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Feuille d'avis de Neuchatel


LES HIPPIES APOTRES MODERNES D'UN MOUVEMENT UTOPIQUE



Les Hippies déclarent l'amour à la guerre

Une plage de Californie.

Un groupe de jeunes gens fait le serment de bâtir un monde nouveau, totalement libre et paisible, sur un socle d'amour, de gentillesse et de fleurs.
A leur tête, un homme courageux. Il tente d'apporter un souffle pur et bienfaiteur parmi le chaos, les ruines et le sang.

Son nom : Timothy Leary.
Ancien professeur de philosophie à l'Université de Harvard (Cambridge, Etats-Unis). Ses idées révolutionnaires le rendirent indésirable et il abandonna son poste. Lui, c'est le “shazam”, le pape du mouvement qu'il vient de créer.

Ses disciples sont les “hippies” de San-Francisco. Apôtres modernes, ils parcourront le monde pour y semer une philosophie nouvelle. Pour entrer au sein de ce mouvement, le jeune homme ou la jeune fille devra abandonner ses études, son emploi, ses parents, ses amis, ses opinions politiques.

En un mot : divorcera avec la société afin d'être libre de tout.
Le groupe se sépara et les promoteurs s'efforcèrent de convertir le plus d'adeptes possible. Ce mouvement fit boule de neige et, quelques mois plus tard, 25.000 “hippies” participaient au premier rassemblement organisé sur un terrain de polo du Golden Gâte Park à San-Francisco. Cela se passait le 14 janvier 1967.

Mardi 2 janvier 1968 | Neuchatel - N° 1

 

RÉVÉLATEUR DE CONSCIENCE

Avide de sensations, la jeunesse américaine adopta bien vite ces personnages originaux et contribua au développement du mouvement en apportant sa vie au service d'une cause que chacun savait bonne.

L'individu désireux d'adhérer à cette société doit jurer :
  1. de garder sa liberté et de n'appartenir qu'à lui-même ;
  2. d'abandonner le monde extérieur et d'inviter tous les non-initiés à le suivre sur ce chemin fleuri qui doit l'amener à l'honnêteté, à l'amour et à la joie de vivre ;
  3. de révéler sa conscience, de laver son cerveau de toute la boue qu'il contient, de renaître à la vie.

C'est ici qu'intervient la drogue, plus particulièrement le L.S.D. puissant révélateur. Selon les “hippies” une dose de cette drogue suffit à ouvrir de nouveaux horizons. Ils en absorbent chaque fois qu'ils célèbrent leur rituel, c'est-à-dire plusieurs fois par jour pendant un certain temps.

Le L.S.D. étant difficile à obtenir et par conséquent très onéreux, le “hippies” se tourne vers d'autres drogues, tels le hachisch, la marijuana, voire de simples stimulants.

LA TUNIQUE INDIENNE

La chevelure du “hippie” est abondante et ses vêtements très riches en couleurs.
Des pantalons bariolés, criards, amples, et une tunique pareille à celles que porte les habitants des Indes ou les Peaux-Rouges sont leur principal habillement.

Mais encore une fois, chacun est libre de porter ce qui lui plaît. Seuls les colliers de fleurs ainsi que les clochettes ou les bracelets de plomb sont indispensables. Imitant les guerriers sioux, certains “hippies” arborent fière ment des tatouages “Psychédéliques” sur la figure pour partir sur les sentiers de la paix.

Parmi ces tatouages, les mots “amour” et “fleurs” se retrouvent fréquemment.
“Psychédélique” est le mot clé de ce mouvement. Sa signification est la suivante : Sensation de désir créateur sublime, affinement des perceptions ou, encore, totale prise de conscience de soi-même.

Par dérivation, “psychédéliques” désigne également les drogues qui permettent de parvenir à cet état de félicité.

LES FLEURS AU POUVOIR

Dispersés par le monde, certains hippies se sont fixé la tâche ardue de recruter et de convertir la jeunesse, tandis que d'autres ont formé plusieurs communautés agricoles semblables aux kibboutz d'Israël, aptes à accueillir les “frères” parcourant la terre.

Arrivés en Europe, ils contaminèrent l'Angleterre et la France notamment, avant de poursuivre la route qu'il les mènera aux Indes. Partout de nouveaux groupes se formèrent, agrandissant ainsi la famille “hippie”.

“Les fleurs au pouvoir” sont leur principal slogan. Chacun rêve, aidé sans doute par la drogue, de voir les politiciens prôner l'amour entre les peuples. “Ne fais pas à autrui ce qu'il voudrait qu'il te fît” est un des préceptes de leur morale. Si vous giflez un “hippie”, il vous tendra une fleur. On le constate : tout cela est merveilleux et utopique !

SORTIR DE SON MÉGOT

Le “hippie” qui veut sortir de son mégot doit se bourrer d'acide afin de planer le temps d'un voyage révélateur. Autrement dit, celui qui désire purifier son cerveau consommera de la drogue pour atteindre un état second qui va le guider dans la vie.
Ces termes insolites ne sont valables que pour le “hippie” français, quand bien même certains mots désignant la drogue sont d'origine américaine, tels le Bhang, le Khif, le Dick, le Boo, le Pot et bien d'autres encore.

Un “hippie” peut “se révéler” autant qu'il le désire. Pourtant, certains abandonnent le L.S.D. et toute autre drogue après quelque temps. Les autres se retrouvent dans un jardin public, sur une plage ou chez l'un d'eux pour célébrer la philosophie mental du culte.
Ce dernier le comprend des passations de pouvoirs magiques, des phrases rituelles telles que : Je suis hippie, et bien entendu, des séances de “révélation de conscience”.

Pour consommer les drogues, les “hippies” possèdent de petites pipes nommées “toppers” qui permettent de fumer le hachisch jusqu'à la dernière bouffée en faisant un minimum de déchets.

LA MENTALITE D'UN HIPPIE

Notons que le “hippie” ne se soûle pas avec de voisons contenant de l'alcool, étant généralement obstinant. Selon lui, l'état d'ébriété ne convient pas à la méditation mentale.
Un hippie il boit donc du “thé ou des jus-de-fruits”, eaux minérales etc.

Certaines drogues de l'époque comme lors de la consommation de certaines drogues comme la mescaline, L.S.D. (acide lysergique diéthylamide), ou d'autres acides, avec une prise d'une fois vous pouvez avoir des hallucinations pour une période allant jusque à 24 heures.

Le sens de la vue est affecté dans la plupart des cas. Certaines personnes peuvent croient entendre des voix les accusant ou leur donnant des ordres, auxquels ils répondent par la panique, par une soumission ou par des atteintes à leur propre sécurité, voire le délire, ou le suicide.

Le philosophe grec - Socrate

Le paradoxe socratique, “connais-toi toi-même” il estimait que : “la science et la vertu vont de pair et que la vertu est une question d'intelligence et de réflexion. La volonté ne peut vouloir le mal et ce n'est que par une erreur de l'intelligence qu'elle se livre inconsciemment au mal”.

L'ignorance est cause de la méchanceté. La sagesse se traduit en acte vertueux.
Et le bonheur vient de la pratique de la vertu qui est à elle-même sa propre récompense. L'ordre dans le monde ne peut s'expliquer que par une intelligence supérieure.
Et il ajoutera que : “l'âme est au corps ce que le dieu est à l'univers”.

Une métaphore de Philosophie et Sagesse.

Ces mots plusieurs personnes le considèrent comme indissociables.

“Descend au plus profond de toi-même et trouve la base solide sur laquelle tu pourras construire une autre personnalité, trouve au plus profond de toi la volonté et grâce à cette volonté, travaille ton intelligence et ta conscience pour en tirer le meilleur, ensuite, utilise ta volonté et courage de persévérance, ton intelligence et ta conscience jusqu'à ton but ultime”.

Mais ce n'est qu'en continuant que tu atteindras la “Conscience ultime”, ainsi reviendrait à faire évoluer ce qui est instinctif dans l'être, une vraie conscience.

INVITATION AU VOYAGE

Au langage insolite s'ajoute l'art insolite. Le mouvement compte de nombreux artistes parmi lesquels des peintres, des sculpteurs, des chanteurs dont les oeuvres exaltent toujours l'amour, les fleurs et la drogue.

Parmi les plus connus, citons Scott McKenzie qui chanta San-Francisco sur toutes les ondes ; Timothy Leary, le “prophète”, qui touche à la photographie, à la guitare, à la cithare, à la poésie et même au chant grégorien ; Jean-Paul Aufray, le frère du célèbre Hugues, qui, de New-York, nous envoie, par-delà l'océan Atlantique, * Invitation au voyage de Baudelaire, habillée par une musique incohérente dont les accords aigus ne sont pas sans rappeler à la fois le rêve, le cauchemar, le bien-être et le sifflement strident de certains oiseaux exotiques.

De plus en plus, des orchestres se forment pour chanter le “hippiedom”, nom donné à ce phénomène social.

LE CHEMIN DU NÉPAL

En fait , dans la majorité des cas, le “hippie” n'a pour but que de joindre au plus vite son frère de l'Orient pour étudier la question d'un possible et rapide rapprochement des peuples et des idées.

Au Népal, on trouve de la drogue à profusion et pour presque rien. Dans ce pays ou aux Indes, les “gurus” - maîtres à penser de la philosophie hindoue - lui enseigneront les rudiments de base du dépouillement terrestre de même que les paroles du “Hari Krishna”, version “hippie” du Pater Noster.

Travaillant ici et là, juste pour manger et acquérir la drogue, le “hippie” parcourra ainsi des milliers de kilomètres qui le conduiront à travers le monde, prônant l'amour de son prochain, la beauté des fleurs et la sensibilité des paroles réconfortantes. Jamais il ne se révoltera contre quelqu'un, mais s'efforcera, sans agressivité, de lui montrer la “bonne voie”.

Quand, sous l'emprise de la drogue, un autre jeune aura connu la “lumière”, il sera convaincu que seul le mouvement fondé par le “shazam” a sa raison d'être et il lui sera impossible de songer à un retour dans le passé, autrement dit dans la société.

LE CHRIST ET LES BEATLES

Dans la mythologie “hippie” prennent place tous les personnages importants des religions auprès desquels nous trouvons les Beatles.

