonner les péchés à d'autres hommes au non de Dieu. Les péchés des religions…[1] Mais quand ces hommes qui de religieux et ils fond de péchés, qui peut pardonner leurs péchés ?

Les grandes Religions sont riches et prospères, elles ont une influence politique et sociale considérable et leurs structures sont toujours hiérarchisées, c'est-a-dire un phénomène social et idéologique.

Les excès de la religion, chaque religion prétend détenir la vérité, forcément chacune tente de convertir les incroyants et de combattre l'influence plus ou moins néfaste des autres confessions. Dans certains cas, cela peut mener à la guerre, à des massacres ou tout simplement à l'intolérance culturelle. Les exemples de guerres inspirées par les religions sont nombreux.
Il est arrivé qu'on cherche à détruire ou à soumettre en esclavage des peuples entiers au nom d'une foi religieuse. ® Christophe Colomb devant l'histoire…

Encore aujourd'hui, le fanatisme, une forme spécialement virulente de foi, mène des groupes extrémistes à faire sauter des bombes dans les lieux publiques et à tuer des innocents. Dans ces cas, il faut remarquer que les religions sont toujours conjuguée avec la politique : une combinaison explosive !

La religion s'est longtemps opposée à la science. Ce n'est que tout récemment que l'Église catholique a reconnu son erreur dans le procès de Galilée ! Même si la religion ne s'oppose pas toujours à la science, elle prend souvent des formes naïves et superstitieuses, surtout parmi les populations peu éduquées. Alors se multiplient les « miracles », les guérisons « inexplicables en dehors de la foi », l'adoration de statuettes (idolâtrie) et autres attitudes semblables relevant de ce qu'il est convenu d'appeler la pensée magique.

Puisque nous habitons tous la Terre, nous sommes tous considérés de terriens. Les humains donc, n'étant pas la seule espèce sur la planète, partagent ce monde avec des millions d'autres êtres vivants, puisque nous y évoluons tous ensemble, mais souvent en traitant les autres terriens et êtres vivants comme de simples objets.

Le devoir de tout hommes ou femme, chaque-un de nous doit appende l'orientation qu'il faut donner à sa vie, se comporter comme des terriens, se connaître soit-mêmes, et comprendre ce que nous sommes que que de graines de poussière dans l'Univers, et comprendre que l'Univers et Dieu tout simplement.

Socrate disait : « Connais-toi toi-même » Le paradoxe socratique Il estime que la science et la vertu vont de pair et que la vertu est une question d’intelligence et de réflexion. La volonté ne peut vouloir le mal et ce n’est que par une erreur de l’intelligence qu’elle se livre inconsciemment au mal. L’ignorance est cause de la méchanceté.
La sagesse se traduit en acte vertueux et le bonheur vient de la pratique de la vertu qui est à elle-même sa propre récompense. L’ordre dans le monde ne peut s’expliquer que par une intelligence supérieure, et il ajoutera que l’âme est au corps ce que le Dieu est à l’Univers.

Notes
[1] ® Religions… D’après USA TODAY, le 28 février 2008, seulement aux États-Unis, près de 5 000 prêtres catholiques ont abusé sexuellement plus de 12 000 enfants. De nombreux évêques, il etaien 0au courant des abus, sont demeurés silencieux.
Ces prêtres et ces évêques n’ont pas été excommuniés par Rome. Mais les femmes appelées par Dieu et qui sont ordonnées pour servir le peuple de Dieu, ainsi que les prêtres et les évêques qui les appuient, sont excommuniés.

Earthlings est un documentaire long-métrage sur la dépendance absolue de l'humanité à l’égard des animaux (animaux de compagnie, nourriture, habillement, divertissement, et recherche scientifique) mais aussi sur l’irrespect total pour ceux qu’on peut aussi qualifier de « marchandise ». Le film est narré par Joaquin Phoenix (Gladiator) et la musique est celle du célèbre Moby. Avec une étude approfondie sur les magasins d’animaux de compagnie, les usines à chiot, les refuges pour animaux, mais aussi les manufactures de cuir et de fourrure, les industries de hobbies sportifs et les professions médicales et scientifiques, Earthlings utilise la caméra cachée et jamais auparavant on avait vu ces pratiques au jour le jour, d’une des plus grandes industries au monde, qui se fonde entièrement sur l’utilisation d’animaux pour faire du profit. Puissant, instructif et provoquant, Earthlings est de loin le documentaire le plus complet jamais produit sur la relation entre la nature, les animaux et les intérêts économiques des humains. On trouve beaucoup de films défendant cette cause, mais celui-ci dépasse tout. Telechargez le film à : ® veg-tv.info/Earthlings et ® Google video : Earthlings-Terriens | Sous-Titres Français

Lettre ouverte à M. Le Premier Ministre du Canada


Les mots sont durs et les phrases violentes, mais jamais autant que les faits qu'ils dénoncent. FX

Monsieur Le Premier Ministre du Canada,

Je constate une nouvelle fois qu´un comportement barbare, le massacre des bébés phoques, pratique héritée d´un autre âge, se perpétue toujours dans votre magnifique pays. Comment pouvez-vous accepter qu´il existe encore de telles pratiques vicieuses et continuez-vous à autoriser – et favoriser !
La barbarie pour de sordides raisons financières et partisanes ?

Vous prétendez être à la tête d´un pays civilisé, moderne, conscient des responsabilités que l´homme doit assumer pour tenter de préserver notre environnement, mais vous démontrez que vous préférez le manque de courage à la force de caractère, les groupuscules d´influence à l´opinion du plus grand nombre, la mort à la vie : au lieu de donner l´exemple d´un gouvernement tolérant, magnanime, compréhensif et sûr de ses compétences et de son autorité, capable de reconnaître le bien du mal et de faire appliquer et respecter le bon droit, de donner l´exemple aux futures générations en s´engageant dans la seule marche à suivre pour permettre à l´humanité, à la faune et à la flore de survivre sur notre planète, de soutenir le droit de vivre libre et heureux y compris lorsqu´on est un bébé phoque, au lieu de cela, vous choisissez clairement de vous mettre à dos l´opinion mondiale et mettez votre pays au banc des accusés pour votre comportement terrifiant vis-à-vis de la nature et des animaux.

Ma famille, mes amis, mes relations et mes collègues de travail sont tellement choqués et dégoûtés par votre attitude passéiste que nous nous demandons si votre pays est encore un superbe état et une grande démocratie. Vous pouvez compter sur moi, Monsieur Le Premier Ministre, pour retenir l´attention de toutes ces personnes (et davantage encore croyez en ma petite et efficace influence) pour qu´elles manifestent, d´une manière ou d´une autre mais de façon ferme, légale et certaine, leur rejet et leur dégoût face à votre désinvolture. La conviction de défendre une cause juste et urgente engendre bien des débordements et il vous faudra certainement à terme en prendre conscience, surtout, à en tenir compte et à rectifier le tir. Mais combien d´innocentes et paisibles créatures éventrées et massacrées entre-temps ?

Monsieur Le Premier Ministre, je pense sérieusement que le maintien de la chasse aux phoques au Canada engendrera pour vous et votre gouvernement, et donc pour le pays tout entier (y compris le Québec bien entendu), de graves et sérieuses répercussions publicitaires, économiques, financières.
Voilà bien des arguments que vous entendrez peut-être dans la seule loi que vous respectez, celle de « l´économie », en clair, celle du fric et des intérêts particuliers. Les pratiques ancestrales de certaines communautés ne sont plus de mise aujourd´hui, sinon pourquoi avoir aboli les privilèges, supprimé la guillotine, l´échafaud, l´écartèlement, le bûcher, la lapidation, la crucifixion ? C´était aussi des traditions bien ancrées dans la vie quotidienne des populations locales, paradoxalement des familles entières en dépendaient pour survivre, ces pratiques-là avaient aussi leurs farouches partisans…
Mais grâce aux détracteurs et c´est heureux, la Révolution est passée par là… L´espoir n´est donc peut-être pas tout à fait mort en ce qui nous concerne.

Monsieur Le Premier Ministre, pourquoi avoir envoyé des canadiens sur les plages de Normandie pour libérer la France, l´Europe, le monde du joug ignoble du nazisme pour laisser la place à une autre forme de barbarie tout aussi ignoble, un nouveau massacre d´innocents fussent-ils animaux ?
Oui, j´ose comparer le comportement d´un homme capable de prendre sans remords un crochet pour l´enfoncer dans le crâne d´un bébé phoque apeuré en le regardant droit dans les yeux, avec la délectation de l´officier nazi qui invitait hypocritement le déporté à prendre sa douche : « c´est pour votre bien » lui disait-il… Oui, j´ose comparer le laisser-faire de votre gouvernement, vos positions sur la question et les raisons que vous développez lamentablement pour tenter de justifier votre surdité face aux cris de révolte de la population, avec l´indifférence et la négligence bienveillante et assassine des dirigeants dupés qui ne voyaient que les promesses idylliques d´un monde meilleur proférées par un certain dictateur assassin pourtant si affectueux avec les chères têtes blondes qu´il prenait tendrement dans ses bras…

Oui, les démarches sont similaires car elles reposent sur un même calcul froid et dénué de tout sentiment, à savoir, utiliser tous les prétextes pour légitimer la violence et l´agression, comportements issus d´esprits pour le moins déformés, malades et corrompus. Autoriser toute forme de tuerie, fermer les yeux ou détourner son attention devant l´injustice rend coupable de crime et amène un jour ou l´autre le jugement des braves.
Le monde vous regarde et sanctionne votre comportement, Monsieur Le Premier Ministre, bien plus que vous pouvez l´imaginer.
Cela aussi vous laisse t-il indifférent ?

Monsieur le Premier Ministre, mon pays La France n´a aucune leçon à donner au reste du monde : la tauromachie, qui n´est qu´un spectacle d´abattage légal dont quantité d´hommes, de femmes et d´enfants se délectent ; l´utilisation de filets de pêche non conformes ; les élevages en batterie ; la poignée de loups qui perturbe le berger (auquel on devrait donner les moyens de s´équiper en chiens et en personnel de surveillance) ; le dauphin qui dérange le vacancier (!) et autres exemples, minimisent l´impact de mon présent courrier revendicatif.

Je suis si peu de chose comparé aux décisions des dirigeants des grandes puissances, uniques détenteurs semble t-il du « savoir quoi faire » et du privilège de « défense des intérêts nationaux » … Mais les problèmes actuels et à venir sont mondiaux, ceux qui ne l´ont pas compris continueront à pratiquer le nombrilisme et subiront de toute façon le même triste sort que l´humanité toute entière, celui que nous prépare la nature vengeresse. Êtes-vous de ceux qui pratiquent la masturbation intellectuelle, Monsieur le Premier Ministre, ou êtes-vous vraiment intelligent, capable de raisonner par vous-même et pouvez-vous faire preuve d´un peu de courage politique en vous détachant des pressions de toutes sortes ?

Mais réagissez donc une fois dans votre vie pour la bonne cause, ouvrez donc les yeux : la chasse aux phoques doit être interdite !

Je ne me fais évidemment aucune illusion sur le devenir de cette lettre que vous ne lirez sans doute jamais, Monsieur Le Premier Ministre. Mais il s´agit pour l´heure de l´image de marque et de la réputation de votre beau pays qui fondent plus vite que la banquise au soleil et je me demande, compte tenu de votre manque d´humanité et de compassion face aux victimes de la sauvagerie des bourreaux, comment vous traitez les membres de votre famille et vos amis…

Compte tenu du peu de considération que vous manifestez pour le maintien de la vie en général et l´établissement d´une vie paisible pour les phoques en particulier, vous me semblez vraiment dénué de tout sentiment digne d´un être humain du 21ème siècle.
J´ai honte pour vos électeurs, je pleure sur le sort que vous réservez aux bébés phoque et je n´ai que peu de pitié pour votre lâcheté car si vous défendiez votre position avec conviction, j´aimerais vous voir prendre une pioche et taper avec acharnement sur la tête d´un bébé phoque.

Pourriez-vous le faire sans relent du coeur devant vos enfants ou petits-enfants, devant les caméras ou en catimini ?

Êtes vous bien de ceux-là ou êtes-vous un simple complice, un partisan passif, le spectateur méprisant, car si tel est le cas alors j´ai honte pour vous, j´ai honte pour votre statut d´homme. Vous en êtes indigne.
Veuillez ne pas agréer, Monsieur Le Premier Ministre, l´expression de ma considération distinguée.


Libération Animale 1 2 3 4 5 6 7 8 9

Le Mouvement de libération animale sa philosophie, ses réalisations, son avenir
(The Animal Liberation Movement) L’égalité animale expliquée aux humain-es

Peter Singer.
Des milliards d'animaux sont tués chaque année en France, sous le simple prétexte de traditions culinaires. Pourtant, puisque tous les animaux, humain-es ou non, peuvent souffrir et veulent l'éviter, ne serait-il pas juste de considérer également leurs intérêts à vivre et à vivre bien ?
Cette égalité ne doit-elle pas concerner l'ensemble des être sensibles ?