A la question :
“Etes-vous avec ou contre le Christ ?”, un des leurs a répondu : “Ni avec, ni contre”.
Il occupe dans notre philosophie la même place que “Bouddha ou Krislma”. Nous avons nos dieux et nos diables. Nous distinguons les bons des mauvais. Les fauteurs de guerre, tout comme nous, ouvriront les yeux sur leur imbécile obstination et se révéleront.

En fait, leur philosophie repose sur les principes religieux qui nous entourent, effleurant chacun sans pourtant s'en inspirer totalement. Le mouvement, quoi qu'on en pense, est presque essentiellement masculin. La femme est en nombre inférieur et se désintéresse plus des idées “hippies”.

REVALORISER L'AMOUR

Selon l'avis des “hippies”, l'amour a été lamentablement bafoué. Ils se sont fixé pour tâche de revaloriser cet amour, de le porter au sommet, de ne plus faire que des enfants de la paix et de la joie.

L'amour, vu par un “hippie”, doit être libre, sans aucune jalousie, sans aucun mensonge, sans haine et sans déchirement. L'homme qui trouve une fille plaisante l'invitera à le suivre sur les sentiers de l'amour puis lui rendra sa liberté. Quant aux enfants, ils trouvent une place dans les centres communautaires.

Leur éducation est assurée par les responsables ou les parents adoptifs. Cela n'est pas sans rappeler la vie des autochtones tahitiens. L'amour libre, totalement libre, sous-entend aussi l'homosexualité.

Sans pratiquer le vice ou le sadisme, le “hippie” recherche une autre “vérité” ou la “supranaturel”, comme il le dit si bien lui-même. Et toujours cette même gentillesse, cette même joie de vivre, ces mêmes fleurs autour de son cou, qui font presque oublier la drogue et le reste.

Interrogé sur ses ambitions quant à l'avenir, un Libanais a répondu qu'il est bien qu'un jeune soit “hippie” un certain temps, pour mieux entrer dans la vie et insuffler à ses prochains toutes ces belles idées.
Lui, il voyagera jusqu'à trente ans avant de s'établir dans son pays et s'y faire une situation. On le voit, le Libanais n'a pas tout à fait les mêmes idées que l'Américain, l'Anglais ou le Français. Cette légère divergence d'opinion commence déjà à opérer une dissolution.

LE ROC S'EFFRITE

Aux Etats-Unis, nombre de sociologues se sont penchés sur ce problème “hippie”. Certains ont vécu quelque temps parmi eux afin d'étudier les principes de base de leur philosophie. Une à une les communautés se dissolvent, se désagrègent, ne pouvant s'adapter malgré leur parallélisme hors de la société.

Les “hippies” américains sont devenus plus une attraction touristique qu'une menace ou une lumière pour le monde. En France, le mouvement, s'il est restreint quant à son effectif, connaît en revanche une vogue assez importante. Les Parisiens craignent malgré tout ce phénomène, sceptiques quant à la santé de leur jeunesse.

Mais la police s'en mêle, puisque, tout dernièrement, elle a mis la main sur une livraison de 5000 doses de L.S.D. importée d'Angleterre. Lorsque l'on sait qu'une seule dose se vend trente francs, on comprend que, la plaisanterie étant très coûteuse, les Français se calmeront pour quelque temps.

Détail amusant : pour mettre de l'ambiance lors d'une soirée, les Parisiens peuvent louer un * Morne /...

POUR LA VIE

Malgré tout, certains ont conservé une parcelle d'optimisme et se marient selon le rituel “hippie”. Le 30 octobre dernier, une cérémonie inhabituelle se déroulait au bois de Boulogne. Daniele et George, âgés respectivement de 22 et 25 ont étaient unis par le “Boo-Hoo” (prêtre) de service. Le mariage est une cérémonie placée sous le signe de l'amour et des fleurs.

Comme chez nous. Pourtant une pelouse tient lieu de chapelle. L'alliance est remplacée par un collier de fleurs que le prêtre passe au cou de chacun des mariés. Une bande de drap blanc large d'un mètre délimite le lieu du rituel. Ce drap forme un cercle d'une dizaine de mètres de diamètre à l'intérieur duquel prennent place, assis en tailleur sur des nattes bariolées, les invités, le prêtre et les époux.

Ces derniers font le voeu de remonter à la source de la rivière qui coule en eux, puis, l'ayant atteinte, en redescendre. Ces pensées sont jolies mais la philosophie manque de poids, de solidité.

Les jeunes mariés abondamment fleuris s'en retournent à leur drogue et à leurs rêves insensés. La cérémonie a duré quelque deux heures pendant lesquelles, selon un rituel bien établi, Les citants succédaient aux tintements des clochettes.

LES TRAVESTIS

Parallèlement au mouvement “hippie”, d'aucuns ont cru bon d'exploiter le phénomène pour en soutirer quelque argent.
Des “magasins hippies” s'ouvrent à New-York, à Londres ou à Paris. On peut y acheter des tuniques, des pipes, des bracelets de plomb ou des clochettes. Des chanteurs à la mode font graver des disques “hippies”.

Nous pensons plus particulièrement à France Gall ou à Dutronc qui, n'en pensant pas un traître mot, déclare, dans sa dernière chanson : “Je suis hippie, je suis hippie”, c'est ma nouvelle philosophie ! Tout dernièrement, Papy, peintre montmartrois, a lancé au monde ses opinions fleuries en chantant les louange du “shazam”.

Quant à Johnny Hallyday, il déambule dans les rues de la capitale au volant d'un de ses puissants bolides, une fleur dans les cheveux et des tuniques bariolées en guise de veston.
Nous avons même vu Brigitte Bardot s'étaler sur une page d'un important magazine féminin, déguisée en “hippie”.

Pendant ce temps, sur une plage de Californie, des hommes espèrent encore changer la face du monde. Pour eux, l'important c'est l'amour...

Mardi 2 janvier 1968 | Feuille d'avis de Neuchatel - N° 1
Jean-Robert PROBST
A la vie à l'amour.


L'amour où la guerre
le paradoxe délirant de notre cerveau


Il semble évident depuis plusieurs milliers d'années que la nature intrinsèque de l'univers est une complexité extrême, un désordre inexplicable, une splendeur confuse et mystérieuse connue sous le nom de Chaos…

La théorie du chaos permet de prendre conscience de la tâche qui est la nôtre: comprendre, apprécier et glorifier la nature merveilleuse de l'univers tout entier, y compris le paradoxe délirant de notre cerveau.
Timothy Leary    

Le docteur Leary est né à Springfield dans le Massachusetts, dans une famille importante de la Nouvelle Angleterre. Il a étudié pendant un bref temps à l'université College of the holy Cross, à Worcester, Massachusetts, mais a mal réagi à la formation stricte de l'établissement Jésuite. Il a également essayé West Point pendant un certain temps mais a été renvoyé après 18 mois.

Il a obtenu une licence en psychologie à l'université d'Alabama en 1943. Il a par la suite atteint un doctorat en psychologie à l'université de Californie, Berkeley, en 1950. Il a continué pour devenir un professeur auxiliaire Berkeley (1950-1955), un directeur de recherche de la fondation Kaiser (1955-1958), et un conférencier en psychologie à l'université de Harvard (1959-1963). Leary plus tard a décrit ces années avec dédain, écrivant ce qu'il avait été:

un employé institutionnel anonyme qui a conduit pour travailler chaque matin dans une longue ligne des voitures de banlieusard et a conduit à la maison chaque nuit et a bu des martinis.... comme plusieurs millions, classe moyenne, libéral, robots intellectuels.

Durant des vacances au Mexique, il essayait les champignons hallucinogènes composés de psilocybine, une expérience qui changera énormément le cours de sa vie. Dès son retour à Harvard en 1960, Leary s'associe, notamment avec le Dr. Richard Alpert (plus tard connu sous le nom de RAM Dass), et commença à conduire des recherches sur les effets de la psylocybine et puis sur le LSD avec les étudiants.

Le docteur Leary dit que le LSD, utilisé au bon dosage (de préférence avec les conseils d'un professionnel), pourrait changer le comportement des manières sans précédent.
Ses expériences n'ont produit aucun meurtre, suicide, psychose, et en principe aucun de ces “bad trips”.

Les buts de la recherche de Leary, étaient de trouver de meilleurs moyens pour traiter l'alcoolisme et réhabiliter les criminels. Plusieurs des participants sur les recherches de Leary disent avoir vécu des expériences mystiques et spirituelles profondes, qui, affirment-ils, ont changé leurs vies d'une façon très positive.

Leary et Alpert ont été écartés de Harvard en 1963 :

Leurs collègues étaient incommodés par la nature de leur recherche, et des parents puissants ont commencé à porter plainte à l'administration de l'université au sujet de la distribution des hallucinogènes à leurs enfants.
Ils ont été déplacés dans un grand manoir à New York appelé Millbrook, d'où ils ont continué leurs expériences.

Leary plus tard a écrit :
  1. Nous nous sommes vus comme des anthropologues du XXIéme siècle habitant un module de temps placé quelque part dans les âges sombres des années 1960.

  2. Dans cette colonie de l'espace nous essayions de créer un nouveau paganisme et un nouvel attachement à la vie comme art.

Les incursions répétées du FBI ont amené la fin de l'ère Millbrook.
Leary a été condamné pour détention de drogue, s'est enfui, et par la suite a été emprisonné pendant plusieurs années.

Quand il est arrivé en prison, il a passé les tests psychologiques standards que la prison assignait aux détenus pour l'attribution des tâches de travail. Comme c'est lui qui avait écrit ce test, il pouvait donner les réponses qui lui permirent de travailler dans la bibliothèque de la prison.

Leary, plus tard, a continué de proposer son modèle de huit circuits de conscience, dans lequel il a supposé que l'esprit humain est composé de huit circuits de conscience.
Il pensait que la plupart des personnes n'accédaient qu'à quatre de ces circuits durant leurs vies.
Les quatre autres, disait Leary, étaient des ramifications révolutionnaires des quatre premiers, et étaient présentés pour permettre la vie dans l'espace, et aussi pour l'expansion de la conscience qui serait nécessaire pour accomplir davantage de progrès scientifique et social.