Peter Singer enseigne la bioéthique à l'Université de Princeton (Etats-Unis), philosophe de renommée internationale, il a donné, avec l'ouvrage Animal Liberation (1975), les bases théoriques du mouvement de libération animale : sa philosophie, ses réalisations, son avenir fondateur du mouvement antispéciste, qui remet en cause la domination de l'homme sur les animaux non humains en se basant notamment sur ce principe : La question n'est pas « peuvent-ils raisonner ? » ni « peuvent-ils parler ? » mais « peuvent-ils souffrir ? ».

Le Mouvement de libération animale, ce livre est paru en février 2000, Réédition actualisée en 2007, ISBN 978-2-912631-13-8. (Web source)
Texte intégral de la version parue en 2000 (sur le site des cahiers antispécistes).

Le Mouvement de libération animale
Peter Singer (premièr parution:1993)
Mis en ligne le 6 avril 2004
Thèmes : Antispécisme, végétarisme
Formats : (HTML)? (PDF,195.5 ko)? (web)?
Sur l’auteur

Peter Singer est professeur de philosophie et directeur actuel du Centre for Human Bioethics à Monash University, Melbourne, Australie. Né en 1946 à Melbourne de parents autrichiens ayant fui le nazisme, il fit ses études de philosophie à Melbourne University et à Oxford University (Royaume-Uni), où il se spécialisa dans l’éthique et dans la philosophie politique. Il a enseigné à University College à Oxford, à New York University, à University of Colorado à Boulder, et à University of California à Irvine.
Ce fut la publication en 1975 de son Animal Liberation - A New Ethics for our Treatment of Animals (traduction française La Libération animale, Éd. Grasset, 1992), qui le fit connaître du grand public. Souvent qualifié de « Bible du mouvement de libération animale », cet ouvrage énonçait dans un langage simple et clair les bases théoriques et pratiques en rupture avec le point de vue paternaliste des organisations traditionnelles de défense des animaux.

Propos de l’éditeur

Cela fait maintenant seize ans qu’est parue la première édition de La Libération animale de Peter Singer ; et depuis cette époque, le mouvement de libération animale n’a cessé de se développer, dans les pays de langue anglaise, puis au Japon, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Italie et dans les pays scandinaves. En Angleterre, une personne sur quinze ne mange plus de viande, et, parmi les jeunes, près de la moitié des adolescents déclarent qu’ils n’en mangeraient plus, s’ils en avaient la possibilité. Dans ces pays, ce mouvement de libération est devenu un débat public et une lutte, au même titre que d’autres mouvements de libération qui l’ont précédé, les mouvements des Noirs ou des femmes - dont il s’inspire, tant au niveau des principes théoriques qu’au niveau des méthodes d’action non violentes, légales ou illégales, ayant pour but d’aider les victimes et de convaincre le public. Et tout comme les mouvements antiracistes et antisexistes, le mouvement antispéciste non seulement se fonde sur une pensée rationnelle, mais correspond à l’irruption de la pensée rationnelle dans un domaine où l’évidence de comportements séculaires semblait à jamais pouvoir remplacer la rationalité ; et il correspond également à l’espoir que, malgré les grandes difficultés, la pensée rationnelle et l’éthique pourront l’emporter sur les préjugés et l’égoïsme.

Deux mots :
  • Animal : Peter Singer, comme la plupart des auteurs du mouvement de libération animale, désigne souvent par « animaux » les animaux y compris les êtres humains. Ceci est conforme aux enseignements de la biologie la plus élémentaire, mais contraire à l’usage courant, qui réunit sous un même mot des êtres aussi différents que les huîtres et les chimpanzés, tout en séparant radicalement ces derniers des humains.
    L’usage habituel est néanmoins parfois retenu pour éviter les lourdeurs.
  • Spécisme : ce terme n’est pas encore entré dans l’usage courant en français comme le sont racisme et sexisme. On peut définir le spécisme comme la priorité systématique accordée à la satisfaction des intérêts des membres de l’espèce humaine, ou comme l’opinion selon laquelle l’espèce à laquelle appartient un être serait en elle-même une caractéristique moralement pertinente. Néanmoins, plus qu’une simple opinion, le spécisme est, tout comme le racisme et le sexisme, un fait culturel profondément enraciné, qui exige pour être combattu, comme le dit Peter Singer, un véritable travail de retournement de point de vue.
    Lyon, mai 1991.
Le Mouvement de libération animale
Introduction

La question n’est pas : peuvent-ils raisonner ? ni : peuvent-ils parler ? mais : peuvent-ils souffrir ?
Jeremy Bentham (1748 - 1832)

Au cours de ces dernières années, le public a progressivement pris conscience de l’existence d’une nouvelle cause : celle de la libération animale. Ce fut d’abord par des articles de journaux, souvent du genre « ils ne savent plus quoi inventer » ; puis les caméras de télévision portèrent dans des millions de foyers l’image de marches et de manifestations dirigées contre l’élevage industriel, contre l’expérimentation animale ou la chasse au phoque au Canada. Vinrent enfin les actes illégaux : les slogans couvrant les magasins de fourrure, et les visites clandestines dans des laboratoires et les animaux sauvés. Quelles sont les idées qui inspirent le mouvement de libération animale ? Vers quoi se dirige-t-il ? C’est à ces question que je tente de répondre ici.

Il peut être bon de commencer par un peu d’histoire, pour mettre le mouvement de libération animale en perspective. La prise en compte de la souffrance des animaux est présente dans la pensée hindoue, et la compassion est pour le bouddhisme une notion universelle qui s’applique aussi bien aux animaux qu’aux humains. Mais il n’existe rien de tel dans nos traditions occidentales. Il y a bien quelques lois dans l’Ancien Testament qui témoignent d’une certaine préoccupation pour le bien-être des animaux, mais il n’y a rien du tout dans ce sens dans le Nouveau Testament, ni dans les courants de pensée principaux qui représentèrent le christianisme pendant ses premiers dix-huit siècles.

Paul rejeta dédaigneusement l’idée que Dieu eût pu se préoccuper du bien-être des boeufs, et Augustin interpréta l’histoire biblique des porcs de Gadarène, selon laquelle Jésus expédia des démons dans un troupeau de cochons qui se jetèrent alors dans la mer et s’y noyèrent, comme signifiant que nous n’avons aucun devoir envers les animaux. Cette interprétation fut admise par Thomas d’Aquin, qui déclara que la seule objection possible à la cruauté envers les animaux était qu’elle pouvait favoriser la cruauté envers les humains - car selon lui, il n’y avait rien de mal en soi à faire souffrir les animaux. Ceci devint le point de vue officiel de l’Eglise Catholique Romaine, tant et si bien (ou si mal) que, encore au milieu du dix-neuvième siècle, le Pape Pie IX refusa d’autoriser la création d’une société pour la prévention de la cruauté envers les animaux, parce qu’une telle autorisation eût impliqué que les êtres humains ont des devoirs envers les créatures inférieures.

Même en Angleterre, dont les habitants ont la réputation d’être fous des animaux, les premiers efforts pour obtenir une protection légale pour les membres d’autres espèces que l’espèce humaine datent de moins de deux siècles. Ils furent accueillis par la dérision. The Times était à tel point incapable de concevoir que la souffrance des animaux fût quelque chose à empêcher, qu’il déclara à l’encontre d’une proposition de loi pour interdire le « sport » de bull-baiting (activité consistant à faire attaquer et mettre à mort un taureau par des chiens) : « Est tyrannie tout ce qui interfère avec l’usage privé et personnel que l’homme fait de son temps et de sa propriété. » Les animaux, pour cet auguste journal, n’étaient clairement que propriété.

C’était en 1800, et cette proposition de loi fut repoussée. Il fallut encore vingt ans avant que n’entrât dans la législation britannique le premier texte s’opposant à la cruauté. La prise en compte, aussi limitée fût-elle, des intérêts des animaux, représentait un pas en avant significatif comparé au point de vue selon lequel les frontières de notre espèce traceraient les frontières de la moralité. Néanmoins, ce pas en avant était limité, car il ne remettait pas en cause notre droit de faire des autres espèces tout usage à notre convenance. Seuls étaient interdits les actes de cruauté - c’est-à-dire ceux qui font souffrir sans raison, par pur sadisme ou par indifférence grossière. Les éleveurs qui refusent à leurs cochons la place qui leur est nécessaire pour se mouvoir ne commettent pas d’acte cruel, selon ce point de vue, car ils ne font que ce qu’ils estiment devoir faire pour produire du bacon. De même, les chercheurs qui empoisonnent cent rats avec un quelconque nouvel aromatisant pour dentifrice, dans le but d’en déterminer la dose létale, ne sont pas cruels - ils se soucient seulement de se conformer aux procédures reconnues pour déterminer l’innocuité des nouveaux produits.

Le mouvement contre la cruauté du siècle dernier était fondé sur le présupposé que les intérêts des animaux non-humains ne méritent protection que quand aucun intérêt humain sérieux n’est en cause. Dans cet esprit , les animaux restent très clairement des « créatures inférieures », et les êtres humains tout-à-fait à part et infiniment au-dessus de toutes les formes de vie animale. Pour peu qu’il y eût conflit entre nos intérêts et les leurs, il ne pouvait y avoir de doute quant à ceux qui devaient céder : dans tous les cas, ce sont les intérêts des animaux qui étaient sacrifiés.
C’est la remise en question de ce présupposé qui donne son sens et son importance au nouveau mouvement de libération animale.

La thèse de l’égalité animale

Ces dernières années, un certain nombre de groupes opprimés ont mené des campagnes vigoureuses pour conquérir l’égalité. L’exemple classique est le mouvement de libération des Noirs, qui réclame la fin des préjugés et discriminations qui ont fait des Noirs des citoyens de seconde catégorie. L’attrait immédiat que ce mouvement a exercé, ainsi que le succès initial, bien que limité, qu’il eut, en ont fait un modèle pour d’autres groupes opprimés. On vit alors apparaître les mouvements de libération des Américains du Nord hispaniques, des homosexuels, et de diverses autres minorités. Quand un groupe majoritaire - celui des femmes - se mit en campagne, certains pensèrent qu’on était arrivé à la fin du chemin. Il a été dit que la discrimination sexuelle était la dernière forme de discrimination universellement acceptée et ouvertement pratiquée, y compris dans ces milieux progressistes qui, longtemps, se sont vantés de leur absence de préjugés à l’encontre des minorités raciales.

Il vaut mieux toujours se garder de parler de « dernière forme de discrimination ». S’il n’y avait qu’une seule chose à retenir des mouvements de libération, ce devrait être la difficulté qu’il y a à prendre conscience des préjugés cachés que peuvent receler nos attitudes envers des groupes particuliers, tant que ces préjugés ne nous sont pas mis sous les yeux par la force.

Un mouvement de libération implique un élargissement de notre horizon moral, ainsi qu’une extension, ou une réinterprétation, du principe moral fondamental d’égalité. Des pratiques antérieurement considérées comme naturelles et inévitables en viennent alors à apparaître comme étant le résultat de préjugés injustifiables. Qui peut dire en toute certitude qu’aucune de ses attitudes et pratiques ne peut être légitimement remise en question ?

Si nous voulons éviter de nous compter du nombre des oppresseurs, nous devons être prêts à repenser jusqu’à nos attitudes les plus fondamentales. Nous devons les envisager du point de vue où sont placés ceux que ces attitudes, et les pratiques qui en découlent, désavantagent le plus. Si nous sommes capables de cet inhabituel retournement de point de vue, nous découvrirons peut-être alors à la base de ces attitudes et pratiques une constante, un leitmotiv, ayant pour effet systématique de servir les intérêts du même groupe - en général, il s’agira du groupe auquel nous appartenons nous-mêmes - aux dépens des intérêts d’un autre. Et ainsi, nous réaliserons peut-être que se justifie un nouveau mouvement de libération. Le but des militants de la libération animale est de nous inciter à opérer ce retournement mental dans le regard que nous portons sur nos attitudes et pratiques envers un très grand groupe d’êtres : envers les membres des espèces autres que la nôtre. En d’autres termes, ces militants réclament que nous étendions aux autres espèces ce même principe fondamental d’égalité que la plupart d’entre nous acceptons de voir appliquer à tous les membres de notre espèce.

Une telle extension est-elle vraiment plausible ? Est-il possible de prendre vraiment au sérieux le slogan de La ferme des animaux de George Orwell : « Tous les animaux sont égaux » ?

Il est bon de commencer par examiner la thèse familière selon laquelle tous les humains sont égaux. Lorsque nous disons que tous les êtres humains, quels que soit leur race, leur croyance ou leur sexe, sont égaux, qu’entendons-nous par là ? Ceux qui désirent défendre une société hiérarchique et inégalitaire ont souvent mis en avant que, quel que soit le critère retenu, il reste parfaitement faux de dire que tous les humains sont égaux. Que cela nous plaise ou non, nous devons faire face au fait que les humains existent dans des tailles et des formes différentes, viennent avec des capacités morales différentes, des capacités intellectuelles différentes, des quantités différentes de sentiments bienveillants et de sensibilité envers les besoins des autres, des aptitudes différentes à communiquer efficacement, et des susceptibilités différentes à ressentir le plaisir et la douleur.