Leary a suggéré que certains puissent accéder au quatre autres circuits par la méditation et autres efforts spirituels. Un exemple de l'information, Leary citait comme évidence afin des quatre circuits “plus élevés”, était le sentiment de flotter et d'inhibition des mouvements éprouvé par l'utilisateur de marijuana.

Dans le modèle de huit circuits de la conscience, une fonction théorique primaire du cinquième circuit (le premier des huit développés pendant la vie dans l'espace extra-atmosphérique) est de permettre à des humains de s'habituer à la vie dans un environnement zéro ou de pesanteur faible.

De toute façon, son séjour en prison a été interrompu en 1970 où, contre une caution, Weather Underground Organization a sorti Leary hors de prison.
Avec son épouse “Rosemary Woodruff Leary”, il quitta clandestinement les USA pour Alger dans un refuge préparé par les “Black Panther Eldridge Cleaver”. Découvert, le couple se sauva en Suisse.

Séparé de Rosemary, Timothy Leary a été enlevée par des agents d'Interpol en Suisse et extradé aux USA en 1974, où il a coopéré avec le FBI pour les enquêtes sur le Weather Underground. Il a été libéré le 21 avril 1976, par le Gouverneur Jerry Brown.

Durant sa vie, Leary fut le sujet d'une chanson de Moody Blues “Legend of a Mind”, qui a rendu célèbre l'expression, “Timothy Leary's dead”.
“No, no, he's outside looking in” Timothy Leary est mort.   “Non, non, il est à l'extérieur et regarde à l'intérieur”.

Réciproquement, et peut-être en opposition, il fut la référence dans une chanson des the Who's, “The Seeker”, à peu près à la même époque; le protagoniste, recherchant une certaine vérité universelle, déclara : “I asked Timothy Leary, but he couldn't help me either” J'ai demandé à Timothy Leary, mais il ne pouvait pas m'aider non plus.

Leary a, à plusieurs occasions, flirté avec l'occulte et était un membre de l'ordre magique the Illuminates of Thanateros.

Un mois avant sa mort d'un cancer inopérable de la prostate, Leary a écrit un livre appelé le “Design for Dying”  “Conception de la mort”. Ce livre était une tentative de montrer aux gens une nouvelle manière de regarder la mort et mourir.

En 1964, il a co-écrit un livre avec Ralph Metzner appelé “A psychedelic manual”
“Un manuel psychédélique”, en apparence basé sur le livre tibétain des morts.

Dans celui-ci il écrit :
  1. Une expérience psychédélique est un voyage à de nouveaux royaumes de conscience.

  2. La portée et la teneur de l'expérience est sans limites, mais ses caractéristiques sont la transcendance des concepts verbaux, des dimensions d'espace-temps, et du moi ou de l'identité.

  3. De telles expériences de conscience agrandie peuvent se produire par une multitude de moyens : la privation sensorielle, exercices de yoga, par les extasies disciplinées de méditation, religieux ou esthétiques, ou spontanément.

Plus récemment, ces expériences sont devenues disponibles à n'importe qui par l'ingestion des drogues psychédéliques telles que le L.S.D., le psilocybine, la mescaline, le D.M.T, etc.

Bien sûr, la drogue ne produit pas l'expérience transcendante. Elle agit simplement en tant que clef chimique - elle ouvre l'esprit, libère le système nerveux de ses modèles et structures ordinaires.

Pendant un certain nombre d'années, Leary a été excité par la possibilité de geler son corps dans la suspension cryogénique. En tant que scientifique lui-même, il n'a pas cru qu'il serait ressuscité dans l'avenir, mais il a identifié l'importance des possibilités cryogéniques et était généralement un avocat des sciences futures.

Il l'a appelé son “devoir en tant que futurologue”, et a aidé en faisant de la publicité pour ces systèmes. Leary a eu des rapports avec deux organismes de cryogénie, l'alcor original et puis la filiale Cryocare. Quand ces rapports se sont détériorés en raison d'un grand manque de confiance, Leary a demandé que son corps soit incinéré ; ses cendres furent distribuées à ses amis et à sa famille.

La mort de Leary a été enregistrée en vidéo pour la postérité, capturant ses dernier mots pour toujours.
À un certain point, dans son délire final, il a itéré les mots “why not” pourquoi pas ?. Il a poussé l'expression à plusieurs reprises, dans différentes intonations, et est mort peu après.

Son dernier mot, selon Zach Leary, son fils, était “beautiful”   “beau”. La bande vidéo a été transformée en un film. Le film est appelé “le dernier voyage de Timothy Leary”, et les réalisateurs de cinéma ont profité de son désir initial pour la conservation cryogénique en créant secrètement un ordre falsifié de décapitation, sans permission de Leary ou de sa famille. Après la sortie du film, les réalisateurs ont refusé d'admettre le mensonge, probablement une méthode pour faire sensation et faire mousser la vente de billets.

La scène truquée a été si efficace que beaucoup doutent qu'il y ait eu trucage. C'est devenu un sujet de discussion intense ; ceux qui clament que c'est truqué ne peuvent pas fournir les preuves ; la vérité est demeurée inconnue.

Après sa mort, sept grammes des cendres de Leary ont été envoyés par son ami chez Celestis, pour être envoyés dans l'espace à bord d'une fusée portant les restes de 24 autres personnes, notamment Gene Roddenberry (créateur de Star Trek), Gerard O'Neill (physicien de l'espace), Krafft Ehricke (scientifique spécialisé dans les fusées), et autres...

L'expression Timothy Leary tickets est le sobriquet affectueux donné aux petits carrés de papier buvard imbibés de L.S.D. Vraisemblablement, parce qu'ils offrent un “billet pour un nouveaux spectacle”, “un voyage dans des univers jusqu'ici encore inconnus”.

Le pape du LSD dans l'espace

Date de diffusion : 21 avril 1997   Des funérailles spatiales pour Timothy Leary : ses cendres sont parties dans l'espace à bord d'une fusée.   crédit : Sources (url) Archives de radio-canada

Om!


Voyage psychédélique dans l’univers de Timothy Leary

Deuxième partie de ce guide consacré à l’univers psychédélique de Timothy Leary Après avoir présenté rapidement Timothy Leary
Tentons ici de replacer cet iconoclaste dans l’histoire des idées. Tâche ardue que celle ci car ses influences sont nombreuses (du culte égyptien d’Isis au psychologue Carl Jung en passant par la philosophie orientale) et complexes.

Point question ici de vous faire une présentation détaillée de chacune des influences de Timothy Leary mais cela devrait, j’espère, vous donner une image un peu plus fidèle que celle de simple prédicateur du LSD qui l’a rendu célèbre. Plongée dans l’espace et le temps.

!

La philosophie

Deux philosophes grecs reviennent souvent à propos de Timothy Leary, dont il n’hésite pas à souligner sa filiation : Pythagore et Socrate.

L’influence de Pythagore s’explique, outre un apport essentiel aux mathématiques et à la géométrie, par sa volonté de comprendre le monde au travers de ce prisme :  Tout est nombre. Un postulat qui se confirmera, entre autres, par le langage binaire en informatique et qui fascinera Leary.

Autre point de contact, la réfutation d’un monde figé : “Rien dans le monde entier n’est permanent”. Tout continue d’avancer, d’évoluer. Toute les choses contiennent une nature changeante 1. Une approche qui fait écho au taoisme, autre influence de Leary, que nous aborderons plus loin.

Aussi importante est la dimension spirituelle véhiculée par Pythagore et ses disciples. Influencé par l'orphisme ou le culte d'Isis 2 lors de ses voyages en Egypte ou à Babylone, il fut l’un des premiers penseurs grecs pour qui la philosophie n’était pas seulement une manière de penser mais également de vivre. Simplicité et critique de soi étaient les règles de sa confrérie, qui croyait dans l’immortalité de l’âme. A la fois son  véhicule et sa prison, le corps n’était qu’une étape transitoire avant une réincarnation dans une nouvelle forme de vie, animale ou humaine, en fonction de ses actes.

J’y reviendrai dans la deuxième partie de cet article mais cet ensemble de règles de vie, compréhensible seulement par les initiés, sera l’une des bases de l’hermétisme et sa (très) nombreuse descendance.

A lire : un article sur L’encylopédie de l’Agora, qui revient notamment sur sa conception de la musique, dont je vous avais parlé dans le dernier Mème pas mal, et un article-tableau de Gérard Vuillemin qui montre bien les nombreux apports de Pythagore.

Passons plutôt à l’autre grande influence, Socrate, et laissons Leary causer : “Il y a 3000 ans, des personnes à Athènes, en Grèce, ont développé une nouvelle philosophie, la religion de l’humanité que l’on appelera humanisme. Socrate a expliqué que le but de la vie humaine était de se connaitre soi même”   ( “gnothi seauton” en grec). Créer et concevez votre propre ordre à partir du chaos. Socrate ne nous donna pas de commandement. Il ne donna pas d’ordres. Il posait des questions. Il a encouragé ses amis à spéculer, concevoir, créer, faire interagir leurs propres versions de la réalité. Socrate a expliqué que la philosophie devait se faire en petits groupes, en posant des questions, en apprenant de chacun, en changeant son esprit, en progressant ensemble, en pensant ensemble.

Les chefs religieux ont dit alors à Socrate : “Vous ne pouvez pas dire cela. Ce sont les dieux qui contrôlent le monde. Qui êtes vous pour dire que vous avez une individualité ?”

Comment pouvez vous oser chercher la connaissance ? Ce sont les dieux qui en décident. Sacrifiez aux dieux, obéissez leur.

Et Socrate le répondre : “Non, regardez en vous”. Pour cela il devra boire la ciguë, car il a osé dire aux gens : “Pensez par vous même”. Questionnez l’autorité.

Psychologie
Cette connaissance de soi et l’importance de l’individu seront une constante dans l’approche de Leary quant à sa discipline première : la psychologie. Il revendiquera l’apport de trois psychologues ou psychanalystes, Carl Jung, Harry Stack Sullivan et Carl Rogers, qui se sont éloignés de l’approche, jugée trop rigide, enseignée par Freud.