En bref, si l’exigence d’égalité devait être basée sur l’égalité de fait de tous les êtres humains, nous devrions cesser d’exiger l’égalité. Car cette exigence serait injustifiable.

Fort heureusement, la revendication de l’égalité des êtres humains ne dépend pas de l’égalité de leur intelligence, capacité morale, force physique, ou de tout autre fait particulier de ce genre. L’égalité est une notion morale, et non une simple affirmation de faits. Il n’y a pas de raison logique qui impose de faire découler d’une différence de fait dans les capacités que possèdent deux personnes une différence quelconque dans la quantité de considération que nous devons porter à la satisfaction de leurs besoins et intérêts. Le principe d’égalité entre les humains n’est pas l’affirmation d’une hypothétique égalité de fait ; il est une prescription portant sur la manière dont nous devrions traiter les humains.

Jeremy Bentham intégra dans son système éthique la base essentielle du principe d’égalité morale au travers de la formule : « Chacun compte pour un et nul ne compte pour plus d’un. » En d’autres termes, tous les intérêts susceptibles d’être affectés par un acte doivent être pris en compte, quel que soit l’être dont ce sont les intérêts, avec le même poids que le sont les intérêts semblables de tout autre être.

Il découle de ce principe d’égalité que la préoccupation que nous devons avoir pour les autres êtres, la disposition que nous devons avoir à prendre en compte leurs intérêts, ne devraient pas dépendre des caractéristiques ou aptitudes de ces êtres - bien que les décisions exactes que cette préoccupation implique que nous devons prendre puissent, elles, dépendre des caractéristiques des êtres qui en seront affectés. C’est sur cette base que doit reposer, en dernière analyse, la réfutation du racisme, tout comme celle du sexisme ; et c’est en fonction de ce principe que le spécisme doit lui aussi être condamné.

Si le fait pour un humain de posséder un degré d’intelligence plus élevé qu’un autre ne justifie pas qu’il se serve de cet autre comme moyen pour ses fins, comment cela pourrait-il justifier qu’un humain exploite des êtres non humains ?

Beaucoup de philosophes ont proposé comme principe moral fondamental l’égalité de considération des intérêts, sous une forme ou une autre ; mais peu d’entre eux ont reconnu que ce principe s’applique aussi bien aux membres des autres espèces qu’à ceux de la nôtre. Bentham fut parmi les rares qui virent cela. Dans un passage tourné vers l’avenir, datant d’une époque où les esclaves noirs étaient encore traités dans les colonies britanniques à peu près comme nous traitons aujourd’hui les animaux non humains, Bentham déclara :

Le jour viendra peut-être où le reste de la création animale obtiendra ces droits que seule la main de la tyrannie a pu lui refuser. Les Français ont déjà découvert que la noirceur de la peau n’est en rien une raison pour qu’un être humain soit abandonné sans recours aux caprices d’un bourreau. On reconnaîtra peut-être un jour que le nombre de pattes, la pilosité de la peau, ou la façon dont se termine le sacrum sont des raisons tout aussi insuffisantes pour abandonner un être sensible à ce même sort. Et quel autre critère devrait-on prendre pour tracer la ligne infranchissable ? Est-ce la faculté de raisonner, ou peut-être la faculté de discourir ? Mais un cheval ou un chien adultes sont incomparablement plus rationnels, et aussi ont plus de conversation, qu’un nourrisson d’un jour, d’une semaine ou même d’un mois. Et s’il en était autrement, qu’est-ce que cela changerait ?

La question n’est pas : « Peuvent-ils raisonner ? », ni : « Peuvent-ils parler ? », mais : « Peuvent-ils souffrir ? »

Dans ce passage, Bentham désigne comme caractéristique essentielle devant déterminer si un être a ou non droit à l’égalité de considération des intérêts, sa capacité à souffrir. Cette capacité - ou, plus rigoureusement, la capacité à souffrir et/ou à éprouver du plaisir ou du bonheur - n’est pas une simple caractéristique comme une autre, comparable à la capacité à parler ou à comprendre les mathématiques supérieures. Ce que dit Bentham n’est pas que ceux qui tentent de tracer cette « ligne infranchissable » devant déterminer si les intérêts d’un être sont à prendre en compte, se sont simplement trompés de caractéristique. La capacité à souffrir ou à éprouver du plaisir est une condition nécessaire pour avoir un intérêt quel qu’il soit au départ, elle est une condition qui doit être remplie faute de quoi cela n’a aucun sens de parler d’intérêts. Cela n’a aucun sens de dire qu’il est contraire aux intérêts d’une pierre de recevoir le coup de pied d’un enfant. Une pierre n’a pas d’intérêts, parce qu’elle ne peut pas souffrir. Rien de ce que nous pouvons faire ne peut avoir de conséquence pour son bien-être. Une souris, au contraire, a un intérêt à ne pas être tourmentée, parce que si on la tourmente, elle souffrira.

Si un être souffre, il ne peut y avoir de justification morale pour refuser de tenir compte de cette souffrance. Quelle que soit la nature de l’être qui souffre, le principe d’égalité exige que sa souffrance soit prise en compte autant qu’une souffrance similaire - pour autant que des comparaisons grossières soient possibles - de tout autre être. Dans le cas où un être n’est pas capable de souffrir, ou de ressentir de la joie ou du bonheur, il n’y a rien à prendre en compte. C’est pourquoi c’est la sensibilité (pour employer cette expression courte, mais légèrement inexacte, pour parler de la capacité à souffrir et/ou à ressentir le plaisir) qui seule est capable de fournir un critère défendable pour déterminer où doit s’arrêter la prise en compte des intérêts des autres. Limiter cette prise en compte selon tout autre critère, comme l’intelligence ou la rationalité, serait la limiter de façon arbitraire - pourquoi choisir tel critère plutôt qu’un autre, comme la couleur de la peau ?

Les racistes violent le principe d’égalité en accordant plus de poids aux intérêts des membres de leur propre race, quand ces intérêts sont en conflit avec ceux des membres d’une autre race. De même, les spécistes permettent aux intérêts des membres de leur propre espèce de l’emporter face à des intérêts supérieurs des membres d’autres espèces.

L’égalité de considération des intérêts

Si la thèse de l’égalité animale est fondée, quelles en sont les conséquences ? Cette thèse n’implique pas, bien évidemment, qu’il faille accorder aux animaux tous les droits que nous estimons devoir accorder aux humains - par exemple, le droit de vote. La thèse de l’égalité animale défend l’égalité de considération des intérêts, et non l’égalité des droits. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement en pratique ? Il faut ici entrer un peu dans le détail.

Si je gifle vigoureusement un cheval sur son flanc, il sursautera peut-être, mais on peut supposer que sa douleur sera faible. Sa peau est assez épaisse pour le protéger d’une simple gifle. Si par contre je gifle un bébé avec la même force, celui-ci pleurera et sans doute souffrira, sa peau étant plus sensible. Il s’ensuit qu’il est plus grave de gifler un bébé qu’un cheval, si les deux gifles sont de même force. Il doit néanmoins y avoir une façon de frapper un cheval - je ne sais pas exactement laquelle, peut-être avec un gros bâton - qui lui occasionnera autant de douleur qu’en occasionne une gifle à un enfant.

C’est là ce que j’entends par « même quantité de douleur » ; et si nous considérons qu’il est mal d’infliger sans raison valable cette quantité de douleur à un enfant, alors nous devons, si nous ne sommes pas spécistes, considérer comme tout aussi mal d’infliger sans raison valable la même quantité de douleur à un cheval.

Entre les humains et les animaux il y a encore d’autres différences, qui seront cause d’autres complications. Les humains adultes normaux ont des capacités mentales qui, dans certaines circonstances, les amèneront à souffrir plus que ne souffriraient des animaux placés dans les mêmes circonstances. Si, par exemple, nous décidons d’effectuer des expériences scientifiques extrêmement douloureuses ou mortelles sur des adultes humains normaux, kidnappés à cette fin au hasard dans les jardins publics, alors tout adulte entrant dans un jardin public ressentirait la peur d’être kidnappé. Cette terreur représenterait une souffrance supplémentaire s’ajoutant à la douleur de l’expérience.

La même expérience effectuée sur des animaux non humains causerait moins de souffrance, puisqu’eux ne ressentiraient pas la peur due à l’anticipation de la capture et de l’expérience à subir. Cela ne justifie pas, bien entendu, le fait lui-même d’effectuer l’expérience sur des animaux, mais implique seulement qu’il existe une raison non spéciste pour préférer utiliser des animaux plutôt que des adultes humains normaux, si tant est au départ que l’expérience soit à faire. Il faut remarquer, néanmoins, que ce même argument nous donne aussi une raison de préférer, pour faire des expériences, à l’emploi d’humains adultes normaux l’emploi de nourrissons humains - orphelins, par exemple - ou d’humains mentalement retardés, puisqu’eux non plus n’auraient aucune idée de ce qui les attend.

Pour tout ce qui dépend de cet argument, les animaux non humains, les nourrissons humains et les débiles mentaux humains sont dans la même catégorie ; et si cet argument nous sert à justifier l’expérimentation sur des animaux non humains, nous devons nous demander si nous sommes aussi prêts à permettre l’expérimentation sur des nourrissons humains et sur des adultes handicapés mentaux. Et si nous distinguons ces derniers des animaux, sur quelle base pouvons-nous justifier cette discrimination, si ce n’est par une préférence cynique, et moralement indéfendable, en faveur des membres de notre propre espèce ?

Il y a de nombreux domaines dans lesquels les aptitudes mentales supérieures de l’adulte humain normal - ses capacités à anticiper, à se souvenir de façon plus détaillée, à mieux savoir ce qui se passe, et ainsi de suite - font une différence. Mais celle-ci ne va pas toujours dans le sens d’une souffrance plus grande pour l’être humain normal. Il arrive parfois au contraire que la compréhension limitée qu’ont les animaux puisse augmenter leur souffrance.

Si nous capturons un humain, par exemple un prisonnier au cours d’une guerre, nous pouvons lui expliquer qu’il devra subir la capture, la fouille et la détention, mais qu’il ne lui sera fait aucun mal par ailleurs, et qu’il sera libéré à la fin des hostilités. Si par contre nous capturons un animal sauvage, nous ne pouvons pas lui expliquer que nous ne menaçons pas sa vie. Un animal sauvage ne peut pas distinguer une tentative de le tuer d’une tentative de le maîtriser et de le détenir ; sa terreur sera donc aussi grande dans un cas que dans l’autre.

On peut objecter qu’il est impossible de faire des comparaisons entre les souffrances ressenties par des membres d’espèces différente, et que, par conséquent, quand il y a conflit entre les intérêts des animaux et ceux des êtres humains, le principe d’égalité ne peut nous guider. Il est sans doute effectivement impossible de comparer avec précision la souffrance de membres d’espèces différentes ; mais la précision n’est pas essentielle.

Même si nous ne devions cesser de faire souffrir les animaux que dans les cas où il est tout-à-fait certain que les intérêts des êtres humains n’en seront pas affectés dans une mesure comparable à celle où sont affectés les intérêts des animaux, nous serions obligés d’apporter des changements radicaux dans la façon dont nous les traitons - lesquels changements concerneraient notre régime alimentaire, les méthodes employées en agriculture, les procédures expérimentales utilisées dans de nombreux domaines scientifiques, notre attitude envers la faune sauvage et la chasse, le piégeage des animaux et le port de la fourrure, ainsi que des domaines récréatifs comme les cirques, les rodéos et les zoos. Et ainsi serait évitée une quantité énorme de souffrance.

Est-ce aussi un problème que de tuer ?

Jusqu’à présent j’ai beaucoup parlé du fait d’infliger de la souffrance aux animaux, mais je n’ai rien dit concernant le fait de les tuer. Cette omission est délibérée. L’application du principe d’égalité au fait de faire souffrir est assez directe, du moins en théorie. La douleur et la souffrance sont des choses mauvaises, qui doivent être prévenues ou minimisées quels que soient la race, le sexe ou l’espèce de l’être qui les ressent. La douleur est d’autant plus mauvaise qu’elle est plus intense et qu’elle dure plus longtemps, mais une grandeur donnée de douleur est aussi mauvaise quelle que soit l’espèce.

Alors que des caractéristiques comme la conscience de soi, l’intelligence, la capacité à entretenir des relations significatives avec les autres, et ainsi de suite, ne sont pas pertinentes par rapport à la question de la douleur - puisque la douleur est de la douleur, quelles que soient les capacités de l’être qui la ressent, dès lors qu’il possède la capacité à la ressentir -, ces caractéristiques peuvent au contraire être pertinentes en ce qui concerne le problème de tuer. Il n’est pas arbitraire de dire que la vie d’un être conscient de lui-même, capable de penser abstraitement, d’élaborer des projets d’avenir, de communiquer de façon complexe, et ainsi de suite, a plus de valeur que la vie d’un être qui n’a pas ces capacités.

Pour bien saisir la différence qui existe entre la question de la douleur et celle de tuer, nous pouvons considérer comment nous choisirions dans des cas concernant des membres de notre propre espèce. Si nous devions choisir entre sauver la vie, soit d’un être humain normal, soit d’un être humain handicapé mental,nous choisirions probablement celle de l’humain normal ; mais si nous devions choisir entre faire cesser la souffrance, soit d’un humain normal, soit d’un humain handicapé - si par exemple tous deux souffrent de blessures superficielles mais douloureuses, sans que nous ayons assez d’analgésique pour les deux - il est beaucoup moins clair quel devrait être notre choix. La même conclusion vaut encore quand nous considérons des êtres appartenant à d’autres espèces. La valeur négative de la douleur est en elle-même indépendante des autres caractéristiques de l’être qui ressent cette douleur ; la valeur de la vie, au contraire, est affectée par ces autres caractéristiques.

Cela signifiera en général que si nous devons choisir entre la vie d’un être humain et celle d’un autre animal, nous devons choisir de sauver celle de l’humain ; mais il peut aussi y avoir des cas particuliers où le contraire sera vrai, quand l’être humain en question ne possède pas les capacités d’un être humain normal. Une telle position n’est pas spéciste, bien qu’elle puisse le paraître à première vue.

La préférence pour la vie d’un être humain normal sur celle d’un animal - dans les cas où ce choix se pose - se fonde surlescaractéristiquesque cet être humain normal possède réellement, et non sursa simple appartenance à notre espèce. C’est pourquoi lorsqu’il s’agit des membres de notre espèce qui n’ont pas les caractéristiques normales d’un être humain, nous ne pouvons plus affirmer que leurs vies sont toujours à préférer à celles d’autres animaux.

En pratique, néanmoins, la question de savoir exactement quand il est injustifié de tuer (sans souffrance) un animal est une question à laquelle il n’est pas nécessaire de répondre précisément. Aussi longtemps que nous gardons à l’esprit que nous devons respecter la vie d’un animal autant que nous respectons celle d’un être humain de même niveau de développement mental, nous ne serons pas loin de la vérité.

Les objectifs du mouvement

Maintenant que nous avons vu quelle philosophie sous-tend le mouvement de libération animale, nous pouvons nous tourner vers ses objectifs. Que tente d’accomplir le mouvement de libération animale ?

On peut en énoncer le but en une seule phrase : mettre fin au parti-pris spéciste actuel qui empêche que soient pris en compte sérieusement les intérêts des animaux non humains.

Mais par quoi faut-il commencer ? Ce but est tellement vaste qu’il est nécessaire de se fixer des objectifs plus précis.

Les organisations traditionnelles de protection des animaux se concentrent sur la tâche de faire cesser les mauvais traitements envers ceux d’entre eux qui appartiennent aux espèces avec lesquelles nous avons le plus facilement des relations. Les chiens, les chats et les chevaux sont bien placés sur leurs listes, parce que nous avons ces animaux comme compagnons. Ensuite il y a ceux des animaux sauvages que nous trouvons particulièrement attirants - les bébés phoques, avec leurs grands yeux bruns et leurs douces et blanches fourrures, les mystérieuses baleines et les dauphins joueurs. Les militants de la libération animale eux aussi, évidemment, sont opposés à la souffrance et à la mort qu’on impose sans nécessité aux chiens, chats, chevaux, phoques, baleines et dauphins, comme à tous les autres animaux.

Mais ils ne considèrent pas que l’attirance plus ou moins grande qu’un animal exerce sur nous ait quoi que ce soit à voir avec le fait qu’il soit mal de le faire souffrir. A la place, ce qui leur importe est la gravité de la souffrance, ainsi que le nombre d’animaux impliqués.

Ceci signifie qu’il y a plus de chance de voir le mouvement de libération animale manifester en défense des rats de laboratoire, ou des poules élevées en batterie, que pour les chiens ou les chats que maltraitent leurs propriétaires. Car il y a quelque 45 millions de rats et de souris consommés chaque année dans les seuls laboratoires des Etats-Unis ; et dans ce même pays, chaque année, plus de trois milliards de poulets sont élevés dans des fermes industrielles, tassés dans des caisses sur des camions, pendus par les pattes à la chaîne d’abattage. La quantité de souffrance impliquée dans ces formes institutionnalisées de spécisme domine largement tout le mal fait aux chiens et aux chats par des propriétaires négligeants ou même cruels.

Les groupes de libération animale s’opposent à toute exploitation des animaux ; mais leur attention s’est ainsi dirigée principalement vers l’expérimentation sur les animaux et vers leur utilisation comme aliments. Nous allons nous pencher un peu plus sur ces deux domaines.

Les animaux outils pour la recherche

Le spécisme est à l’oeuvre dans la pratique très répandue consistant à expérimenter sur d’autres espèces pour voir si certaines substances sont inoffensives pour les humains, ou pour tester la validité de telle ou telle théorie psychologique sur l’influence des punitions sévères dans l’apprentissage, ou pour tester divers produits chimiques nouveaux juste au cas où ils feraient preuve de propriétés intéressantes. Les gens pensent parfois que toutes ces expériences sont faites dans des buts médicaux essentiels, et qu’ainsi il en résultera une diminution de la souffrance totale. Cette croyance est très confortable, mais très loin de la vérité.

Voici un exemple de test très courant pratiqué par des fabricants de cosmétiques comme Revlon, Avon et Bristol-Myers avec de nombreuses substances, lorsqu’ils ont l’intention de s’en servir dans leurs produits.

Ce test est appelé le test de Draize, d’après le nom de son inventeur. Vous prenez six lapins albinos ; vous saisissez chacun d’eux fermement d’une main, et de l’autre, vous tirez sur la paupière inférieure d’un oeil de façon à l’écarter du globe oculaire et à former ainsi entre les deux une sorte de cuvette. Dans cette cuvette, vous placez avec une pipette quelques gouttes de n’importe quelle substance à tester. Enfin, vous tenez les deux paupières fermées pendant une seconde et vous relâchez. Vous revenez le lendemain pour noter si les paupières sont tuméfiées, si l’iris est enflammé, si la cornée est ulcérée et si le lapin est devenu aveugle de cet oeil.

Ce test est un test standard, pratiqué sans anesthésie pour pratiquement toute substance vendue, dès lors qu’elle risque d’entrer dans l’oeil de quelqu’un. Parmi les autres tests commerciaux il y a la DL 50 - « DL » signifie « dose létale » (mortelle), et « 50 » est le pourcentage des animaux pour lesquels cette dose est mortelle. En d’autres termes, pour faire un test de DL 50, vous prenez un échantillon d’animaux - de rats, de souris, de chiens ou d’autres - et vous leur administrez des quantités de la substance que vous testez, sous forme concentrée, jusqu’à ce que vous ayez réussi à ce que la moitié soient morts empoisonnés. Vous avez alors trouvé la dose qui est létale pour 50 % de votre échantillon. Cette dose, appelée « valeur DL 50 », est censée donner une indication sur la dangerosité que cette substance peut avoir pour les êtres humains.

Mais en plus de la misère qu’il inflige aux animaux, qui en règle générale deviennent tous malades, et dont la moitié deviennent tellement malades qu’ils en meurent, on remarque que ce test est très peu fiable en tant qu’indication donnée sur la sécurité d’une substance pour les êtres humains. Il y a trop de variations d’une espèce à l’autre. La thalidomide, pour ne prendre que cet exemple célèbre, produit des déformations chez les nouveau-nés humains mais pas chez la plupart des autres espèces animales.

Ces tests sont des tests de routine dans les laboratoires commerciaux. Dans les universités, il y a aussi de nombreuses expériences qu’aucune personne, pour peu qu’elle prenne au sérieux les intérêts des animaux non humains, ne pourrait considérer comme justifiées. Dans les départements de psychologie, des expérimentateurs conçoivent des variations et des répétitions sans fin d’expériences qui déjà à l’origine n’avaient que peu de valeur. On infligera à des animaux des chocs électriques comme punition, ou on les élèvera en isolation totale pour voir jusqu’à quel point cela les rend fous.

Les animaux aliments

Le contact le plus direct que la plupart des êtres humains, surtout ceux de sociétés urbaines et industrielles, ont avec des membres d’autres espèces, a lieu au moment des repas ; nous les mangeons. Par là, nous les traitons simplement comme des moyens pour nos fins. Nous considérons leur vie et leur bien-être comme subordonnés à notre goût pour un plat donné. Et il s’agit bien de goût : ce qui est en cause est uniquement le plaisir du palais. Il ne peut exister aucune défense valable de la pratique de l’alimentation carnée qui soit fondée sur la satisfaction de nos besoins nutritifs, puisqu’il a été établi sans la moindre ombre d’un doute que nous pourrions couvrir nos besoins en protéines et autres nutriments nécessaires de façon bien plus efficace avec un régime qui remplace la chair animale par des produits végétaux riches en protéines.

Il n’y a pas que le fait de tuer qui soit une indication de ce que nous sommes prêts à infliger à d’autres espèces dans le but de nous faire plaisir à nous-mêmes. La souffrance que nous infligeons aux animaux pendant qu’ils sont encore en vie montre peut-être encore plus clairement notre spécisme que ne le montre le fait que nous sommes prêts à les faire mourir. Dans le but de mettre de la viande sur notre table pour un prix qui soit abordable pour la plupart des gens, notre société tolère des méthodes de production qui impliquent d’entasser pendant leur vie entière des êtres sensibles dans des environnements surpeuplés et inadaptés à leurs besoins. Les animaux sont traités comme des machines à convertir le fourrage en chair, et toute innovation qui permette d’augmenter ce « rapport de conversion » est susceptible d’être employée.

Comme le dit une autorité reconnue en la matière, « la cruauté d’un acte n’est reconnue que quand cet acte n’est pas rentable ». Les poules sont donc entassées à trois ou quatre par cage sur 40 x 46 cm, soit moins que la surface d’une seule page de journal. Le sol de ces cages est en grillage, pour réduire le coût de nettoyage ; mais ce grillage est inadapté à leurs pattes. Le sol est incliné, pour que les oeufs se rassemblent sur un côté, rendant ainsi la récolte plus facile ; mais cela empêche les poules de se reposer à leur aise. Dans ces conditions, elles ne sont en mesure de satisfaire aucun de leurs instincts naturels ; elles ne peuvent ni étendre entièrement leurs ailes, ni marcher librement, ni se baigner dans la poussière, ni gratter la terre, ni construire un nid. On a noté que, bien qu’elles n’aient jamais vécu dans des conditions où elles auraient pu accomplir ces actes, elles tentent néanmoins en vain de le faire. La frustration qui résulte de l’impossibilité de satisfaire leurs instincts les amène souvent à développer ce que les éleveurs appellent des « vices », à s’entre-tuer à coups de bec. Comme mesure préventive, les éleveurs coupent le bec aux poussins.

Ce genre de traitement n’est pas réservé uniquement à la volaille. Les cochons sont maintenant élevés en hangar dans des stalles. L’intelligence des cochons est comparable à celle des chiens, et il leur faut un environnement varié et stimulant, sous peine de souffrir de stress et d’ennui. Quiconque garderait un chien dans les conditions où sont fréquemment maintenus les cochons tomberait sous le coup de la loi, mais, parce que l’intérêt que nous avons dans l’exploitation des cochons est supérieur à celui que nous avons dans l’exploitation des chiens, nous nous opposons à la cruauté envers les chiens tout en mangeant le produit de la cruauté envers les cochons.

La libération animale aujourd’hui

Le mouvement de libération animale a obtenu au cours des quelques dernières années des victoires sans précédent. Alors qu’il y a peu le public des pays les plus développés était en majorité inconscient de la nature de l’élevage intensif moderne, aujourd’hui, en Grande Bretagne, en Allemagne, dans les pays scandinaves, de larges secteurs de l’opinion informée sont opposés au confinement des poules pondeuses dans de petites cages en grillage, et des cochons et des veaux dans des stalles si petites qu’ils ne peuvent faire un seul pas ni même se retourner.

En Grande Bretagne, un comité d’agriculture de la chambre des communes a recommandé que les cages pour les poules pondeuses soient progressivement abandonnées. La Suisse a fait un pas de plus, allant jusqu’à voter une loi interdisant ces cages à partir de 1992. Un tribunal d’Allemagne Fédérale a jugé le système de cages contraire à la législation contre la cruauté du pays - et, bien que le gouvernement ait trouvé un moyen de rendre ce verdict sans conséquence, l’Etat ouest-allemand de Hesse a annoncé qu’il suivrait l’exemple suisse et commencerait à abandonner le système des cages.