Le plus connu des trois est sans doute Carl Jung, qui sera à l’origine de la psychologie analytique, que l’on pourrait résumer, de facon très superficielle, par la recherche de l'individuation. Une découverte de soi qui passe par la prise en compte et la compréhension de nos contradictions et conflits intérieurs. 

Timothy Leary suivra ainsi une psychanalyse en Californie, peu avant l’explosion du mouvement hippie, avec l’analyste jungien Joseph Henderson. Mais le lien le plus évident se trouve dès l’introduction du livre L’expérience psychédélique, qu’il rédigera avec Ralph Metzner et Richard Alpert.

Ce livre qui fera connaitre Timothy Leary auprès du grand public débute par une dédicace à l’intention de Carl Jung et William James, fondateur de la psychologie aux Etats Unis.

Tous deux ont su éviter les chemins étroit du comportementalisme et de l’empirisme. Tous se sont battus pour faire de l’expérience et de la conscience des champs de recherche scientifique. Tous deux sont restés ouverts à l’avancée des théories scientifiques et ont refusé de se fermer à l’apport de l’enseignement oriental.

Les travaux du médecin et neurobiologiste Henri Laborit, utilisés dans le très bon film d'Alain Resnais Mon oncle d’Amérique : un exemple de l’apport de la science, ici la recherche sur le cerveau, dans la compréhension du comportement humain.

Cette influence de Jung se manifestera dans les travaux de Leary dans les années 50. Il s’oppose ainsi à l’autorité du docteur ou du psychanalyste dans le traitement du patient. Que cela soit dans le diagnostic ? imposé ou la prescription de tranquilisants (Valium et Thorazine) qui fait fureur à l’époque.  Et Leary de préconiser, comme Harry Stack Sullivan, une approche empathique, où le patient devient acteur de son traitement (Une autre version du “Do It Yourself” punk en quelque sorte).

Cette psychologie humaniste, comme il l’appelle, sera ainsi à l’origine de la thérapie de groupe, popularisée par les Alcooliques anonymes.

Cependant, si son travail sera reconnu par ses confrères (notamment son livre Interpersonal Diagnosis of Personality qui sera salué par l’Annual Review of Psychology en 1957) et utilisé dans plusieurs centaines de cliniques aux Etats-Unis, je vous recommande la prudence dans ce domaine, cette approche étant sujette à critiques. Et c’est encore plus le cas concernant son successeur, la psychologie transpersonnelle, popularisée par Timothy Leary, Stanislav Grof et l'Institut Esalen, et qui sera une des bases du mouvement le New Age. Enfin, vous êtes grands !)

La connaissance du monde extérieur

L’hermétisme

S’il fallait un mot pour définir Leary, “curiosité” serait le plus adapté. Cette soif de connaissance l’a amené, comme expliqué plus haut, à se tourner vers lui-même. Mais toute aussi forte est sa volonté de comprendre le monde extérieur.

Comme je l’aborderai dans un article consacré à ses héritiers, ceci se manifestera par son intérêt constant pour les découvertes scientifiques. Cependant la magie et l’ésotérisme sont autant de moyens pour lui d’accéder à cette compréhension du monde. Ce qui le fera passer, pour nombre d’entre nous, pour un illuminé est pourtant d’une logique historique indéniable.

Timothy Leary se rattache en effet à deux courants de pensée : l'hermétisme et le gnosticisme.

Pour la faire courte, car le sujet est des plus vaste, il s’agit de connaitre 3 le monde, d’en dévoiler ses secrets. Secrets qui ne seront accessibles que par l’initiation. Le lien avec Pythagore est encore présent mais soulignons également l’importance mythologique de Hermès, chez les Grecs, ou Thot, chez les Egyptiens, divinités protectrices de tous ceux qui prennent le chemin de la connaissance.

A lire : un article très intéressant de l’historien Bernard Joly, La rationalité de l’hermétisme, à propos notamment du personnage mythique d’ Hermès Trismégiste, fusion de Thot et Hermès, qui deviendra également le “dieu des alchimistes” au Moyen Age et à la Renaissance, via la Table d’émeraude, texte lui étant attribué.

L’hérétisme

Première partie d’un documentaire diffusé sur Arte consacré à Giordano Bruno (la suite à voir sur Dailymotion)

A cette recherche de connaissance s’ajoute également une dimension hérétique. Chercher à comprendre, c’est interroger, se demander pourquoi. Ce qui contient, en germe, la contestation d’un ordre préétabli. Celui qui cherche devient alors une menace et doit être puni. Lucifer, Prométhée ou, plus historiques, Socrate,  Nicolas Copernic et Giordano Bruno : les exemples sont légion.

Et comme il l’explique lui même, dans le texte L’éternelle philosophie du chaos :

La première loi de chaque système basé sur la loi et l’ordre et de dénigrer-diaboliser les dangereux concepts du Soi (self), des buts individuels et de la connaissance personnelle. Penser par soi même est hérétique, c’est une traitrise, un blasphème. Seuls les démons et Satan le font. Les règles sont simples et logiques. Vous obéissez passivement. Vous priez. Vous vous sacrifiez. Vous travaillez. Vous croyez.

Toute ressemblance avec Invasion Los Angeles, alias They Live, de John Carpenter n’est pas forcément fortuite.

Et Leary de se revendiquer de cet héritage, en se présentant comme le successeur direct du célèbre écrivain et maitre de l’occulte Aleister Crowley.

L’autobiographie de Leary, Confessions of a Hope Fiend, renvoie ainsi par exemple à l’autobiographie de Crowley, Diary of a Drug Fiend. S’attaquer à Crowley est une tâche trop immense pour m’y atteler ici mais, même s’il est moins connu en France, son influence fut énorme dans la culture contemporaine, en particulier la musique 4 mais aussi la scientologie de Ron Hubbard...

 

Par l’utilisation de diverses drogues 5 pour atteindre des états de conscience modifiés, Crowley sera ainsi l’une des grandes sources d’inspiration de Leary quant à l’usage de la psilocybine ou du L.S.D.

Il en sera de même pour Think for yourself. Question Authority (Pense par toi même. Questionne l’autorité) qui renvoie directement à l’une des maximes de Crowley, “Do as thou wilt so mete it be” (Fais ce que tu veux, quoi qu’on en pense) 6

A lire : sur les liens entre Leary et Crowley, je vous conseille de lire un article de John Higgs, auteur de I Have America Surrounded : The Life of Timothy Leary, publié dans le numéro 4 de Sub Rosa Magazine

Go East : l’apport des philosophies orientales

Terminons par l’autre grande influence de Timothy Leary : les philosophies orientales. Si les liens entre l’Orient et l’Occident, grâce entre autres à Avicenne, Averroès ou Ibn Khaldun, sont déja anciens, l’intéret pour les philosophies orientales est beaucoup plus récent.

C’est à partir du début du XIXème siècle que les textes philosophiques et religieux indous, bouddhistes ou taoistes vont être accessibles aux Occidentaux. Ils inspirent notamment, en philosophie, les écrits de Schopenhauer ou Nietzsche.

Je tenais à mentionner vite fait, à titre d’exemple, le cas d’Helena Blavatsky. Née en Russie en 1831, elle partira, à l’âge de 17 ans, et durant plus de 20 ans, dans une série de voyages en Asie, en Inde et au Tibet notamment. Avec l’exploratrice Alexandra David Néel, elle sera ainsi l’une des premières femmes à entrer au Tibet.

Le reste de sa carrière est en revanche plus douteux, celle-ci devenant l’objet d’un culte grâce à des “dons paranormaux” et ses écrits seront, avec sa croyance dans le mythe de la race aryenne, une des inspirations du mysticisme nazi.

Avancez donc avec prudence sur ce chemin mais son importance pour la diffusion de la culture orientale, en particulier aux Etats-Unis, est indéniable. Le mysticisme nazi, une source d’inspiration intarrissable, d’Indiana Jones à Hellboy.

Autre personne importante quand on parle de philosophie orientale, mais cette fois beaucoup plus connue : Aldous Huxley 7, l’auteur du “Meilleur des mondes”.

Initié à l’hindouisme à la fin des années 1930, il aidera à populariser lui aussi la culture orientale avec La philosophie éternelle et surtout Les portes de la perception. Proche de Leary (il participera à l’occasion à ses expériences à Harvard et Milbrook), Huxley sera également l’un des influences de Leary, avec Crowley, qui le mènera vers l’utilisation de drogues pour modifier son niveau de conscience.

Les portes de la perception d’Aldous Huxley, inspiration pour le nom du groupe de Jim Morrisson. L’expression “Portes de la perception” étant elle-même empruntée par Huxley au poète William Blake (If the doors of perception were cleansed everything would appear to man as it is, infinite).

A lire : un texte, en anglais, de Timothy Leary et Erich Gullichsen, à propos d’Aldous Huxley et Herman Hesse, autre connaisseur de la culture orientale dont nous avions parlé dans le dernier Mème pas mal.

Ces références à la philosophie orientale seront ainsi nombreuses chez Timothy Leary. Le plus connu sera The Psychedelic Experience, sous titré “A Manual Based on the Tibetan Book of the Dead” 8.  Mais il empruntera également au Tao comme il l’explique dans son texte L’éternelle philosophie du chaos,

“Les taoïstes chinois ont enseigné certaines techniques visant à aller dans le sens des flux ; ne pas se cramponner aux idées-structure, mais changer, et évoluer. S’il y avait un message : restons zen, et ne paniquons pas. Le chaos est bon. Les possibilités qu’il peut créer sont infinies”.

A noter enfin le I Ching, et son système de divination dont s’inspirera Leary, avec l’aide de Robert Anton Wilson 9, pour créer son modèle des huits niveaux de conscience.

A lire : le texte de Timothy Leary  L’éternelle philosophie du Chaos et celui de Robert Anton Wilson,  en anglais, présentant les huit niveaux de conscience.

Sur ce, je vous laisse vous amuser avec tout ca. Et rendez vous pour une troisième partie consacrée à ses compagnons de route. Cheveux longs et fumée d’encens au programme !

Crédit source : @ Gwen 2013 Centrifugue.