C’est peut-être dans le domaine le pire de l’élevage industriel, celui de la « viande de veau blanche », qu’a eu lieu le pas en avant le plus important pour les animaux d’élevage britanniques. La façon d’élever les veaux qui était devenue la norme consistait à les maintenir dans le noir pendant vingt-deux heures par jour, dans des stalles individuelles tellement étroites qu’ils n’y pouvaient se retourner. Ils n’avaient aucune paille sur laquelle se coucher, les éleveurs voulant éviter qu’en la mâchant ils enlèvent à leur chair sa douce pâleur, et ils recevaient un régime alimentaire délibérément carencé en fer, de façon à garder à leur chair cette blancheur qui lui donne tant de valeur sur le marché des délicatesses pour restaurants de luxe.

Une campagne contre la viande de veau entraîna un boycott de la part d’une grande partie des consommateurs ; il en résulta que le principal producteur britannique de viande de veau admit qu’un changement était nécessaire : il sortit ses veaux de leurs stalles de bois brut de 60 x 150 cm et les groupa en cases avec suffisamment de place pour se mouvoir et de la paille pour se coucher.

L’autre domaine majeur de préoccupation du mouvement de libération animale, en raison du nombre des animaux impliqués et de la quantité de souffrance en jeu, est l’expérimentation animale. Ici aussi il y a eu des victoires importantes, bien que, en contraste avec la situation dans l’élevage industriel, ces victoires aient surtout été remportées aux Etats-Unis. La première eut lieu en 1976, suite à une campagne contre le American Museum of Natural History (muséum d’histoire naturelle américain).

Ce muséum fut choisi comme cible parce qu’il menait une série d’expériences particulièrement futiles, qui consistaient à mutiler des chats et à examiner quelles conséquences cela avait pour leur vie sexuelle. En juin 1976, des militants de la libération animale commencèrent à établir des piquets devant le muséum pour distribuer des tracts, à écrire des lettres, à faire de la publicité et à s’attirer des soutiens.

Ils continuèrent jusqu’en décembre 1977, date à laquelle il fut annoncé que les expériences en question cesseraient d’être financées.

Cette victoire permit sans doute à seulement peut-être une soixantaine de chats d’échapper à des expériences douloureuses, mais elle a montré qu’une campagne bien planifiée et bien menée peut empêcher les chercheurs d’en user selon leur bon plaisir avec des animaux de laboratoire. Henry Spira, ancien marin de la marine marchande de New York, ancien militant des droits civiques, mena cette campagne contre le muséum, et fit de la victoire obtenue un tremplin pour des campagnes plus importantes.

Il anime maintenant deux coalitions de groupes de défense animale, qui concentrent leurs actions contre le test de Draize sur les yeux des lapins et contre le test de toxicité DL 50, test grossier qui date de plus de cinquante ans. Ces deux seuls tests, rien qu’aux Etats-Unis, plongent dans la détresse et la souffrance plus de cinq millions d’animaux chaque année.

Déjà ces deux coalitions ont commencé à obtenir la réduction à la fois du nombre des animaux utilisés, et de l’intensité de leurs souffrances. Les agences gouvernementales américaines ont réagi aux campagnes contre le test de Draize en remettant en question certaines des pratiques dont la cruauté était la plus flagrante.

Elles déclarèrent que les substances connues comme étant des irritants caustiques, telles la soude, l’ammoniaque et même les produits pour nettoyer les fours, n’avaient pas besoin d’être à chaque fois retestées sur les yeux de lapins conscients. Si ce fait peut sembler trop évident pour avoir besoin d’être spécifié par une agence gouvernementale, cela montre simplement où en étaient les choses avant cette campagne.

Ces agences ont aussi réduit de moitié ou du tiers le nombre de lapins recommandé pour les tests de Draize sur les autres produits. Deux des principaux fabricants, Procter and Gamble et Smith, Kline and French, ont annoncé des programmes d’amélioration de leurs tests de toxicologie qui devraient réduire substantiellement la somme de souffrance infligée aux animaux.

Une autre compagnie, Avon, annonça une réduction de 33% du nombre d’animaux qu’elle utilisait.

Un autre pas en avant récent eut lieu lorsque la FDA (Food and Drug Administration, administration américaine qui autorise la mise sur le marché des médicaments) annonça qu’elle n’exigeait pas que soient effectués les tests de DL 50. D’un coup s’écroula l’excuse principale qu’avançaient les compagnies développant de nouveaux produits pour justifier l’emploi de ce test : ils prétendaient que la FDA les obligeait à le faire avant d’autoriser la mise sur le marché américain de leurs produits.

D’autres victoires spectaculaires eurent lieu grâce au travail patient de militants individuels. Par exemple, Alex Pacheco se fit embaucher dans le laboratoire d’un certain Dr. Edward Taub. Pacheco y découvrit que le travail de Taub sur des singes impliquait la coupure de connexions nerveuses dans leurs bras, pour observer dans quelle mesure ils en récupéraient ensuite l’usage. De plus, les conditions de vie dans le laboratoire étaient infectes, et lorsque les singes s’infligeaient eux-mêmes des blessures, ils ne recevaient aucun soin vétérinaire. Patiemment Pacheco rassembla des preuves, puis il s’adressa à la police. Taub fut convaincu de cruauté ; c’était la première fois qu’un chercheur américain se voyait condamné pour ce délit.

La condamnation fut ultérieurement annulée pour des raisons de forme, relatives à la possibilité d’appliquer la loi de l’Etat dans les cas où sont en jeu des crédits d’origine fédérale ; mais cela fit perdre à Taub une importante subvention gouvernementale et l’image qu’avait l’expérimentation animale auprès du public fut largement entamée.

Cette image devait encore plus souffrir en 1984/85 lorsque des membres du Front de Libération des Animaux entrèrent par effraction dans un laboratoire de recherche sur les blessures de la tête à l’université de Pennsylvanie, à Philadelphie. Le Dr. Thomas Gennarelli s’y était spécialisé dans le fait d’infliger à des babouins des blessures à la tête. Ces militants ne délivrèrent aucun des babouins, mais rapportèrent plusieurs heures d’enregistrement de vidéos qui avaient été effectuées par les expérimentateurs eux-mêmes.

Quand des extraits en furent diffusés par les chaînes de télévision nationales, le public fut horrifié. On pouvait voir les expérimentateurs plaisantant joyeusement pendant qu’ils manipulaient les babouins avec brutalité, se moquant d’eux et les traitant de « godiches ». Les enregistrements démontraient aussi clairement que, contrairement à ce qu’affirmait Gennarelli, les babouins n’étaient pas anesthésiés correctement au moment où on leur infligeait les blessures.
Après de nombreuses protestations, un sit-in dans les bureaux du National Institute of Health, agence gouvernementale qui finançait ces expériences, amena une victoire spectaculaire : le ministère américain de la santé (United States Secretary for Health and Human Services) annonça qu’il y avait des présomptions de « manquements matériels » aux règles qui régissent l’utilisation des animaux, et le financement du laboratoire fut suspendu.

L’avenir de la libération animale

Ceux qui vivent de l’exploitation des animaux sont maintenant sur la défensive. La communauté des chercheurs est spécialement inquiète. Beaucoup de laboratoires ont renforcé leurs dispositifs de sécurité, mais cela coûte cher, et on peut supposer que l’argent ainsi dépensé en grillages et en salaires de gardiens est autant d’argent en moins pour la recherche - tel est justement le but recherché par les militants de la libération animale. Cela coûterait encore plus cher de faire garder chaque élevage industriel. Il n’est donc pas étonnant que ceux qui font des expériences sur les animaux, ou qui les élèvent pour la nourriture, espèrent que le mouvement de libération animale s’avérera n’avoir été qu’une mode passagère.

Leur espoir sera sans aucun doute déçu. Le mouvement de libération animale est là pour durer. Cela fait maintenant plus de dix ans qu’il se construit progressivement. Il existe maintenant un soutien venant de larges secteurs de l’opinion publique en faveur de l’idée que nous avons tort de traiter les animaux comme de simples choses, à notre disposition pour n’importe quel usage, que ce soit pour notre divertissement dans la chasse ou comme outils de laboratoire pour tester tel ou tel nouveau colorant alimentaire.

Mais la question de la direction que prendra le mouvement de libération animale reste posée. En son sein, certaines formes d’action directe bénéficient d’un large soutien. Sous la condition qu’aucune violence ne soit exercée à l’encontre d’un animal quel qu’il soit, humain ou non, de nombreux militants estiment justifié de libérer des animaux auxquels des souffrances sont injustement imposées, et de les placer dans de bons foyers.

Ils comparent cela à l’« Underground Railroad », qui aidait des esclaves noirs dans leur fuite vers la liberté ; il s’agit là, disent-ils, du seul moyen qui existe pour venir en aide aux victimes de l’oppression.

Appliqué aux pires des cas d’expérimentations indéfendables, cet argument est sans aucun doute correct ; mais il y a une autre question que doit se poser celui qu’intéresse non seulement la libération immédiate de dix, ou cinquante, ou cent animaux, mais aussi la perspective d’un changement concernant des millions d’animaux. L’action directe est-elle efficace en tant que tactique ? Son seul effet n’est-il pas de polariser le débat et de durcir l’opposition à tout changement ? Jusqu’à présent, il faut bien admettre que l’action directe a plus aidé le mouvement qu’elle ne l’a desservi, au travers de la publicité qu’elle lui a fait, et de la sympathie incontestable du public pour les animaux libérés. Ceci est en grande partie dû au choix judicieux des cibles, grâce auquel ces opérations ont pu révéler au public des expérimentations particulièrement indéfendables.

Je ne pense pas que les actes illégaux soient toujours injustifiés. Il y a, même dans une démocratie, des circonstances dans lesquelles il est moralement justifié de contrevenir à la loi ; et la question de la libération animale fournit de bons exemples de telles circonstances. Si le processus démocratique ne fonctionne pas correctement, si des sondages répétés confirment qu’une large majorité de l’opinion publique s’oppose à de nombreuses sortes d’expériences, mais que le gouvernement n’entreprend aucune action efficace pour les faire cesser, si le public est maintenu pour une large part dans l’ignorance de ce qui se produit dans les élevages et dans les laboratoires ; alors l’action illégale peut être le seul moyen qui reste pour aider les animaux et pour obtenir des informations et des preuves sur ce qui se passe.

Ce qui me préoccupe n’est pas la violation de la loi en elle-même ; c’est plutôt la crainte que la confrontation ne devienne violente, et qu’elle ne mène à un climat de polarisation rendant impossible l’usage de la raison, à un climat dont les animaux eux-mêmes finiraient par être les victimes. La polarisation est peut-être inévitable entre les militants de la libération animale, d’une part, et les éleveurs industriels et au moins une partie de ceux qui expérimentent sur animaux, d’autre part. Par contre, les actions impliquant le public en général, ou les actions violentes blessant physiquement des personnes, aboutiraient à une bipolarisation de toute la communauté.

Le mouvement de libération animale se doit de jouer son rôle dans la prévention de cette vicieuse escalade de la violence. Les militants de la libération animale doivent se prononcer de façon irrévocable contre l’emploi de la violence, même quand leurs adversaires l’emploient à leur encontre. Par violence, j’entends toute action qui cause un dommage physique direct à un humain ou à un animal ; et j’irai même au-delà, pour inclure dans ce terme les actes qui causent un mal psychologique comme la peur ou la terreur. Il est facile de penser que parce que certains chercheurs font souffrir des animaux, il n’est pas grave de les faire souffrir eux-mêmes. Cette attitude est erronée. Nous pouvons bien être convaincus de la brutalité et de l’insensibilité complète de telle ou telle personne qui maltraite des animaux ; mais nous nous abaissons à son niveau, et nous nous mettons dans notre tort si nous lui causons du mal ou si nous menaçons de le faire. Le mouvement de libération animale est basé entièrement sur la force de son implication éthique. Il ne doit pas abandonner sa position de supériorité morale.

Au lieu de s’enfoncer dans le chemin de la violence croissante, le mouvement de libération animale aura bien plus intérêt à suivre l’exemple des deux plus grands - et aussi, ce n’est pas un hasard, des deux plus efficaces - leaders de mouvements de libération des temps modernes : Gandhi et Martin Luther King. Avec un courage et une résolution immenses, ils se maintinrent fermement dans leur principe de non-violence malgré les provocations, et les attaques souvent violentes, que firent leurs adversaires. Et en fin de compte ils furent vainqueurs, parce que la justesse de leur cause ne pouvait être niée, et leur comportement toucha les consciences même de ceux qui les avaient combattus. La lutte pour l’extension de la sphère de préoccupation morale aux animaux non humains sera peut-être encore plus longue et difficile, mais si elle est poursuivie avec la même ténacité et la même résolution morale, alors elle aussi, on peut en être certain, sera victorieuse.

Peter Singer.

P.S. Traduit de l’anglais par David Olivier.
Ce texte résume les thèses que le même auteur expose dans La Libération animale, éd. Grasset, 1993.
Nouvelle édition française : L’Égalité animale expliquée aux humains, Éd. Tahin Party, 1999.
Éditions Tahin Party, 20 rue Cavenne, 69007 Lyon, Fr.
Site à visiter : www.cahiers-antispecistes.org/

 

Archives pour libération animale
LE MOUVEMENT DE LIBÉRATION ANIMALE : SA PHILOSOPHIE, SES RÉALISATIONS, SON AVENIR (The Animal Liberation Movement)

Peter Singer (Né en 1946) Philosophe Extrait note: Quand au animaux destinés à notre alimentation, on se base sur l'hypothèse que leur intérêt est inexistant. De plus, il y a toujours eu des hypothèses erronées pour encourager la consommation de viande.
On prétend notamment qu'elle est nécessaire à notre santé. Or, des études scientifiques montrent que l'on peut s'en passer sans que cela nous nuise. Dans les pays développés, l'élevage des animaux destinées à notre consommation suscite un énorme gaspillage.
On ne récolte qu'un dixième de la nourriture utilisée pour l'élevage. De plus, l'élevage intensif a d'énormes conséquences sur la nature.
Il est notamment une des raisons de la déforestation en Amérique du Sud. La viande n'est donc pas nécessaire.
Le seul argument qui reste pour motiver sa consommation est le goût. Si l'on comprae tout ce que les animaux subissent dans les élevages, dans les abattoirs etc., il est clair que l'égalité de considération n'est pas appliquée aux animaux.
Si l'on veut respecter ce principe moral de considération, on doit modifier notre attitude.

 

 

SULFITE
Le sulfite est un additif alimentaire, utilisé dans la viande pour éviter les changements de couleurs. Avec cet additif, le rouge de la viande est mieux conservé; ce qui peut induire le consommateur en erreur sur la fraîcheur de la viande et compromettre la sécurité alimentaire. L'AFSCA a prélevé environ 1000 échantillons dont 5 % se sont révélés positifs pour le sulfite.

Un parti politique pour les animaux, cela devient indispensable, pour les Animaux, et pour les consommateurs, être informe cela fait beaucoup réfléchir, et s'ont réfléchi bien c'est ne pas très conseille de manger de la viande issue de l'élevage intensif que bien souvent ne respectent pas les lois. Pour le consommateur cela ne signifie pas que manger de viande est mal mais que manger de viande « contaminée » est mal. Vous êtes libres de choisir ce que vous mangez, mais si vous choisissez de manger de viande en provenance d'un élevage intensif, vous prenez vous responsabilités, et si la viande et contamine avec des virus A/H1N1, préparez vous à partir ver un autre monde.

 

Libération Animale

 

Parti Pour les Animaux

Votez! Mais votez intelligemment, avant de voter rappelé-vous de cette belle l'histoire : C'est l'histoire d'un petit oiseau qui tombe du nid. Comme il très petit, il ne sait pas voler il ne peut pas revenir dans son nid et il à froid. Or une vache passant par là, lui colle une bouse dessus pour le mettre au chaud. Le petit oiseau trouve que c'est bien mais au bout d'un moment il ne se sent pas bien et il appelle à l'aide. Un loup entend les appels au secours de l'oisillon. Il vient pour l'aider. Il le sort de la bouse, le nettoie et le mange.    Moralités: (1) Ce n'est pas toujours ceux qui vous foutent dans la merde qui vous veulent du mal. (2) Parfois ceux qui veulent vous aider quand vous êtes dans la merde, vous font encore plus de mal.     Nous vivons dans le temps de folie financière et de crise économique, soyez les bienvenues au paradis ou les riches qu'ils deviennent plus riches, et les pauvres qu'ils deviennent plus pauvres et les ouvriers de chômeurs! La nouvelle démocratie européenne du XXIème siclée, on ne plante plus de blée mais on cultive le pétrole propre(BIO), c'est la pomme qui mange l'homme. Certes en France ne manque pas de partis politiques, mais le seule problème avec tous ce partis c'est que personne ne se parle ni ne se rencontre pour ce mettre d'accord, aussi bien à gauche que à droite, le centre ce la droite mais elle ne pas d'accord avec la droite. La gauche et tellement à gauche qu'ils arrivent à croire que la solution ce la fraude, ou certains de gauche sont tellement à gauche qu'ils passent à droite. La politique française de nous jours, c'est que les partis proposent au français de leaders, mais sans contenu! Les débats politiques très souvent au ras des pâquerettes ou des bouses de vaches très chaudes, mais qu'ils se refroidissent très vite et on commence à sentir mal. C'est pour ça que les leaders des partis ils se font la guerre entre eux, et tout et permit, fraudes à gauche, fraudes à droite, des scandales et malversations sur la table, des rapports destines à creuser les tombes du concourant(e) dans les cimentières de la politique correcte. La politique sont les politiques qu'ils proposent de roses ou de lilas, mais c'est vous que vous allez voter, votez! Mais votez intelligemment, votez pour Le Parti Pour Les Animaux. Sino abstenez-vous, n'allez pas voter pour un candidat qui ne vous convient pas, et encore mois pour un vote blanc qui n'est pas comptabilisé. L'intérêt primordial de voter pour LE PARTI POUR LES ANIMAUX, cela devient indispensable, pour les animaux, et pour la France. Etre bien informe cela fait beaucoup réfléchir, et si on réfléchi bien, il vaut mieux s'informer de ou peut bien venir ce qu'on mange, Infos viande pour ceux qui veulent manger de la viande, il faut les dire d'où vient-il cette viande, et si la viande et contamine (ce déjà arrive qu'on se rendu compte que la viande contienne de vanteries pouvant provoquer la mort de ceux qu'ils l'on mange) mais bien sur on communique l'information une fois qu'ont a déjà vendu le stock de viande! Si on peut informer le consommateur de quelle viande mange, il aura beaucoup qu'il bon se poser la question si vraiment ce bon pour la sante de manger de la viande. SULFITE : Le sulfite est un additif alimentaire, utilisé dans la viande pour éviter les changements de couleurs. Avec cet additif, le rouge de la viande est mieux conservé; ce qui peut induire le consommateur en erreur sur la fraîcheur de la viande et compromettre la sécurité alimentaire. L'AFSCA a prélevé environ 1000 échantillons dont 5 % se sont révélés positifs pour le sulfite. (1) Manger de la viande issue d'un élevage intensif est mal. (2) Pour le consommateur cela ne signifie pas que manger de viande est mal mais que manger de viande contaminée est mal pour votre sante. Vous êtes libres de choisir ce que vous mangez, mais si vous choisissez de manger de viande en provenance d'un élevage intensif, vous prenez vous responsabilités, et si la viande et contamine avec des virus A/H1N1, ou traite avec du SULFITE, préparez vous à partir ver un autre monde.     Les intoxications alimentaires dues à l'ingestion de steaks hachés contaminés, appelées aussi « maladie du hamburger », sont relativement fréquentes, avec une centaine de cas signalés chaque année depuis 1996 en France. Fin 2005, un lot contaminé de steaks hachés de marque Leclerc avait conduit à l'hospitalisation de seize enfants dans le sud-ouest du pays. En effet, la bactérie E.coli est présente naturellement dans les intestins des bovins, et peut contaminer la viande s'il y a contact. La histoire du foie-gras à fait le tour la planète, Le foie gras est l'organe malade d'un animal torturé, son goût est celui de la souffrance et le martyre que « les vieux inquisiteurs des l'industrie du grand capital et avec l'aide du politiquement correct » font subir aux animaux, seulement pour que leurs actionnaires se replissent les poches avec l'argent qu'ils leurs rapporte la souffrance qui font subir aux animaux. Mais aussi sont tous les êtres de cette planète qu'ils ont appris comme habitude de ce mettre un bandeau dans les yeux pour ne rien voir. On ce justifie avec cette sale excuse: « les canards ne sont que des animaux non-humains! » Mais on à oublie de finir cette belle excuse, qu'elle pourrait ce terminer en disant: « les hommes sont devenus de bourreaux sans aucun sentiments ». Les grandes industries qu'ils font de argent en martyrisant les pauvres canards qu'ils passent toute leur vie dans une cage pour leur gaver par le bec 3 fois par jour avec un tube et pour que sont foie devienne bien-gras et(malade), et pour que le peuple et les citoyens français se régalent pendant les Fêtes! La libéralisation des canards et condamnées a perpétue par les industries à faire de argent sur la souffrance des animaux, ce ne pas pour demain qu'il verra le jour! En France pays de droit de l'homme! Mais la France elle n'accorde aucun droit aux canards. Cette réflexion et destine à juger tous les citoyens de France, qui sont les consommateurs du foie-gras et avec leur conscience sale que vont acheter un foie-gras pour se régaler avec la souffrance qu'ont à fait subir aux canards enfermes dans une cage sans pouvoir bouger. Aujourd'hui cela contribué à matérialiser la consommation du fois-gras en beaucoup de souffrances sur la vie des canards, spécialement pour que vous régalez en famille avec un foie-gras malade dans votre assiette. Les animaux pensent-ils? « Dis-moi comment tu penses que l'animal pense et je te dirai comment tu penses ». Résumé Le problème de la pensée animale a été abordé selon deux biais principaux par les philosophes grecs. Certains ont cherché à repérer et à définir les différentes formes d'intelligence animale et les facultés que ces dernières impliquaient alors. Telle semble avoir été l'approche d'Aristote. D'autres philosophes ont considéré la question comme relevant principalement de la philosophie morale: quelle doit être l'attitude du sage s'il entend honorer les dieux? (1) Soit les dieux n'ont pas accordé la raison aux animaux, et il n'existe aucune relation de justice entre eux et nous, ce qui entraîne que nous pouvons les manger à bon droit. (2) Soit les dieux leur ont accordé la raison, et nous devons les considérer comme nos frères, ce qui implique qu'ils possèdent des droits et que nous avons des devoirs.     Le sage devrait ainsi s'abstenir de manger des animaux puisqu'il s'agit d'êtres rationnels. Tel est le sens des arguments que Plutarque et Porphyre opposent aux stoïciens.     Au Moyen Age, on pense que l'animal est en partie responsable de ses actes car, comme tous les êtres vivants, il possède une âme, végétative comme toutes les plantes, sensitive comme les plus simples des animaux, mais aussi intellective comme celle de l'homme.     Possède-t-il de surcroît un principe pensant et un principe spirituel? Et les scolastiques de demander encore si les animaux ressuscitent après la mort, s'ils ont un paradis qui leur soit spécialement réservé ou s'il faut les traiter ici-bas comme des êtres moralement responsables.     (1) Avec-vous déjà vue comme ont gave un canard toute ça vie pour que son foie devienne malade et gras ? (2) Avec-vous déjà vue comme ont tue un canard ? Tous ceux qu'ils manger du foie-gras devraient-aller le voir avant de le manger, cela peut-être que cela vous fera réfléchir! Que le foie-gras c'est une Cruauté qu'on fait subir aux canards.
 

Un parti pour les animaux ?

Les animaux sont des êtres sensibles, intelligents et conscients, tout comme l'homme. Cela n'a été reconnu que très récemment, pour autant, cette reconnaissance n'a pas fait évoluer leur statut, ils continuent d'être traités comme des objets, de la marchandise, de la nourriture.

Un parti politique pour les animaux peut faire évoluer le respecter et les droits qu'ils on droit comme tout être vivant, droit à la vie, droit à la liberté, droit à ne pas être maltraité dans cette planète ou ils son nées, où ils vivent tout comme l'animal que on nome l'homme. La planète Terre appartiens a tous les être qu'ils, vivent dans elle, que cela soit, animal appelle phoque, animal appelle baleine, ou l'animal appelle l'homme, etc.

Un parti politique pour : Informer politiquement le public pour faire évoluer les mentalités, peut intervenir directement pour discuter les lois et les faire appliquer, peut rassembler les personnes motivées pour aider les animaux et surtout peuvent donner leur vote dans toutes les élections électorales, où lieu de voter blanc ou s'abstenir de voter, bien souvent pas que les candidats ne son pas crédibles ou ils ignorent que certains citoyens qu'ils ont le droit de voter, sont plus motivées de voter pour qu'ont respecte les animaux, et ne sont pas d'accord qu'ont puisse classer la tauromachie tant que patrimoine culturel, comme le ministère de la culture français à approuve une proposition de la par d'industrie de tauromachie pour obtenir ce statuts.
Au même moment que la décision historique du parlement catalan, qu'ils on vote en majorité d'interdire la tauromachie en juillet 2010.

La tauromachie est une forme répugnante et barbare ou ont tourmenté et poignardé avec des les lances et les banderilles un taureau et après que cette épreuve prolongée, le matador soit censé de tuer le taureau en le perçant avec une épée entre les épaules de l'animal, ou bien souvent le matador manquera et en lui endommagera les poumons et le tube respiratoire de l'animal.
Quelle image de culture barbare donne le gouvernement français au monde entier !

Il faut-il être fier du travail des députes et politiques qui gouvernent la France ?
Il faut-il que nous votons pour des politiciens sans culture ni philosophie ?