A lire également la suite...
Voyage psychédélique dans l’univers de Timothy Leary (1/4)
Voyage psychédélique dans l’univers de Timothy Leary (3/4)

 

Notes:

  1. Phrase attribuée à Pythagore par Ovide dans Les Métamorphoses
  2. Auxquels le christianisme empruntera nombre d’éléments, comme la trinité ou le culte de Marie, calqué sur celui d’Isis
  3. gnosis, la connaissance en grec
  4. Black Sabbath, Led Zeppelin, Tool, Marylin Manson, Ministry et j’en passe
  5. Opium, hashish, cocaine, mescaline, emphetamines, heroine. On savait vivre à l’époque !
  6. Une phrase elle même largement inspirée du “Gargantua” de Rabelais avec le “Fais ce que voudra” à l’entrée de l’abbaye de Thélème. Thélème qui sera d’ailleurs le nom de la communauté que Crowley fondera en Sicile dans les années 20.
  7. Dont les liens avec Aleister Crawley sont également forts. Selon la légende, Huxley aurait été initié aux drogues par Crawley lors d’une rencontre dans les années 30. Et ce dernier s’est intéressé en profondeur à la philosophie orientale
  8. Sur lequel est également basé le film “Enter the Void” de Gaspar Noé.
  9. Créateur du discordianisme, religion délirante basée sur le chaos, sur lequel je reviendrai un peu dans la prochaine partie
Om!

Alice au pays des merveilles



Alice au pays des merveilles
de Lewis Carroll

Livre audio gratuit posté le 08 avril 2010 Durée : 2 h 50 min.

Alice s'ennuie auprès de sa sœur qui lit un livre (sans images, ni dialogues) tandis qu'elle ne fait rien. « À quoi bon un livre sans images, ni dialogues », se demande Alice. Mais voilà qu'un lapin blanc aux yeux roses vêtu d'une redingote rouge passe près d'elle en courant. Cela ne l'étonne pas le moins du monde.

Pourtant, lorsqu'elle le voit sortir une montre de sa poche et s'écrier : Je suis en retard ! En retard ! En retard !, elle se dit que décidément ce lapin a quelque chose de spécial. En entrant derrière lui dans son terrier, elle fait une chute presque interminable qui l'emmène dans un monde aux antipodes du sien. Elle va rencontrer une galerie de personnages retors et se trouver confrontée au paradoxe, à l'absurde et au bizarre... Suite: Lewis Carroll - Alice au pays des merveilles

 


Histoire du L.S.D.

Tout commence avec l’ergot de seigle
Le mal des ardents ou Feu de Saint-Antoine est connu depuis le Haut Moyen-âge, il caractérisé par des sensations de brûlure intolérables, des états d’hébétude et de crises de folie hallucinatoire. La Peste de feu... ravagea Paris en l’an 945. Ce n’est qu’au XVIIème siècle que l’on comprit que ces épidémies étaient dues à de la farine de seigle contaminée par un minuscule champignon: l’ergot de seigle (claviceps purpurea).
La dernière grande épidémie eut lieu en 1926-1927 dans le sud de la Russie.

 

En 1918, le laboratoire pharmaceutique suisse Sandoz isola l'ergotamine. Au début des années 1930, des scientifiques américains définirent la structure constitutive fondamentale de l'ergot de seigle : l'acide lysergique. En 1938, Albert Hofmann, chimiste chez Sandoz, synthétise à son tour une série de dérivés de l'acide lysergique dans le but d'élaborer des médicaments destinés à réguler la pression sanguine ou favorisant l'irrigation veineuse.

Ce résultat n'est pas utilisé jusqu'au 16 avril 1943, date à laquelle les propriétés hallucinogènes furent identifiées accidentellement. Il décida de tester de manière plus approfondie les propriétés de cette molécule. Ce jour-là, Hofmann termine la cristallisation finale du tartrate de L.S.D. et note peu après des sensations inhabituelles : vertige, angoisse, associations de pensées fulgurantes… Arrivé chez lui il s'écroule, submergé par des flots d'images fantasmagoriques extrêmement inspirées: dans un état de crépusculaire, je me trouve sous le charme de vagues d'images d'une plasticité extraordinaire sans cesse renouvelées, en un jeu kaléidoscopique inouï !.

Les effets s'atténuent au bout de deux heures. Recherchant si l'une des substances qu'il avait manipulées pouvait être responsable de cet état, il incrimina le L.S.D.. Pour en avoir le cœur net, trois jours plus tard, il en absorbe 250 microgrammes, une dose qu'il pensait très faible. Il eu alors une expérience encore plus intense que la précédente. Après 40 minutes, il note des vertiges, un sentiment d'angoisse, des troubles de la vision, une hilarité incompressible. La suite ne fut écrite que deux jours plus tard. Au bout de huit heures, les effets diminuent. Le lendemain il s'éveille avec une sensation de pleine forme physique et mentale. Un sentiment de bien-être m'enveloppait, comme si une vie nouvelle s'ouvrait.

Le monde était comme recréé. Hofmann est persuadé que ce produit ouvre un champ d'expérimentation psychique et thérapeutique extraordinaire. Le professeur Rothlin, directeur du département de pharmacologie des laboratoires Sandoz, dut répéter lui-même l'expérience avec ses collaborateurs pour être convaincu du rapport d'Hoffman.

Le temps des expérimentations thérapeutiques

Le premier rapport sur les effets du L.S.D. est publié en 1947 dans les Archives suisses de neurologie. Dans les années 1950 à 1960, le L.S.D. fit l'objet d'un petit nombre d'expérimentation sur l'animal et sur l'homme. Le premier médecin à avoir testé le L.S.D. sur ses patients est le psychiatre Werner Stoll. Divers psychiatres s'intéressèrent au L.S.D., en Europe et aux Etats-Unis. En 1951, Savage mentionne l'intérêt du L.S.D. pour traiter la dépression.

Un peu plus tard, la première L.S.D. Clinique ouvre en Angleterre où Sandison y expérimente la thérapie psycho lithique avec de faibles doses de Délysid, du L.S.D. en ampoules généreusement diffusé par Sandoz. Osmond, aux États-Unis, invente la thérapie psychédélique en proposant une prise plus forte de L.S.D., susceptible selon lui de déclencher chez certains angoissés une expérience proche de l'illumination religieuse ou mystique, pour ensuite l'aider à reconstruire sa personnalité. Abramson se sert de L.S.D. pour mener des cures de désintoxication de l'alcool, Bastiaan pour aider les survivants de camps de concentration à surmonter leur traumatisme. À Prague, le fameux psychiatre Stanislas Grof, inventeur de la psychologie trans-personnelle, mène ses L.S.D. thérapies qu'il expérimentera auprès de plus de 3 500 personnes, souvent avec succès. Ces psychiatres sont approvisionnés par Sandoz qui cherchait alors un débouché commercial et une utilisation médicale de ce produit. Pour cela, le laboratoire distribua des milliers de doses de L.S.D. entre 1950 et 1960.

Pendant ce temps, la CIA qui entrevoit entre autres dans le L.S.D. un sérum de vérité potentiel, se lance dans des expérimentations hasardeuses, faisant prendre à leur insu des doses parfois énormes à divers militaires, fonctionnaires ou collègues. Certains se suicident, d'autres atterrissent définitivement en hôpital psychiatrique. Le maccarthysme et la guerre froide justifient toutes les dérives. À Lexington, fameuse prison/centre de désintoxication pour drogués, le Dr. Isbell, connu pour ses accointances avec la CIA, fait donner durant 60 jours d'affilée du L.S.D. en doses croissantes à des détenus essentiellement noirs.

Le temps des expérimentations dans des milieux plus ouverts : la phase de diffusion du L.S.D..
Dans les années 1960, de plus en plus de personnes essayèrent le L.S.D. dans un but récréatif, surtout aux Etats-Unis où son usage se répandit dans les cercles artistique et universitaire. Hofmann fit découvrir le produit à des écrivains et des philosophes comme Ernst Jünger, Aldous Huxley, Alan Watts ou Rudolph Gelpke. Parallèlement, Hofmann continue ses recherches sur les substances hallucinogènes, découvrant entre autres la psilocybine dans les champignons mexicains que lui envoie son ami Robert Gordon Wass.

Hubbard, un riche aventurier qui a pris du L.S.D. avec Osmond et Huxley, propage son enthousiasme pour cet incroyable révélateur des espaces intérieurs. Poètes, musiciens, écrivains, anthropologues, chercheurs et scientifiques sont nombreux à y goûter. Des proches de Walt Disney essayent les psilocybes en vacances au Mexique (expérience qui fut à l'origine du film Fantasia) puis font connaître la drogue à Hollywood. De nombreux artistes découvrent avec intérêt la fabuleuse substance. À Paris, le Professeur Deniker, de l'hôpital Sainte-Anne, expérimente le L.S.D. avec quelques-uns de ses jeunes confrères et étudiants. Quelques-uns auront du mal à s'en remettre. L'un d'entre eux se suicidera. L'usage thérapeutique du produit est controversé. Les effets en sont trop imprévisibles.

L'usage du L.S.D. se répand de plus en plus rapidement. Cela s'explique par le fait qu'il n'était pas interdit. Dès 1962, des restrictions furent mises pour sa distribution : désormais une autorisation spéciale de la Food & Drug Administration est nécessaire pour s'en procurer aux Etats-Unis.

Les figures emblématiques de l'histoire du L.S.D. dans les années 1970

Suite à cela, une production clandestine se développe, anticipant la décision du laboratoire Sandoz de cesser la production et la distribution du L.S.D. en 1965. Stanley Owsley se lance alors dans la fabrication du L.S.D. en Californie, il produit des millions de doses vendues 1 ou 2 dollars l'unité dans les concerts pop. Il fut arrêté en 1967 et 200g de L.S.D. furent saisis à cette occasion, ce qui représentait deux millions de doses.

En 1961, Michael Hollingshead est une autre figure emblématique. Il commande un gramme de L.S.D. à Sandoz. Il dilue la drogue dans un pot de mayonnaise et fait 5 000 doses de 200 mcg. Il en consomme et en distribue à qui en veut. Ce sont les fameuses Loving spoonful. L'expérience le bouleverse et il organise une rencontre avec Aldous Huxley et Timothy Leary, qui goûte pour la première fois au L.S.D., en 1962. C'est la révélation. Ils devinrent rapidement d'adents protagonistes de l'usage du L.S.D..