 

Espagne : Le parlement régional catalan vient d'interdire la corrida au terme d'un débat auquel pro et anti tauromachie français ont participé.(De Madrid) Pour les Espagnols amateurs de films érotiques, le paradis s'est longtemps trouvé en France. Jusqu'à la mort de Franco, alors que la censure faisait rage en Espagne, les Catalans étaient particulièrement bien placés pour passer rapidement la frontière, parfois par cars entiers, et s'installer devant les grands écrans français. Aujourd'hui, les amateurs de corrida s'inquiètent de voir bientôt un même exode passer les Pyrénées, mais cette fois à la recherche d'arènes.
Les députés catalans viennent en effet de se prononcer pour l'interdiction des corridas sur leur territoire, où seules les arènes de Barcelone étaient encore en activité. La décision a été votée par 68 voix pour et 55 contre et s'appliquera à partie du 1er janvier 2012.
Le débat a été animé et teinté de questions identitaires autant que de considérations sur la maltraitance des animaux. Pionnières, les îles Canaries ont ainsi interdit les corridas dès 1991, en créant bien moins de remous […]

 

Muriel Marland-Militello
remet une statuette représentant un taureau blanc au dalaï-lama à Toulouse le 15 août 2011

Muriel Marland-Militello, née le 30 juillet 1943 à Nice (Alpes-Maritimes) est une femme politique française. Elle est l'épouse de Philippe Marland. Elle est diplômée en langues orientales et titulaire d'un diplôme d'études supérieures en science politique de l'université Paris II[1].

Le 8 juin 2004, elle a déposé une proposition de loi[5] pour demander l'abrogation de l'alinéa de l'article 521-1 du Code pénal français, qui prévoit une dérogation à la législation contre les souffrances infligées aux animaux dans le cas de traditions taurines et de combats de coqs : les dispositions du Code pénal qui punissent d'amende ou de prison les auteurs de sévices graves et d'actes de cruauté envers un animal ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie.[6].

Elle dépose également une proposition de loi[7] visant à intégrer dans le Code civil un titre spécifique pour les animaux (ils sont actuellement considérés comme des meubles) en vue de mettre en cohérence ce code avec le reste de notre législation (notamment Code rural et Code pénal).

Ces propositions de loi n'ont pas pu être inscrites à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la douzième législature.

Pétition pour abolir les corridas

Francis Cabrel - La Corrida

 

Des animaux et des hommes

« Au sein de l’Hindouisme, il y a un fait essentiel, qui est la protection de la vache. Pour moi, la protection de la vache est un des plus merveilleux phénomènes qui est apparu durant l’évolution humaine. Cela rend l’être humain au-delà des autres espèces.
La vache symbolise, ainsi, l’intégralité du monde non-humain. L’homme, à travers cet animal, est invité à réaliser son identité profonde, similaire avec tout ce qui vit. Pourquoi la vache a-t-elle été choisie comme étant l’archétype de la compassion ? Cela est flagrant à mon avis : la vache était le meilleur compagnon que l’humanité puisse espérer en Inde. Elle était mère d’abondance. Non seulement en offrant son lait, mais aussi en rendant l’agriculture possible. »
Pour savoir plus : Lettres à l’Ashram Protection de la vache


Aujourd'hui, il ne passe pratiquement une semaine sans qu'on entende parler de la défense d'espèces menacées, de dénonciation de cruauté envers les animaux. Depuis quelques années, on ne compte plus le nombre de publications sur la condition animale. Les mouvements de protection des animaux n'ont jamais compté autant d'adeptes et l'engouement pour les animaux de compagnies atteint des sommets.

Si la sensibilité croissante envers les animaux paraît aller de soi dans un monde de plus en plus préoccupé par les questions écologiques, les relations que nous entretenons avec les animaux suscitent de plus en plus de réflexions. Les animaux sont probablement au cœur de l'un des débats actuels les plus passionnants.

Aujourd'hui, presque tout le monde s'accorde sur le fait qu'il faut proscrire les souffrances inutiles infligées aux animaux. Nous dénonçons l'élevage industriel, les conditions atroces de l'abattage, les tortures que subissent les animaux de laboratoire ou ceux utilisés dans les cirques ou encore les corridas. Même les animaux domestiques seraient victimes de nos névroses familiales, de nos besoins affectifs et narcissiques.

Dans nos sociétés, les tenants de l'humanisme (le sacrifice des bêtes est justifié si c'est utile pour l'homme) affrontent ceux qui croient à des degrés divers que les bêtes sont dotées de sentiments, sont égales à l'homme et doivent être traitées en conséquence.

Faut-il en effet interdire la chasse et cesser de manger les animaux ? Les animaux souffrent-ils de la même manière que les êtres humains ? Les souffrances des animaux sont-elles justifiées dans certains cas ? Sommes-nous trop sensibles face à la cruauté envers les animaux ?

Les animaux pensent-ils ?
« Dis-moi comment tu penses que l'animal pense et je te dirai comment tu penses…»

Résumé Le problème de la pensée animale a été abordé selon deux biais principaux par les philosophes grecs.
Certains ont cherché à repérer et à définir les différentes formes d'intelligence animale et les facultés que ces dernières impliquaient alors. Telle semble avoir été l'approche d'Aristote. D'autres philosophes ont considéré la question comme relevant principalement de la philosophie morale : quelle doit être l'attitude du sage s'il entend honorer les dieux ?

  • Soit les dieux n'ont pas accordé la raison aux animaux, et il n'existe aucune relation de justice entre eux et nous, ce qui entraîne que nous pouvons les manger à bon droit.

  • Soit les dieux leur ont accordé la raison, et nous devons les considérer comme nos frères, ce qui implique qu'ils possèdent des droits et que nous avons des devoirs.

Le sage devrait ainsi s'abstenir de manger des animaux puisqu'il s'agit d'êtres rationnels.
Tel est le sens des arguments que Plutarque et Porphyre opposent aux stoïciens.

La relation homme/animal dans les sociétés modernes

Aujourd'hui, l'animal est toujours majoritairement considéré comme une espèce inférieure au service de l'homme. On l'élève et on le chasse pour s'en nourrir, on l'utilise largement dans les laboratoires pour découvrir de nouveaux traitements et de nouveaux médicaments. Mais depuis plusieurs décennies, grâce surtout au développement de la conscience écologique, l'amour de l'homme pour les animaux n'a cessé de grandir.

Autrefois réservés à une élite fortunée, les animaux domestiques sont de plus en plus adoptés par des gens ordinaires et ce, depuis le début du siècle.

Actuellement, en Occident, 50 à 60 % des foyers possèdent un animal domestique et cette proportion à tendance à augmenter. Un sondage réalisé par Léger et Léger pour l'Académie de médecine vétérinaire révélait qu'il y a près de deux millions de chiens et de chats dans les foyers québécois. En France, un foyer sur trois possède un chien et un foyer sur quatre possède un chat. On a dénombré dans l'Hexagone 35 millions d'animaux domestiques, dont dix millions de chiens et huit millions de chats. On y trouve quarante cliniques vétérinaires ouvertes jour et nuit (contre une en 1975), de nombreuses cliniques de psychothérapie voire des cimetières pour les animaux domestiques.

Une enquête Gallup réalisée aux États-Unis en 1995 indique que 65 % des propriétaires d'animaux domestiques donnent des cadeaux d'anniversaire ou un lapin de Pâques à leurs animaux, que 41 % les font photographier chez un professionnel, encadrent la photo et placent cette dernière bien en vue dans la maison. Selon une autre étude de l'American Hôpital Association (1996), 48 % des femmes propriétaires d'animaux croient plus à l'affection de leur animal qu'à celle de leur mari ou de leurs enfants; 45 % de ceux qui possèdent un chien leur installent un lit dans la maison; 51 % leur donnent un nom humain comme Simone ou Arnaud ; 25 % font sécher les poils après un bain; 51 % aiment tellement leur animal qu'à son décès ils l'enterrent sur la propriété familiale; 64 % dorment avec leur chat et 39 % avec leur chien; 70 % croient que leur chien viendra à leur défense en cas de danger. ("Un vétérinaire en colère", Charles Danten).

Aux États-Unis, on retrouve des hôtels de luxe pour les animaux avec divertissement télé et filet mignon ou saumon grillé au menu.
Le demande pour des ceintures de sécurité adaptés à augmente. Plusieurs propriétaires lèguent leur héritage à leur animal. Une résidante de la Nouvelle-Écosse a légué 317 000 $ pour soigner et nourrir sa douzaine de chats.


Mais les études et les sondages montrent aussi que 10 % des animaux domestiques sont abandonnés ou anesthésiés chaque année par leurs propriétaires. Les groupes de défense de la cruauté envers les animaux observent que les gens considèrent beaucoup les animaux domestiques comme des meubles qu'on peut jeter après usage.

Les prises de conscience envers la souffrance animale ne cessent de se multiplier. Les découvertes scientifiques confirment que les animaux souffrent au même titre que les humains. Certaines divergences continuent toutefois d'exister à ce chapitre. Si certains croient que seuls les animaux qui ont un système nerveux sont susceptibles de souffrir, d'autres croient que même les poissons sont dotés d'un système nerveux élémentaires et qu'ils souffrent également.

Un peu partout dans le monde, les centres de recherches et les gouvernements se dotent de comités éthiques pour adoucir la souffrance des animaux, aussi bien ceux que l'on pêche dans les océans que les animaux d'élevage et ceux des laboratoires. Une nouvelle prise de conscience envers la souffrance que nous imposons aux animaux de compagnie passionne aussi les défenseurs des animaux.

le commerce des animaux domestiques et exotiques

Dans son livre "Un vétérinaire en colère", l'ex vétérinaire Charles Danten dénonce les souffrances qu'endurent les animaux de compagnie et les abus engendrés par le commerce des animaux domestiques et exotiques. Ainsi, les croisements de races de chiens effectués sur des critères d'apparence auraient produit des animaux qui vivent un calvaire : certains souffrent de problèmes de peau, de maladies osseuses, d'allergies.

« Le commerce d'animaux » exotiques est quant à lui évalué à huit milliards de dollars. Chaque année, des milliers de primates, de perroquets, de poissons d'aquarium et des tonnes de coraux traversent les frontières illégalement.

Mouvement de libération des animaux

Aux États-Unis, 500 000 personnes sont membres de People for the Ethical treatement of Animals, un organisme qui fonctionne avec 70 employés et un budget qui dépasse 12 millions de dollars. C'est un groupe d'activiste qui s'attaque à l'exploitation animale sous toutes ses formes : expérimentation animale, élevage intensif, commerce de la fourrure, les zoos, la chasse, les cirques, les combats, les corridas. Ils organisent les grandes campagnes de boycott contre les compagnies de cosmétiques qui testent leurs produits sur les animaux. Ainsi, quelque 500 compagnies américaines ont ainsi cessé de tester leurs produits sur des animaux.

Un autre groupe américain "Animal Liberation Front" emploie des méthodes plus dures encore en saccageant des laboratoires pour libérer les animaux de leurs cages. Ils ont revendiqué ainsi une trentaine d'attentats dont des bombes et des incendies dans des laboratoires de recherche. Ses membres ont aussi arrêté un camion transportant des dindes vivantes en route vers l'abattoir et permis aux dindes de s'enfuir. Cet incident a eu lieu durant l'Action de grâce aux États-Unis. L'Association des collèges médicaux américains a enregistré près de 4000 cas de menaces émanant de militants de la libération des animaux.

En Grande-Bretagne, un sondage a révélé que le trois quart des végétariens avait pour motivation première le respect des animaux. Le nombre de végétarien en Grande-Bretagne est passé de 2 % en 1945 à 7 % en 1991.

Au Québec, quelques personnalités militent ouvertement en faveur de la protection des animaux. Le comédien Jacques Godin est maintenant végétarien et compte au nombre des plus ardents défenseurs de la cause animale.

A l'origine des mouvements de libération, se trouve un ouvrage de philosophie qui est d'abord paru aux États-Unis en 1975, "La libération animale" de Peter Singer. Il y défend la thèse que la valeur de l'animal est égale à la nôtre. Singer défend l'idée que les animaux sont l'ultime catégorie opprimée par les hommes, après les Noirs et les femmes. Les défenseurs des animaux se posent aujourd'hui comme les successeurs de ceux qui voulaient abolir l'esclavage hier. Et les animaux gagnent des droits.

Depuis 1978, l'Unesco a adopté une Déclaration universelle des droits de l'animal. "Tous les animaux naissent égaux devant la vie et ont les mêmes droits à l'existence." En s'appuyant sur ce droit constitutionnel, un chien a déjà intenté une action en justice après avoir été refusé à la terrasse d'un restaurant aux États-Unis?

Les relations que nous entretenons aujourd'hui avec les animaux font l'objet de nombreuses controverses. Aux radicalistes, les humanistes opposent souvent le fait que les animaux sont en train de gagner des droits que les femmes ou les enfants du Tiers-monde n'ont pas. Plusieurs s'objectent également aux campagnes menées par Brigitte Bardot contre la chasse aux phoques en faisant valoir que les communautés qui dépendent de cette chasse ont droit aussi à l'existence.

La relation homme/animal dans l'histoire

Ce n'est sans doute pas un hasard si les peintures rupestres retrouvées au fond des grottes préhistoriques représentent surtout des animaux. Les troupeaux et les félins exercent sur l'homme de la fascination et de la terreur. Les premiers dieux avaient d'ailleurs la forme d'animaux. Dans la civilisation égyptienne, les dieux ont une forme animale. Chez les Grecs, on commence à retrouver des dieux à moitié homme et à moitié animal. "Artémis" Déesse et soeur jumelle d'Apollon. En latin, son équivalent est Diane. On l'associe à la lune. Elle est protectrice des animaux sauvages et en particulier de la biche.

Peu à peu, l'homme découvre qu'il peut être plus fort que la bête. L'animal permet à l'homme de se nourrir, de se vêtir, de fabriquer des armes. "L'animal qui assure désormais la vie de l'homme deviendra un partenaire sacré pour accéder à une quelconque survie. L'homme se considère supérieur à l'espèce animale et l'admire. L'animal devient le véhicule du divin, du mystère". Luce Des Aulniers, in Revue Frontières, "Une histoire d'attachement bigarrée", été 1997.

On croit aujourd'hui que le loup aurait été la première espèce à être domestiquée, il y a plus de vingt mille ans. Les hommes de la préhistoire ramenaient des louveteaux devenus orphelins et en faisaient des animaux de compagnie. Les chiens en sont les descendants. Peu à peu, l'homme a domestiqué d'autres espèces pour répondre à différents besoins : le cheval, les vaches, etc. Pendant des siècles, on manipulait le croisement des espèces canines pour des fonctions de garde, la chasse et la défense. ("Un vétérinaire en colère"). Aujourd'hui, comme ils ont surtout une fonction "d'agrément", on privilégie les critères de beauté, de docilité, etc.

Les philosophes grecs s'entre-déchirent sur la question animale [Aristote histoire des animaux] et leurs interrogations ressemblent étrangement aux nôtres : Les animaux pensent-ils ? Sont-ils doués de raison ? Ont-ils la même sensibilité que nous ? Faut-il s'interdire de les manger ? Pourquoi ne parlent-ils pas ? « Quelques ouvrages sur les animaux… »

On s'entendait déjà à cette époque pour dire que l'homme faisait partie de l'espèce animale. Bien qu'ils divergent sur l'existence ou le non existence de la pensée, ou l'interdiction ou non de les manger, les philosophes de l'Antiquité classent les animaux sur la même échelle des êtres que les hommes. Ils font partie des Zoa (les vivants), à laquelle appartiennent les vivants suprêmes, les Dieux et les astres. Les végétaux en sont exclus.

Aristote déclarait que : "de tous les animaux, l'homme seul est capable de délibération. Beaucoup d'animaux ont en partage la mémoire et l'aptitude à apprendre. Mais aucun autre animal que l'homme n'a la faculté de remémorer."

Aristote instaure une hiérarchie des êtres naturels. Si l'homme est considéré comme étant supérieur pour certaines qualités, les animaux l'emportent parfois pour d'autres. Aristote établit l'ordre naturel des choses et institue aussi une hiérarchie pour les hommes : certains hommes sont destinés à obéir et d'autres à commander. (Le Silence des bêtes, Elizabeth de Fontenay, Fayard, 1998).

Mais pour beaucoup de philosophes de l'antiquité la supériorité de l'être humain est loin d'être un acquis.

Tout change avec le Christianisme. Le Christ enseigne aux foules que Dieu a créa l'homme à sa ressemblance. C'est d'ailleurs le premier Dieu cent pour cent humain, dit Luce Des Aulniers.
Les animaux demeurent toutefois des créatures divines qu'on doit éviter de faire souffrir bien que certaines soient davantage considérées comme des créatures du Diable. A partir de cette époque, les penseurs s'emploient à définir le "propre de l'homme" et à nier son "animalité".

Au Moyen âge, l'animal a toujours une âme et est considéré comme un sujet de droit. Les comparutions de bêtes accusées de divers méfaits ont été nombreuses au Moyen âge et la pratique s'est maintenue jusqu'au XVIIIe siècle. On faisait comparaître tout aussi bien des animaux domestiques qui s'étaient attaqués à des humains que des sauterelles qui avaient dévasté des récoltes.

Mais la distanciation de l'homme envers l'animal commence de plus en plus à se manifester. On invente la chasse civilisée pour laquelle on utilise des animaux afin d'en chasser d'autres. Posséder de belles bêtes, des bêtes étranges, devient un signe de distinction des seigneurs et des souverains de la Renaissance qui faisaient ainsi étalage de leur bon goût.
Un tournant important sera marqué par la théorie de l'animal-machine du philosophe français René Descartes (1596-1650):

"Tous les hommes même les plus hébétés et les plus insensés, même un enfant au cerveau troublé, même les sourds et les muets, peuvent arranger ensemble diverses paroles et en composer un discours, ce que les animaux ne feront jamais, même ceux qui disposent d'organes de prolation, car les perroquets ne parlent pas comme nous, c'est-à-dire, en témoignant qu'ils pensent ce qu'ils disent. Puisqu'en fin de compte, il suffit de très peu de raison pour parler, on doit conclure que les animaux en sont complètement dépourvus et que leur nature est d'une essence totalement différente de la nôtre : ils n'ont pas d'esprit; ce qui agit en eux, c'est seulement la nature et un mouvement mécanique, exact et limité comme celui de l'horloge". (Le silence des bêtes).

C'est ainsi qu'apparaît le fondement de l'humanisme et l'ère de la raison.

En 1760, Emmanuel Kant, en rajoute en déclarant que les animaux n'ont pas conscience d'eux-mêmes et ne sont par conséquent que des moyens en vue d'une fin. L'homme au contraire est une fin en soi. Il compare aussi les animaux à des pommes de terre.

Lorsque Darwin publie "De l'origine des espèces" en 1859, il oblige l'homme à se souvenir de sa parenté animale. (En apprenant les théories de Darwin, une lady anglaise se serait écriée : " Mon Dieu, si c'est vrai, qu'au moins cela ne se sache pas. ")

Au XVIII et XIXe siècle, la science de la nature (botanique et zoologie) se développe. On classe les espèces. On tente d'éliminer celles qui sont nuisibles à l'homme et à multiplier celles qui sont utiles. À cette époque, la conscience écologique n'est pas encore née. L'idée consiste surtout à dominer la nature. Quelques scientifiques commencent à s'inquiéter des dommages à la nature provoqués par l'exploitation économique des ressources naturelles. À la fin du XIXe siècle apparaissent de nouveaux concepts : écologie (créé par le biologiste allemand Ernst Haekel en 1866), biosphère. On crée les premiers parcs naturels et les premières associations de conservation de la nature. C'est l'Allemagne nazie qui crée les premières grandes législations pour la protection de la nature et des animaux.

On s'entend généralement pour dire que c'est la menace nucléaire et le danger représentés par les pesticides (DDT) qui sont à l'origine du mouvement écologique moderne. "Silent Spring", un livre écrit par la biologiste américaine Rachel Carson en 1962 raconte l'histoire d'une ville tuée par la pollution : les enfants meurent, les oiseaux cessent de chanter. Le printemps est silencieux. Le livre a l'effet d'une bombe pour les gens qui ont peur de la menace nucléaire et des pesticides.    Pesticides ? Même pas peur !    Google :: « Silent Spring » Rachel Carson en 1962

Quelques réflexions suscitées par nos relations avec les animaux

Actuellement, il semble assez clair qu'on assiste à une remise en question des frontières entre l'homme et l'animal. Au lieu, comme autrefois de se considérer sur un pied d'égalité avec les animaux, qui eux aussi avaient une âme, on valorise leur intelligence, on découvre leur sensibilité. Grâce aux progrès scientifiques, on s'aperçoit aussi que génétiquement nous sommes très peu éloignés de certaines espèces animales comme les singes ou les porcs. On découvre que les corps humains et animaux sont si semblables, que nous pouvons désormais, puisque la science le permet, recevoir des greffes animales. L'homme redécouvre son animalité.

D'un point de vue philosophique, nous vivons sans doute un tournant dans l'histoire de l'humanité. Durant plusieurs siècles, la majorité des hommes ont accepté l'idée qu'ils étaient " l'espèce dominante ", les rois de la création comme l'avaient enseigné le christianisme, Descartes ou Kant. Aujourd'hui, la supériorité de l'homme est remise en question.

Nos sociétés modernes sont en crise. En crise d'identité. L'homme cherche ses origines (les dinosaures, la popularité des études sur les primates, etc.). En crise existentielle également parce que le monde et les relations humaines sont devenus trop complexes. Selon Luce Des Aulniers, le refus de la complexité de ce monde s'exprime dans le rapport que les gens ont avec leurs animaux de compagnie. C'est avec notre chien ou notre chat qu'on retrouve des rapports simples.

En remettant en question nos relations avec les animaux, c'est nous mêmes que nous mettons en cause. Les mouvements de libération des animaux peuvent aussi être interprétés comme une critique de l'homme moderne, de sa cruauté et de sa cupidité.

Cette grande remise en question de nos relations avec les animaux est le signe de changements profonds. Le philosophe Luc Ferry parle d'un " Nouvel ordre écologique ". Il craint toutefois que nos idéaux ne dérivent vers des excès redoutables. Déjà, en effet, certains écologistes radicaux sont prêts à tuer des gens au nom de la défense des animaux. Accorder des droits aux animaux, dit Ferry, c'est un peu nier ceux des hommes.

Comme au temps des Grecs, plusieurs questions sur le monde animal, restent sans réponse :
les animaux pensent-ils ? Souffrent-ils ? Ont-ils conscience de leur existence ?

Pour y répondre, on a largement recours à l'anthropomorphisme. Le succès des films comme Le Roi lion, ou de livres comme "Les fourmis" illustre peut-être ce désir de répondre par l'affirmative à toutes ces questions. Dans les documentaires animaliers, on attribue de plus en plus aux animaux des sentiments et des sensations analogues à celles des humains.

De tout temps disent les observateurs, l'homme a entretenu des relations complexes avec les animaux.
Il s'est toujours situé dans l'univers par rapport aux animaux, les êtres vivants qui lui ressemblent le plus. « Quand la réalité humaine devient trop âpre, écrit Luce Des Aulniers, notre imaginaire se déplace vers le monde des bêtes. L'animal devient personnage et héros »

 

Aimez les animaux, n'abattez pas les arbres vers, et vous ne connaîtrez pas l'adversité dans la vie
Guru Jambheshwar (1451-1536)
Une belle histoire du destin

Un gérant d'une boutique clouait une pancarte au-dessus de sa porte où l'on pouvait lire « Chiots à Vendre »
Bientôt un petit garçon fut attiré par l'annonce, et demanda « À quel prix le vendez vous ces chiots »
Le propriétaire du magasin répondit, « Autour de $30-$50 »
Le petit garçon chercha dans sa poche et sortit de la monnaie… « J'ai $2.37, est-ce que je peux les regarder ? »

Le propriétaire du magasin sourit, et siffla. Sa chienne, nommée Lady, courut hors du chenil, vers l'allée de son magasin, suivie par cinq petits chiots. Mais un des chiots restait loin derrière… Immédiatement, le petit garçon choisit le chiot boiteux resté en arrière.
Il demanda : « De quoi souffre ce petit chien? » L'homme expliqua qu'à sa naissance, le vétérinaire lui avait annoncé que le chiot avait une malformation de la hanche qui le ferait boiter pour le restant de sa vie.

Le petit garçon devint vraiment enthousiasmé et dit : « C'est le chiot que je veux acheter ! »

L'homme répondit : « Non, tu ne peux pas acheter ce petit chien, si tu le veux vraiment, je te le donne ! » Le petit garçon devint bouleversé. Il regarda l'homme droit dans les yeux et dit : « Je ne veux pas que vous me le donniez. Il vaut tout autant que les autres chiens, et je vous paierai le plein prix. En fait je vous donnerai $2.37 maintenant et 50 cents chaque mois jusqu'à ce que j'aie fini de le payer »

L'homme contrecarra. « Tu ne peux pas acheter ce chiot, vraiment ! Il ne sera jamais capable de courir, de sauter et de jouer et aimer d'autres chiots » Alors, le petit garçon se pencha vers le bas, puis il enroula la manche de son pantalon, et montra une jambe malade, tordue, estropiée, supportée par une grande tige de métal. Il regarda l'homme et dit : « Je ne cours pas très bien et le petit chiot aura besoin de quelqu'un qui le comprenne »

À ce moment, l'homme mordit sa lèvre inférieure. Des larmes lui piquaient les yeux… Il sourit et dit : « Mon garçon, j'espère et prie pour que chacun de ces chiots ait un propriétaire tel que toi ».

Dans la vie, peu importe qui vous êtes, si quelqu'un vous apprécie pour ce que vous êtes, vous accepte, et vous aime inconditionnellement. L'ami véritable est celui qui se rapproche de vous quand le reste du monde s'éloigne…