Le bouillant professeur de psychologie de Harvard, qui expérimente avec succès la psilocybine dans le cadre de psychothérapies avec des détenus, va faire goûter la drogue autour de lui. Leary pense qu'il faut abandonner toute approche comportementaliste, être capable de faire abstraction de toute rationalité pour aborder les possibilités fantastiques de cette substance en matière d'exploration psychique. Le conflit avec les autorités de la prestigieuse université s'aggrave. Leary doit quitter Harvard en 1963. Il devint ainsi à la fois le pape et le martyr du mouvement psychédélique naissant symbolisé par son slogan Turn on, Tune in, drop out (branche-toi, accorde-toi, laisse tout tomber).

Les journaux commencent à parler de la mind expanding drug. Leary et quelques adeptes s'établissent à Millbrook où un milliardaire met à leur disposition une gigantesque demeure. L'endroit devient le haut lieu de tous ceux qui veulent vivre le sacrement de l'acide. Leary, rejoint par le poète Allan Ginsberg, fonde l'IFIF (Fédération internationale pour la liberté intérieure) et entreprend d'adapter le Livre des morts tibétains dans le but d'en faire un guide. Pendant cinq ans, Millbrook devint la Mecque du psychédélisme. De nombreuses stars comme Donovan, les Beatles ou Keith Richards y ont pris leur premier trip. Ça et là pourtant, des rumeurs commencent à se propager. Quelques-uns parmi les plus fragiles sont balayés par la violence lysergique et se retrouvent en hôpital psychiatrique.

Ken Kesey, l'auteur de Vol au-dessus d'un nid de coucou, décide de promouvoir la connaissance par l'intermédiaire des hallucinogènes. Avec une furieuse bande de potes, il commence à sillonner les États-Unis et à organiser des happenings appelés Acid Tests. Des affiches Can you pass the Acid Test invitent les curieux à venir goûter la fameuse substance qui fait les yeux émerveillés.

L'âge d'or du L.S.D.

En 1966, des millions de jeunes Américains auront goûté à l'acide. La consommation de cannabis a explosé. Le point culminant de l'explosion du L.S.D. aux Etats-Unis est atteint à l'été 1967 : l'été de l'amour. Des milliers de hippies se retrouvent dans un quartier de San Francisco, Haight Hashbury. C'était l'occasion d'une grande distribution de L.S.D., souvent gratuitement. Cette période fut racontée par Tom Wolf dans son livre Acid Test, livre qui inaugure une nouvelle forme de journalisme.

L'acide perd sa notoriété jusqu'au début des années 1990 et l'apparition de la vague techno et des grands teknivals européens où la substance est parfois vendue à la criée. Hoffmann 2000, Panoramix, Strawberry, Fat Freddy sont les nouveaux logos gobés par la jeunesse. Les acides de l'an 2000, généralement moins dosés que ceux des années 1960, sont souvent consommés pour leurs effets euphorisants.

L'interdiction du L.S.D.

En 1965, les laboratoires Sandoz arrêtèrent la fabrication des hallucinogènes qui leur créaient de nombreux problèmes.
En 1966, la vente et la fabrication de L.S.D. deviennent un crime aux Etats-Unis, puis en 1968, la simple détention en devient un également.

Epidémiologie

L'expérimentation et la consommation de L.S.D. sont relativement limitées en population générale. Ce produit est essentiellement consommé en milieu festif techno par une population d'adultes jeunes, à prédominance masculine. Ainsi en 1999, chez les 18-44 ans, 3.5% des hommes et 1.5% des femmes déclarent avoir expérimenté le L.S.D.. On retrouve un pic chez les 18-25 ans, et un autre chez les 35-44 ans, correspondant aux deux périodes de diffusion du L.S.D. en France.

En 1999, 86 personnes ont eu recours aux structures spécialisées pour toxicomanes, pour consommation de produits hallucinogènes en produit primaire, soit 0.4% de tous les recours (et 1% des recours en produit secondaire). Parmi ces patients, la moyenne d'âge était de 28 ans, 89.5% étaient des hommes, 5.8% étaient adressés par la justice, et 28.6% prenaient déjà un traitement de substitution pour une toxicomanie aux opiacés.

En 2000, 218 personnes ont été interpellées pour usage et/ou revente de L.S.D., soit 0.2% de l'ensemble des interpellations d'usagers. Ce nombre d'interpellations annuelles fluctue avec la consommation : 390 interpellations en 1973 (soit 15% des interpellations pour usage et/ou revente de stupéfiants), 70 en 1990, 267 en 1996. De même, les quantités de L.S.D. saisies en France sont très variables d'une année à l'autre. Elles ont paradoxalement enregistré une forte baisse entre 1993 (430 617 unités saisies) et 2000 (2 0691 unités saisies), alors que les enquêtes épidémiologiques signalent une augmentation de son utilisation et de sa disponibilité.

Le produit

Le L.S.D. se présente sous la forme d'un buvard, d'une micro pointe (ressemblant à un bout de mine de crayon) ou sous forme liquide. Un trip contient entre 50 et 400 microgrammes, de L.S.D.. Il se consomme principalement per os. Beaucoup plus rarement il est fumé, pris par voie sublinguale, par voie sanguine (en injection ou incision), par voie transdermique, ou par voie oculaire, dans le but de modifier la puissance ou la cinétique des effets produits.

Les effets

Le L.S.D. est un hallucinogène puissant. Un trip dure entre cinq et douze heures, parfois plus longtemps. La redescente peut être très désagréable ; l'usager peut se retrouver dans un état confusionnel pouvant s'accompagner d'angoisses, de crises de panique, de paranoïa, de phobies, de bouffées délirantes. L'usage de L.S.D. peut générer des accidents psychiatriques graves et durables. La prise de L.S.D. provoque d'abord des effets anti cholinergiqueset sympathomimétiques : tachycardie | hyperthermie | mydriase | hyper salivation | larmoiement | piloéréction | hyperpression artérielle | nausées. Puis avec des doses supérieures à 25(g apparaissent les effets psycho actifs, en 1 à 2 heures distorsions des perceptions visuelles et auditives. | hallucinations.

Une relation effet dose est observée jusqu'à 500g. A forte dose, le L.S.D. peut être agréable ou terrifiant, et peut induire, outre des hallucinations, des productions délirantes, notamment des délires mégalomaniaques, des troubles de l'humeur (humeur instable, euphorie, dépression), des troubles anxieux pouvant aller jusqu'à l'attaque de panique avec risque de passage à l'acte, et des signes neurologiques: ataxie, dysphasie, vertiges, paresthésies, incoordination motrice, tremblements. Les effets psychotiques, de sémiologie très variable, et les comportements antisociaux induits par le L.S.D. sont plus fréquents sur des terrains prédisposés : schizophrénie, instabilité mentale, épilepsie.

Mécanisme d'action

Le L.S.D. agit principalement sur les voies sérotoninergiques du système nerveux central. Il se fixe avec une forte affinité sur les récepteurs sérotoninergiques post synaptiques 5HT2, et induit de plus la libération de sérotonine par son action sur les récepteurs 5HTI présynoptiques.

Complications

Le L.S.D. peut être à l'origine d'accidents traumatiques de toutes sortes en phase aiguë. Les hallucinations cénesthésiques (sensation d'apesanteur) sont à l'origine de saut dans le vide par la fenêtre...) Des complications psychiatriques graves sont possibles, à type de syndrome dépressif et de psychose paranoïaque. Le L.S.D. est foetotoxique, et présente une certaine neurotoxicose, son usage répété pouvant provoquer une ataxie, une dysphasie, des paresthésies, des tremblements, une comitialité. 25% des anciens consommateurs décrivent des flash back (Hallucinogène Persistions Perception Disorder). Aucun décès n'a été recensé en France directement lié à la consommation de L.S.D. Le L.S.D. n'induit pas de syndrome de sevrage. Il est encore difficile d'apprécier clairement la morbidité du L.S.D., compte tenu de la diversité des substances psycho actives dans les produits vendus sous l'appellation L.S.D., et compte tenu de la très grande fréquence des prises associées à d'autres substances.

Ainsi, sur les échantillons déclarés comme étant du L.S.D. de la base SINTES 2002 seuls 43% contenaient effectivement du L.S.D.. Les autres produits retrouvés étaient de la MDMA (18%), des amphétamines (18%), 25% de ces échantillons ne contenaient aucun principe actif. Par ailleurs, un large éventail de produits est consommé généralement en association avec le L.S.D. : le cannabis, pour prolonger les effets et adoucir la descente, l'ecstasy, souvent en même temps que le L.S.D., pour ajouter une composante Love ou happy à l'effet, et pour adoucir la descente, l'alcool, la cocaïne, le speed, pour atténuer les effets d'une trop forte montée et adoucir la descente, le protoxyde d'azote qui accélère et amplifie la montée.

Référence & Sources :

 

 

En 1951, un village français a-t-il été arrosé de LSD par la CIA


Pendant une semaine, il y a près de 60 ans, un bourg entier du Gard, Pont Saint-Esprit, est pris de folie et d’hallucinations. Un journaliste américain prétend avoir percé le mystère : il s’agirait d’une expérience secrète menée par les services américains, en pleine guerre froide.

Au moins cinq morts, plus de 30 personnes hospitalisées et près de 300 malades. En août 1951, un fait divers tragique secoue une grosse bourgade paisible des bords du Rhône, Pont-Saint-Esprit.

Ce qui commence comme une banale intoxication alimentaire collective culminera quelques jours plus tard en une nuit de pure folie, des scènes d’hallucinations dignes d’un tableau de Bosch, une nuit de l’Apocalypse, pour reprendre les termes d’un des médecins locaux, le Dr Gabbaï.

Récemment, France 3 exhumait ce fait divers sous la forme d’une fiction bourrée d’erreurs, Le Pain du diable, bien que le téléfilm s’inspirât essentiellement du remarquable travail d’un historien américain, Steven Kaplan, Le Pain maudit (Fayard), en 2008.

Après des années d’enquête, Kaplan reste frustré : aucune des pistes suivies -ergot de seigle, fongicide, eau, mycotoxines- n’apporte d’explication définitive.

Dans un livre publié aux Etats-Unis fin 2009, le journaliste Hank Albarelli affirme avoir percé incidemment le mystère. La crise de folie qu’a connue Pont-Saint-Esprit viendrait d’une expérience secrète sur les effets du LSD menée conjointement par l’armée américaine et la CIA.

J’ai des serpents dans mon estomac !

L’affaire du pain maudit débute le 17 août 1951. Les salles d’attente des trois médecins de la ville sont pleines. Une vingtaine de malades viennent consulter pour des symptômes apparemment digestifs : nausées, brûlures d’estomac, vomissements, diarrhées.

Viendront s’ajouter dans les jours suivants des fatigues importantes et des insomnies. Pour nombre de malades, après une rémission de 48 heures, les symptômes s’aggravent pour culminer dans des crises hallucinatoires habitées, entre autres, par des flammes et des animaux.

Le drame de Saint Esprit

Après une enquête sur place pour le magazine Look, un journaliste américain, John Fuller, décrit dans un article paru en 1968 des scènes d’hallucinations collectives.

Un ouvrier, Gabriel Validire, hurle à ses compagnons de chambrée : Je suis mort ! Ma tête est en cuivre et j’ai des serpents dans mon estomac ! » Une jeune fille se croit attaquée par des tigres. Un gamin de 11 ans, Charles Granjhon, tente d’étrangler sa mère.

Le 24 août, la situation devient ingérable. Un homme saute du deuxième étage de l’hôpital en hurlant :
Je suis un avion. Les jambes fracturées, il se relève et court 50 mètres sur le boulevard avant qu’on puisse le rattraper. De nombreux hospitalisés sont saisis d’hallucinations insupportables. D’autres entendent des harmonies célestes.

Très rapidement, des indices pointent le coupable présumé : le pain du meilleur boulanger du bourg, Roch Briand. Dans un article publié par le British Medical Journal moins d’un mois après le début du drame, le Dr Gabbaï écrit :

La fréquence des symptômes mentaux ramène à l’esprit le vieux nom de la maladie, mal des ardents.

Autrement dit la maladie de l’ergot de seigle, un champignon parasite des graminées. Courante au Moyen Age, la maladie a disparu en France depuis le XVIIIe siècle.

Mais l’ergotisme peine à expliquer tous les symptômes cliniques constatés. Le Dr Gabbaï et le Pr Giraud de la faculté de médecine de Montpellier, appelés à la rescousse, font vite un parallèle avec les recherches menées en Suisse à la même époque dans le laboratoire Sandoz par Albert Hofmann et qui ont abouti à la découverte par hasard du LSD, synthétisé à partir d’ergot.

Le juge d’instruction chargé de l’affaire évoque la piste criminelle d’une contamination du pain par une forme de l’ergotine synthétique très nocive.

Albert Hofmann, qui a fait le déplacement, entérine dans un premier temps la piste de l’ergot ou d’un alcaloïde proche du LSD. Mais une fois rentré à Bâle, le laboratoire rejette l’hypothèse sans appel. De son côté, l’agence américaine United Press rapporte les intrigantes conclusions d’un laboratoire américain à qui elle a transmis des échantillons :

Les expériences faites (notamment sur des volontaires) en leur faisant absorber du pain ergoté à diverses doses n’ont donné aucun des symptômes constatés chez les malades de Pont-Saint-Esprit.

Steven Kaplan regrette qu’à l’époque la presse n’ait pas creusé davantage la piste crépusculaire, voire obscure, du laboratoire américain !

Suicide d’un biochimiste de l’armée américaine

Deux ans plus tard, aux Etats-Unis, un biochimiste de l’armée américaine qui travaille sur des programmes ultra secrets se suicide. Selon la version officielle, il se serait jeté du treizième étage d’un hôtel de New York. C’est en enquêtant sur cette mort suspecte que le journaliste Hank Albarelli a obtenu des documents de la CIA et de la Maison Blanche qui jettent un éclairage sinistre sur les événements de Pont-Saint-Esprit.

Pont Saint-Esprit

A l’issue de la guerre de Corée, les Américains sont persuadés que leurs soldats, prisonniers de guerre, ont subi des lavages de cerveau.

Ils se lancent donc dans une vaste série de programmes défensifs et offensifs sur les questions de la manipulation mentale, des sérums de vérité pour faire parler des prisonniers ou même sur des méthodes pour incapaciter l’ennemi et gagner des batailles sans tirer une seule balle.

C’est à ces recherches confidentielles soutenues par la CIA que travaille Frank Olson au sein du SOD (Special Operations Department), à Fort Detrick. Parmi les documents obtenus par Albarelli, le premier retranscrit une conversation entre un agent de la CIA et le représentant américain du laboratoire Sandoz.

Ce dernier insiste pour évoquer le secret de Pont-Saint-Esprit et explique à son interlocuteur qu’il ne s’agissait nullement d’ergot mais de diéthylamide (le D de L.S.D.)

Les pratiques non éthiques de la CIA

Albarelli entre en contact avec des anciens de l’armée ou de la CIA qui ont côtoyé Frank Olson. Deux d’entre eux, Albert et Neal, lui expliquent, sous couvert d’anonymat, que l’histoire de Pont-Saint-Esprit relève d’une opération conjointe du SOD et de la CIA. Mais lorsqu’il demande si d’autres services secrets, par exemple français, ont participé à l’expérience, il n’obtient qu’un silence.

Des scientifiques de Fort Detrick confient au journaliste américain que les services ont opéré par pulvérisation aérienne d’une mixture à base de L.S.D. ainsi que par la contamination de produits alimentaires locaux ». L’un d’eux explique que la pulvérisation a été un échec complet.

En 1975, une commission d’enquête présidée par Nelson Rockefeller avait commencé à révéler les pratiques non éthiques de la CIA, aux appellations multiples : Bluedbird, Artichoke, MK-Ultra, etc. En 2000, Albert et Neal transmettent à Albarelli une fiche d’identité de la Maison Blanche, certainement en rapport avec cette commission, et qui mentionne une french embassy et, erreur d’orthographe comprise, Pont Saint Esprit incident (Olsojn) 

Cette version pose autant de questions qu’elle apporte de réponses. Sans rejeter l’hypothèse, Steven Kaplan s’interroge, par exemple, sur le choix de la ville cobaye : Pont-Saint-Esprit figure dans une région tenue par la gauche. Curieux pour une opération secrète américaine en pleine guerre froide.

A l’époque, on a évoqué l’hypothèse d’une expérimentation destinée à contrôler une révolte de la population, se souvient Charles Granjhon, 71 ans aujourd’hui, qui habite toujours Pont-Saint-Esprit. J’ai failli caner. J’aimerais bien savoir pourquoi. Il n’est pas le seul à vouloir connaître la vérité.

Après la parution de son livre, Albarelli a appris d’un de ses contacts que la DGSE aurait demandé des informations sur l’affaire de Pont-Saint-Esprit au Département d’Etat américain, ce que démentent les services français.




Histoire de San Francisco


Histoire de San Francisco



Les beatniks et les hippies veulent bâtir
un monde nouveau fondé sur les valeurs
d’amour et de paix



En 1579, le grand corsaire anglais Francis Drake jette l’ancre non loin de la baie de San Francisco et prend possession du territoire au nom de la reine d'Angleterre. La Californie avait été découverte » peu de temps auparavant par Cortés, mais les Espagnols n'en avaient pas encore exploré le nord.

Curieusement, ce n'est qu’en 1769 que la baie en elle-même est découverte, par des missionnaires espagnols. Elle avait été jusqu’à présent dissimulée par le perpétuel brouillard et avait donc échappé aux investigations précédentes. Saint François d'Assise étant le patron de ces missionnaires, la ville prend naturellement le nom de San Francisco. On construit alors une première église qui lui est dédiée, ainsi que la forteresse du Presidio.
Des colons espagnols venus du Mexique commencent à s'y installer dès la fin du XVIIIe siècle. C’est de cette époque que date le tracé de Grant Street, la première rue de la ville.

La ruée vers l’or

En janvier 1848, San Francisco n'est encore qu'un tout petit village de pêcheurs quand la découverte d’une première pépite d’or, à 220 km de là, change son destin. C'est le début de la ruée vers l’or et du mythe de San Francisco. En à peine 2 ans, toute la région est envahie d'aventuriers, de mineurs, de chômeurs, de filles de joie, de commerçants et de scélérats de tout poil, venus du monde entier. San Francisco pousse comme un champignon. C’est de cette époque que date le nom de la Golden Gate : en franchissant la porte de l'Or, on pénétrait au pays de l'or. Une dizaine d'années plus tard, le filon de l’or est tari, mais l'argent fait son apparition dans les montagnes des environs. Cette fois, ce sont des investisseurs et des mineurs professionnels qui accourent. La ville sort alors peu à peu de son ambiance Far West pour prendre des allures de métropole plus sérieuse, avec des banques, des commerces et des bureaux, sans perdre son incroyable alchimie d'ethnies et de milieux sociaux différents.

La Puissance de la contestation

La multiplication des mouvements de contestation traduit l’ébullition des années 1950/60. Le modèle américain est contesté de l’intérieur par cette contre-culture tandis qu’à l’extérieur, c’est surtout l’impérialisme américain qui est dénoncé avec une focalisation sur la guerre du Vietnam. Les jeunes, la contre-culture rejette toutes les contraintes et s’affirme comme un autre mode de vie, chacun ayant le droit de satisfaire ses besoins instinctifs

Les années 1950 : Les beatniks et la «beat génération» signification de « beat » = rythme (terme argotique des jazzmen noirs) « to beat it » = se barrer. Les beatniks sont des jeunes qui aiment la musique rythmée et manifestent par leurs vêtements et leurs comportements une volonté de rupture avec la société en vivant en marge de celle-ci. Anticonformisme, individualisme amer, et le goût pour la marijuana. Les années 1960, c'est la révolte de la génération d’après guerre du modèle américain. Elle est issue du « baby-boom » elle n’a connu que la paix et la prospérité. La contestation universitaire de Berkeley : point de départ en 1964, puis extension aux autres campus, forte agitation estudiantine avec manifestations, marches, « sit-in ». Axes fondamentaux de la contestation : Soutien à la lutte contre la discrimination raciale, condamnation de la guerre du Vietnam, contestation de la société et du mode de vie américain.

Le mouvement Hippie, refuge dans la marginalité, rejet des normes admises et de tous comportements raisonnables (puritanisme, travail et rentabilité, réussite sociale et matérielle, société d’abondance). Valeurs nouvelles : Epanouissement individuel, satisfaction immédiate et quête du plaisir, retour à la nature, pacifisme et non-violence, « Peace and Love », « Make Love not War ». Un mode de vie spécifique : non conformisme vestimentaire (cheveux longs, vestes à franges de style oriental…), vie communautaire, libération sexuelle, fuite dans la drogue. Le renouveau culturel « Living theater » et « happenings » (expression corporelle, improvisation avec participation des spectateurs), pop art, protest song Bob Dylan, Joan Baez, point culminant : Festival de Woodstock en 1969. Les femmes, le « Women’s lib » : 1963 : publication de l’ouvrage de Betty Friedan « La femme mystifiée ». Développement de divers mouvements féministes luttant contre le sexisme et prônant l’égalité des sexes.

Les beatniks

Même si le phénomène hippie naît véritablement que dans les années soixante aux États-Unis, on en trouve les prémices et quelques principes similaires à la décennie précédente chez les Beatniks. La Beat Génération est un mouvement littéraire et artistique né dans les années 1950, principalement aux États Unis. Le terme « beat » désignait depuis le XIXème siècle un vagabond du voyageant clandestinement à bord des wagons de marchandises. Puis peu à peu, ce mot a prit le sens que lui ont donné les jazzmen : beat signifie a présent une manière de traverser la vie. Être beat, devient « être foutu », « à bout de souffle », ou « exténué ». Le beat (pulsation) est aussi le rythme en musique (notamment le jazz). Le mot beatnik est issu du mot beat et du nom du satellite russe Spoutnik lancé pour la première fois en 1957, soit en plein mouvement beatnik, terme initialement péjoratif, il désignait les Beatniks comme une communauté de communistes déjantés.

Le nom est resté, et est devenu l'emblème d'une génération de jeunes chevelus et débraillés. Ce terme fut employé la première fois en 1948 par Jack Kerouac pour définir et décrire le trio qui composait son principal cercle d'amis: William Burrough et Allen Ginsberg. Ces trois auteurs sont les précurseurs du mode de vie de la jeunesse des années soixante. Elle a directement inspiré aussi bien les mouvements de mai 1968 que l'opposition a la guerre du Vietnam, ou encore les hippies de Woodstock et Berkeley. Les membres originels de la Beat Génération se rencontrèrent à New-York, Kerouac et Ginsberg se connurent à l'université de Columbia, alors tous deux étudiants, rejoints ensuite par Burrough.

Le fait d'appeler ce petit cercle de futurs écrivains, artistes et toxicomanes, fut une façon de revendiquer leur importance, leur représentativité et surtout le début d'un nouveau mouvement, qui fut comme le montre l'histoire un véritable mouvement littéraire, artistique, social et culturel. Les auteurs Beats produisirent un corpus d'œuvres dominées par la spontanéité pour provoquer une prose libre et rythmée. Ils ne se définissent pas comme des écrivains, des poètes ou des peintres mais comme des esprits libres ayant tous les droits.

Surtout celui d'une existence multiple : dans la sphère Beat, on peut être à la fois peintre, photographe et écrivain. Les intellectuels de la Beat Génération ont voulu faire table rase es valeurs de la société industrielle américaine, qui leur déplaît fortement, et ont érigé la drogue (notamment et principalement la marijuana) comme moyen de libération spirituelle. Les hippies naissent de cette aventure. Les Beatniks rejetaient les tabous des squares (bourgeois ou personnes riches et rigides qui ne profitaient pas de la vie), leur société et les valeurs traditionnelles, ils voulaient vivre simplement et désiraient créer une société de sentiments simples, sans hypocrisie, préjugés et besoins factices. Allen Ginsberg à Hyde Park, Londres, 1967, Robert Whitaker.

Les beatniks 1955

Le mot beatnik apparaît pour la première fois le 2 avril 1955 sous la plume de Herb Caen dans le journal San Francisco Chronicle. Le mot beat désignait depuis le XIXème siècle un vagabond du rail voyageant clandestinement à bord des wagons de marchandises. Peu à peu ce mot a pris le sens que lui ont donné les jazzmen noirs : beat en vint à signifier une manière de traverser la vie. Être beat devint être foutu, à bout de souffle, exténué. Le beat (pulsation) est aussi le rythme en musique (jazz).

Le terme beatnik, forgé à partir du mot beat et du nom du satellite russe Sputnik, était initialement péjoratif en cherchant à montrer que les beats étaient une communauté de communistes illuminés. Le terme resta et devint l'emblème d'une génération de jeunes gens chevelus et débraillés. Salut, beatnik ! est le titre d'une chanson écrite et interprétée par Léo Ferré en 1967. Les Beatniks est le titre d'une chanson écrite par Patrice Laffont et interprétée par Michel Sardou en 1966. On notera également la sortie en 1966 du titre « Faux Beatnik » interprété par Regis Barly. Les beatniks rejetaient les tabous des squares (les personnes rigides qui ne profitent pas de la vie, les bourgeois). Ils rejetaient la société organisée et corrompue et les valeurs traditionnelles ; ils voulaient vivre simplement, à fond. Ils se révoltaient contre le matérialisme, l'hypocrisie, l'uniformité, la superficialité. Ils voulaient créer une société de sentiments simples, sans préjugés.

Les beatniks, génération désabusée diffusion le, 25 octobre 1965

Enfants du baby-boom élevés dans des banlieues confortables dans les années prospères d'après-guerre, une forte proportion des beatniks et des hippies sont issus des classes moyenne et aisée de la société. Leurs parents ont trimé pour leur offrir, sur un plateau d'argent, un avenir dont ils n'ont que faire. La jeunesse dorée rejette la société de consommation et choisit de décrocher. Pour Paul Ricoeur, professeur de philosophie à la Sorbonne, le rejet massif de la société industrielle par les jeunes est une forme de lucidité, puisque ces jeunes ont percé à jour le néant de notre société.

La philosophie sociale du mouvement hippie est essentiellement fondée sur l'anarchisme. Plutôt que de chercher à changer la société, les hippies décrochent et veulent bâtir un monde nouveau fondé sur les valeurs d'amour, de paix et de partage. Apôtres de la non-violence, ils participent néanmoins à des manifestations pacifiques contre la pollution ou la guerre du Vietnam. Ils cultivent l'utopie communautaire et se rassemblent autour de gourous, opposant l'expérience spirituelle au matérialisme ambiant.

Les beatniks, génération, Philosophe américain d'origine allemande, Herbert Marcuse se présente comme l'un des inspirateurs des révoltes étudiantes de Mai 68. Dans les ouvrages Éros et civilisation et L'Homme unidimensionnel, il dénonce la société d'abondance américaine. Prise dans l'engrenage d'une croissance illimitée, la société capitaliste aliène les travailleurs en manipulant leur conscience par l'intermédiaire de l'éducation et des médias de masse, selon Marcuse.

Paul Ricoeur

Né à Valence en 1913, Paul Ricoeur a enseigné à Strasbourg et à la Sorbonne avant de diriger la nouvelle Université de Nanterre, à partir de 1969. Spécialiste de la philosophie du langage, lauréat de plusieurs prix, il a été directeur de la Revue de Métaphysique et de Morale. À la différence des groupes de jeunes gauchistes participant aux révoltes de Mai 68, la plupart des hippies n'adhèrent à aucun parti.

Les beatniks génération désabusée

Les beatniks, génération désabusée le temps des Hippies… Enfants du baby-boom élevés dans des banlieues confortables dans les années prospères d’après-guerre, une forte proportion des beatniks et des hippies sont issus des classes moyenne et aisée de la société. Leurs parents ont trimé pour leur offrir, sur un plateau d’argent, un avenir dont ils n’ont que faire. La jeunesse dorée rejette la société de consommation et choisit de décrocher.

Paul Ricœur (27 février 1913, Valence - 20 mai 2005, Châtenay-Malabry), est un philosophe français. Paul Ricoeur a enseigné à Strasbourg et à la Sorbonne avant de diriger la nouvelle Université de Nanterre, à partir de 1969. Spécialiste de la philosophie du langage, récipiendaire de plusieurs prix, il a été directeur de la Revue de Métaphysique et de Morale.

Le rejet massif de la société industrielle par les jeunes est une forme de lucidité, puisque ces jeunes ont « percé à jour le néant de notre société ». La philosophie sociale du mouvement hippie est essentiellement fondée sur l’anarchisme. Plutôt que de chercher à changer la société, les hippies décrochent et veulent bâtir un monde nouveau fondé sur les valeurs d’amour, de paix et de partage. Apôtres de la non-violence, ils participent néanmoins à des manifestations pacifiques contre la pollution ou la guerre du Vietnam. Ils cultivent l’utopie communautaire et se rassemblent autour de gourous, opposant l’expérience spirituelle au matérialisme ambiant.

Herbert Marcuse, né le 19 juillet 1898 à Berlin, mort le 29 juillet 1979 à Starnberg (Bavière) était un philosophe, sociologue, marxiste, états-uniens d'origine allemande. Membre de l'École de Francfort avec Théodore Adorno et Max Horkheimer. Herbert Marcuse se présente comme l’un des inspirateurs des révoltes étudiantes de Mai 68. Dans les ouvrages Éros et civilisation et l’homme unidimensionnel, il dénonce la société d’abondance américaine. Prise dans l’engrenage d’une croissance illimitée, la société capitaliste aliène les travailleurs en manipulant leur conscience par l’intermédiaire de l’éducation et des médias de masse, selon Marcuse. À la différence des groupes de jeunes gauchistes participant aux révoltes de Mai 68, la plupart des hippies n'adhèrent à aucun parti politique structuré.


Au début des années 1970, le cinéaste italien Pier Paolo Pasolini a déclaré :
Je suis profondément convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues
ont trop gentiment nommé la société de consommation !!


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